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    <title><![CDATA[Paroles de juge (Prison)]]></title>
    <link>http://www.huyette.net/categorie-11237403.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Prison&quot; du blog &quot;Paroles de juge&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Paroles de juge (Prison)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/categorie-11237403.html</link>
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    <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.huyette.net</copyright>            <category>Prison</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Les prisons au pays des droits de l'homme]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-les-prisons-au-pays-des-droits-de-l-homme-91399310.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #000000;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le mauvais état d'un certain nombre d'établissements pénitentiaires est bien connu, de même que toutes
    les conséquences qui en découlent en termes de danger pour les condamnés comme pour les surveillants, de risques pour la santé physique et mentale de tous, et, au delà, d'atteinte à la dignité
    humaine.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Mais un paroxysme de dysfonctionnement semble avoir été atteint avec la prison de Nouméa (Nouvelle
    Calédonie), ainsi que le met en lumière une recommandation du contrôleur général des lieux de privation de liberté qui vient d'être publiée au journal officiel du 6 décembre 2011 (lire <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000024924306&amp;dateTexte=&amp;oldAction=rechJO&amp;categorieLien=id">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Il y est écrit, notamment que :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Ce qui a été observé lors de la visite inopinée, par quatre contrôleurs, du centre pénitentiaire de
    Nouméa, appelé Camp Est, en Nouvelle-Calédonie, du mardi 11 au lundi 17 octobre 2011, par son ampleur, relève d'une violation grave des droits fondamentaux d'un nombre important de
    personnes."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Les personnes détenues sont entassées dans des cellules insalubres où elles subissent une sur-occupation
    frôlant les 200 % dans le centre de détention et le quartier de semi-liberté et atteignant 300 % dans le quartier de la maison d'arrêt. Au moment de la visite, 438 personnes y étaient écrouées et
    hébergées pour un nombre théorique de 218 places."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "La maison d'arrêt est composée de cellules de 12 mètres carrés où cohabitent jusqu'à six personnes alors
    que, selon les normes définies par l'administration pénitentiaire, il ne devrait pas y en avoir plus de deux. Chaque cellule comporte trois lits superposés d'un côté, deux lits superposés de
    l'autre côté et souvent, entre les deux rangées de lits, un matelas posé à même un sol crasseux et humide où circulent des rats et des cafards. Au moment de la visite des contrôleurs, vingt-sept
    des trente-quatre cellules composant la maison d'arrêt disposaient ainsi d'un matelas posé par terre, soit un nombre total de 204 personnes pour une capacité déclarée de soixante-huit places. La
    nuit, l'occupant du matelas risque de se faire piétiner si un de ses codétenus se lève pour aller se soulager dans les w.-c. Ceux-ci, à la turque, sont situés dans un coin de la cellule ;
    l'intimité n'est pas assurée malgré la présence d'un tissu accroché tant bien que mal par les occupants. La chaleur dans les cellules est vite éprouvante ; des ventilateurs sont hors d'état de
    marche, voire absents dans de nombreuses cellules, et non remplacés lorsque la direction estime que les personnes détenues sont responsables de la dégradation. Pour lutter contre la température
    excessive, la pratique consiste à inonder périodiquement la cellule. Des conduites d'arrivée d'eau des w.-c. ont été détournées pour pouvoir servir de douche, sans la moindre protection vis-à-vis
    des installations électriques pourtant dégradées (fils dénudés, interrupteurs cassés). De nombreux lavabos ― qui ne distribuent que de l'eau froide ― sont privés de système d'évacuation de l'eau
    ; un seau placé sous la bonde en tient lieu. Les cellules ne disposent ni de réfrigérateur, ni de bouilloire, ni de plaque chauffante. Les grilles d'aération sont souvent obstruées afin
    d'empêcher les rats de rentrer dans les cellules ; ces rongeurs parviennent toutefois à rentrer et se nourrissent des restes de repas ou de cantines qui, faute d'endroit clos, sont entreposés sur
    des étagères ou dans des meubles sans porte. Les remontées d'égouts fréquentes empestent l'atmosphère des cellules. Toutes les cellules sont encombrées de linge en train de sécher, accroché à des
    cordes constitués de draps de lits découpés."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Le quartier ouvert du centre de détention est composé de cinq « cases ». Chaque case comporte des boxes
    de 8 mètres carrés occupés chacun par deux personnes, sans autres séparations que des murs légers de 2,50 mètres de haut surmontés d'une nappe de grillage placée sous le toit du bâtiment en guise
    de plafond. Afin de se protéger des rats qui circulent dessus, les occupants des cases ont accroché par endroits des draps sous le grillage. Dans chaque box, un w.-c. est placé dans un angle
    avec, pour unique séparation, un muret de 90 cm de haut sur un des deux côtés ouverts. La circulation est libre à l'intérieur de la case ; en l'absence de porte, des tissus sales et usés ont été
    placés par les personnes détenues à l'entrée des boxes. Le réseau électrique est en grande partie défectueux : lampes absentes, interrupteurs cassés voire inexistants, fils dénudés. Les circuits
    d'évacuation des eaux usées des toilettes ― trois douches sans pommes et trois w.-c. par case ― sont en partie bouchés. Devant chaque case, un jardinet grillagé de 12 mètres sur 10 mètres, soit
    120 mètres carrés, est accessible quelques heures dans la journée ; le reste du temps, les personnes détenues « déambulent » à l'intérieur de leur case, sans autre occupation que de regarder la
    télévision sur un unique poste. Aucun système de vidéosurveillance ou d'alerte n'équipe les bâtiments. Au moment de la visite, cent treize personnes occupaient ce quartier prévu pour
    cinquante-sept personnes."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Les cellules disciplinaires et d'isolement sont dans un état répugnant. Le fond de chaque cellule est
    occupé par le « coin toilette » : les murs y sont d'une saleté repoussante avec de nombreuses traces d'humidité et d'excréments ; les cuvettes des w.-c. sont maculées. Dans les cellules
    d'isolement, la douche se prend sans protection au sol alors qu'elle est contiguë aux w.-c. à la turque. Les odeurs d'égout sont prégnantes. Les inondations de cellule seraient
    fréquentes."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "L'accès aux soins est très difficile en raison du nombre insuffisant de personnel sanitaire, de
    l'enclavement des locaux médicaux à l'intérieur de la maison d'arrêt ― ce qui entrave la circulation des personnes condamnées, des mineurs et des femmes ―, de la taille réduite des salles
    d'attente. Il en résulte un absentéisme pouvant dépasser 60 % des personnes convoquées au service médical. Les traitements médicaux sont distribués dans les cellules sans avoir la garantie qu'ils
    ont été remis à la personne pour laquelle ils ont été prescrits, en raison notamment du surencombrement des cellules et des nombreux changements d'affectation empêchant toute
    identification."</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le contrôleur général conclut en ces termes :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "L'état et le fonctionnement du centre pénitentiaire sont ainsi apparus comme portant atteinte de manière
    grave aux droits des personnes qu'il héberge ; le personnel ― remarquable de dévouement et d'investissement ― est, d'évidence, épuisé et inquiet devant l'absence de perspective d'avenir de
    l'établissement. Le contrôle général fait sienne l'opinion qu'il a recueillie selon laquelle l'épisode dramatique survenu pendant le déroulement de la mission (1) « ne saurait être dissocié des
    conséquences inéluctables que fait peser la sur-occupation de l'établissement sur les conditions de détention »."</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">--------</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">1. Un meurtre dans une cellule occupée par 6 personnes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 06 Dec 2011 10:41:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9ae96348cc7703e4658bd8c20bfd4894</guid>
                <category>Prison</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-les-prisons-au-pays-des-droits-de-l-homme-91399310-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les prisons sont-elles comme les bouteilles d'un litre (à propos de la surpopulation carcérale)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-les-prisons-sont-elles-comme-les-bouteilles-d-un-litre-a-propos-de-la-surpopulation-carcerale-80756611.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #2b2b2b;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Si vous prenez une bouteille d'un litre et que vous avez une plus grande quantité de liquide, vous pouvez
    vous y prendre de n'importe quelle façon, vous n'arriverez pas à y faire rentrer plus que sa contenance maximale. Il vous faudra alors vous procurer une autre bouteille ou attendre que le contenu
    de celle dont vous disposez soit utilisé et qu'un nouvel espace disponible se libère. Si vous ne respectez pas cette règle la bouteille déborde, ou explose, et cela peut occasionner quelques
    dégâts.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Les prisons sont-elles comme des bouteilles d'un litre, où le contenant pénitentiaire est-il extensible à
    l'infini ?</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Le fait est connu depuis de nombreuses années. Certaines prisons françaises sont en état de sur-effectif
    et accueillent bien plus de détenus que leur capacité théorique (1). Au 1er juillet 2011, le surpeuplement était de 32 % dans les maisons d'arrêt (40 % en Outre Mer).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Le procureur de la République de Dunkerque, constatant "le surencombrement de la maison d'arrêt de cette
    ville et des autres établissements pénitentiaires du ressort", a, le 25 juillet 2001, donné comme consigne aux services de police et de gendarmerie de "suspendre l'exécution des écrous jusqu'au 5
    septembre 2011, sauf en ce qui concerne les condamnations pour des faits de nature sexuelle, les faits de violence en récidive, et les faits de violence sur les conjoints, les concubins et les
    enfants" (2).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Mais rapidement le ministère de la justice a imposé que cette note de service soit annulée, ce qu'a fait
    l'intéressé, hiérarchiquement soumis aux injonctions ministérielles.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Cette situation appelle quelques observations.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Plusieurs magistrats l'ont confirmé officieusement, une telle note de service n'est pas une première, des
    procureurs ayant déjà différé des incarcérations à cause de la surpopulation des établissements pénitentiaires de leur ressort. Et sans que cela n'entraîne de réaction de la hiérarchie judiciaire
    ou du ministère de la justice. La différence de traitement pourrait donc provenir de la médiatisation de cette situation récente, les cas antérieurs n'ayant pas forcément été rapportés dans la
    presse. Autrement dit on fait, mais on ne veut pas que cela se sache.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp;&nbsp; Il est d'autant plus difficile de comprendre la raison d'être de l'injonction du ministère de la
    justice qui a imposé au procureur de la République de rapporter son instruction que, comme l'ont signalé certains medias, le même ministère avait diffusé le 21 juillet 2011 une note intitulée
    "Synthèse nationale annuelle des conférences régionales semestrielles sur les aménagements de peine et les alternatives à l'incarcération tenues en 2010"&nbsp; (texte en ligne <a href=
    "http://www.rue89.com/2011/08/06/dunkerque-le-procureur-rebelle-navait-fait-quobeir-au-ministre-216929">ici</a> sur le site de Rue89).&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Il y est écrit (page 4 de la synthèse) :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; "Grâce à une collaboration renforcée entre l'administration pénitentiaire et le parquet, des protocoles
    ont été élaborés <em>fixant un nombre d'écrous</em> au-dessus duquel, <em>compte tenu des capacités d'accueil des établissements pénitentiaires</em>, <em><strong>les mises à exécution des peines
    d'emprisonnement étaient reportées</strong></em> ou la possibilité de procéder à des conversions de peine systématiquement étudiées."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Cela semble assez bien correspondre à la situation prise en compte par le procureur de
    Dunkerque.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Par ailleurs, la surpopulation pénitentiaire est source de dysfonctionnements d'une gravité indiscutable.
    La présence de trop nombreuses personnes dans un espace réduit augmente considérablement les risques d'incidents tant l'absence d'espace disponible et la permanente présence des autres génèrent
    de malaises, de tensions et de frustrations. D'où le risque élevé d'une multiplication des incidents pouvant aller jusqu'à des épisodes de violence grave.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Cela crée une dangerosité permanente non seulement pour les détenus mais aussi pour le personnel de
    surveillance, dont la sécurité se trouve compromise par ricochet.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Pour ces raisons on comprend aisément les craintes du représentant des personnels de direction de
    l'administration pénitentiaire qui a déclaré : "La situation est relativement critique. Nous sommes engagés dans des protocoles d'humanisation des conditions de détention, mais ce qui nous affole
    le plus, c'est cette promiscuité, cette dangerosité des détenus. Il y a en ce moment un pic exceptionnel d'agressions, que nous n'avons pas connu les autres années, et les personnels de
    surveillance souffrent de cette gestion des flux"&nbsp; (Le Monde du 3 août 2011).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Au-delà, imposer à des détenus de vivre dans des conditions de surpopulation humainement insupportables
    peut caractériser un traitement inhumain ou dégradant au sens de la convention européenne des droits de l'homme. Au demeurant, cela a déjà entraîné, et à plusieurs reprises, la condamnation de
    l'Etat français par les tribunaux administratifs. (lire <a href="http://www.huyette.net/article-18312933.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-confirmation-de-la-condamnation-de-l-etat-pour-des-conditions-de-detention-inacceptables-39414703.html">ici</a>)</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Il ne semble donc pas immédiatement aberrant, quand ponctuellement et localement la surpopulation en
    prison est telle qu'il ne peut pas être raisonnablement envisagé de l'augmenter, de retarder de quelques jours ou semaines l'arrivée de nouveaux condamnés dans l'attente que quelques places se
    libèrent. Cela semble même exigé par la recherche d'un équilibre indispensable entre exécution nécessaire des peines et prévention des violences en détention.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Au final, la ministère a enjoint à un procureur de la République de rapporter une note de service,
    limitée dans le temps et ne concernant pas toutes les infractions, qui était dans le droit fil des pratiques générales du moment acceptées par tous en interne, qui était de nature à limiter les
    tensions si ce n'est les incidents graves dans les lieux de détention, et qui permettait de préserver un minimum d'humanité et de respecter les normes juridiques fondamentales en
    vigueur.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Quelques explications complémentaires sur les raisons d'être de la réaction du ministère n'auraient pas
    été inutiles....</span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">---</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">1. Pour des statistiques très précises, vous pouvez consulter <a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/prison/statsprison0711.pdf">ce document</a>, notamment pages 30 svts pour ce qui concerne le surpeuplement au 1er juillet 2011.</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">2. Document publié par Le Monde du 29 juillet 2011.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;"><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 13 Aug 2011 10:54:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">41a43c3e00e435c65dfc2777f66d1bf4</guid>
                <category>Prison</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-les-prisons-sont-elles-comme-les-bouteilles-d-un-litre-a-propos-de-la-surpopulation-carcerale-80756611-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La CEDH et les conditions d'incarcération en France]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-la-cedh-et-les-conditions-d-incarceration-en-france-65465416.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #080808;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Aujourdhui, il n'est quasiment plus aucun domaine qui échappe au contrôle vigilant de la cour européenne
    des droits de l'homme (CEDH) (<a href="http://www.echr.coe.int/ECHR/homepage_fr">son site</a>).&nbsp; Et la France, comme les autres pays soumis aux prescriptions de la convention européenne de
    sauvegarde des droits de l'homme (CESDH, <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/cedh/FrenchFran-ais.pdf">texte ici</a>)</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">est régulièrement condamnée car elle n'est plus, à supposer qu'elle l'ait jamais été, le "pays des droits de
    l'homme".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Dans deux décisions récentes du 20 janvier 2011, la CEDH s'intéresse aux conditions d'exécution des
    sanctions pénales.</span> <span style="font-size: 12pt; font-family: times new roman,times;">Le présent commentaire concerne l'une d'elles.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; La première affaire (Payet c/ France, <a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/cedh/AFFAIRE-PAYET-c.-FRANCE.doc">lire ici</a>) concerne un homme né en 1963 et qui a été condamné à plusieurs reprises : 30 années de réclusion
    criminelle pour meurtre, 15 années de réclusion criminelle pour vol à main armée et violences avec arme contre des policiers, 7 années de prison pour évasion et 6 années de prison pour complicité
    d'évasion.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Après son évasion de 2007, suivie d'une arrestation en Espagne, il lui a été infligé par la commission de
    discipline de la maison de Fleury Mérogis 45 jours de quartier disciplinaire.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Comme la plupart des détenus classés par l'administration pénitentiaire "détenu particulièrement
    surveillé (DPS), l'intéressé a été placé à l'isolement complet et a été transféré fréquemment d'un établissement pénitentiaire à l'autre (rotations tous les deux mois environ).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Le condamné a plusieurs fois saisi les juridictions administratives pour contester le régime qui lui
    était appliqué, mais à chaque fois sans résultat. (1)</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Devant la CEDH, s'appuyant sur l'article 3 de la CESDH</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">qui proscrit tout traitement inhumain et dégradant, il a d'abord contesté les <strong>rotations de
    sécurité</strong>.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; La cour européenne rappelle d'abord que "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">L’article 3 de la Convention consacre l’une des valeurs fondamentales des sociétés démocratiques. Il ne prévoit pas de
    restrictions, en quoi il contraste avec la majorité des clauses normatives de la Convention, et d’après l’article 15 § 2 il ne souffre nulle dérogation, même en cas de danger public menaçant la
    vie de la nation (..). La Convention interdit en termes absolus la torture et les peines et traitements inhumains ou dégradants indépendamment de la conduite de la personne concernée
    (<em>..</em>)." et ensuite que "P</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">our tomber sous le coup de l’article 3, un mauvais traitement doit
    atteindre un minimum de gravité. L’appréciation de ce minimum dépend de l’ensemble des données de la cause, notamment de la durée du traitement et de ses effets physiques ou mentaux, ainsi que,
    parfois, du sexe, de l’âge, de l’état de santé de la victime, etc.".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Elle juge ensuite que :&nbsp; "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">Les mesures privatives de liberté s’accompagnent inévitablement de souffrance et d’humiliation. S’il s’agit là d’un état de
    fait inéluctable qui, en tant que tel et à lui seul n’emporte pas violation de l’article 3, cette disposition impose néanmoins à l’État de s’assurer que tout prisonnier est détenu dans des
    conditions compatibles avec le respect de la dignité humaine, que les modalités de sa détention ne le soumettent pas à une détresse ou à une épreuve d’une intensité qui excède le niveau
    inévitable de souffrance inhérent à une telle mesure et que, eu égard aux exigences pratiques de l’emprisonnement, sa santé et son bien-être sont assurés de manière adéquate&nbsp;; en outre, les
    mesures prises dans le cadre de la détention doivent être nécessaires pour parvenir au but légitime poursuivi.".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Elle relève que "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">entre le 10 mai 2003 et le 25 septembre 2008, le requérant a fait l’objet de vingt-six changements d’affectation
    d’établissements pénitentiaires, dont onze étaient dus à des translations judiciaires et quinze à des transferts administratifs.", que "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">le transfert continuel d’un détenu d’un établissement vers un autre pouvait «&nbsp;avoir des conséquences très néfastes sur
    son bien-être, sur ses possibilités de réinsertion, ainsi que compliquer le maintien de contacts appropriés avec son avocat et sa famille" mais qu'il "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">convient néanmoins de tenir compte des préoccupations du Gouvernement selon lesquelles le fait que le requérant soit détenu
    pendant un certain laps de temps dans le même établissement pouvait lui permettre de préparer des évasions. Or, compte tenu du fait que le requérant s’est évadé à deux reprises, qu’une tentative
    pour le faire s’évader a échoué au dernier moment et de ce qu’il a organisé l’évasion de certains de ses complices, on ne saurait affirmer que ces craintes étaient sans fondement ou
    déraisonnables et qu’elles n’apparaissaient plus, au fil du temps, justifiées par de tels impératifs."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Et elle conclut au final "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">en l’espèce que, compte tenu du profil, de la dangerosité et du passé du requérant, les autorités pénitentiaires ont ménagé
    un juste équilibre entre les impératifs de sécurité et l’exigence d’assurer au détenu des conditions humaines de détention, lesquelles, dans le cas présent, n’ont pas atteint le seuil minimum de
    gravité nécessaire pour constituer un traitement inhumain au sens de l’article 3 de la Convention. Compte tenu de l’ensemble de ce qui précède, il n’y a pas eu violation de l’article 3 de la
    Convention."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; S'agissant du <strong>quartier disciplinaire</strong>, la CEDH est plus sévère.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Elle rappelle d'abord que "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">Pour qu’une peine ou le traitement dont elle s’accompagne soient «&nbsp;inhumains&nbsp;» ou «&nbsp;dégradants&nbsp;», la
    souffrance ou l’humiliation doivent en tout cas aller au-delà de celles que comporte inévitablement une forme donnée de traitement ou de peine légitime."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Dans notre cas particulier, elle relève que "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">selon le requérant, les locaux étaient très dégradés, très sales, partiellement inondés en cas de pluie. Quant aux cellules
    elles-mêmes, le requérant précise que l’espace vital laissé au détenu était de 4, 15 m² environ, que le sentiment d’oppression était accentué par l’absence d’ouverture extérieure donnant à l’air
    libre et que l’éclairage électrique insuffisant ne permettait pas de compenser le manque de lumière naturelle pour lire ou écrire. Par ailleurs, le détenu ne pouvait sortir de sa cellule qu’une
    heure par jour pour une promenade qui, compte tenu de la configuration des lieux, ne lui permettait pas de faire de l’exercice physique.", et que "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">le Gouvernement reconnaît que les conditions matérielles de détention au quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de
    Fleury-Mérogis étaient, à l’époque de l’affectation du requérant en cellule disciplinaire, «&nbsp;susceptibles d’améliorations&nbsp;». Il ajoute que de nouveaux bâtiments ont été mis en service
    en 2008."et que "</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">les dires du requérant sont confirmés par le rapport de la sénatrice Mme Campion, qui a
    effectué une visite à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis le 19 novembre 2007, soit précisément à la période où le requérant était détenu dans une cellule disciplinaire (paragraphes 24 et 34
    ci-dessus). En effet, celle-ci a indiqué que les cellules disciplinaires qu’elle a visitées au hasard disposaient d’un espace vital d’à peine 4,5 m², d’un sas opaque ne permettant pas de voir le
    ciel, n’offraient pas suffisamment de lumière pour lire et étaient «&nbsp;encore plus vétustes que les cellules standard visitées&nbsp;».Elle conclut que cette visite l’avait «&nbsp;profondément
    choquée&nbsp;», qu’elle estimait que la dignité de chaque détenu ne pouvait être respectée vu les conditions matérielles des cellules et que de gros travaux auraient dû depuis longtemps être
    réalisés de manière à assurer de manière digne l’accueil et la vie des détenus..".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Et pour finir la CEDH "</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">conclut que le requérant n’était pas détenu dans des conditions décentes et respectant sa dignité.", que si elle "</span>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">ne peut considérer qu’il y ait eu de la part des autorités compétentes une intention de rabaisser ou d’humilier
    le requérant. Toutefois, ainsi qu’elle l’a déjà relevé (paragraphe 75 ci-dessus), l’absence de pareille intention ne saurait exclure de manière absolue tout constat de violation de l’article 3 de
    la Convention.", et que "</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">en l’espèce, les conditions de détention du requérant en cellule disciplinaire
    ont été de nature à lui causer des souffrances aussi bien mentales que physiques ainsi qu’un sentiment d’une profonde atteinte à sa dignité humaine. Ces conditions s’analysent donc en un «
    traitement inhumain&nbsp;et dégradant » infligé en violation de l’article 3 de la Convention.".</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; En matière d'exécution des peines, il serait malvenu de faire preuve d'un angélisme excessif en présence
    de condamnés extrêmement dangereux. Dans cette affaire l'intéressé avait commis deux crimes avec armes, s'était évadé deux fois, et avait fait aussi usage de ses armes contre des policiers. Il
    semble donc légitime que la société, hors et dans la prison, se protège efficacement contre un risque de réitération des agressions particulièrement élevé.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; Mais ce que rappelle opportunément la CEDH, c'est que la fin ne justifie pas tous les moyens, et que même
    les individus les plus dangereux ne doivent pas subir des traitement inutilement inhumains et dégradants.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">&nbsp; C'est bien cet équilibre entre mesures légitimes de protection et droits fondamentaux de l'homme qui rend
    les systèmes politiques et juridiques véritablement respectables.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">--</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #080808;">1. La CEDH examine aussi la question du recours dont disposait l'intéressé contre les décisions de
    l'administration pénitentiaire. Mais cet aspect de la problématique est aujourd'hui laissé de côté.</span><br>
    <br>
    <br>
  </p>


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</style>]]></description>
        <pubDate>Fri, 21 Jan 2011 15:52:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4d507e3f3e20b91b3d264017f1322fce</guid>
                <category>Prison</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-la-cedh-et-les-conditions-d-incarceration-en-france-65465416-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les malades mentaux et la prison]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-les-malades-mentaux-et-la-prison-50342023.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #202020;"><br>
    &nbsp; Depuis bien longtemps, les professionnels de la justice qui les côtoient s'interrogent sur la façon de prendre en charge les personnes qui d'un côté commettent des infractions graves et
    d'un autre présentent des perturbations psychologiques ou psychiatriques.<br>
    <br></span> <span style="color: #202020;">&nbsp; La problématique est de deux ordres.<br>
    <br></span> <span style="color: #202020;">&nbsp; D'abord, il s'agit de savoir dans quelle mesure la justice, par le biais de l'administration pénitentiaire, peut s'occuper suffisamment
    correctement des condamnés qui ont besoin de soins spécialisés.<br>
    <br>
    &nbsp; Ce qui est certain, c'est que malgré les efforts accomplis, le cadre pénitentiaire - la prison - ne permet pas toujours une prise en charge de qualité suffisante des personnes perturbées,
    en termes de configuration des lieux ou de moyens matériels et humains.<br>
    <br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #202020;">&nbsp; Ensuite, et plus en amont, il s'agit de s'interroger sur les modalités
    d'application de l'article <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=4AB8624FF161BF2A21F9D22F07F50E09.tpdjo11v_2?idArticle=LEGIARTI000006417213&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070719&amp;dateTexte=20080529">
    122-1</a> du code pénal ainsi rédigé :<br>
    <br></span> <span style="color: #202020;">&nbsp; "N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son
    discernement ou le contrôle de ses actes.&nbsp; La personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle
    de ses actes demeure punissable ; toutefois, la juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime."<br>
    <br></span> <span style="color: #202020;">&nbsp; Ce texte invite le juge à déclarer <a href="http://www.huyette.net/article-11967986.html">pénalement irresponsable</a> le malade mental
    inconscient de ce qu'il faisait (le discernement aboli) au moment de commettre l'infraction, et à considérer pénalement responsable et donc punissable celui dont la perturbation mentale, moindre,
    a seulement&nbsp; "altéré" ses capacités de discernement.<br>
    <br>
    &nbsp; Il est vrai que l'application de l'article 122-1 par les juridictions n'est pas toujours conforme à son esprit. En effet, alors que pour ceux dont le discernement est altéré il suggère -
    sans le dire expressément - une minoration de la sanction, juges, et jurés à la cour d'assises, ont parfois tendance à considérer que l'intéressé est particulièrement dangereux à cause de ses
    troubles mentaux et de ce qu'il a fait, et par voie de conséquence qu'il faut l'emprisonner un long moment pour&nbsp; protéger la population et éviter la récidive.<br>
    <br></span> <span style="color: #202020;">&nbsp; Dans ce cas, le condamné rejoint le groupe de ceux qui sont considérés comme suffisamment conscients au moment de l'infraction pour relever de la
    sanction pénale et en premier lieu de l'emprisonnement,&nbsp; dont les troubles de la personnalité sont toutefois reconnus,&nbsp; qui ne sont pas suffisamment malades mentalement pour relever
    uniquement du traitement médical et, au moins un temps, de l'hospitalisation permanente,</span> <span style="color: #202020;">mais qui ne reçoivent pas forcément en prison les soins les plus
    adaptés à leurs pathologies.</span><br>
    <span style="color: #202020;"><br></span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #202020;">&nbsp; Cette population est très difficile à gérer en prison par les soignants et par
    le personnel pénitentiaire, et est parfois à l'origine de violences entre détenus ou de suicides, sachant qu'en plus l'inadéquation de l'environnement et des soins en prison va dans certains cas
    aggaraver la pathologie.<br>
    <br>
    <br></span> <span style="color: #202020;">&nbsp; Le Sénat vient de publier un <a href="http://www.senat.fr/rap/r09-434/r09-434.html">rapport</a> (mai 2010) qui tente une fois de plus
    d'appréhender ces problématiques.<br>
    <br></span> <span style="color: #202020;">&nbsp; On lit dans la note de synthèse :<br>
    <br>
    &nbsp; - "<em>Selon une enquête épidémiologique menée entre 2003 et 2004, le taux de détenus souffrant de schizophrénie atteindrait 8 % contre 1 % dans la population générale. La
    proportion de personnes atteintes de troubles mentaux les plus graves (schizophrénie ou autres formes de psychoses), pour lesquelles la peine n’a guère de sens, représenterait 10 % de la
    population pénale</em>",<br>
    <br>
    &nbsp; - "<em>En revanche, de l’avis concordant de magistrats et d’experts, l’altération du discernement, conçu par le législateur comme une cause d’atténuation de responsabilité, a
    constitué en pratique, paradoxalement, un facteur d’aggravation de la peine allongeant la durée d’emprisonnement de personnes atteintes de troubles mentaux</em>.", que "<em>Entre 1985 et 2005,
    la capacité d’hospitalisation en psychiatrie générale est passée de 129 500 à 89 800 lits et places. Il en serait résulté, de manière dommageable, une tendance des experts à refuser
    l’irresponsabilité d’auteurs d’infractions afin d’éviter de mobiliser un lit d’hospitalisation</em>.",<br>
    <br>
    &nbsp; - "<em>l’expertise psychiatrique n’est obligatoire qu’en matière criminelle. Elle n’est quasiment jamais mise en œuvre dans le cadre des procédures rapides de jugement, notamment la
    comparution immédiate qui concerne un nombre croissant de délits (près de 11 % des jugements en 2006)</em>.",<br>
    <br>
    &nbsp; - "<em>Au cours des dernières décennies, la prise en charge des détenus atteints de troubles mentaux a connu des progrès considérables qui ne peuvent cependant occulter la difficulté
    de traitement de maladies mentales encore aggravées par le cadre carcéral</em>.",<br>
    <br>
    &nbsp; - s'agissant des soins prodigués en prison que&nbsp; "l<em>es&nbsp;&nbsp;&nbsp; moyens&nbsp;&nbsp;&nbsp; en&nbsp;&nbsp;&nbsp; personnels&nbsp;&nbsp;&nbsp; médicaux&nbsp;&nbsp;&nbsp;
    demeurent insuffisants malgré les progrès importants réalisés au cours des dernières années: depuis 1997, les effectifs médicaux et soignants n’ont augmenté que de 21,45 % en psychiatrie
    contre 108,3 % pour les soins somatiques. En outre, l’affectation de psychiatres dans les SMPR se heurte au peu d’attrait des médecins pour une activité réputée difficile et à l’inégale
    répartition des psychiatres sur le territoire</em>",<br>
    <br>
    &nbsp; - "l<em>’incarcération peut être source d’aggravation des troubles mentaux (lorsqu’elle ne les suscite pas) sous le double effet de l’insuffisance des soins dispensés et des conditions
    de vie dans les établissements&nbsp;&nbsp;&nbsp; pénitentiaires&nbsp;&nbsp;&nbsp; (promiscuité, troubles du sommeil...). Cette situation met en danger les malades (risque suicidaire et
    automutilation), le personnel pénitentiaire et les codétenus. Le rapport établi en 2009 par le docteur Louis Albrand sur la prévention du suicide en milieu carcéral montre ainsi que la
    dépression, lorsqu’elle n’est pas prise en charge, est la première cause de suicide en prison</em>".<br>
    <br>
    <br></span> <span style="color: #202020;">&nbsp; Les ministères concernés, notamment la justice et la santé, sont en train de mettre en place les UHSA (unités d'hospitalisation spécialement
    aménagées). Mais le Sénat a relevé à leurs propos "<em>La&nbsp;&nbsp;&nbsp; création&nbsp;&nbsp;&nbsp; des&nbsp;&nbsp;&nbsp; UHSA&nbsp;&nbsp;&nbsp; reste&nbsp;&nbsp;&nbsp; controversée.
    Incontestablement, ces unités devraient favoriser l’hospitalisation des détenus dans de meilleures conditions. Néanmoins, leur existence pourrait aussi inciter experts psychiatres et
    juridictions à renoncer à constater l’irresponsabilité pénale des auteurs d’infractions s’ils estiment que la condamnation pénale sera le meilleur moyen d’assurer leur prise en charge
    médicale sécurisée</em>."<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; La question du traitement des condamnés mentalement perturbés préoccupe justice et santé depuis longtemps. Plusieurs rapports ont déjà été publiés autour de ce sujet (1). Les demandes
    adressées aux institutions, à savoir soigner les intéressés mais en même temps protéger la société, sont parfois contradictoires. Et aujourd'hui plus qu'avant, il est d'abord demandé à la justice
    d'écarter tout ce qui semble de près ou de loin réellement ou potentiellement dangereux.<br>
    <br>
    &nbsp; Au risque d'un effet boomerang par le biais de l'aggravation des pathologies en milieu carcéral d'individus qui sortiront bien un jour et se retrouveront alors encore plus démunis et en
    difficulté qu'à leur arrivée.<br>
    <br>
    &nbsp; Ce qui n'est dans l'intérêt de personne.<br>
    <br>
    <br>
    -------</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #202020;">1. Entre autres :</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #202020;">La prévention du <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000387/index.shtml">suicide en prison</a>. 2009</span><span style="color: #202020;"><br>
    La <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000341/index.shtml">prise en charge sanitaire</a> des personnes placées sous main de justice. 2009<br>
    Réponses à la <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000800/index.shtml">dangerosité</a>. 2006<br>
    Les mesures de sûreté concernant les <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000550/index.shtml">personnes dangereuses</a>. 2006&nbsp;<br>
    Santé, justice, <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000449/index.shtml">et dangerosité</a>. 2005<br></span><span style="color: #202020;">La <a href=
    "http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/034000724/index.shtml">prévention du suicide</a> des personnes détenues. 2003<br>
    La prévention du <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/974071736/index.shtml">suicide en milieu pénitentiaire</a>. 1996<br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #202020;"><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br></span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 13 May 2010 12:05:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">eb58cf60cc82ef9f4e0f2cffe898c6ea</guid>
                <category>Prison</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-les-malades-mentaux-et-la-prison-50342023-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Une étude sur les suicides en prison]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-une-etude-sur-les-suicides-en-prison-41314294.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #2b2b2b;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="color: #111111;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel
    Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; L'institut National des Etudes Démographiques (<a href="http://www.ined.fr">INED</a>) vient de publier une étude sur les suicides en prison au cours des 50 dernières années (<a href=
    "http://www.ined.fr/fr/ressources_documentation/publications/pop_soc/bdd/publication/1488/">le rapport</a>).<br>
    <br>
    &nbsp; Ce document nous apprend :<br>
    <br>
    &nbsp; - que le nombre de suicides a été multiplié par 5 au cours des 50 dernières années (4 pour 10.000 en 1960, 19 en 2008, avec un pic de 26 en 1996) alors qu'il est resté stable dans la
    population générale,<br>
    <br>
    &nbsp; - que le croisement avec l'évolution du nombre de personnes incarcérées montre que contrairement à ce qu'on l'on pense souvent l'explication n'est pas à rechercher essentiellement dans la
    surpopulation des prisons, étant relevé que la moitié de ceux qui se sont suicidés étaient seuls en cellule,<br>
    <br>
    &nbsp; - qu'un facteur important est la fragilité psychologique des personnes emprisonnées,<br>
    <br>
    &nbsp; - que les prévenus (en attente de jugement) se suicident deux fois plus que les personnes définitivement condamnées, du fait sans doute du choc de l'incarcération,<br>
    <br>
    &nbsp; - que la fréquence des suicides varie en fonction de la gravité de l'infraction commise,<br>
    <br>
    &nbsp; - que la France a le taux de suicide le plus élevé de l'Europe des quinze, le taux le plus bas, en Grèce, étant de 4 pour 10000.</span><br>
    <br>
    <br>
    <br></span><br></span><br></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 17 Dec 2009 08:26:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">aefba18e84f8fccae884ca3926833c1a</guid>
                <category>Prison</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-une-etude-sur-les-suicides-en-prison-41314294-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
