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Publié par Parolesdejuges

Par Michel Huyette


  Comme nous l'avons à plusieurs reprises souligné sur ce blog, depuis quelques années on voit apparaître et s'amplifier un vaste débat autour de la problématique des droits des détenus (lire not. ici, ici, ici, ici, ici), ceci en parralèle à la publication de plusieurs témoignages sur le monde carcéral (lire not. ici, ici, ici, ici).

  C'est au tour des Presses Universitaires de Limoges (leur site) de publier un ouvrage intitulé : "La prison, quel(s) droit(s)"

Prisondroits

  Les textes contenus dans le livre sont issus d'un colloque qui, sous couvert de l'association Les Entretiens d'Aguesseau, s'est tenu à Limoges en octobre 2011.

  Le livre est organisé en trois chapitres : La prison et le détenu, La prison et le juge, La prison dans la ville et dans la cité.

  D'emblée, il est rappelé le rôle primordial du juge admninistratif qui, étape après étape, à réduit le domaine des "mesures d'ordre intérieur" qui sont hors du contrôle de l'institution judiciaire et étendu le périmètre de son intervention afin de faire progresser le droit dans les établissements pénitentiaires. Ce qui a fait, progressivement, que "la prison a cessé d'être une société d'arbitraire pour devenir une société de droit de plus en plus sophistiquée.", et qu'elle est devenue "un lieu de privation de liberté et un lieu respectueux de la dignité des personnes", "ce qui suppose la recherche d'un équilibre délicat".


  Il y est même est affirmé, plus largement, que "la règle de droit est un outil au service de l'humanité".

  Au fil des pages le lecteur trouve de nombreuses informations et réflexions sur l'histoire de la prison, les règles internationales et nationales qui s'y appliquent, l'état du droit interne (à l'époque du colloque), la santé des détenus, les organes de concertation en prison, l'approche du juge administratif, le regard du juge judiciaire, la dignité du détenu dans la jurisprudence de la CEDH, le rôle du directeur d'un établissement pénitentiaire, la place de la prison dans la ville.

  Dans les dernières pages du livre il est écrit ceci :

  "La prison de demain devra être à l'image du regard positif de justice mais aussi d'humanité que la société doit se forger envers toute personne qui, à un moment, a pu faillir à ses devoirs ou à la loi, ou attenter matériellement, physiquement ou moralement à autrui. La prison devra certes sanctionner selon la loi, mais aussi donner au condamné pendant sa peine des conditions et des chances de prendre conscience de son acte, de réparer, de se racheter, voire de se reconstruire. Elle devra de manière générale respecter la dignité et les droits légitimes de la personne détenue et ne devra pas porter préjudice, même indirectement, à ses proches innocents." (..)

  "C'est un autre regard qui est porté sur le détenu, sur la prison. C'est aussi un autre droit que l'on doit imaginer ou construire pour considérer l'homme en lui-même et non le fat qu'il a commis et qui l'a mené en prison. Le droit de la prison devient un ordre à part entière, un droit des contraires et parfois des contradictions, entre autorité et humanité, entre droits reconnus et peine imposée, mais un droit qui doit rester en cohérence avec l'évolution de la société."




 
 

 

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Dr. Ivana Fulli 22/06/2013 18:06


///La prison devra (...) donner au condamné pendant sa peine des conditions et des chances de prendre conscience
de son acte, de réparer, de se racheter, voire de se reconstruire.(...)  ne devra pas porter préjudice, même indirectement, à ses proches innocents." (..)///



D'où vient cette idée fort curieuse que les détenus n'auraient pas conscience de l'acte qui leur a valu une condamnation ? De la convictions que tous les délits et crimes seraient commis sous
l'effet de substances licites et illicites qui provoqueraient une amnésie totale des faits ?


Il est difficile d'imaginer comment la prison pourrait ne pas porter préjudice indirectement aux proches qui voudraient que cette personne ne soit pas prisonnière mais libre et souffrent  de
la savoir en prison.