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    <title><![CDATA[Paroles de juge (Responsabilité des juges)]]></title>
    <link>http://www.huyette.net/categorie-1107278.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Responsabilité des juges&quot; du blog &quot;Paroles de juge&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Paroles de juge (Responsabilité des juges)]]></title>
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    <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.huyette.net</copyright>            <category>Responsabilité des juges</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Moyens des services publics et responsabilité des professionnels]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-moyens-des-services-publics-et-responsabilite-des-professionnels-70321685.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; color: #3b3b3b; font-size: 10pt;">Par Michel Huyette<br></span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp; Il y a quelques jours, un groupe de travailleurs sociaux des services de l'enfance de l'ouest de
    la France publiait un communiqué intitulé "Faut-il un mort ?" (<a href="http://www.justicedesmineurs.com/article-faut-il-un-mort-68111291.html">lire ici</a>). Leur objectif était d'attirer
    l'attention du public sur les conséquences dramatiques de la réduction des moyens alloués par l'Etat et par les départements à la protection de l'enfance : mesures d'acccueil non exécutées (cf.
    les exemples donnés), diminution des capacités d'investigations.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Plus récemment encore, des professionnels de la justice (magistrats et avocats), de la protection
    judiciaire de la jeunesse, de l'administration pénitentaire, également de l'ouest de la France, ont pubié un communiqué commun (<a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/mineurs/mineurs0311.pdf">lire ici</a>) pour faire savoir à quel point il leur est de plus en plus difficile d'assurer leurs missions à cause de la
    réduction de leurs moyens.&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp; Il y est écrit, notamment, qu'au tribunal pour enfants de Nantes&nbsp;entre 2007 et
    2010&nbsp;les procédures de protection de l'enfance &nbsp;ont augmenté de 14,5 %, les procédures pénales de 23 % et les mesures d'exécution des peines de 182 %, qu'au cours de la même époque le
    nombre de juges des enfants est passé de 6,5 à 5,6 avec en même temps la suppression d'un poste de greffier (1).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;De leur côté les personnels de la PJJ dénoncent la réduction des effectifs (120 postes sur 830
    supprimés en 3 ans dans le grand ouest), la fermeture de 2 foyers et de 3 ateliers de formation professionnelle, et, surtout, l'impossibilité actuellement de mettre en place auprès des mineurs
    les plus en difficulté d'un suivi cohérent et efficace sur le moyen ou long terme.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Enfin, les services privés qui participent à la protection de l'enfance dénoncent les
    restrictions budgétaires et de postes, la multiplication des mesures en attente et par voie de conséquence l'aggravation de la problématique dans les familles non prises en charge suffisamment
    tôt, et regrettent d'être mis trop souvent en situation d'impuissance.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Au-delà de ce communiqué, nombreux sont les juges des enfants qui dénoncent dans toute la France
    le nombre de mesures prononcées mais non exécutées faute de personnel suffisant dans les services éducatifs, le délai d'attente étant parfois de six mois voire une année entière.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Ce qui est préoccupant, c'est que quand un enfant en danger dans sa famille y est laissé quand
    bien même une décision le confiant à un tiers est prise, cela par manque de moyens des services éducatifs, un drame peut se produire à tout moment, dans ou en dehors de la famille, par ou contre
    le mineur.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;A la même époque une radio du service public a diffusé un reportage sur l'hôpital public. Une
    infirmière interrogée a expliqué que chaque matin elle part travailler la peur au ventre. Pourquoi ? Parce que du fait de la réduction du budget plusieurs postes d'infirmière ont été supprimés et
    que de ce fait celles qui restent et qui ont tellement à faire doivent courir du matin au soir. D'où un rique permanent d'erreur. Cette infirmière a dit au journaliste : "Je sais qu'à force
    d'aller vite je vais un jour ou l'autre commettre une erreur, et que cela risque d'être grave pour un malade".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Dans ce même reportage une femme était interrogée sur sa mère, âgée, malade et hospitalisée. Elle
    expliquait que sa mère est atteinte d'une pathologie qui, pour ne pas dégénérer trop vite, impose qu'elle ne reste pas immobile toute la journée. D'où la nécessité, selon les médecins, que des
    tiers l'aident quelques dizaines de minutes par jour à se lever et à se déplacer.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Mais malgré la prescription médicale, le personnel soignant de l'hôpital, notamment les
    infirmières, a expliqué que personne ne dispose du temps à consacrer à cette dame. Sa fille a donc été contrainte de recruter une aide soignante extérieure, et de la payer pour qu'elle aille à
    l'hôpital faire ce qui est normalement le travail d'une infirmière.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Le jour où elle ne pourra plus faire face à cette dépense, qu'elle craignait proche, cette femme
    verra probablement l'état de sa mère se dégrader, sans pouvoir faire quoi que ce soit.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Enfin, voici quelques semaines, une institutrice expliquait à son tour que dans sa classe de
    presque 30 enfants, depuis que pour cause de réduction des budgets et de suppressions de poste on lui a enlevé l'assistante qui l'aidait, elle fait dorénavant du gardiennage et non de
    l'éducation. Car auparavant l'assistante s'occupait des enfants les plus turbulents pour que l'institutrice se consacre avec les autres à sa mission d'enseignement. Ce qui n'est plus aujourd'hui
    possible. Et elle se demandait comment les parents allaient réagir du fait d'une prise en charge au rabais de leurs enfants.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;La problématique de ces trois situations est la même. Les gouvernants décident en connaissance de
    cause de réduire les moyens des services publics essentiels, les professionnels de ces services sont dans l'incapacité de produire un travail de qualité, sont poussés à la faute, et le risque de
    dérapages, d'incidents ou de drames est permanent.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Non seulement on peut regretter la dégradation planifiée des services publics, mais ce qui est
    tout aussi inacceptable c'est qu'en cas d'incident, les mêmes qui ont décidé de réduire les moyens financiers et humains de ces services n'hésiteront pas à désigner les professionnels comme seuls
    responsables de tout dysfonctionnement, ceci afin de masquer leur propre responsabilité. On l'a bien vu dernièrement dans l'affaire dite "de Pornic". (2)</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;Par ailleurs, pour ce qui concerne plus particulièrement les mineurs, il existe une contradiction
    flagrante entre un discours de façade, notamment concernant la délinquance des plus jeunes que l'on voudrait réduire à tout prix, ce qui est légitime, et en même temps la volonté de réduire les
    moyens de la justice des mineurs dont la mission est, à travers les mesures éducatives civiles et pénales, de favoriser un mieux-être d'enfant perturbés, et, par voie de conséquence, de réduire
    les parcours délinquants.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">&nbsp;&nbsp;C'est bien pourquoi sur le terrain se rencontrent dans les tribunaux, les écoles, les hôpitaux,
    tant de professionnels compétents, disponibles, dévoués, mais qui sont de plus en plus dépités de ne pas pouvoir offrir à leurs concitoyens les services auxquels pourtant ils ont (devraient
    avoir) droit.</span><br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">---</span><br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">1. Dans de nombreux tribunaux pour enfants il n'y a pas assez de greffiers pour qu'ils assistent aux
    audiences d'assistance éducative tenues par les juges des enfants alors pourtant que cela est légalement obligatoire.&nbsp;</span><br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #3b3b3b;">2. cf. <a href="http://www.huyette.net/article-les-le-ons-de-pornic-67792483.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-le-pouvoir-et-la-justice-encore-a-propos-de-l-affaire-de-pornic-67417768.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-le-pouvoir-les-juges-et-l-affaire-de-pornic-suite-67190324.html">ici</a>, &nbsp;<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;</span>
  </p>

  
  ]]></description>
        <pubDate>Sun, 27 Mar 2011 12:28:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">834de95227a53d2872d7138ef4561000</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-moyens-des-services-publics-et-responsabilite-des-professionnels-70321685-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La saisine du CSM par les justiciables mécontents]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-la-saisine-du-csm-par-les-justiciables-mecontents-65829692.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #0a0a0a;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Ce mois de janvier 2011 est une date importante pour la justice française puisque dorénavant les
    justiciables peuvent directement saisir le conseil supérieur de la magistrature (CSM, <a href="http://www.conseil-superieur-magistrature.fr/">son site</a>) pour se plaindre du comportement des
    magistrats. Mais encore faut-il bien comprendre de quoi il s'agit.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Il a été inscrit dans l'article 65 de la constitution (<a href=
    "http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/acces-par-titres.5110.html#titre8">texte ici</a>) la disposition suivante
    : "Le Conseil supérieur de la magistrature peut être saisi par un justiciable dans les conditions fixées par une loi organique".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Parrallèlement, l'ordonnance relative au statut de la magistrature (<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2BC13DB87CB6C7186266CD524127BB75.tpdjo10v_2?idSectionTA=LEGISCTA000006091604&amp;cidTexte=JORFTEXT000000339259&amp;dateTexte=20110126">texte
    ici</a>) a été modifiée. Il y est indiqué que :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; "Tout justiciable qui estime qu'à l'occasion d'une procédure judiciaire le concernant le comportement
    adopté par un magistrat du siège (ou du parquet) dans l'exercice de ses fonctions est susceptible de recevoir une qualification disciplinaire peut saisir le Conseil supérieur de la
    magistrature."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp;La procédure à suivre est</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">succinctement</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">la suivante (1)
    :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; - La plainte du justiciable, qui "ne peut être dirigée contre un magistrat qui demeure saisi de la
    procédure" (2), doit "contenir l'indication détaillée des faits et griefs allégués". Elle "ne peut être présentée après l'expiration d'un délai d'un an suivant une décision irrévocable mettant
    fin à la procédure", et elle "doit être signée par le justiciable et indiquer son identité, son adresse ainsi que les éléments permettant d'identifier la procédure en cause".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; - La plainte est confiée à une "commission d'admission des requêtes" au sein du CSM. Le président de la
    commission peut rejeter celles qui sont "manifestement infondées ou manifestement irrecevables". Si elle l'estime recevable la commission enquête sur les faits dénoncés.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; - Si "les faits sont susceptibles de recevoir une qualification disciplinaire, la commission d'admission
    des requêtes du Conseil supérieur renvoie l'examen de la plainte au conseil de discipline".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; - la formation disciplinaire (siège ou parquet) du CSM rend sa décision après des débats en audience
    publique, étant précisé que pour les magistrats du parquet il ne s'agit que d'un avis, la décision finale relevant du Garde des sceaux, alors que pour les magistrats du siège le CSM sanctionne
    lui-même.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Une précision importante s'impose. Pour que la plainte du justiciable ait une éventuelle possibilité
    d'aboutir, encore faut-il qu'elle fasse apparaître une "faute disciplinaire"</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">(cf <a href=
    "http://www.huyette.net/article-5514938.html">ici</a>)</span><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">. La critique ne pourra jamais porter sur le
    contenu d'une décision judiciaire (3).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; L'article 43 du statut de la magistrature précise que "Tout manquement par un magistrat aux devoirs de
    son état, à l'honneur, à la délicatesse ou à la dignité, constitue une faute disciplinaire. Constitue un des manquements aux devoirs de son état la violation grave et délibérée par un magistrat
    d'une règle de procédure constituant une garantie essentielle des droits des parties, constatée par une décision de justice devenue définitive."</span> <span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Tous les commentateurs l'ont souligné dès le vote de ces nouvelles dispositions,&nbsp; vont probablement
    saisir le CSM, pour partie, des justiciables déçus de la décision rendue, en colère de n'avoir pas eu gain de cause, et qui vont tenter, plutôt que de reconnaître les manques de leur dossier, de
    mettre en avant la responsabilité du juge pour justifier leur échec. La justice étant un lieu où sont déposés les conflits, où se cristallisent les tensions voire de fortes animosités entre les
    parties au procès, il est fréquent que celle qui a perdu dénonce une justice aberrante et des juges incapables, alors que son adversaire qui a gagné son procès ne manque pas de souligner les
    formidables compétences des magistrats. Il en va ainsi de la nature humaine.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Alors que peut-on envisager comme motif légitime de saisine du CSM, parmi bien d'autres : de la part d'un
    magistrat un comportement grossier ou injurieux vis à vis d'un justiciable, un refus aberrant de laisser une personne s'exprimer à l'audience, un avantage octroyé injustement à une partie du fait
    d'une proximité amicale ou affective avec elle..&nbsp; En cela le "Recueil des obligations déontologiques des magistrats", édité l'an passé par le CSM, sera certainement un repère utile et un
    point de départ de la réflexion.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Mais encore faudra-t-il que le justiciable apporte la preuve du comportement aberrant du magistrat qu'il
    dénonce. Et cela peut poser des difficultés si, à l'audience où le manquement se produit, par exemple une attitude injurieuse, personne ne fait constater l'incident dans un quelconque
    écrit.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Au-delà on sait qu'il arrive, au cours d'une audience, qu'un président impose de se taire à une partie
    qui a un comportement inadmissible. Cela ne permettra certainement pas ensuite à ce justiciable de venir soutenir qu'on l'a privé délibérément de son droit de s'exprimer et qu'en agissant ainsi
    le président a violé ses obligations.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; La possibilité offerte aux justiciables de saisir le CSM est sans doute une bonne chose dans son
    principe. Mais, pour que ce mécanisme conserve toute sa valeur, il est impératif qu'il ne soit pas dévoyé par des justiciables surtout soucieux de régler des comptes avec des juges qui ont comme
    seul tort de ne pas avoir accédé à leur demande.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, le risque principal n'est pas pour les magistrats. Tout
    professionnel qui sait avoir fait honnêtement et correctement son travail peut/doit rester indifférent aux mouvements d'humeur injustifiés. Non, le risque c'est que les plaintes sérieuses soient
    moins aisément repérées du fait d'un trop grand nombre de plaintes sans fondement.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Mais peut être découvrira-t-on qu'au moment de passer à l'acte et de prendre leur plume, certains
    râleurs&nbsp; qui savent au fond d'eux-même qu'ils n'ont rien de sérieux à faire valoir perdent un peu de leur énergie...</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; En tous cas, les semaines et les mois qui viennent permettront de savoir comment les français vont
    s'emparer de ce texte, et s'ils en font un usage intelligent et raisonnable.</span><br>
    <br>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">--</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">1. Infos sur le site du CSM <a href=
    "http://www.conseil-superieur-magistrature.fr/saisine-du-csm">ici</a>.</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">2. D'où une différence importante entre le magistrat qui intervient ponctuellement, et celui qui suit un dossier
    pendant des mois ou des années, tel un juge des enfants ou un juge d'instruction.</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">3. Sauf peut-être si le contenu de la décision fait apparaître en lui-même un manquement à la délicatesse
    (<a href="http://www.huyette.net/article-monsieur-madame-ou-rien-une-question-de-deontologie-60839217.html">cf. ici</a>)</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 26 Jan 2011 16:39:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">0fed303e620b88fd49fe9680b7a49134</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-la-saisine-du-csm-par-les-justiciables-mecontents-65829692-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Une erreur dans une décision et un prévenu est remis en liberté. La responsabilité des juges]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-24077405.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">D'après les informations transmises par les medias, et non démenties
    par l'institution judiciaire, un homme en attente de son procès devant la cour d'assises pour viols, enlèvement et séquestration a été remis en liberté parce que dans le dispositif (les dernières
    phrases qui résument la décision, après les motifs qui l'expliquent) de l'arrêt de la chambre de l'instruction, après que celle-ci ait longuement explicité pourquoi il devait rester en prison, il
    a été écrit «&nbsp;infirme le jugement&nbsp;». Or, puisque le juge des libertés et de la détention avait décidé du maintien de l'intéressé en prison, «&nbsp;infirmer&nbsp;» sa décision suppose
    prendre une décision contraire de la sienne, donc décider la remise en liberté. Bien sur cette mention dans le dispositif est d'évidence contraire aux motifs, mais en droit c'est ce qui est écrit
    dans le dispositif qui s'applique.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">La mise en forme d'une décision se fait de la façon suivante : Lorsque
    les juges qui ont délibéré sur un dossier ont pris leur décision, le rédacteur (qui n'est pas forcément celui qui a présidé l'audience) la met par écrit et transmet le document au greffe. Un
    greffier met la décision en forme puis la retransmet au président de l'audience qui la signe, parfois après relecture du rédacteur. Une fois cette signature du président apposée le document
    retourne au greffe et c'est alors au tour du greffier de signer. Il doit donc y avoir au moins deux lectures : par le greffier une fois la décision mise en forme, et par le juge avant qu'il la
    signe. Et plus l'enjeu du dossier est important, plus ces lectures doivent être attentives.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Dans cette affaire les magistrats doivent très simplement, et sans
    aucun réflexe corporatiste déplacé, admettre qu'une erreur grave a été commise puisque la contradiction entre les motifs de la décision et son dispositif était particulièrement évidente. Et cette
    erreur est très regrettable surtout vis à vis des victimes (en laissant de côté la présomption d'innocence..), qui peuvent éventuellement craindre pour leur sécurité ou simplement trouver
    insupportable que leur agresseur soit en liberté. On ne peut que les comprendre.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Il n'empêche qu'avant de se faire une opinion définitive sur le fonctionnement de
    l'institution judiciaire quelques paramètres sont à prendre en compte.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Chaque année environ un million et demi de décisions pénales sont rendues par toutes
    les juridictions (des contraventions aux décisions des cours d'assises), dont 970.000 condamnations au sens strict du terme. Comme il a aussi été indiqué dans la presse qu'il s'agit de la
    première erreur de cette nature, on peut semble-t-il retenir pour la dernière décennie qu'il s'agit d'une erreur sur une dizaine de millions de décisions. En prenant en compte la seule
    juridiction concernée, on retiendra qu'il s'agit d'une erreur unique sur des dizaines de milliers d'arrêts rendus par les chambres de l'instruction au cours de la même
    période.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Il serait également intéressant de connaître le nombre d'erreurs graves
    commises par le magistrat signataire de cette malheureuse décision. Il n'est pas exclu (le contraire n'a été affirmé par personne) qu'il s'agisse de la toute première de sa carrière alors que ce
    juge est dans la magistrature depuis très longtemps et vient d'être reconnu digne d'être nommé à la cour de cassation.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">C'est pourquoi, si pendant un instant on acceptait de laisser de côté
    ce dossier et d'élever le débat, chaque citoyen pourrait se poser cette question : une institution qui commet si peu d'erreurs graves par rapport à un aussi grand nombre de décisions est une
    institution qui fonctionne plutôt bien ou une institution à la dérive ?</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Bien sur, l'envie est grande de répondre que quand une erreur grave est
    commise cela ne réconforte pas ceux qui sont directement concernés de savoir que cette erreur est rarissime. Cela nous pouvons l'admettre aisément.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Mais ce que nous demandons à tous ceux qui veulent émettre une opinion
    sur le fonctionnement de la justice c'est d'agir comme ils nous demandent de faire avec eux : être juste.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #5c5c5c;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p><!-- Fin code Compteur.fr v 2.0 -->]]></description>
        <pubDate>Sat, 25 Oct 2008 10:32:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8f00aa5c7116b5d9bd4a630448bd27d2</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-24077405-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le juge et la prise de risque]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-23605836.html</link>        <description><![CDATA[<span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;Par Michel Huyette<br>
  <br></span></span></span></span>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Le journal Le Monde du 1er octobre porte à la connaissance de ses lecteurs le
    fait suivant : En juin 2007 une femme porte plainte contre son mari pour violences et menaces de mort, en affirmant avoir subi de très graves sévices depuis des années. Le procureur ouvre une
    enquête préliminaire (enquête de police ou de gendarmerie) au cours de laquelle, selon le journal, les enquêteurs découvrent au domicile de la famille des objets sadomasochistes et des cassettes
    montrant que cet homme filmait ses relations sexuelles avec sa femme.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le procureur de la République saisit un juge d'instruction et demande
    la mise en détention provisoire de cet homme. Le juge des libertés et de la détention (JLD) décide finalement de le laisser libre et de le placer sous contrôle judiciaire. le procureur fait appel
    et une audience est fixée devant la chambre de l'instruction. Mais le jour prévu pour l'audience cet homme tue sa femme avec une carabine et se suicide ensuite.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Selon Le Monde, un avocat (sans doute au nom des autres membres de la
    famille maternelle) a saisi le tribunal de grande instance de Paris d'une action en responsabilité contre l'Etat pour faute lourde, sur le fondement de l'article <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=D9808924E4DC94F5A41AE06A63B0DD07.tpdjo02v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006151763&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071164&amp;dateTexte=20081002"><span style="text-decoration: underline;">
    L 141-1</span></a> du code de l'organisation judiciaire.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">La cour de cassation <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechExpJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000017826315&amp;fastReqId=1573904213&amp;fastPos=5"><span style=
    "text-decoration: underline;">juge</span></a> régulièrement que «&nbsp;constitue une faute lourde susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat toute déficience caractérisée par un fait ou
    une série de faits traduisant l'inaptitude du service public de la justice à remplir sa mission&nbsp;».</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Toute personne qui lit rapidement l'article du Monde se fait
    probablement l'opinion suivante : si le JLD avait mis cet homme en prison il n'aurait pas tué sa femme, donc le JLD a commis une erreur, donc la faute doit être sanctionnée et le dommage réparé.
    Mais c'est tellement plus compliqué que cela...</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">D'abord en lisant attentivement l'article on comprend que l'homme a tué
    sa femme le jour prévu pour sa comparution devant la chambre de l'instruction. Cette juridiction avait été saisie par le procureur dans le but d'obtenir une mise en détention. L'une des
    hypothèses envisageables est donc que ce n'est pas le fait qu'il ait été laissé en liberté qui a entraîné son accès de violence mais la volonté affichée du parquet d'obtenir un emprisonnement à
    tout prix et la crainte d'être emprisonné générée par cette démarche. Montrer du doigt le seul JLD pourrait donc apparaître comme un peu simpliste.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">L'essentiel n'est toutefois pas là.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">En raisonnant à l'envers, on est tenté de se dire que si le JLD avait
    mis cet homme en prison, il aurait été un bon magistrat. A supposer toutefois que l'individu qu'il vient d'incarcérer ne se suicide pas ou ne tue pas quelqu'un dans sa cellule, parce que cela
    pourrait être aussi de sa faute puisque quoi qu'il arrive de blanc ou de noir de nos jours les juges sont toujours responsables de tout. Et nous savons bien que ceux qui aujourd'hui hurlent
    contre ce JLD qui a laissé cet homme en liberté sont les mêmes qui, demain, hurleront au manque d'humanité du même JLD quand il emprisonnera un individu psychologiquement fragile qui se suicidera
    en prison...</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">En tous cas en mettant cet homme en prison, le JLD aurait surtout été
    un magistrat qui ne prend aucun risque. Et la tentation est grande, pour les juges qui depuis un long moment sont la cible permanente du pouvoir et des medias, de choisir devant la fréquence et
    l'ampleur des attaques le risque moindre pour éviter les mises en causes personnelles.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Prenons un exemple hors du droit pénal.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Après leur séparation nombreux sont les parents qui continuent à mener
    une guérilla sans fin, et qui utilisent les enfants pour continuer à régler leurs comptes. C'est dans ce cadre là que certaines femmes, de plus en plus nombreuses, se précipitent chez le juge aux
    affaires familiales (JAF) en mettant en avant les troubles de leur enfant et en affirmant que c'est le père qui les traumatise quand il le reçoit les fins de semaine, et pour demander la
    suppression du droit d'hébergement de celui-ci. Nombreux pourtant sont les cas dans lesquels des enfants sont réellement perturbés, mais sans que l'on sache d'où cela provient exactement ni quel
    est la part de responsabilité de chaque adulte.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le JAF s'il a un doute est devant un choix. Il peut, si les faits ne
    sont pas clairs, différer sa décision et attendre d'avoir des éléments démontrant, si tel est le cas, que le père a vraiment un comportement inapproprié.&nbsp;Mais il existe alors un risque car
    le juge ne peut pas garantir que ce père qu'il ne connaît que très peu&nbsp;n'aura jamais aucun comportement inadéquat. Mais il peut aussi choisir la voie du moindre risque et rapidement
    supprimer le droit d'hébergement du père, même s'il n'est pas vraiment convaincu que ce père ait des comportements dangereux envers son enfant. Cela devient alors dramatique pour ce&nbsp;père si
    plus tard les propos de la mère se révèlent mensongers car on sait ce que donnent ces situations : suppression des rencontres le temps de l'enquête (qui parfois prend de nombreux mois), distance
    qui s'instaure avec les enfants que le père ne voit plus et qui le croient coupable de quelque chose, puis, quand les investigations n'ont rien donné et que le père est blanchi, très grande
    difficulté pour lui à reprendre une relation saine avec leurs enfants. C'est le piège infernal.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Mais pour le juge c'est très confortable. Car l'histoire du père privé
    injustement de ses enfants pendant des années n'intéressera pas grand monde, et aucun reproche ne sera fait au juge qui restera dans un anonymat protecteur.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Prenons un second exemple dans le champ pénal. Lorsque des magistrats
    s'interrogent sur l'opportunité de faire exécuter une peine en dehors des murs d'une prison, par exemple en semi-liberté (la personne est libre dans la journée et rentre en prison le soir) ou en
    libération conditionnelle (avant la date initialement prévue de fin de peine l'individu est remis en liberté), il savent qu'il existe toujours le risque que l'individu concerné commette une autre
    infraction. Et ils savent aussi que même lorsque des médecins et des travailleurs sociaux donnent un avis très favorable à la sortie de prison, si par malheur cet individu commet une agression
    ils vont être publiquement cloués au pilori et désignés comme des juges irresponsables et personnellement responsable envers la nouvelle victime.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Alors les magistrats doivent-ils dorénavant refuser aussi souvent que
    possible de mettre en place des aménagements de peine, privilégier le risque zéro et&nbsp;le&nbsp;confort&nbsp;personnel ? Cela serait très&nbsp;sécurisant pour eux, car même si les détenus qui
    sont maintenus en prison désespèrent, personne n'en fera le moindre reproche au juge. Et tant pis pour la réinsertion de ceux qui le méritent.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Juger dans ces domaines difficiles où la solution la plus appropriée
    n'apparaît pas de façon évidente, c'est à chaque fois prendre un risque.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Alors oui, les juges pourraient se poser moins de questions et choisir
    à chaque fois non pas la solution pouvant être intéressante pour ceux qu'ils doivent juger, mais celle qui est la plus protectrice pour eux.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">S'en prendre constamment aux juges pourrait bien sur le long terme
    avoir des effets pervers et entraîner ce mécanisme de protection et de refus de la prise de risque.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    &nbsp;&nbsp; <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Mais les justiciables y gagneront-ils vraiment ?</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="color: #616161;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 10 Oct 2008 19:10:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">09dd0aa870a4fa4e650fd16b71f2eb82</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-23605836-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Contribution au débat sur la responsabilité des juges: entre éthique et déontologie]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-19580808.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-family: times new roman,times;"><br>
  Par Bernard Brunet<br>
  <br>
  <br>
  <br></span>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 36pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;">Le débat sur la responsabilité des juges se situe le plus souvent au niveau déontologique, statutaire,
    institutionnel, politique; il fait appel à des principes et tend d</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">une manière générale à dessiner le cadre dans lequel
    s</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">exerce la responsabilité sociale de juger.&nbsp; Ce niveau de discussion prévilégie, d</span><span style=
    "font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">une part,&nbsp; l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">équilibre entre les pouvoirs et de
    l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">autre la recherche de l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">efficacité de
    l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">institution judiciaire; il exclue par principe l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style=
    "font-size: 11pt;">aléatoire, le particulier, le subjectif. Le débat concerne le niveau central de l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">Etat et tend à
    imposer par le haut des règles de fonctionnement permettant de clarifier les conditions de l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">exercice de la fonction
    juridictionnelle dans ses relations avec les autres institutions et avec les justiciables, de même qu</span><span style="font-size: 11pt;">='</span><span style="font-size: 11pt;">à définir les
    droits et obligations du juge à l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">ntérieur de l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style=
    "font-size: 11pt;">institution judiciaire elle-même.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 36pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;">Tout autre, cependant, est l</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style=
    "font-size: 11pt;">interrogation suivante que se pose le juge concrètement: "qu</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">est ce que je fais lorsque je décide
    celà", quelle responsabilité est la mienne lorsque j</span><span style="font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">applique la loi ou décide de l</span><span style=
    "font-size: 11pt;">'</span><span style="font-size: 11pt;">appliquer de telle ou telle façon?&nbsp; Ici et maintenant.</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 36pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 36pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;">Mon propos est de tenter de penser et de décrire comment la question éthique de l'exercice des responsabilités
    peut se poser concrètement et sans détour à un juge particulier dans sa démarche intime d'acteur responsable et de mettre en évidence les oppositions entre la démarche générale déontologique et
    la démarche individuelle éthique, mais, également, la nécessité de la co-existence de ces deux démarches.<br>
    <br>
    <br>
    <br>
    pour lire l'article sans son intégralité, <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/deont-brunet.pdf">cliquer ici</a><br>
    <br>
    <br></span></span>
  </p><!-- Fin code Compteur.fr v 2.0 -->]]></description>
        <pubDate>Thu, 15 May 2008 13:59:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f49749279123aa99c5e23f8d202e3f03</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-19580808-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ethique, déontologie et sanction]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-19528569.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;<br>
  Par Patrice de Charette<br></span>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;"><br>
    <br>
    &nbsp; La d</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">ontologie des magistrats
    est un sujet d</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">battu de
    fa</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">ç</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">on universelle au sein de tous les
    systèmes</span></span> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">judiciaires. La matiè</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">re est
    difficile et demande une analyse pr</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-style: normal;">cise, dans la mesure où</span></span> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">la notion de d</span></span><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">ontologie&nbsp;des magistrats recouvre deux obligations de
    nature diff</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-style: normal;">rente&nbsp;:<br></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;"><br>
    - les devoirs professionnels du magistrat, d</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-style: normal;">jà</span></span> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-style: normal;">nonc</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">s dans les
    codes sp</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">cifiques et dans le statut
    de la magistrature (par exemple le devoir d’impartialit</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;">é</span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-style: normal;">, l’obligation de respecter le principe du contradictoire<br></span></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-size: 12pt;"><br>
    - l’éthique, qui renvoie au comportement individuel du juge, dans l’exercice de sa profession et dans sa vie personnelle</span></span></span>
  </p>
  <div id="Section1" dir="ltr">
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span>
    </p>
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Si le non respect de la première catégorie d’obligations peut aisément faire l’objet de sanctions
      disciplinaires, il en va autrement pour les obligations de nature éthique, dont le contour est sensiblement plus incertain.</span></span>
    </p>
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span>
    </p>
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En effet, les&nbsp;règles éthiques étant par nature définies de façon peu précise (par exemple «&nbsp;obligation
      de convenances&nbsp;»), assortir leur non respect de sanctions disciplinaires peut conduire à des atteintes sérieuse à l’indépendance de l’autorité judiciaire, dès lors&nbsp;qu’un pouvoir
      exécutif hostile pourrait, sur ce fondement, s’emparer de l’action disciplinaire pour s’attaquer à un magistrat dont, en réalité, les décisions juridictionnelles lui déplaisent.</span></span>
    </p>
    <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
      <span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;</span>
    </p>
  </div>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Il n’est pas exag</span><span style="font-size: 12pt;">é</span><span style="font-size: 12pt;">r</span><span style=
    "font-size: 12pt;">é</span> <span style="font-size: 12pt;">de soutenir qu’un code de d</span><span style="font-size: 12pt;">é</span><span style="font-size: 12pt;">ontologie comportant
    des&nbsp;règles</span> <span style="font-size: 12pt;">é</span><span style="font-size: 12pt;">thiques dont la m</span><span style="font-size: 12pt;">é</span><span style=
    "font-size: 12pt;">connaissance est en elle-même</span> <span style="font-size: 12pt;">une cause de mise en jeu de la responsabilit</span><span style="font-size: 12pt;">é</span><span style=
    "font-size: 12pt;">disciplinaire peut constituer entre les mains du pouvoir ex</span><span style="font-size: 12pt;">é</span><span style="font-size: 12pt;">cutif une machine de guerre contre
    l’ind</span><span style="font-size: 12pt;">é</span><span style="font-size: 12pt;">pendance de la justice.<br>
    <br>
    <br>
    pour lire l'article dans son intégralité (format pdf),&nbsp; &nbsp;<a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/ethiquePDC.pdf">cliquez ici<br></a><br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 May 2008 18:04:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">84531137d8c9ce23d12a168c0071fcfe</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-19528569-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'élaboration d'une charte déontologique des magistrats : une démarche nécessaire mais insuffisante]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-19287307.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br></span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le conseil supérieur de la magistrature (</span><a href=
    "http://www.conseil-superieur-magistrature.fr/"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;">CSM</span></span></span></a><span style=
    "font-size: 12pt;">) s'est lancé dans l'élaboration d'un «&nbsp;recueil des obligations déontologiques des magistrats&nbsp;». Il s'agit là d'une démarche imposée par</span> <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=78B08DA5DA5160990333A325248EA620.tpdjo15v_3?cidTexte=JORFTEXT000000364282&amp;idArticle=LEGIARTI000006492444&amp;dateTexte=20080428&amp;categorieLien=id">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;">l'article 18</span></span></span></a> <span style="font-size: 12pt;">de la</span> <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000646871&amp;dateTexte=20080428&amp;fastPos=1&amp;fastReqId=1891770839&amp;oldAction=rechTexte"><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="text-decoration: underline;">loi du 5 mars 2007</span></span></span></span></a> <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000646871&amp;dateTexte=20080428&amp;fastPos=1&amp;fastReqId=1891770839&amp;oldAction=rechTexte"><span style=
    "color: #000000;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: none;"><span style="background: #ffffff none repeat scroll 0% 0%;">«&nbsp;relative au recrutement, à la formation et
    à la responsabilité des magistrats&nbsp;».</span></span></span></span></a></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000646871&amp;dateTexte=20080428&amp;fastPos=1&amp;fastReqId=1891770839&amp;oldAction=rechTexte"><span style=
    "color: #000000;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: none;"><span style="background: #ffffff none repeat scroll 0% 0%;"><br></span></span></span></span></a></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A cette occasion il a souhaité associer les magistrats des juridictions à sa réflexion, ce qui devrait donner lieu
    dans les mois qui viennent à un ensemble de rencontres et de débats, localement et nationalement.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Avant toute chose, mettons nous d'accord sur le sens du mot «&nbsp;déontologie&nbsp;» et considérons pour faire
    simple qu'il s'agit des règles de bonne conduite, des devoirs fondamentaux d'une profession. Il s'agit plus précisément des règles considérées comme devant être impérativement respectées parce
    qu'elles sont d'une importance toute particulière au regard de la profession concernée. Ce sont donc des règles dont les magistrats ne peuvent en aucune circonstance s'écarter.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Quoi qu'il en soit, la démarche qui consiste à préciser les règles déontologiques applicables aux magistrats ne
    peut qu'être approuvée dans son principe. Mais l'exercice est beaucoup moins simple qu'il n'y paraît.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En effet, il faut d'abord distinguer ce qui relève de la déontologie (probité, loyauté, indépendance,
    impartialité, comportement avec les autres magistrats, étude et connaissance approfondie des dossiers, écoute à l'audience et comportement avec les justiciables, etc..), de ce qui relève du
    travail juridictionnel - le déroulement de la procédure et la prise de décision - qui ne doit être soumis qu'aux voies de recours internes. Autrement dit, une prétendue entorse à la déontologie
    ne doit pas être un moyen détourné de contester une décision judiciaire qui ne satisfait pas une partie au procès.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Par ailleurs, une charte déontologique ne doit pas servir de prétexte à une réduction du droit d'expression des
    magistrats ni être plus généralement un moyen d'étouffer les contestations internes en instillant une crainte permanente de poursuites disciplinaires. Il serait inacceptable que sous couvert de
    déontologie se mette en place une forme indirecte de reprise en main de la magistrature pour satisfaire les pouvoirs en place. Les magistrats devront donc être extrêmement vigilants dans les mois
    à venir.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Ce qui inquiète également, alors que la plupart des obligations déontologiques des magistrats sont connues sans
    même qu'il soit indispensable de les graver dans le marbre, c'est la façon dont les dérapages sont - ou plus souvent ne sont pas - gérés par l'institution. Outre le fait que certains dérapages
    graves sont connus et pourtant ne suscitent aucune réaction de la hiérarchie, ce que l'on constate et qui choque le plus c'est que jamais personne n'a indiqué aux magistrats ce qu'ils doivent
    faire en présence d'un collègue dont le comportement enfreint une règle déontologique essentielle. Nul ne sait s'il faut en parler, à qui et comment, personne n'a jamais indiqué ce que doit (et
    non pas seulement peut) faire la hiérarchie, qui doit prendre le relais si la hiérarchie locale est défaillante, et ce qu'il reste comme solution au magistrat qui constate le dysfonctionnement
    quand la hiérarchie choisit la politique de l'autruche. Chacun navigue à vue entre colère, crainte, incertitude, et sait que dénoncer peut avoir un effet boomerang dévastateur.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">C'est pourquoi l'élaboration d'une charte des obligations déontologiques des magistrats doit impérativement être
    accompagnée d'un «&nbsp;mode d'emploi&nbsp;», afin que les droits et obligations de chacun soient clairement et définitivement fixés.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Mais l'essentiel n'est sans doute pas là.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La démarche du CSM et avant lui du législateur a en partie pour origine l'affaire d'Outreau, à l'occasion de
    laquelle ont été pointées les réelles ou supposées défaillances de magistrats. L'élaboration de règles déontologiques avec le spectre de sanctions plus fréquentes relève de l'idée qu'avec cette
    pression permanente la qualité globale du travail des magistrats va augmenter. Mais il n'en sera rien. Et voici pourquoi.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Si les dérapages déontologiques de magistrats sont inacceptables et doivent être sanctionnés, ce qui gangrène
    fondamentalement la magistrature et qui l'empêche de produire un travail en permanence de qualité c'est avant tout le manque de temps. Pour bien nous comprendre, reprenons l'exemple d'Outreau.
    Par hypothèse les jeunes juges d'instruction sont moins expérimentés que les plus anciens. Comme tous les débutants dans n'importe quelle profession exigeante, ils ont besoin de plus de temps
    pour travailler leurs dossiers, faire des recherches, lire ouvrages et articles techniques, échanger avec des collègues plus anciens, assister à des formations. Dès lors, pour qu'ils puissent au
    final produire un travail de qualité, il est impératif que pendant un temps minimal moins de dossiers leurs soient confiés par rapport aux magistrats expérimentés. Mais tel n'est pas le cas
    aujourd'hui.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Prenons un autre exemple. De nombreux magistrats qui siègent dans les tribunaux correctionnels n'ont pas le temps
    d'étudier suffisamment leurs dossiers avant d'aller à l'audience, et sont dans l'impossibilité absolue de motiver toutes leurs décisions (sans parler des audiences qui finissent dans la nuit avec
    des magistrats dont l'état de fatigue ne leur permet plus d'être suffisamment à l'écoute de ceux qui s'adressent à eux). Dire que cela est contraire à la loi, à la convention européenne des
    droits de l'homme, voire même à la déontologie, ne va rien changer puisque demain celui de ces magistrats qui aura sous les yeux la toute nouvelle et toute belle charte déontologique n'aura
    toujours pas une minute de plus pour étudier ses dossiers et rédiger ses décisions. Et le substitut de permanence qui doit répondre à trop d'appels pour exercer réellement ses prérogatives de
    contrôle de la police, et le juge aux affaires familiales qui a tellement de dossiers à ses audiences qu'il ne peut laisser que quelques minutes de paroles aux parents révoltés de ne pouvoir
    exprimer tout ce qui compte pour eux, et le juge des tutelles qui n'a faute de temps aucune possibilité de contrôler la façon dont les tuteurs exercent leurs prérogatives, pour tous ces
    magistrats qui sont dans l'impossibilité faute de temps de faire leur travail aussi bien qu'ils le voudraient, que va changer l'affichage au mur de leur bureau de la charte déontologique ? Rien,
    désespérément rien.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Or ces dysfonctionnements ne seront pas traités par la voie des recours contre les décisions rendues, puisque
    jusqu'à présent il n'est pas écrit dans les jugements si le juge a eu ou n'a pas eu suffisamment le temps d'étudier le dossier, ni combien de temps ont eu les justiciables pour s'exprimer ! Et
    dans le domaine du temps consacré à l'étude des dossiers et à la motivation, ainsi que de l'écoute des justiciables, on est tout proche des obligations déontologiques. Mais la plupart du temps
    ils ne sont pas non plus traités en interne. Cela ne veut pas dire qu'il est impossible de faire autrement, puisque tout juge peut a priori décider de passer plus de temps par dossier. Mais s'il
    fait cela il en traite moins, ce qui aura pour conséquence qu'il va très vite engorger son service et accumuler un retard considérable qui va entraîner les foudres de son chef de juridiction, ce
    dernier n'ayant aucun intérêt, pour l'image de sa juridiction et son avenir personnel, à ce qu'il apparaisse que dans son tribunal il y a beaucoup plus de dossiers en attente que dans celui d'à
    côté.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Et c'est bien cela qui insupporte un nombre de plus en plus important de magistrats : être placés dans
    l'impossibilité de produire un travail de qualité malgré leur volonté en ce sens, et sentir qu'il ne leur est offert aucune solution, aucun moyen pour agir autrement.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">C'est bien pour ces raisons que le débat qui est en cours sur les règles déontologiques apparaît quelque peu
    décalé. Il serait incompréhensible et aberrant, alors que l'on cherche à traquer les failles de l'institution judiciaire, de se focaliser sur quelques dysfonctionnements individuels sans rien
    faire sur les dysfonctionnement généraux, autrement plus nombreux et bien plus dommageables pour les justiciables. Le débat sur la déontologie risque d'apparaître alors comme un trompe l'oeil
    utilisé, consciemment ou non, pour détourner l'attention des choix des gouvernements successifs qui ont toujours refusé à la justice les moyens financiers et matériels dont elle a besoin, et
    glisser dans l'esprit de nos concitoyens que les lacunes dans la justice sont d'abord la conséquence de mauvais comportements individuels.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Il est donc indispensable qu'à l'occasion du débat sur la déontologie s'instaure plus globalement un vaste débat
    sur la qualité du travail des magistrats et ce qui y fait obstacle.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A cette occasion, il pourrait être envisagé de :</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">1 – Créer une véritable charte de la déontologie de la magistrature, qui soit une référence fiable, durable, et
    indiscutable. Ce ne serait pas seulement un code de déontologie énumérant des obligations déontologiques, mais beaucoup plus largement un «&nbsp;mode d'emploi&nbsp;» de la déontologie, cette
    dernière étant envisagée comme une séries d'obligations mais tout autant comme un droit opposable. La déontologie doit être envisagée aussi largement que possible, l'obligation de produire un
    travail de qualité devant y figurer comme le fondement du tout.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">2 – Y inscrire comme principes essentiels que tout magistrat est en droit, en permanence, d'exiger de pouvoir
    respecter les règles déontologiques mentionnées dans la charte, qu'en cas de conflit avec d'autre préoccupations la déontologie est toujours la norme de valeur supérieure, et affirmer qu'en
    aucune circonstance le fait qu'un magistrat rapporte une situation contraire à la déontologie ne doit pouvoir se retourner contre lui.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">3 – Décrire le mécanisme de saisine de la hiérarchie locale, imposer l'écrit, imposer à cette hiérarchie de
    premier niveau de répondre à son tour par écrit au magistrat, chaque note devant comporter une analyse de la situation et un avis motivé quant à la violation éventuelle d'une règle
    déontologique.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">4 – S'il est avéré qu'une règle déontologique est violée, imposer au chef de juridiction d'indiquer toujours par
    écrit ce qu'il compte mettre en oeuvre pour mettre un terme au dysfonctionnement constaté.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">5 – Prévoir la saisine de l'autorité hiérarchique du niveau supérieur en cas de réponse locale considérée comme
    insatisfaisante.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">6 – Inscrire dans la loi le droit pour tout magistrat, à l'issue de ces mécanismes locaux et en cas de désaccord
    persistant, de saisir le conseil supérieur de la magistrature statuant alors en tant que conseil de la déontologie, et imposer au CSM de rendre un avis écrit et motivé.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">7 – Prévoir pour le CSM l'obligation de réserver une partie de son rapport annuel à la déontologie, en y faisant
    apparaître les demandes des magistrats, les réponses des chefs de juridictions, du ministère de la justice, et son analyse des situations.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">8 - Faire de l'appréhension de la déontologie et de la capacité à gérer avec leurs collègues les questions qui en
    découlent un critère prépondérant du recrutement des chefs de juridiction.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Reste une dernière question. Et si demain un magistrat que l'on maintient dans une situation qui ne lui permet pas
    de respecter sa déontologie ni de produire un travail de qualité constate qu'il n'obtient malgré toutes ses démarches aucune réponse ni aucun moyen lui permettant de travailler autrement et
    mieux, que doit-il faire ?</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p><!-- Fin code Compteur.fr v 2.0 -->]]></description>
        <pubDate>Sun, 04 May 2008 18:58:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1a6a7c8ef5fe0d57bc7e582d670ecef0</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-19287307-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les propositions de réforme du conseil supérieur de la magistrature: un oubli essentiel]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-13370993.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;">Par Michel Huyette</span><br>
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">Le comité de réflexion sur la modernisation des institutions vient de rendre son
    rapport, qui comporte une section intitulée "une justice mieux garantie". Le comité y aborde, notamment, les questions du statut et du fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature
    (CSM). Il y fait diverses propositions : supprimer la présidence du conseil par le président de la République et remplacer ce dernier par une "personnalité indépendante", prévoir une composition
    plus "ouverte sur la société" avec la présence de deux conseillers d'Etat, un avocat, un professeur d'université, deux personnalités désignées par les présidents de l'Assemblée nationale et du
    Sénat, permettre au CSM de donner un avis sur la nomination des procureurs généraux. Le comité propose enfin de permettre la saisine du CSM par des justiciables, afin "d'apporter des réponses
    disciplinaires aux désordres (..) mettant en cause non pas le fond des décisions de justice mais le respect des garanties procédurales et le comportement professionnel des
    magistrats".</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">Il ne s'agira pas aujourd'hui de commenter ces propositions, mais d'en souligner un
    manque et d'en proposer une autre, qui pourrait s'avérer au moins aussi importante que celles qui ont été retenues.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">La saisine du CSM par les justiciables (ou par n'importe quel autre biais), a pour
    but de faire contrôler par une autorité supérieure les modalités du travail des magistrats. Répétons-le une fois encore, le principe d'un contrôle minutieux et exigeant du travail quotidien des
    magistrats est la contrepartie justifiée des missions et des pouvoirs qui leur sont confiés. Mais n'oublions pas que ce contrôle existe déjà sous deux formes : par l'exercice des voies de recours
    pour ce qui concerne la production intellectuelle (les décisions rendues), et par l'appréciation portée par les chefs de juridiction sur les magistrats de leur ressort (appréciation sur laquelle
    il y a beaucoup à dire mais ce n'est pas le sujet du jour !).</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">Mais le comité de réflexion, comme la plupart de ceux qui ont avant lui réfléchi
    sur le fonctionnement du CSM, a oublié une catégorie de personnes pouvant se plaindre du fonctionnement de l'institution et qui voudraient pouvoir saisir une autorité extérieure pour faire
    connaître les difficultés rencontrées : les magistrats eux-mêmes.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">En effet, très nombreux sont actuellement les magistrats qui constatent et veulent
    faire savoir qu'ils ne sont pas toujours en mesure de produire un travail de qualité, qu'ils sont coincés entre des exigences contradictoires, produire vite mais produire bien, et qui ne trouvent
    pas au sein de l'institution ni l'écoute ni les moyens leur permettant de trouver une solution satisfaisante aux situations critiques dans lesquelles ils se retrouvent parfois (cf. un <a href=
    "http://www.huyette.net/article-12119426.html">article précédent</a> sur les sanctions de la cour européenne des droits de l'homme).</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">Ces magistrats, soucieux de fournir des prestations de qualité optimale, se
    heurtent soit à des obstacles matériels insurmontables, tel le nombre de dossiers à traiter ne permettant pas d'y consacrer tout le temps indispensable, soit à une hiérarchie qui, tout en tenant
    un discours public sur la qualité de la justice, refuse d'entendre les difficultés portées à sa connaissance et laisse les magistrats se débattre dans leur insoluble dilemme.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">Il serait dès lors particulièrement utile que les magistrats puissent interpeller
    ce qui pourrait devenir une "commission déontologie" du CSM, pour poser des questions aussi simples que : "j'ai tant de dossiers à traiter, je ne peux pas leur consacrer tout le temps nécessaire,
    je risque en conséquence de commettre des erreurs, j'ai sollicité les chefs de juridiction afin d'obtenir un allègement des charges mais la réponse est négative, alors que dois-je faire
    ?".</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">Mais les magistrats ont d'autres raisons de réclamer la création d'une instance
    déontologique. Prenons un exemple très récent. Il semblerait d'après les informations reçues qu'un premier président de cour d'appel ait imposé aux magistrats de son ressort de solliciter son
    avis et d'obtenir son accord avant tout contact avec la presse. Certains magistrats ont déjà fait savoir qu'ils s'interrogent sur le fondement juridique de cette consigne, qui peut sembler en
    contradiction avec certains avis déjà émis par le CSM. Alors que doit faire le magistrat qui demain est sollicité par un journaliste ? Est-il contraint de suivre cette instruction à la lettre
    même sans en connaître ni la raison d'être ni le cadre réglementaire ? Peut-il décider de l'ignorer mais alors prend-il un risque disciplinairement ? Il serait bien plus utile que tout magistrat
    du ressort de cette cour d'appel puisse saisir le CSM afin que celui-ci donne son avis et dise si oui ou non il entre dans les pouvoirs d'un premier président de réduire le droit d'expression
    public des magistrats.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">Les magistrats sont les premiers à vouloir une justice plus efficace, qui produit
    un travail de plus grande qualité. Ils sont les premiers à regretter les manques de moyens, les dysfonctionnements, les erreurs parfois graves qui sont effectivement
    commises.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">Mais pour faire plus et surtout mieux les magistrats ont un urgent besoin de
    pouvoir s'adresser à un organisme capable, quand ils s'interrogent sur des enjeux essentiels, de leur donner des lignes de conduite claires et incontestables.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-size: 12pt;">C'est pourquoi il faut impérativement autoriser la saisine du conseil supérieur de
    la magistrature directement pas les magistrats. Cela peut être fait dans le cadre de la réforme envisagée. A défaut le conseil pourrait admettre lui-même qu'il est naturel que les magistrats le
    saisissent, sans qu'un texte spécifique soit indispensable.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"></p><br>
  <div style="text-align: justify;">
    <!-- Fin code Compteur.fr v 2.0 -->
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 27 Oct 2007 15:01:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">96069be1ab5ff8c08cb1c5305abfb1de</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-13370993-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Cherchez l'erreur...]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-13216454.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    <br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Avez-vous remarqué ? Sans doute pas, puisque cette
    fois-ci il ne s'est rien passé. Mais le fait qu'il ne se soit rien passé est à lui seul ahurissant, et aurait dû mobiliser tout ce que le pays compte de journalistes et de commentateurs de
    comptoir. Car quand même…</span></span></span></span>
  </div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Il y a quelques jours, un homme, qui avait déjà tué
    un autre homme dans une prison, qui avait pendant un temps été retenu dans un service psychiatrique de haute sécurité puis orienté plus récemment vers un hôpital psychiatrique ordinaire, a
    bénéficié de la main d'un psychiatre d'une permission de sortie au cours de laquelle, probablement un peu fâché envers sa maman, il lui a montré sa désapprobation en la tuant et en lui coupant
    une jambe. Ensuite il a ouvert le feu sur les policiers venus l'arrêter. Son avocat a indiqué que son client avait un passé psychiatrique très lourd, ce qui est sans doute un
    euphémisme.</span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Ce qui est remarquable dans cette affaire ce n'est
    pas que cet homme mentalement très instable ait commis un nouveau crime. Non, c'est ce qui ne s'est pas passé ensuite.</span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Imaginons un instant le même scénario, mais à un
    détail près. Cela ressemblerait à ceci :</span></span></span></span><br>
  </div><br>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- acte 1 : Un détenu considéré comme dangereux et
    qui a déjà tué un co-détenu bénéficie d'une permission de sortie octroyée par un juge, après avis positif d'un psychiatre.</span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- acte 2 : Au
  cours de la sortie ce détenu tue sauvagement une personne.</span></span></span></span>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- acte 3 : Allez, devinez-vous-même ce qui se
    passe.. eh oui, comme les autres fois. Toute la presse s'empare de l'affaire, la France entière dénonce l'irresponsabilité des juges, les élus, le gouvernement, les plus hautes autorités de
    l'Etat dénoncent l'incompétence de magistrats qui font n'importe quoi, dont la formation est insuffisante, qui ne pensent qu'aux détenus et non aux victimes, annoncent la création d'une
    commission d'enquête, et surtout, affirment haut et fort que ce juge qui a autorisé la sortie va…. devoir payer.</span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Pourquoi
  pas.</span></span></span></span>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Mais alors, pourquoi ne se passe-t-il rien quand ce
    n'est pas un juge qui libère un fou dangereux mais un psychiatre ? Car vous non plus vous n'avez rien entendu. Comme nous. De remarque sur le psychiatre qui a autorisé la sortie de ce meurtrier ?
    Aucune, nous ne connaissons même pas son nom. Ce psychiatre a-t-il été traqué par micros et cameras puis interviewé ? Non, par aucun journaliste. A-t-il été aussitôt convoqué au ministère de la
    santé, a-t-il été annoncé des poursuites disciplinaires contre lui, va-t-il comparaître devant une quelconque commission ? &nbsp;Non, rien de cela. C'est le silence
    absolu.</span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Pourtant le résultat est le même. Qu'un juge ou un
    psychiatre autorise la sortie d'un malade mental et s'est exactement le même processus qui se met en place. En plus, il n'est pas absurde de soutenir que quand un juge autorise la sortie d'un
    détenu sur avis favorable du psychiatre il ne fait/peut que suivre cet avis faute d'être lui-même un spécialiste de la psychiatrie, donc que la responsabilité principale est celle du psy quand il
    conseille au juge de laisser le détenu sortir provisoirement ou définitivement.</span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Alors voici la question du jour : pourquoi les
    comportements des magistrats, même non fautifs, sont-ils si souvent vilipendés par les élus et les medias, alors que des comportements bien plus lourds de conséquences d'autres professionnels,
    ici un psychiatre, n'entraînent aucune réaction particulière alors même qu'un drame épouvantable en a été la conséquence ?</span></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Pourquoi une
  telle différence ?</span></span></span></span>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
  "font-size: 12pt;"><br></span></span></span></span>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp;<br></span>
  <div style="text-align: justify;">
    <!-- Fin code Compteur.fr v 2.0 -->
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 20 Oct 2007 21:08:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f79895ee03cf4fc41aa0710cbf9d84bb</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-13216454-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La nouvelle responsabilité des magistrats, un tour pour rien]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-5863967.html</link>        <description><![CDATA[<p align="justify">
    <br>
  </p>
  <p align="justify">
    <br>
  </p>
  <p align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Par Michel Huyette</span></span>
  </p>
  <p align="justify">
    <br>
  </p>
  <p align="justify">
    <br>
  </p>
  <p align="justify">
    <br>
  </p>
  <p align="justify">
    <br>
  </p>
  <p align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Comme indiqué dans un</span> <a href="http://www.huyette.net/article-5778201.html"><span style=
    "font-size: 12pt;">précédent article</span></a><span style="font-size: 12pt;">, le Parlement avait décidé d'instaurer de nouvelles modalités de mise en oeuvre de la responsabilité des magistrats.
    Il prévoyait la possibilité de poursuites disciplinaires en cas de "violation grave et délibérée d'une règle de procédure constituant une garantie essentielle des droits des
    parties".</span></span>
  </p>
  <p align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS;"><span style="font-size: 12pt;">Le texte a été soumis à l'examen du Conseil Constitutionnel qui, dans une décision du</span> <a href=
    "http://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2007/2007551/2007551dc.htm"><span style="font-size: 12pt;">1er mars 2007</span></a><span style="font-size: 12pt;">, vient de déclarer cette
    disposition non conforme à la constitution.</span></span>
  </p>
  <p align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;">L'argument du Conseil est le suivant : les principes d'indépendance de l'autorité judiciaire et de séparation des pouvoirs font obstacle
    à l'engagement des poursuites disciplinaires lorsque la violation "n'a pas été préalablement constatée par une décision de justice devenue définitive".</span>
  </p>
  <p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;">Que cela signifie-t-il exactement ?</span>
  </p>
  <p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;">Certainement pas qu'il est définitivement exclu de retenir une nouvelle faute disciplinaire des magistrats comme le souhaite le
    Parlement. Le Conseil prend bien soin d'indiquer que les principes précités "n'interdisent pas au législateur d'étendre la responsabilité des magistrats à leur activité juridictionnelle en
    prévoyant qu'une violation grave et délibérée d'une règle de procédure constituant une garantie essentielle des droits des parties" puisse engager leur responsabilité.</span>
  </p>
  <p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;">Par contre, ce que veut dire le Conseil, c'est qu'au cours d'une procédure, si les juges doivent respecter un ensemble de règles
    juridiques dont certaines sont faites pour garantir les droits fondamentaux des justiciables (l'accès au dossier, le contradictoire, le droit de se défendre, le droit d'obtenir une décision
    motivée etc..), avant que le non respect d'une de ces règles soit susceptible de constituer une faute disciplinaire (si le non respect est grave et délibéré), il faut préalablement que les
    juridictions supérieures constatent que la loi a bien été violée.</span>
  </p>
  <p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;">Cela s'explique aisément. En effet, seul les juges, professionnels du droit chargés de faire respecter la loi, ont pour mission de dire
    quand la loi a été violée, y compris par d'autres juges. Ce n'est pas le rôle des citoyens ou des parlementaires, ni même du Conseil supérieur de la magistrature. Il est donc nécessaire, si un
    citoyen estime que les premiers juges qui traitent son dossier violent l'un de ses droits procéduraux, qu'il saisisse la juridiction supérieure - Cour d'appel, Cour de cassation, éventuellement
    Cour européenne des droits de l'homme - et fasse constater cette violation. Une fois la violation d'une règle de procédure définitivement reconnue, alors ce justiciable pourra prétendre qu'il y a
    eu violation grave et délibérée de l'un de ses droits essentiels, et enclencher un processus susceptible de conduire, si toutes les conditions sont réunies, à une sanction disciplinaire du ou des
    magistrats ayant commis cette violation.</span>
  </p>
  <p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;">En plus, la règle retenue par le Parlement aurait conduit à des situations contradictoires. Un justiciable, conseillé en ce sens par son
    avocat, aurait pu traverser toutes les étapes d'un procès, sans jamais prétendre qu'il existe une quelconque violation d'un droit fondamental, puis, une fois le litige définitivement tranché, si
    la solution ne lui convient pas, soutenir une telle violation sans que les juges chargés du dossier aient pu donner leur avis.</span>
  </p>
  <p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;">Finalement, le message du Conseil Constitutionnel est simple : oui à une responsabilité renforcée des magistrats, oui à une possibilité
    de sanctions disciplinaires en cas de faute délibérée et grave, mais pas n'importe comment.</span>
  </p>
  <p style="MARGIN-BOTTOM: 0cm" align="justify">
    <span style="font-family: Comic Sans MS; font-size: 12pt;">C'est pour cela que les premiers commentaires lus ou entendus, dénonçant le "retour du corporatisme" ou une "irresponsabilité des juges"
    émanent de personnes qui soit n'ont pas lu la décision du Conseil, soit ignorent tout des règles de procédure et de recours, soit font preuve d'une totale mauvaise foi.</span>
  </p><!-- Debut code Compteur.fr v 2.0 http/html -->
  <noscript>&amp;lt;p&amp;gt;&amp;lt;a href="http://www.compteur.fr" mce_href="http://www.compteur.fr"&amp;gt; &amp;lt;img src="http://count1.compteur.fr/1/al9133.gif"
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        <pubDate>Sat, 03 Mar 2007 10:24:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ed20f082bd5299c084d5c2d0f3c2a0f9</guid>
                <category>Responsabilité des juges</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-5863967-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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