<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
         xmlns:err="http://jelix.org/ns/xmlerror/1.0">
 <channel>

		<link rel="hub" href="http://overblog.superfeedr.com" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
		<link rel="self" href="http://www.huyette.net/rss-articles.xml" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
	
    <title><![CDATA[Paroles de juge (Envers du décor)]]></title>
    <link>http://www.huyette.net/categorie-1249997.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Envers du décor&quot; du blog &quot;Paroles de juge&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
        <image>
        <url>http://fdata.over-blog.net/0/55/93/89/avatar-blog-4367521-tmpphpO6vuLH.jpeg</url>
        <title><![CDATA[Paroles de juge (Envers du décor)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/categorie-1249997.html</link>
                            </image>
    
    <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.huyette.net</copyright>            <category>Envers du décor</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[A propos de la révision des condamnations pénales]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-a-propos-de-la-revision-des-condamnations-penales-48674860.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;">Par Michel Huyette</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; <span style="font-size: 12pt;">Chaque décision de la cour de révision des condamnations pénales, quand elle
    va dans le sens d'une révision, a quelque chose de profondément troublant.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Rappelons d'abord le cadre juridique.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La procédure, prévue par les articles <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=E060CB6584A368999F7B724017961129.tpdjo10v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006138099&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">622
    et suivants</a> du code de procédure pénale, permet à une personne définitivement condamnée pour crime ou délit de demander la "révision" de la décision prononcée contre elle dans plusieurs
    hypothèses :</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; - Après une condamnation pour homicide, quand sont représentées des pièces
    propres à faire naître de suffisants indices sur l'existence de la prétendue victime de l'homicide</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; - Après une condamnation pour crime ou délit, quand un nouvel arrêt ou
    jugement a condamné pour le même fait un autre accusé ou prévenu et que, les deux condamnations ne pouvant se concilier, leur contradiction est la preuve de l'innocence de l'un ou de l'autre
    condamné</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; - Quand un des témoins entendus a été, postérieurement à la condamnation,
    poursuivi et condamné pour faux témoignage contre l'accusé ou le prévenu ; le témoin ainsi condamné ne peut pas être entendu dans les nouveaux débats</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; - Après une condamnation, quand vient à se produire ou à se révéler un fait
    nouveau ou un élément inconnu de la juridiction au jour du procès, de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La révision peut être demandée par le ministre de la justice ou le condamné
    (ses descendants s'il est mort).</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Elle est adressée à une commission <a href=
    "http://www.courdecassation.fr/hautes_juridictions_commissions_juridictionnelles_3/commission_revision_condamnations_penales_624/revision_condamnations_8533.html">composée</a> de 5 magistrats de
    la cour de cassation.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Après avoir procédé à toutes les investigations qu'elle estime utiles, cette
    commission peut, si la demande lui paraît le justifier, saisir la chambre criminelle de la cour de cassation qui statue en tant que cour de révision, son refus n'étant susceptible d'aucun
    recours.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La commission, tout comme la cour de révision, peut à tout moment ordonner la
    suspension de l'exécution de la condamnation ce qui aboutit à une remise en liberté si l'intéressé n'est pas en détention provisoire ou n'exécute pas une autre condamnation.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La cour de révision</span></span> <span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">rejette la demande si elle l'estime mal fondée.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Si, au contraire, elle l'estime fondée, elle annule la condamnation
    prononcée. Elle apprécie s'il est possible de procéder à de nouveaux débats contradictoires. Dans l'affirmative, elle renvoie les accusés ou prévenus devant une juridiction de même ordre et de
    même degré, mais autre que celle dont émane la décision annulée.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Si cela est impossible, par exemple parce que le condamné est décédé, elle se
    contente d'annuler la condamnation (1).</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Deux dossiers ont été examinés ces jours-ci, qui ont, c'est rare, abouti tous
    les deux à une décision de révision.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Dans l'un des dossiers un homme avait été condamné pour meurtre puis un autre
    homme s'est accusé de ce crime. La commission de révision avait <a href=
    "http://www.courdecassation.fr/hautes_juridictions_commissions_juridictionnelles_3/commission_revision_condamnations_penales_624/decisions_625/036_decision_13172.html">considéré que</a>
    "</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">les révélations faites par D... L..., s’accusant du crime commis sur M... Y..., sont corroborées
    par l’exactitude de nombreux détails apportés par celui-ci, concernant la victime et les circonstances du meurtre, par les constatations médico-légales ainsi que par la présence de son empreinte
    génétique relevée sur deux vêtements et sur le prélèvement d’un ongle de la victime". Et la <a href="http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/chambre_criminelle_578/1437_13_15960.html">cour
    de révision</a> est allée dans ce sens. L'intéressé est toutefois resté en prison dans le cadre d'autres procédures pénales.<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Dans l'autre un homme avait été condamné pour viols sur une adolescente qui
    des années plus tard est venue dire qu'il n'était pas son agresseur. La commission de révision avait <a href=
    "http://www.courdecassation.fr/hautes_juridictions_commissions_juridictionnelles_3/commission_revision_condamnations_penales_624/decisions_625/14_decembre_15627.html">relevé que</a> que "il
    ressort des diligences menées qu'E... Y... a, à plusieurs reprises depuis septembre 2007, mis hors de cause L... X..., lors de ses auditions par des militaires de la gendarmerie puis par le
    conseiller rapporteur, que ces déclarations s'inscrivent, selon l'expert psychiatre, dans un contexte de grande souffrance, les raisons de son changement de version étant une recherche
    d'apaisement de sa souffrance psychique ; qu'en outre, les vérifications effectuées ont fait apparaître que la jeune femme pouvait parfois fabuler, puisqu'elle avait portée sur plusieurs
    personnes des accusations qui s'étaient ensuite révélées non fondées, l'enquête ayant montré notamment qu'elle avait inventé une agression dont elle avait dit avoir été victime le 3 septembre
    2003". La <a href="http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/chambre_criminelle_578/2118_13_15961.html">cour de révision</a> a été du même avis. L'intéressé a été remis en
    liberté.<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Ces deux situations ne sont pas semblables. Dans le premier dossier l'accusé
    avait reconnu les faits, dans le second il les a toujours niés. C'est la seconde affaire sur laquelle je voudrais m'attarder (2).<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Ce qui est troublant, mais délicat à analyser quand on ne connaît pas le
    dossier écrit et que l'on n'a pas assisté aux audiences de la cour d'assises, c'est de rapprocher d'un côté les déclarations de culpabilité et les sanctions prononcées, et d'un autre côté la
    motivation de la décision de la commission de révision.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Celle-ci a en effet écrit, notamment, que l'adolescente était "considérée
    comme crédible" par les 4 experts qui l'ont examinée alors qu'étaient relevées dépression et anorexie mentale, que d'autres fois elle avait accusé des tiers d'agressions sexuelles mais sans que
    rien ne soit prouvé, qu'après ses nouvelles déclarations mettant le condamné hors de cause aucune confrontation n'a pu être réalisée à cause des troubles de la jeune fille, que c'est dans un
    hôpital qu'elle a été entendue ce qui signifie que ses troubles sont malheureusement anciens et profonds, que lors de cette audition elle a donné à certaines questions des réponses très confuses,
    l'expert dernièrement saisi étant réservé sur sa crédibilité.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Dans ces mêmes motifs, qui certes ne résument que succinctement l'historique
    de l'affaire, il n'est écrit nulle part que la dénonciation de la jeune fille contre l'accusé ait été étayée par d'autres éléments.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La tentation est donc forte de conclure que l'accusé qui niait les agressions
    reprochées a été condamné sur la seule affirmation d'une jeune fille perturbée, qui avait déjà accusé à tort d'autres personnes, et sans que les propos de cette dernière ne soient confortés par
    d'autres éléments solides (3). Alors, procès bâclé, décision aberrante ?<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Ce serait sans doute aller un peu vite.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Gardons d'abord dans un coin de nos tête l'hypothèse, que rien ne permet
    d'écarter immédiatement,&nbsp; que ce n'est pas en dénonçant mais en se rétractant que la jeune fille est dans le mensonge. La question serait alors, malgré tout, de savoir s'il est possible de
    condamner sur de simples allégations sans autres éléments solides, et en sachant que la dénonciatrice a varié dans ses affirmations.<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Surtout, les deux procès ont eu lieu devant la cour d'assises. Cela signifie
    que l'accusé a été jugé la première fois par 12 personnes, dont 9 jurés, et la seconde fois par 15 personnes dont 12 jurés&nbsp; (<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=2A7B6F4ED17966CEC167819A3D094C9A.tpdjo05v_1?idArticle=LEGIARTI000006576147&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">art.
    296</a> du cpp).&nbsp; Les votes en faveur de la culpabilité ont, conformément à la loi, été forcément ceux d'un minimum de 8 personnes la première fois, et 10 la seconde (<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=E4A47C0AD63D72CD24930F4608AEC241.tpdjo05v_1?idArticle=LEGIARTI000006576306&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">art
    359</a> du cpp). Autrement dit, 18 personnes au minimum, dont une majorité des jurés à chaque fois, ont estimé, dans leur <a href="http://www.huyette.net/article-32357340.html">intime
    conviction</a>, que les charges étaient suffisantes pour déclarer l'accusé coupable, après avoir entendu tous les arguments pour et contre, pendant plusieurs jours, notamment l'avocat de l'accusé
    qui a certainement souligné la fragilité de la dénonciation et, si tel est bien le cas, l'absence d'autres éléments véritablement probants, et après avoir eu tout le temps nécessaire pour en
    délibérer et se décider.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Alors pourquoi deux décisions successives de culpabilité si le dossier
    était,&nbsp; supposons le pour la suite de la réflexion, aussi faible au niveau des charges ? Il est encore plus délicat de répondre à cette interrogation, seules quelques pistes de réflexion
    pouvant être prudemment suggérées.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; D'abord, si besoin était, ce dossier rend encore plus évidente la nécessité
    de <a href="http://www.huyette.net/article-la-non-motivation-des-decisions-de-la-cour-de-cassation-43042664.html">motiver&nbsp;</a> par écrit les décisions de la cour d'assises. Seule la lecture
    d'une telle motivation pourrait ôter de certaines têtes, car certains le diront ou au moins le penseront, que les décisions de culpabilité ont été prises&nbsp; dans cette affaire sans raison, par
    des juges et des jurés peu scrupuleux, et qui se sont prononcés à la va vite sur des impressions plutôt que sur des charges suffisamment nombreuses et indiscutables. Par ailleurs, comme je
    l'avais déjà souligné, l'exigence de motivation, qui suppose que le raisonnement qui conduit à la culpabilité soit exposé et mis en forme, ne peut que tirer le délibéré vers le haut en
    contraignant tous ceux qui sont en faveur d'une telle culpabilité à faire l'effort d'argumenter minutieusement leur choix. C'est toujours au moment de résumer son point de vue par écrit que l'on
    se rend le mieux compte de sa réelle consistance, ce qui impose parfois, quand la rédaction est malaisée, de réviser la conclusion à laquelle on pensait aisément arriver.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Cette affaire peut aussi relancer le débat sur la situation de victimes dans
    certaines affaires de viol, quand les dossiers sont peu consistants en terme de charges contre l'accusé. Consciemment ou non, pour certains magistrats ou jurés, il est parfois difficile, en
    présence d'une personne qui souffre réellement et qui réclame une sanction contre un agresseur désigné, d'accepter de n'apporter aucune réponse judiciaire satisfaisante, et de terminer une
    affaire par une décision de non culpabilité qui signifie, pour la victime, si elle a bien été agressée, que l'homme désigné par elle retrouve sa liberté et est considéré innocent. Cela est
    surtout insupportable pour cette victime si l'homme qu'elle désigne est bien son agresseur mais que dans le dossier soumis à la juridiction qui, il faut toujours l'avoir en tête, ne juge pas la
    réalité mais les éléments qu'on lui soumet, n'ont pas été réunies des charges suffisantes contre lui. D'où, parfois, un refus inconscient de laisser cette victime&nbsp; quitter la salle
    d'audience avec une souffrance initiale plus la nouvelle souffrance découlant d'un procès sans issue apaisante. Mais la justice n'est pas là pour apaiser&nbsp; la douleur, aussi intense et
    bouleversante soit elle. Elle est là uniquement pour dire s'il est suffisamment démontré et donc certain que l'individu qu'elle doit juger a commis les faits reprochés.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Mais le débat doit se poursuivre au-delà de la salle d'audience. Car comme je
    l'ai aussi déjà rappelé, les juges sont soumis à la pression d'une opinion publique qui, un jour, les traite de dangereux irresponsables quand en cours d'instruction celui qui est désigné comme
    un monstre est <a href="http://www.huyette.net/article-6927789.html">remis en liberté</a> à cause d'un doute sur sa culpabilité, et qui le lendemain les traite encore d'irresponsables quand ils
    condamnent un individu dans un dossier incertain. Et cette pression est encore plus forte sur certains jurés qui n'ont ni le recul ni l'expérience qui permet une certaine indifférence aux cris de
    la foule. Par ailleurs, les parlementaires, toujours prompt à réagir au moindre fait divers, n'ont pas hésité à <a href=
    "http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion1187.asp">proclamer</a> qu'il serait</span></span> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;">"important que la présomption de crédibilité de la parole de l'enfant puisse être retenue comme un principe dans toutes les procédures le concernant",&nbsp;
    substituant à l'examen de charges devant être suffisantes l'idée que le cerveau d'un mineur ne connaît ni le menseonge ni la manipulation ni les perturbations psychologiques, et à envisager en
    même temps que le crime de viol sur mineur soit "imprescriptible", au risque, des dizaines d'année après les faits dénoncés, de ne reteouver aucun élément susceptible d'étayer sérieusement des
    poursuites pénales. Et au risque de nouvelles déconvenues pour les victimes.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Bref, on demande au juge toujours plus d'attention envers les victimes (plus
    exactement les personnes qui se présentent ainsi) dont la place nous dit-on doit être au coeur du procès, et en même temps on estime insupportable dans certaines affaires que le juge accorde trop
    de crédit aux... victimes.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Quoi qu'il en soit cette affaire devrait inciter tous les professionnels à
    une profonde réflexion sur tous les aspects du fonctionnement judiciaire - de la plainte à la décision judiciaire définitive - autour des affaires de viol sur les mineurs. Entre "de toute façon
    la justice fait n'importe quoi", et "il faut toujours écouter et entendre les victimes", il devrait y avoir la place pour une approche nuancée et prudente, à distance des émotions et des
    pressions de toutes sortes.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Nous le devons à tous les acteurs du procès. Aux accusés injustement
    poursuivis d'abord. Mais tout autant aux dénonciateurs qui n'ont rien à gagner à l'effet boomerang et dévastateurs de certaines démarches vouées à l'échec.<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span></span><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">---------</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">1. Les décisions de la commission de révision sont <a href=
    "http://www.courdecassation.fr/hautes_juridictions_commissions_juridictionnelles_3/commission_revision_condamnations_penales_624/decisions_625/">accessibles ici</a>.&nbsp;</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">2. Le premier dossier pose toutefois la question, très importante, des aveux reçus
    pendant la garde à vue, à l'occasion d'interrogatoires se déroulant sans la présence d'un avocat. Je renvoie aux précédents articles sur la garde à vue française et aux interrogations sur sa
    conformité avec la convention européenne des droits de l'homme telle qu'elle a été récemment interprétée par la cour européenne des droits de l'homme. (<a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-cour-europeenne-des-droits-de-l-homme-et-la-garde-a-vue-suite-46449729.html">article 1</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-le-debat-autour-de-la-garde-a-vue-et-le-statut-du-ministere-public-44975096.html">article 2</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-reforme-de-la-garde-a-vue-suite-mais-pas-fin-44439121.html">article 3</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-quelles-pratiques-policieres-en-attendant-la-reforme-de-la-garde-a-vue-43877866.html">article 4</a>,&nbsp; <a href=
    "http://www.huyette.net/article-a-propos-des-droits-en-garde-a-vue-et-de-quelques-legislations-europeennes-42589391.html">article 5</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-introduire-l-habeas-corpus-dans-notre-droit-41007329.html">article 6</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-les-esprits-s-echauffent-autour-de-la-garde-a-vue-40774749.html">article 7</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-quelle-reforme-pour-la-garde-a-vue--38684078.html">article 8</a>)<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">3.</span></span> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;">L'analyse doit toutefois rester prudente car personne, à part les acteurs des deux procès, ne sait ce qui s'y est réellement passé ou dit.</span></span>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Méfions nous comme de la peste des commentaires hâtifs et hasardeux genre café du
    commerce.<br></span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 15 Apr 2010 16:39:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5dc883ed23d1c672f88e1a0f93b34580</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-a-propos-de-la-revision-des-condamnations-penales-48674860-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Un bon magistrat est-il un magistrat qui se tait ?]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-un-bon-magistrat-est-il-un-magistrat-qui-se-tait--43530181.html</link>        <description><![CDATA[<span style="color: #303030;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
  <br>
  <br>
  <br></span></span>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Parmi les piliers les plus essentiels dans une démocratie, on trouve la liberté de pensée et le droit d'expression de chacun des citoyens. Tous les régimes
    teintés de totalitarisme commencent par faire taire ceux qui sont susceptibles de défendre des idées qui ne sont pas les leurs. La contradiction et le débat ont toujours fait peur à ceux qui
    veulent imposer leurs idées et en connaissent les faiblesses que le débat public et libre ne peut manquer de révéler.<br>
    <br>
    &nbsp; Par ailleurs, c'est en ayant accès, sur un même sujet, à des informations en provenance de sources variées et surtout à des informations divergentes (lire ou entendre plusieurs fois la
    même chose ne présente aucune utilité) que les citoyens peuvent en fin de compte se faire eux-mêmes leur propre opinion.<br>
    <br>
    &nbsp; C'est en cela que l'internet a complètement bouleversé l'accès à l'information. Même s'il s'agit d'un espace dans lequel la promenade doit être prudente, car n'importe qui peut écrire
    n'importe quoi sur n'importe quel sujet, sans aucun contrôle préalable, il n'empêche que cela permet à de nombreuses&nbsp; personnes de s'exprimer publiquement aujourd'hui, alors qu'auparavant
    elles n'auraient disposé d'aucun moyen pour dialoguer avec le reste de la collectivité.<br>
    <br>
    &nbsp; Cela explique les innombrables blogs qui doivent actuellement couvrir à peu près tous les sujets de préoccupation.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Quelques blogs ont été créés par des magistrats, soit individuellement, soit, comme&nbsp; "Paroles de juges", collectivement.<br>
    <br>
    &nbsp; C'est la mésaventure de l'un de ces blogs qui a ces derniers jours retenu mon attention.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; J'ai très récemment découvert, grâce au message d'un collègue, un blog créé par un magistrat en fin d'année 2009. Celui-ci raconte (racontait...) dans certains articles les dessous de la
    justice, notamment ses dysfonctionnements. Ce que l'on pouvait lire n'était pas toujours de nature à donner une image flatteuse de l'institution judiciaire, mais il n'est pas certain du tout que
    ce qui était écrit ne corresponde pas fidèlement à la réalité.<br>
    <br>
    &nbsp; Rien dans les articles publiés sur ce blog, me semble-t-il (mais je l'ai peut-être survolé trop vite) ne permettait de savoir qui est ce magistrat ni dans quel tribunal il travaille. Bien
    sûr, les autres magistrats concernés par les articles pouvaient certainement se reconnaître, en tous cas certains. C'est apparemment ce qui s'est produit et on comprend qu'il a été enjoint à ce
    collègue de mettre fin à son blog. Il a obtempété et les articles ont disparu. Ne reste qu'un dernier message dans lequel on sent une grande amertume et beaucoup de désenchantement.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Cela m'inspire les réflexions suivantes.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; * Quand, dans quelque métier que ce soit, des professionnels ressentent à ce point le besoin de s'exprimer en dehors du cadre habituel, et pour critiquer leur environnement, cela montre
    d'abord qu'il existe un fort <b>déficit d'expression et de débat en interne</b>. Autrement dit, c'est l'impossibilité de faire valoir ses idées et ses préoccupations dans son environnement de
    travail qui pousse des individus à s'exprimer en dehors. On l'a vu, notamment, chez les gendarmes et les préfets. Naissent alors des associations, des clubs de réflexion... et des blogs pour
    contourner le manque cruel d'expression et de débat dans l'institution.<br>
    <br>
    &nbsp; C'est pourquoi, quand la hiérarchie constate que plusieurs personnes essaient de s'exprimer en dehors du milieu professionnel, sa première réaction devrait être non pas de chercher à faire
    taire ceux qui ont des choses à dire, mais de s'interroger sur les raisons d'être profondes d'une telle démarche et, si nécessaire, de mettre en place aussitôt que possible, en interne, des lieux
    où la parole peut s'exprimer&nbsp; librement et sur tous les sujets sans aucune restriction.<br>
    <br>
    &nbsp; Quand de tels lieu de débats ne sont pas mis en place, c'est parce que la crainte est forte d'y voir révélés et analysés des dysfonctionnements indiscutables. L'être humain étant ce qu'il
    est, la fuite est la plupart du temps préférée à l'affrontement des idées. On ne solutionne pas les difficultés, on essaie de faire en sorte qu'elles ne soient pas exprimées pour ne pas avoir à
    les affronter. Courage, fuyons....<br>
    <br>
    &nbsp; Le fait est que, dans la magistrature, il n'existe absolument aucun lieu de débat en interne. Les magistrats se réunissent quelques fois par an pour des assemblées générales, mais c'est
    essentiellement pour débattre de l'organisation des services. Ceux qui souhaiteraient lancer un débat autour des pratiques ou de la déontologie n'ont aucun interlocuteur. L'organisation d'une
    éventuelle discussion est soumise au bon vouloir de la hiérarchie contre laquelle il n'existe aucun recours si elle ne veut pas aborder les questions suggérées. Les verrous sont solides et
    <a href="http://www.huyette.net/article-justice-sous-tutelle--39594746.html">impossibles à faire sauter</a>.<br>
    <br>
    &nbsp; Notons que cela n'empêchera jamais ceux qui cherchent au quotidien à bloquer toutes les vélléités de débat de s'inscrire et de se mettre au premier rang des colloques sur la déontologie et
    l'éthique. La fiche de présence au stage remplace sans doute avantageusement la mise en oeuvre des principes étudiés. Il est vrai qu'il est plus simple d'écouter les autres énoncer des principes
    rigoureux que de se les appliquer....<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; * Ce n'est sans doute pas par hasard que plusieurs magistrats ont choisi de <b>s'exprimer de façon anonyme,</b> soit sur leur propre blog comme ce collègue vite bloqué dans son élan, soit
    sur des blogs gérés par des tiers, sous forme d'articles ou de commentaires.<br>
    <br>
    &nbsp; Le choix de l'anonymat, c'est a priori la volonté de ne pas être identifié. Mais d'où peut provenir cette volonté de ne pas apparaîre sous son vrai nom ? On pense en premier à la crainte
    d'être repéré et sa conséquence, la crainte d'être sanctionné. Le recours à cet anonymat, à lui seul, en dit long sur la chape de plomb qui règne sur les magistrats, à tel point qu'ils n'osent
    pas s'exprimer sous leur propre nom.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; * Même si ce qui vient de se passer pour le blog de ce collègue correspond à la méthodologie la plus répandue - mélange de menace et de pression - et est donc sans surprise, il n'en reste
    pas moins qu'il est toujours troublant, quand un individu dénonce des dysfonctionnements, que ce soit <b>celui qui dénonce, et non ceux donc le comportement est - justement - dénoncé, qui soit
    sanctionné</b>.<br>
    <br>
    &nbsp; Quel encouragement pour les jeunes magistrats encore plein de principes, qui viennent de nous rejoindre, et qui vont au plus vite apprendre que de la théorie (les grands principes) à la
    réalité (leur mise en oeuvre), il n'y a pas seulement un fossé mais un gouffre. Sans parler des étudiants qui rêvent et croient encore....<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; * Ce qui rend indispensable que de nombreux magistrats s'expriment à propos de la justice, c'est aussi le constat que <b>d'innombrables commentaires sont quotidiennement émis sur la
    justice et les juges</b>, sans que ces derniers ne soient en capacité d'y répondre. Comme je l'ai déjà souligné à plusieurs reprises, le but de la prise de parole des magistrats n'est pas de
    faire valoir leur vérité pour contrer la vérité des autres. C'est de donner à nos concitoyens des éléments de réflexion afin qu'ils se fassent eux-même leur propre opinion, mais une opinions
    assise sur des informations suffisament nombreuses, variées, et fiables.&nbsp;<br>
    <br>
    &nbsp; Or chacun peut constater que le nombre de magistrats de tous niveaux qui s'expriment publiquement sur la justice est extrêmement faible. A tous les niveaux hiérarchiques, c'est le silence
    prudent qui est de mise. Il est vrai que les nominations et les promotions dépendant largement du pouvoir en place, le dicton "qui veut aller loin ménage sa monture" est plutôt bien respecté.
    Cela sans même que les gouvernants aient besoin de rappeler les magistrats à leur devoir de réserve, l'auto-censure étant amplement suffisante (1).<br>
    <br>
    &nbsp; Dès lors, les magistrats n'étant représentés par personne dans le débat public sur la justice, la seule possibilité qui leur est offerte est de profiter des moyens technologiques nouveaux,
    et notamment des blogs, pour émettre leurs opinions. Ils disposent ainsi d'un outil qu'ils maîtrisent entièrement, et la mise en ligne des articles n'est soumise à l'approbation de personne, ni
    même à l'existence d'un espace libre dans un journal version papier. Il leur faute juste, eux aussi, ne pas avoir trop peur de leur ombre.<br>
    <br>
    <br></span></span></span>
    <div style="text-align: center;">
      <span style="color: #303030;">*&nbsp; *&nbsp; *</span>
    </div>
    <div style="text-align: center;">
      <span style="color: #303030;"><br></span>
    </div><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #303030;"><br>
    &nbsp; J'avais déjà indiqué dans un <a href="http://www.huyette.net/article-13370993.html">ancien article</a> que ce qui manque le plus dans la magistrature c'est un recours, qui devrait être
    offert à tout magistrat qui considère qu'une règle déontologique ou éthique a été délibérément violée, afin qu'il puisse, en cas de carence de sa hiérarchie (refus d'aborder la question, refus de
    la traiter..) s'adresser à une institution neutre et attentive.<br>
    <br>
    &nbsp; Cela pourrait être une formation spécialisée du conseil supérieur de la magistrature, qui s'appelerait par exemple "commission déontologie", avec éventuellement en amont une commission
    régionale, totalement détachée des chefs de juridiction. Le code de l'organisation judiciaire pourrait prévoir les modalités de la saisine en précisant que tout magistrat peut sur une question
    déontologique alerter par écrit son chef de juridiction, que celui-ci doit lui répondre par écrit dans tel délai, qu'en cas de désaccord la commission régionale ou la commission de déontologie du
    CSM peut êre saisie par l'un ou l'autre. Il devrait être mentionné clairement que toute démarche en ce sens d'un magistrat ne peut en aucune façon nuire à la poursuite de sa carrière.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais pour l'instant c'est le néant. Ceux qui constatent des dysfonctionnement majeurs en interne au pire enfouissent leur amertume au fond de leur poche et mettent leur mouchoir par
    dessus, au mieux en parlent dans les couloirs avec quelques collègues un peu plus ouverts que les autres et qui n'ont pas peur qu'on les écoute. Reste le travail des syndicats, mais qui jusqu'à
    présent, aussi indispensable et utile qu'il soit, n'a en rien modifié le fonctionnement global de l'institution.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Il est contradictoire de tenter d'empêcher les magistrats de s'exprimer en dehors de l'institution tout en leur refusant de s'exprimer à l'intérieur.<br>
    <br>
    &nbsp; Il est urgent de créer au sein de l'institution judiciaire des lieux de débat balisés par des dispositions légales ou réglementaires, et, surtout, d'offrir aux magistrats la possibilité de
    faire connaître à tout moment tout ce qui peut être une entorse grave à la déontologie.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; En tous cas, les magistrats ont raison de s'exprimer publiquement. Que cela dérange ou non. C'est ainsi qu'ils montrent leur attachement à leur institution, et à quel point ils tiennent à
    préserver un service public judiciaire de qualité.<br>
    <br>
    &nbsp; Et tant pis pour ceux qui, de la justice, n'en ont que faire.<br>
    <br>
    <br>
    ------<br>
    <span style="font-size: 10pt;">1. S'agissant de la très haute hiérarchie, on se souvient toutefois - avec nostalgie - d'un ancien président de la cour de cassation allant dire au président de la
    République combien certaines attaques mensongères contre les magistrats sont inacceptables. Et on cherche, à ce niveau là, un second exemple.......</span><br>
    &nbsp;<br></span><br>
    <br>
    <br>
    <br></span></span> <span style="font-size: 12pt;"><br></span><br>
    <br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 24 Jan 2010 09:51:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7ae99863a30cc859ffc0c7c2937e77a7</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-un-bon-magistrat-est-il-un-magistrat-qui-se-tait--43530181-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[A propos du débat sur l'identité nationale]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-a-propos-du-debat-sur-l-identite-nationale-41833412.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #2b2b2b;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="color: #363636;">&nbsp; Depuis que le gouvernement a lancé un débat sur l'identité nationale, que certains dénoncent à tort ou à raison comme une manoeuvre de diversion à l'approche
    des élections régionales, cela part dans tous les sens avec une focalisation sur les étrangers et surtout les musulmans et leur religion.<br>
    <br>
    &nbsp; Même si à peu près tout semble avoir été dit ou écrit sur ce débat, ajoutons - très modestement - deux ou trois réflexions.<br>
    <br>
    <br></span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="color: #141414;"><span style="color: #363636;">&nbsp; D'abord, il n'est pas en soi aberrant de
    s'interroger sur l'identité d'un pays. Encore faudrait-il définir cette notion. Dans notre débat, il pourrait s'agir de rechercher ce qui transcende le temps, c'est à dire les valeurs
    fondamentales les plus stables susceptibles de nous réunir.<br>
    <br>
    &nbsp; Le regard peut se tourner vers la constitution (et <a href=
    "http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/la-constitution-du-4-octobre-1958.5071.html">l'ensemble des textes</a> à
    valeur constitutionnelle comme la <a href=
    "http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789.5076.html">déclaration</a>
    des droits de l'homme et du citoyen).&nbsp; Et au fil du temps diverses conventions se sont intégrées à notre droit pour énoncer d'autres principes fondamentaux, telle, au premier rang, la
    <a href=
    "http://www.google.fr/url?sa=t&amp;source=web&amp;ct=res&amp;cd=1&amp;ved=0CAkQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.echr.coe.int%2FNR%2Frdonlyres%2F086519A8-B57A-40F4-9E22-3E27564DBE86%2F0%2FFrenchFran%25C3%25A7ais.pdf&amp;ei=8OQ1S-WLLYuq4QbtnOCqCA&amp;usg=AFQjCNGKTqwMgABESqagSaD-LT_2p0To4A&amp;sig2=j_tnyVnlTOt1pmk4n5RizA">
    convention européenne</a> des droits de l'homme.<br>
    <br>
    &nbsp; La lecture de ces divers textes peut nous inciter à penser que nous vivons dans un monde idéal, tant nous bénéficions de multiples droits dont nous pouvons réclamer le respect devant des
    juridictions supposées indépendantes.<br>
    <br>
    &nbsp; Pourtant, entre la théorie et la pratique, le fossé semble immense.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; En effet, la France au quotidien ce sont - aussi et en vrac - les agressions sexuelles sur les enfants, les <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000327/index.shtml">femmes qui meurent</a> sous les coups de leur conjoint, les personnes <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000007/index.shtml">t</a><a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000007/index.shtml">uées sur les
    routes</a> par des conducteurs qui boivent ou qui roulent trop vite pour leur seule satisfaction égoïste, le racisme et la <a href="http://www.halde.fr/">discrimination</a>, la <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000506/index.shtml">pauvreté</a> et la <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/044000076/index.shtml">misère</a>, les <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000554/index.shtml">inégalités
    sociales</a>, les <a href="http://www.huyette.net/article-l-arbre-cache-la-foret-le-minaret-le-ghetto-41038060.html">ghettos</a>, l'<a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000377/index.shtml">échec scolaire</a>, les <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000245/index.shtml">sans domicile fixe</a>, l'accès de plus en plus difficile aux soins et notamment la <a href=
    "http:///www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000303/index.shtml">discrimination médicale</a>, le <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000156/index.shtml">stress</a> et le suicide au travail,&nbsp; la <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/004001531/index.shtml">surpopulation</a> des prisons et le <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000387/index.shtml">suicide</a> en milieu carcéral, la prostitution, la violence, la drogue, des milliers de personnes sous
    anti-dépresseurs, et bien d'autres dysfonctionnements majeurs encore...<br>
    <br>
    &nbsp; Alors, que représente l'identité nationale pour tous ceux qui sont victimes de ces fléaux ?<br>
    <br>
    &nbsp; Où est-elle l'identité nationale quand des bénévoles doivent agir la moitié de l'année pour donner de quoi survivre à des gens dont l'argent est en totalité dépensé le 15 de chaque mois
    alors que d'autres en ont tellement qu'ils n'ont même plus de besoins à satisfaire ?<br>
    <br>
    &nbsp; De quelle identité nationale parle-t-on quand on cherche à faire revenir en France des gens fortunés qui ne supportent pas de participer largement à la solidarité nationale et dont le seul
    objectif est d'amasser autant de richesse que possible, dans une indifférence totale à la souffrance des autres ?<br>
    <br>
    &nbsp; Que signifie identité nationale pour ces jeunes, français pourtant intégrés mais dont les parents où les grands-parents sont venus d'ailleurs, et dont les CV envoyés à des entreprises ne
    sont même pas lus parce que leur prénom ne fait pas penser à une tête blonde ni à une peau parfaitement claire ?<br>
    <br>
    &nbsp; Les exemples pourraient être multipliés à l'infini.<br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    &nbsp; Finalement, que reste-t-il de notre tryptique national&nbsp; "liberté - égalité - fraternité" présenté comme le résumé de notre identité nationale ? Sans doute pas grand chose.<br>
    <br>
    &nbsp; La liberté n'a plus de contenu quand les dicriminations de toutes sortes sont autant de chausse-trapes qui conduisent à l'échec et à la marginalisation.<br>
    <br>
    &nbsp; L'égalité n'est qu'un mythe quand certains ont bien plus que tout et d'autres presque rien.<br>
    <br>
    &nbsp; La fraternité n'est qu'une illusion quand toutes ces scandales se perpétuent grâce à l'indifférence collective et le désintérêt des gouvernants.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Toutefois, aucun de ces sujets n'a été traité à l'occasion du débat sur les valeurs supposées créer une cohérence nationale, et être le socle de notre identité commune. De fait, personne
    n'aime vraiment aller voir ce qui se cache derrière le décor, surtout ceux qui gouvernent et dont la responsabilité est engagée à travers des choix politiques contraires aux droits proclamés dans
    nos textes fondamentaux.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Mais heureusement il reste les méchants musulmans, leur religion et leurs minarets, pour détourner&nbsp; et monopoliser l'attention. Grâce à eux nous pouvons éviter les sujets qui fâchent
    et nos remises en cause personnelles et collectives.<br>
    <br>
    &nbsp; Quand même, rien que pour cela, ils devraient être chaleureusement remerciés....<br></span><br></span><br></span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 26 Dec 2009 11:14:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f7b975c9e306db36ecfbe5272dad49e3</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-a-propos-du-debat-sur-l-identite-nationale-41833412-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Dehors la racaille étrangère !]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-dehors-la-racaille-etrangere--40657264.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #262626;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; <span style="color: #0a0a0a;">Non non non, ne vous inquiétez pas. Ce blog ne s'est pas transformé soudainement en tribune de parti d'extrême droite.<br>
    <br>
    &nbsp; Il s'agit aujourd'hui de revenir quelques brefs instants sur un reportage diffusé il y a quelques jours à la télévision, et qui concernait la façon, dans un pays européen autre que la
    France, dont sont traités certains étrangers, tous issus du même pays.<br>
    <br></span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #0a0a0a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Sans doute n'y avait-il rien de bien nouveau a priori.<br>
    <br>
    &nbsp; Un parti politique profite du malaise de la population pour tenter d'obtenir ses voix aux élections locales et nationales en l'abreuvant de slogans simplistes contre la présence des
    étrangers : ils prennent les emplois, ils sont à l'origine de la délinquance, ils doivent donc être mis dehors.<br>
    <br>
    &nbsp; Tout comme chez nous.<br>
    <br>
    &nbsp; Et une fois de plus, les journalistes ont montré que dans ce pays là le discours est en grande partie contraire à la réalité.<br>
    <br>
    &nbsp; D'abord parce que les emplois occupés par des étrangers correspondent pour la plupart à des emplois pour lesquels les entreprises ne trouvent pas de candidats du pays (comme cela a été
    confirmé par les employeurs interrogés). Ensuite parce que les statistiques officielles sur la délinquance montrent que la part des inractions commises par des érangers est peu élevée (9 % dans
    ce pays).<br>
    <br>
    &nbsp; Bref, un discours xénophobe qui s'appuie sur des affirmations mensongères dans le but d'inquiéter une population que l'on tient dans l'ignorance des réalités, tout cela pour faire croire
    que le parti qui élève le plus la voix et qui montre le plus ses muscles détient la solution de tous les problèmes.<br>
    <br>
    &nbsp; Rien de nouveau sous le soleil.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Mais il y avait un petit quelque chose de plus... inhabituel dans ce reportage.<br>
    <br>
    &nbsp; En effet, il s'agit de la Suisse, et les étrangers qualifiés de "racaille" sur les affiches et dans les journaux sont des..... français !<br>
    <br>
    &nbsp; Les journalistes sont allés interroger certains de ces travailleurs français "transfrontaliers" qui subissent de plus en plus ouvertement les critiques de certains suisses et d'un parti
    politique qui a fait de leur rejet son cheval de bataille.<br>
    <br>
    &nbsp; Et nous avons vu plusieurs de nos compatriotes dire à quel point ils se sentent humiliés d'être traités ainsi, combien ils trouvent injustes les agressions dont ils sont victimes, et
    considérer très malsaine la campagne de dénigrement qui les vise.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Tout comme chez nous.<br>
    <br>
    &nbsp; Enfin presque.<br>
    <br>
    &nbsp; Car si en France la problématique est souvent la même, chez nous quand ce sont "nos" étrangers qui sont mis au ban de la société, tout aussi injustement, les mêmes français sont nombreux à
    ne pas y prêter attention, voire à trouver le rejet de ces étrangers bienvenu.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais tant que ce sont les autres qui sont victimes de la haine et de la discrimination, notamment ceux qui n'ont pas la peau complètement blanche, c'est sans doute moins grave que quand il
    s'agit de français....</span></span></span><br>
    <br>
    <br>
  </div><br>
  <br>
  <br>
  <br>]]></description>
        <pubDate>Sun, 06 Dec 2009 11:34:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3cb0b2c99f6c5004b989ccad1d8f1056</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-dehors-la-racaille-etrangere--40657264-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Je triche, mais que moi]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-je-triche-mais-que-moi-39682104.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #2b2b2b;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Quand on regarde attentivement les images vidéo, il n'existe aucun doute. Thierry Henri a délibérément arrêté le ballon avec le bras, puis l'a positionné avec la main pour pouvoir le
    reprendre avec le pied et le passer à son co-équipier qui a marqué le but. Au demeurant, il a lui-même reconnu cette manipulation. Le but de l'équipe de France contre l'Irlande est donc
    totalement dépourvu de valeur et la victoire française ne devrait pas exister.<br>
    <br>
    &nbsp;Mais l'essentiel n'est pas là.<br>
    <br>
    &nbsp; A longueur d'année les gouvernants et les élus réclament une chasse permanente aux incivilités. La tolérance zéro doit, disent-ils et répètent-ils, conduire à sanctionner vigoureusement le
    plus petit écart de conduite, le moindre dérapage, et cela sans aucune pitié même quand il s'agit de jeunes enfants.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais voici qu'un pays tout entier se satisfait d'avoir triché aux vu et au su de tous.<br>
    <br>
    &nbsp; On s'attendait après avoir vu ce bras et cette main à ce que le sélectionneur lui-même reconnaisse la victoire de l'équipe de France injustifiée et réclame un nouveau match. On s'attendait
    en tous cas à ce que le ministère des sports déclare publiquement ne pas pouvoir se satisfaire d'une victoire obtenue par fraude.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais non, nous avons droit chez les responsables du sport et les politiques soit à de l'arrogance et de l'hypocrisie, soit à un silence approbateur.<br>
    <br>
    &nbsp; Bref, on a triché et on a bien fait. Et on le fête.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; La où la médiocrité grimpe d'un échelon supplémentaire, c'est quand les responsables affirment les uns après les autres qu'après tout cela n'est pas bien grave car d'autres avant ont
    triché et d'autres tricheront demain. Autrement dit le comportement affligeant des autres excuse le nôtre.<br>
    <br>
    &nbsp; Quelle finesse d'esprit.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; En tous cas que les plus jeunes ne s'illusionnent pas. Pour eux, la traque au moindre écart reprend demain matin.<br>
    <br>
    &nbsp; Pouvoir tricher et en rire, en toute impunité, ne sera jamais permis aux enfants de nos quartiers.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Sinon, c'est quoi le thème de la prochaine leçon d'instruction civique dans les collèges : Le respect des règles en toutes circonstances ?<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br></span></span></span>
  </div><br>]]></description>
        <pubDate>Thu, 19 Nov 2009 20:31:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">619a26379ed1e83283758fc2495cfc01</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-je-triche-mais-que-moi-39682104-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'injustice, et la honte]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-l-injustice-et-la-honte-39424066.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #2b2b2b;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <span style="color: #111111;"><br>
    &nbsp; Parfois, quand les informations se télescopent, c'est pire que dans un accident frontal de la circulation.<br>
    <br>
    &nbsp; Dans Le Monde d'aujourd'hui, tout se qui compte dans l'industrie militaire se réjouit de la reprise des ventes d'armes françaises. Le marché mondial de l'armement devrait être pour 2009
    d'environ 70 milliards d'euros, dont 7 milliards pour l'industrie française. Les conflits en tous genres et leur cortège de destructions ont de beaux jours devant eux. Il en va de même de la
    situation&nbsp; de tous les industriels et dirigeants politiques qui, au passage, profitent personnellement des retombées financières de ces conflits.<br>
    <br>
    &nbsp; En janvier 2009, à l'occasion de sa leçon inaugurale au collège de France, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Esther_Duflo">Esther Duflo</a> a rappelé que "1,4 milliard de personnes
    vivaient avec moins d'un dollar par jour, chaque année au moins 27 millions d'enfants ne reçoivent pas les vaccinations essentielles, 536 000 femmes meurent en couches, et plus de 6,5 millions
    d'enfants meurent avant 1 an".<br>
    <br>
    &nbsp; Une partie de l'argent consacré mondialement à l'armement suffirait amplement à faire définitivement disparaître en totalité la misère de la surface du globe.<br>
    <br>
    &nbsp; Le mot "injustice" ne suffit plus pour décrire cette monstrueuse aberration.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Il y a des jours où l'on voudrait être sur une autre planète.<br></span></span><br></span></span><br>
    <br>
    <br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 15 Nov 2009 17:29:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b40a0b42101a03e55c8770ed02e76cdc</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-l-injustice-et-la-honte-39424066-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Tolérance zéro, enfin presque]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-35954464.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #3b3b3b;"><span style="font-family: times new roman,times;">Par Michel Huyette</span></span></span><br>
    <span style="color: #363636;"><br>
    <br></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <div style="text-align: justify;">
      <span style="color: #363636;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;&nbsp; Les plus hautes autorités de l'Etat nous le rappellent régulièrement
      : en matière de délinquance, c'est la tolérance zéro. Cela&nbsp; signifie que tout personne qui commet délibérément une infraction doit être poursuivie et punie, sans aucune
      exception.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;&nbsp; Bien.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;&nbsp; Mais alors on ne comprend pas.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; On trouve sur le site de la <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports/">documentation
      française</a> un rapport particulièrement intéressant concernant l'attitude des médecins face aux malades bénéficiant de la CMUC (couverture médicale universelle complémentaire) (1). Dans
      <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000303/index.shtml">ce rapport</a> intitulé "Le refus de soins à l'égard des bénéficiaires de la Couverture maladie
      universelle complémentaire à Paris : une étude par testing auprès d'un échantillon représentatif de médecins (omnipraticiens, gynécologues, ophtalmologues, radiologues) et de dentistes
      parisiens", on lit que les taux de refus de recevoir un bénéficiare de la CMUC, particulièrement (et logiquement..) élevés chez les médecins du secteur 2 (ceux dont les honoraires dépassent le
      montant rembousré par la sécu) sont de : 38,1 % chez les gynécologues (mais 40,2 % chez ceux du secteur 2), 28,1 % chez les ophtalmologues (31,3 % chez ceux du secteur 2), 19,4 % chez les
      omnipraticiens (32,6 % chez ceux du secteur 2).</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Cela n'est pas nouveau. En 2005 une étude semblable avait déjà montré que 41% des médecins spécialistes
      sollicités ont refusé de prendre en charge des patients inscrits à la CMU (notemment les ophtalmologues 33%, les dentistes 39%, les pédiatres 40,9 %, les gynécologues 44%, les psychiatres 50%).
      Les généralistes étaient 4,8 % à pratiquer la même ségrégation.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La comparaison entre les deux études montre que le rappel à l'ordre promis par le président de l'ordre
      national des médecins n'a pas vraiment été suivi d'effet, et que de très nombreux médecins refusent en permanence de soigner les plus pauvres (2).<br>
      <br>
      &nbsp; Mais il est vrai que ne gagner que 22 euros toutes les dix minutes c'est une misère, surtout quand pour la même prestation et la même durée on peut gagner nettement plus. Et puis, à leur
      décharge, on admettra que ces gens qui viennent avec des trous dans la denture parce que se faire poser une nouvelle dent coûte une fortune non remboursée par la sécu, ça fait tache dans une
      jolie salle d'attente.</span></span><br>
      <br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; De telle pratiques, au-delà du profond mépris qu'elles traduisent pour les hommes et les femmes en
      grandes difficultés, peuvent peut-être constituer l'infraction pénale de discrimination de l'article 225-1 du code pénal, rédigé ainsi :</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; "Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur
      origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques
      génétiques, de leurs moeurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou
      supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée."</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Il pourrait s'agir d'une discrimination fondée sur "l'état de santé".</span></span><br>
      <span style="font-family: times new roman,times;"><br>
      <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Toutefois, les <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/initRechExpJuriJudi.do">banques de données</a> juridiques consultées ne comportent aucune trace d'une
      seule sanction judiciaire contre des médecins.</span></span> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Et les archives des principaux journaux nationaux
      ne semblent contenir aucun article relatant une sanction infligée à un médecin.<br>
      <br>
      <br>
      &nbsp; Par ailleurs, ces médecins pourraient utilement lire l'article <a href=
      "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=7F7C2A5CFD967850AF052CE2B150DB43.tpdjo04v_3?idArticle=LEGIARTI000006912868&amp;cidTexte=LEGITEXT000006072665&amp;dateTexte=20080715">
      R 4127-7</a> du code de la santé publique qui pose une règle simple et claire :<br>
      <br>
      &nbsp; "</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le médecin doit écouter, examiner, conseiller ou soigner avec la même conscience toutes
      les personnes quels que soient leur origine, leurs moeurs et leur situation de famille, leur appartenance ou leur non-appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur
      handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments qu'il peut éprouver à leur égard. Il doit leur apporter son concours en toutes circonstances.</span></span><span style=
      "font-family: times new roman,times;">"<br>
      <span style="font-size: 12pt;"><br>
      &nbsp; Et pourquoi pas un petit coup d'oeil sur la première phrase de l'article <a href=
      "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=7F7C2A5CFD967850AF052CE2B150DB43.tpdjo04v_3?idArticle=LEGIARTI000006912881&amp;cidTexte=LEGITEXT000006072665&amp;dateTexte=20080715">
      R 4127-19</a> : "</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">La médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce."<br>
      <br>
      &nbsp; Sans parler du serment prêté à l'entrée dans la profession, mais cela ressemble alors à de l'humour noir (extrait) : "</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style=
      "font-family: times new roman,times;">Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour
      les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité."</span><br></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; <span style="font-family: times new roman,times;">En tous cas, le principe de la tolérance zéro ne semble pas s'appliquer à tous les citoyens de la même
      façon...</span></span><br>
      <br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Mais au-delà de la problématique juridique ou déontologique, ce qui choque c'est, une fois de plus, la
      violence morale de telles pratiques. Ne pas soigner une personne au seul motif qu'elle ne va pas être en mesure de verser suffisamment d'argent, c'est d'abord considérer que cela n'est pas
      bien&nbsp; grave, c'est ensuite et surtout rejeter toute forme de solidarité. C'est maintenir le pauvre à l'écart du groupe social. C'est lui dire qu'il n'est pas digne d'en partager la
      richesse et le savoir, ni de bénéficier de sa protection.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Et comme cela a déjà été souligné dans d'autres domaines, de telles pratiques humiliantes sont
      susceptibles de générer&nbsp; au mieux de l'incompréhension, au pire de la haine, non seulement chez les intéressés, mais aussi chez les membres de leur famille et leur
      entourage.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Et après on s'étonne que dans certains quartiers des habitants moins résignés que d'autres s'énervent un
      peu....</span></span><br>
      <br>
      <br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">-----------</span></span><br>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">1. La CMUC est attribuée aux personnes les plus démunies. Elles étaient 4,2 millions en 2008 (rapport page
      9).</span><br>
      <br>
      <span style="font-family: times new roman,times;">2. Le rapport détaille le contenu de certaines conversations avec les cabinets médicaux. On constate que parfois les secrétaires sont très
      gênées pour expliquer que le refus de rendez-vous est lié uniquement au fait que la consultation par le médecin est... très chère, et que le médecin sollicité n'accepte pas de gagner moins.
      (cf. not. pages 51 et suivantes).&nbsp;</span></span></span>
    </div><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 11 Sep 2009 17:42:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ccd965d7969e9dfded7ef42f80f2e01b</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-35954464-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Jusqu'où va le droit de critiquer les juges ?]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-32685350.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #363636;"><span style="font-family: times new roman,times;">Par Michel Huyette</span></span></span><br>
    <br>
    <span style="color: #303030;"><br></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <div style="text-align: justify;">
      <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Au tout début du mois de juin 2009, une avocate a publié sur le site Rue89
      <a href="http://www.rue89.com/derriere-le-barreau/2009/06/01/messieurs-les-magistrats-jai-un-faire-part-a-vous-donner">un article critique</a>, après le suicide en prison de l'un de ses clients
      atteint, selon elle, de maladie mentale.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; L'avocate dénonce l'indifférence du juge d'instruction à qui elle aurait exprimé à plusieurs reprises la
      nécessité d'apporter des soins hospitaliers au détenu et donc de le faire sortir de prison,&nbsp; puis la décision tardive de la chambre de l'instruction qui à son tour n'a pas organisé une
      telle hospitalisation.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Elle mentionne également une pratique qu'elle appelle le "délibéré de couloir", ce qui selon elle suppose
      que le représentant du Parquet ait délibéré avec les magistrats du siège ce qui, d'un point de vue juridique, est évidemment juridiquement interdit.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Le même site nous <a href=
      "http://www.rue89.com/2009/06/12/bronca-contre-lavocate-qui-sen-prenait-aux-juges-sur-rue89">apprend maintenant</a> que des organisations syndicales de magistrats ont vivement réagi à ces
      propos et dénoncé une mise en cause inacceptable des juges. Et certaines ont saisi la ministre de la justice, tout en soulignant que celle-ci ne s'est pas spécialement intéressée pendant son
      séjour au ministère à la protection des attaques contre les magistrats. C'est peu dire....</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Quoi qu'il en soit, ce que la lecture de ces évènements inspire, c'est surtout le sentiment que l'on
      passe d'un côté comme de l'autre à côté de l'essentiel.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; D'abord, à la lecture de l'article de l'avocate, rien ne permet de savoir dans quelle mesure ce qu'elle
      soutient est exact.&nbsp; Bien sûr, il est tout a fait envisageable que ce qu'elle affirme en quelques lignes soit en tout ou partie conforme à la réalité. Mais il est dommage que, une fois de
      plus, la mise en avant de l'émotion fasse obstacle à la description rigoureuse et à l'analyse sereine d'une situation délicate. Cette avocate n'apprécierait peut-être pas que l'on critique son
      travail ou la personnalité de l'un de ses clients avec la même légèreté.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Mais supposons qu'il y ait une part de vrai dans ses allégations.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; D'abord, il faudrait avoir sous les yeux les courriers échangés entre elle et le juge d'instruction. Cela
      pourrait être de nature à faire apparaître des réponses trop tardives ou inappropriées de ce dernier, ou, à l'inverse, un intérêt réel quant à la situation de ce détenu décrit comme malade
      mental mais des difficultés pratiques ayant fait obstacle à la mise en oeuvre de la solution la plus appropriée.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; De la même façon, il serait intéressant de lire les conclusions déposées par l'avocate devant la chambre
      de l'instruction, et la motivation de la décision rendue. Dans un second temps seulement serait-il possible d'apprécier s'il y a eu une décision différente de ce que souhaitait l'avocate mais
      toutefois sérieusement argumentée, ou bien, comme cela se produit parfois, une erreur manifeste d'appréciation de la situation.</span></span><br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br>
      &nbsp; Notons également que l'allusion au "délibéré de couloir", expression que personnellement j'entends pour la première fois, est assez troublante. Si ce que cette avocate affirme est exact,
      à savoir la présence d'un représentant du ministère public pendant le délibéré des magistrats formant la chambre de l'instruction, cela relèverait certainement de la future saisine du Conseil
      supérieur de la magistrature tant cela est une grossière violation de la législation. Et au-delà du droit, si le représentant du parquet a développé son point de vue à l'audience, il n'existe
      aucune nécessité qu'il débatte encore de l'affaire avec les magistrats du siège pendant leur délibéré.<br>
      <br>
      &nbsp; Côté magistrats, il y a fort à parier que la dénonciation de principe des propos critiques de cette avocate, non accompagnée d'une analyse indiscutable de la situation litigieuse, va
      être considérée une fois de plus comme une manifestation du corporatisme le plus primaire. Et cela y ressemble beaucoup...<br></span></span><br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; En tous cas, à la lecture de l'article de l'avocate et des réactions des organisations syndicales, une
      chose au moins est certaine : le véritable débat a été totalement escamoté des deux côtés.</span></span><br>
      <br>
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La transparence est-elle à ce point gênante ?</span></span><br></span><br>
      <br>
      <br>
    </div><br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Mon, 15 Jun 2009 18:04:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e2569c0ac6075dcb714a85644e02607e</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-32685350-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[14 ans de procès, c'est trop long]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-31944800.html</link>        <description><![CDATA[<span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Par Michel Huyette</span></span><br>
  <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="color: #5c5c5c;"><br></span></span></span>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="color: #5c5c5c;">&nbsp;&nbsp; <span style="color: #3a3a3a;">"L'Etat est tenu de réparer le dommage
    causé par le fonctionnement défectueux du service de la justice. Sauf dispositions particulières, cette responsabilité n'est engagée que par une faute lourde ou par un déni de
    justice."</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Voilà ce que nous apprend la lecture de <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=0824D7AD898A8A0194E1FAAAC5651045.tpdjo16v_3?idArticle=LEGIARTI000006572083&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071164&amp;dateTexte=20081026">
    l'article L 141-1</a> du code de l'organisation judiciaire (COJ).</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Depuis quelques années, les justiciables sont de plus en plus nombreux, une
    fois le traitement judiciaire de leur affaire terminé, à revenir devant les tribunaux pour obtenir la condamnation de l'Etat à cause du mauvais fonctionnement de l'institution
    judiciaire.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; En voici un exemple récent.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; En avril 1990 un homme est victime d'un accident du travail qui entraîne une
    impotence du bras gauche, donc une incapacité partielle justifiant l'allocation d'une rente. Il saisit la caisse d'assurance maladie (CPAM) qui retient un taux d'invalidité de 15 %. Il exerce un
    premier recours, et la commission régionale d'invalidité maintient ce taux. Il forme un nouveau recours devant la cour nationale de l'incapacité qui, en février 1996, confirme les décisions
    antérieures.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Il forme un pourvoi devant la cour de cassation qui annule la décision de la
    cour nationale qui, de nouveau saisie après la cassation, lui attribue en juin 2000 un taux d'incapacité de 25 %. Manque de chance, sur pourvoi de cet homme, la cour de cassation annule une
    nouvelle fois la décision de la cour nationale, et la juridiction de renvoi lui alloue en février 2007 un taux d'incapacité de 25 % (la cassation ne portant pas sur l'appréciation du
    taux).</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Le premier recours de cet homme intervient en 1993, et la décision finale en
    2007, soit 14 années plus tard.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Insatisfait de la façon dont son dossier a été traité par la justice, et
    estimant avoir atendu beaucoup trop longtemps pour être définitivement fixé sur son sort, cet homme saisit le tribunal civil d'une demande d'indemnisation sur le fondement de l'article L 141-1 du
    COJ.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Après une première décision d'un tribunal, la cour d'appel rejette sa
    demande, en estimant principalement que la durée totale de traitement de l'affaire est la conséquence des recours successifs de ce Monsieur.<br></span></span></span>
  </p><span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #3a3a3a;">&nbsp; <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Mais sur pourvoi (encore un..!) de l'intéressé, la cour de cassation, dans un
    <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechExpJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000020321796&amp;fastReqId=991973762&amp;fastPos=1">arrêt du 25 février 2009</a>, affirme
    que "en statuant ainsi, alors qu'il ne pouvait être reproché à M. X... d'avoir exercé les voies de recours dont il disposait et qu'un délai de 14 ans pour obtenir une décision définitive dans un
    litige relatif à l'évaluation d'un taux d'incapacité dénué de complexité caractérisait une série de faits traduisant l'inaptitude du service public de la justice à remplir la mission dont il est
    investi, la cour d'appel n'a pas tiré les conséquences légales de ses constatations et violé l'article susvisé".<br>
    <br>
    &nbsp; On ne peut qu'être d'accord avec cette appréciation.<br>
    <br>
    &nbsp; En effet, même quand un justiciable forme des recours, si la juridiction supérieure, et notamment la cour de cassation, annule les décisions antérieures, c'est qu'il y a eu une mauvaise
    appréciation du dossier, en fait ou en droit. La durée de traitement n'est donc pas la conséquence des recours, mais des décisions réformées qui par définition étaient inappropriées.<br>
    <br>
    &nbsp; Le résultat est qu'en 2009, la cour de cassation renvoie l'examen de la demande d'indemnisation à une nouvelle cour d'appel, qui examinera la demande de cet homme en 2009 ou 2010.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Au delà du principe retenu par la cour de cassation, on remarque deux petits détails.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp; Le premier, c'est qu'entre la décision de la cour nationale de juin 2000 et la décision sur renvoi après cassation en février 2007, il s'est écoulé presque 7 années.<br>
    <br>
    &nbsp; Le second,</span></span></span> <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">c'est que la cour de cassation a statué en
    février 2009 sur un pourvoi formé en avril 2007.<br>
    <br>
    &nbsp; Cela signifie que tout en retenant un fonctionnement anormal de la justice uniquement à cause de la durée des procédures, elle participe elle-même amplement à l'allongement anormal des
    délais.</span></span></span><br>
    <span style="color: #3a3a3a;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br>
    &nbsp; Etonnant, non ?</span></span></span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 27 May 2009 20:31:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">065d4ac40d3237f2aef504d06466a14c</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-31944800-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Mieux vaut jamais que tard]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-31897033.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;">Par Michel Huyette<br>
    <br>
    <br>
    <span style="color: #414141;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Une dépêche de l'AFP nous apprenait voici quelques jours qu'un enseignant, poursuivi pour des faits de viol, condamné&nbsp; à
    dix ans de prison par une cour d'assises de première instance, puis acquitté par une cour d'assises d'appel, a obtenu non seulement une <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=6A5B74BEF36B4FB7356D2DB8F076BE2B.tpdjo06v_2?idSectionTA=LEGISCTA000006182924&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">indemnité</a>
    afin de compenser le dommages résultant de sa période d'emprisonnement mais des dommages-intérêts complémentaire pour "déni de justice".<br>
    <br>
    &nbsp; Selon la dépêche, cet homme a fait valoir que pendant le premier procès certaines audiences s'étaient poursuivies jusque 1 h 30 le matin, en plus que le verdict avait été rendu à 5 h
    30.<br>
    <br>
    &nbsp; Le tribunal de Paris a considéré, selon l'AFP, que la durée excessive des audiences "n"a pas permis au conseil de Mr ... d'assurer sa défense dans les conditions requises pour que se
    déroule un procès équitable". Autrement dit, il est intolérable de demander à l'avocat d'un accusé de plaider à 2 h du matin.<br>
    <br>
    &nbsp; La cour européenne des droits de l'homme a déjà, en 2004, condamné la France dans une situation semblable. Dans une autre affaire d'assises, les avocats avaient plaidé vers 5 h du matin et
    le verdict avait été rendu vers 8 h, après une journée entière et une nuit de débats.<br>
    <br>
    &nbsp; La cour européenne, dans son <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/jurisprudence/cedhMakhfiFr-04.doc">arrêt du 19 octobre 2004</a>, a indiqué avec plein de bon sens que
    "elle a déjà estimé qu'un état de fatigue avait dû placer des accusés dans un état de moindre résistance physique et morale au moment où&nbsp; ils abordèrent une audience très importante pour
    eux, vu la gravité des infractions qu'on leur reprochait et des peines qu'ils encouraient", qu"ils "avaient besoin de tous leurs moyens pour se défendre, et notamment pour affronter leur
    interrogatoire dès l'ouverture de l'audience et pour se concerter efficacement avec leurs avocats".<br>
    <br>
    &nbsp; Elle a ensuite souligné que "il est primordial que, non seulement les accusés, mais également leurs défenseurs, puissent suivre les débats, répondre aux questions et plaider en n'étant pas
    dans un état de fatigue excessif. De même, il est crucial que les juges et jurés bénéficient de leurs pleines capacités de concentration et d'attention pour suivre les débats et pouvoir rendre un
    jugement éclairé".<br>
    <br>
    &nbsp; Et elle a conclu être "d'avis que les conditions décrites ci-dessus (..) ne peuvent répondre aux exigences d'un procès équitable et notamment de respect des droits de la défense et
    d'égalité des armes. Partant, il y a eu violation du paragraphe 3 de l'article 6 de la Convention, combiné avec le paragraphe 1."<br>
    <br>
    &nbsp; Tout cela peut paraître d'une totale banalité, tant il est évident qu'il est impossible de participer en pleine possession de ses moyens à des débats commencés à 9 h un matin et qui se
    continuent jusqu'au matin du lendemain. Et il est tout aussi évident que des jurés, et des magistrats professionnels, qui pourtant à ce moment là ont besoin d'une totale lucidité, ne peuvent pas
    délibérer dans de bonnes conditions à 6 heures du matin après une nuit sans sommeil.<br>
    <br>
    &nbsp; Sans parler de l'image désastreuse de ces gens fatigués, lassés, qui ne peuvent plus écouter suffisamment, qui somnolent, qui regardent leur montre. Qui voudraient être ailleurs.<br>
    <br>
    &nbsp; Ce qui étonne, c'est que de telle situations se produisent.<br>
    <br>
    &nbsp; Au moment d'audiencer un dossier, le président de la cour d'assises sait quelle en est l'ampleur. Il sait combien il y a d'accusés, de parties civiles. Dans son réquisitoire définitif (le
    résumé de l'affaire qu'il rédige quand le juge d'instruction a terminé ses investigations),&nbsp; le procureur indique les personnes qu'il estime utile de convoquer (témoins, experts..).<br>
    <br>
    &nbsp; Les avocats peuvent aussi demander la <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=4DBF38BC738EC087DE788F9B10C79DD3.tpdjo06v_2?idArticle=LEGIARTI000006576125&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    convocation de témoins</a>. Et même si certains le font au dernier moment pour des raisons qui restent à expliquer, le président de la cour d'assises qui a déjà organisé son planning (par exemple
    réservé deux jours pour l'affaire) peut soit rajouter une journée quand cela est encore possible, soit décider de prolonger les débats le samedi si l'affaire est examinée en deuxième partie de
    semaine, soit, si la session est déjà complète et qu'il ne dispose plus d'aucune marge de manoeuvre, renvoyer l'examen du dossier à une autre session. en prévoyant une plus longue durée pour ce
    dossier.<br>
    <br>
    &nbsp; Quelques semaines de retard valent toujours mieux que des participants épuisés... et une sanction ultérieure par une juridiction européenne ou française.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais encore faudrait-il disposer d'un nombre suffisant de sessions d'assises (la cour d'assises n'est pas une juridiction permanente), et, forcément, de suffisamment de magistrats et de
    greffiers pour les tenir. Or aujourd'hui tel n'est pas le cas, et bien des présidents d'assises en sont réduits à tenter de faire tenir des dossiers en une seule journée, ou deux, pour économiser
    un maximum de temps. Alors, quand c'est trop juste, il faut mordre sur la soirée, puis sur la nuit.<br>
    <br>
    &nbsp; Il est toutefois malheureusement probable que de telle situations, insupportables, vont encore se rencontrer. Les moyens actuels de la justice ne lui permettent toujours&nbsp; pas de
    consacrer à toutes les affaires le temps qu'elles exigent. Alors on entasse, on audience au maximum, tout en sachant combien cela est peu satisfaisant et heurte nos principes fondamentaux.<br>
    <br>
    &nbsp; Cela se faisait avant la décision de 2004 de la cour européenne des droits de l'homme. Cela se fait toujours aujourd'hui. Et cela se fera encore demain.<br>
    <br>
    &nbsp; Car en face d'une préoccupation essentiellement gestionnaire en terme de flux et de nombre de dossiers traités, en l'état d'un refus de donner à la justice les moyens de traiter chaque
    dossier avec une qualité maximale, l'avis de la juridiction strasbourgeoise ne fait pas le poids, et la décision du tribunal de Paris sera bien vite oubliée.<br>
    <br>
    <br></span></span><br></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 26 May 2009 17:27:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ab5149a67287138aae8c5e1bc5f3cb75</guid>
                <category>Envers du décor</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-31897033-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
