<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
         xmlns:err="http://jelix.org/ns/xmlerror/1.0">
 <channel>

		<link rel="hub" href="http://overblog.superfeedr.com" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
		<link rel="self" href="http://www.huyette.net/rss-articles.xml" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
	
    <title><![CDATA[Paroles de juge (justice et medias)]]></title>
    <link>http://www.huyette.net/categorie-10739245.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;justice et medias&quot; du blog &quot;Paroles de juge&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
        <image>
        <url>http://fdata.over-blog.net/0/55/93/89/avatar-blog-4367521-tmpphpO6vuLH.jpeg</url>
        <title><![CDATA[Paroles de juge (justice et medias)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/categorie-10739245.html</link>
                            </image>
    
    <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.huyette.net</copyright>            <category>justice et medias</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Jusqu'où va le droit de critiquer les juges (suite ) ?]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-33162531.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br></span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Après un <a href="http://www.huyette.net/article-32685350.html">premier
    article</a> sur le sujet, voici une nouvelle pierre au débat sur ce sujet délicat : où s'arrête le droit de critiquer les magistrats ?<br>
    <br>
    &nbsp; A l'occasion de l'affaire dite des "disparues de l'Yonne", le Figaro avait publié un article mettant en cause un procureur de la République ayant eu à connaître du dossier.<br>
    <br>
    &nbsp; L'article était intitulé " Mis en cause en tant que procureur d'Auxerre, J C dans la tourmente", et comportait les&nbsp; trois passages suivants :<br>
    <br>
    &nbsp; "Aujourd'hui, l'ancien procureur d'Auxerre assure qu'il a conclu au suicide de C J pour des motifs irréprochables. Mais l'attitude de J C en ces circonstances est d'autant plus troublante
    qu'elle s'ajoute à une liste d'erreurs ou de fautes déjà longue."</span></span></span>
  </div>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; "En 1996, quand les proches des victimes portent plainte, J C "retrouve" le
    rapport de J sur les disparues après qu'on ait perdu sa trace pendant douze ans".</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; "Muté pour manquement à l'honneur de Paris à Versailles, il a vu cette
    sanction annulée par le Conseil d'Etat en janvier dernier. "S'agissant des disparues de l'Yonne, j'ai été exempt de tout reproche ", insiste-t-il."</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; "Pourtant la question est clairement posée: Et si le procureur avait obéi à
    des motifs sans rapport avec le droit ?".</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Ce procureur a décidé de poursuivre le journal et l'auteur de l'article,
    <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=AB52427C1BC8D427B773A662250ACF21.tpdjo12v_2?idArticle=LEGIARTI000006419790&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070722&amp;dateTexte=20090627">
    pour diffamation</a>, devant le tribunal correctionnel.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Intervenant après le tribunal (qui a prononcé une relaxe) et la cour d'appel
    (qui a condamné), la cour de cassation, dans un <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechExpJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000020744310&amp;fastReqId=1210235918&amp;fastPos=1">arret du 12 mai 2009</a>, donne tort à la cour
    d'appel.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La cour de cassation constate d'abord que : "la cour d'appel a exactement
    apprécié le sens et la portée des propos incriminés et a, à bon droit, retenu qu'ils comportaient des imputations diffamatoires visant J C en sa qualité de magistrat". Le procureur a donc bien
    été diffamé. Cela est peu douteux, car sous- entendre qu'il ait pu agir pour des motifs "sans rapport avec le droit" suppose nécessairement qu'il ait trahi la mission qui lui est confiée. Et cela
    est manifestement attentatoire à l'honneur.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Toutefois, en droit, même lorsque des expressions sont retenues comme
    diffamatoires, le prévenu peut tenter de démontrer qu'en les écrivant ou en les publiant il était de bonne foi., ce qui fait alors obstacle à une condamnation Les critères jurisprudentiels de la
    bonne foi sont la pursuite d'un but légitime, l'absence d'animosité personnelle, l'existence d'une enquête ou d'un travail sérieux, la prudence et la mesure dans
    l'expression.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; La cour d'appel, pour exclure la bonne foi des prévenus avait estimé,
    notamment, que le journaliste a soupçonné le procureur d'avoir voulu étouffer cette affaire, qu'il a délibérément continué à entretenir dans l'opinion publique le doute et à nourrir les soupçons
    sur la probité de ce magistrat en des termes révélateurs d'un acharnement à son égard, qu'il a considéré que des raisons suspicieuses, sans rapport avec le droit, et donc nécessairement
    contraires à l'éthique professionnelle et à la probité, avaient pu conduire ce magistrat à faillir dans sa mission de procureur de la République, et finalement qu'il a incontestablement fait
    preuve dans la rédaction de son article d'une animosité personnelle à l'égard de J C et d'un manque de sérieux, d'objectivité et de prudence exclusifs de toute bonne foi.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Mais la cour de cassation n'est pas de cette avis. Elle a jugé en effet,
    après avoir replacé le débat dans le cadre de l'article 10 de la convention européenne des droits de l'homme relatif à la liberté d'expression, et rappelé que "la liberté d'expression ne peut
    être soumise à des ingérences que dans les cas où celles-ci constituent des mesures nécessaires au regard du paragraphe 2 de l'article 10,"&nbsp; que "l'article incriminé, portant sur un sujet
    d'intérêt général relatif au traitement judiciaire d'une affaire criminelle ayant eu un retentissement national, ne dépassait pas les limites admissibles de la liberté d'expression dans la
    critique de l'action d'un magistrat". &nbsp;Elle retient donc la bonne foi du journaliste.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Il est toujours délicat d'aborder ce sujet. En effet, il suffit qu'un
    magistrat affirme qu'il existe une limite au droit de critique contre son action, et plus largement contre l'action de l'inttitution judiciaire, pour que, sans chercher beauoup plus loin, on le
    taxe de corporatiste, même si, parfois, tel n'est pas le cas.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Ce qui personnellement me gêne le plus, comme je l'ai déjà souligné <a href=
    "http://www.huyette.net/article-27421328.html">dans un autre article</a>, c'est l'inégalité flagrante entre le droit d'expression même critique - voire sévère - des citoyens, que l'on sait très
    large après cet arrêt de la cour de cassation, et le devoir de réserve statutairement imposé aux magistrats qui, de fait, rend très difficile leur "défense". Et tout le monde sait bien que de
    plus en plus nombreux sont ceux qui, ayant bien compris que les magistrats ne pourront pas aisément réfuter leur argumentaire, en profitent pour énoncer des critiques qui, dans certains cas, ne
    reposent sur rien de sérieux.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Le lecteur de l'article ne reçoit donc qu'une seule version, celle du
    journaliste, qui n'est pas toujours un reflet fidèle de la réalité.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Finalement, pendant que le droit à la critique des citoyens est de plus en
    plus largement admis, la chappe de plomb qui pèse sur la liberté de parole des magistrats ne s'amenuise pas. D'où le recours aux communiqués des organisations syndicales, aux articles dans les
    medias, ou aux... blogs.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Mais cela ne répond pas véritablement à la problématique car il ne s'agit
    pas, par ces biais là, de répondre à des critiques énoncées dans des dossiers particuliers.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; Le chantier de la capacité des magistrats à répondre aux critiques excessives
    reste donc ouvert.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="color: #303030;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">&nbsp; En tous cas, même s'il est par principe indispensable que l'institution
    judiciaire soit observée en permanence et que ses défaillances, encore trop nombreuses, soient pointées du doigt, nombreux sont certainement ceux qui continueront à profiter des limites à
    l'expression des magistrats pour colporter&nbsp; de temps en temps des informations qu'ils savent inexactes.</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p></p>
  <p></p>
  <p></p>
  <p></p>
  <p></p>
  <p></p>
  <p></p>
  <p></p>
  <p></p>

  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
         &gt;
-->
</style>
  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21
-->
</style>
  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
         &gt;
-->
</style>
  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
         &gt;
-->
</style>
  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
         &gt;
-->
</style>
  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
         &gt;
-->
</style>
  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm
-->
</style>
  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
         &gt;
-->
</style>
  
  
<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
         &gt;
-->
</style>]]></description>
        <pubDate>Sat, 27 Jun 2009 14:03:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a2bad69e1041e2e480111b6a4fa9e599</guid>
                <category>justice et medias</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-33162531-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[A propos des procès filmés]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-28291790.html</link>        <description><![CDATA[<span style="color: #414141;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
  <br>
  <br>
  &nbsp; Ce lundi 23 février 2009 a eu lieu sur RFI un débat (15 mns) sur l'enregistrement audio-visuel des procès.<br>
  <br>
  &nbsp; J'y étais invité avec le documentariste Daniel Karlin.<br>
  <br>
  &nbsp; Vous pouvez pendant 8 jours écouter ce débat en <a href=
  "http://www.rfi.fr/player/popUpMultimedia/popUpMultimedia_R.aspx?rubrique=radiofr&amp;URL=http://telechargement.rfi.fr.edgesuite.net/rfi/francais/audio/magazines/r109/debat_du_jour_20090223_1814&amp;UID=1_142_121549&amp;s=54309&amp;s2=55&amp;xtpage=emissions::ledebatdujour::accueil_121.asp&amp;xt_multc=%26x1%3D1%26x2%3D1%26x3%3D%26x4%3D%26x5%3D">
  cliquant ici</a><br>
  <br>
  &nbsp; Vous pouvez aussi le télécharger sans limite de temps au format mp3 en <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/MP3/RFI0209.mp3">cliquant là</a>.<br>
  <br>
  <br>
  à lire aussi un <a href="http://www.huyette.net/article-16046226.html">précédent article</a> sur le sujet&nbsp; :<br>
  <br>
  "Faut-il faire entrer les caméras dans les salles d'audience"<br></span></span></span><br>
  <br>
  <br>]]></description>
        <pubDate>Mon, 23 Feb 2009 21:55:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">de45d630bdfd8d5ffeca5630925ac704</guid>
                <category>justice et medias</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-28291790-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Faut-il faire entrer les caméras dans les salles d'audience ?]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-16046226.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span></span><br>
  <br>
  <br>
  <div style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Lors de son discours de rentrée, le procureur général de la cour d'appel de
    Paris a relancé le débat sur la présence des caméras dans les palais de justice, et sur l'opportunité de laisser les journalistes filmer certains procès. Le débat n'est pas nouveau, et il a déjà
    suscité bien des réflexions. En voici quelques une pour l'alimenter.</span></span></span><br>
    <br>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- Il semble y avoir autant de raisons pour autoriser la présence des caméras dans
    les salles d'audience que pour les interdire. Il est impossible d'arriver rapidement à une conclusion simple et acceptable par tous. Il s'agit d'une question très complexe qui nécessite une
    approche particulièrement prudente. &nbsp;En tous cas actuellement la réglementation est restrictive. Le principe&nbsp;est l'interdiction de l'enregistrement audiovisuel des procès, et
    l'autorisation l'exception. Toutefois, parce qu'il existe au sein de l'institution judiciaire, chez une part de plus en plus grande de magistrats, une volonté d'ouvrir plus largement qu'avant ses
    portes aux regards extérieurs, des autorisations ont été&nbsp;ponctuellement données, et l'on constate que de plus en plus souvent les télévisions diffusent l'enregistrement de séquences tournées
    dans les salles d'audience. Il s'agit là d'expériences qui viennent enrichir la réflexion des professionnels.<br>
    <br></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- En laissant de côté la règle en vigueur pour avancer dans le débat,
    l'enregistrement suivi de diffusion d'un procès peut être considéré comme une nouvelle forme de "publicité" élargie. Cette pratique peut donc concerner les audiences déjà publiques. A l'inverse,
    il ne peut y avoir d'enregistrement là où la loi interdit formellement la présence du public. C'est le cas, notamment, chez le juge aux affaires familiales ou le juge des enfants. De fait, ceux
    qui réfléchissent à l'enregistrement des procès pensent essentiellement à la justice pénale.</span></span></span><br>
    <br>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- Que les français puissent voir directement comment certains procès se déroulent
    aurait certainement une vertu pédagogique. Tant de remarques sont lancées qui ne correspondent pas à la réalité de la justice quotidienne qu'il serait bon que ceux qui sont à l'extérieur se
    fassent une opinion non plus seulement à travers ce qu'ils entendent de la bouche des justiciables, des avocats, des juges, ou des journalistes, mais par eux-mêmes, après avoir découvert de leurs
    propres yeux et de leurs propres oreilles comment la justice fonctionne "en vrai". Les commentaires des jurés qui, à la cour d'assises, entrent pour la première fois de leur vie au cœur de la
    justice réelle sont toujours très révélateurs. Très nombreux sont ceux qui disent en fin de session, au moment du bilan, à quel point la justice qu'ils ont découverte est différente de celle
    qu'ils imaginaient. Notons au passage que la plupart du temps ce qu'ils ont vu est à leurs yeux beaucoup plus positif que ce qu'ils avaient en tête.<br>
    <br></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- Mais à supposer le principe de l'enregistrement de certains procès admis, les
    difficultés arrivent en cascade et elles sont tout sauf simples à surmonter.</span></span></span><br>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Laisser filmer un procès suppose que la présence des caméras n'en modifie pas le
    déroulement. Certains diront que les audiences pénales sont déjà publiques. Sans doute, mais c'est une chose de s'exprimer avec quelques personnes derrière soi dans la salle, s'est autre chose
    d'être vu par la France entière à la de télévision. Et si pour le prévenu la rencontre avec le public est inéluctable, il n'en va pas de même pour les témoins qui n'ont pas souhaité être là et
    qui peuvent vouloir préserver autant que possible leur vie privée. Par ailleurs, la prise de paroles est déjà suffisamment difficile pour certains de ceux qui s'expriment au cours d'un procès
    qu'elle ne doit pas être rendue encore plus difficile à cause de la présence de caméras. Devant la cour d'assises le débat est oral, les jurés n'ayant pas accès au dossier écrit. Il serait donc
    inacceptable qu'une personne ayant des choses importantes à exprimer se taise à cause de la présence des caméras. Cela pourrait gravement nuire à la compréhension de l'affaire ce que personne ne
    peut accepter. C'est pourquoi il est plus que difficile d'envisager un système dans lequel la présence des caméras serait imposée aux participants au procès.<br>
    <br></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">Même si les participants au procès acceptent d'être filmés, la façon dont ils vont
    s'exprimer, dans la forme et sur le fond, peut en être modifiée. Et pas seulement dans le sens de la réserve. Certains accusés ou témoins, ou certains professionnels, pourront être tentés
    d'utiliser l'enregistrement du procès comme une tribune, ou comme un moyen de bénéficier d'une publicité peu onéreuse. Il suffit de voir comment certains d'entre eux se précipitent vers les
    caméras en fin de chaque journée d'un procès médiatique pour craindre que la présence permanente de ces mêmes caméras dans la salle d'audience n'induise des propos ou des comportements qui en
    leur absence n'auraient pas trouvé leur place. C'est tout le procès qui s'en trouverait vicié.</span></span></span><br>
    <br>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- Si le droit d'enregistrement audiovisuel devient la règle après avoir été
    l'exception, s'agirait-il d'autoriser des journalistes à enregistrer des procès puis à en extraire des séquences pour proposer aux chaînes de grande écoute un film d'une durée raisonnable et
    habituelle (de une à deux heures), ou de favoriser l'enregistrement intégral de procès ? La seconde hypothèse est manifestement exclue, à l'exception de certains procès présentant un intérêt
    exceptionnel ou historique. Aucune chaîne ordinaire ne peut diffuser l'enregistrement intégral de procès ayant duré des jours, des semaines ou quelques fois des mois.<br>
    <br></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- C'est alors qu'apparaissent les difficultés les plus difficiles à surmonter.
    Parce que l'enregistrement d'un "vrai" procès ne peut pas être assimilé à une fiction à laquelle l'auteur est libre de donner le scénario que bon lui semble, ce qui est diffusé doit, même en
    extraits, retranscrire fidèlement les enjeux et débats essentiels du procès filmé. Cela veut dire concrètement que aucun des éléments principaux, à décharge ou à charge, ne peut être laissé de
    côté par le réalisateur du film. On ne pourrait en effet admettre que l'opinion du téléspectateur soit biaisée par un mauvais choix de séquences. Dès lors, faut-il prévoir et imposer un mécanisme
    de contrôle lors du choix des séquences et de leur montage ? Mais dans l'affirmative par qui et sous quelle forme ? Chaque intervenant doit-il être autorisé à dire : "vous avez choisi telle
    phrase de ma déposition mais vous avez oublié telle phrase plus importante" ? Les avocats&nbsp;peuvent-ils avoir le droit d'exiger que plus d'extraits favorables à leur client soient inclus ? Le
    président de la juridiction doit-il vérifier que le film préserve les données essentielles du procès ? etc…&nbsp;On voit bien tout de suite&nbsp;à quel point&nbsp;l'objectif, veiller à ce que le
    film soit suffisamment fidèle au procès, est difficile à ateindre. C'est bien pour cela qu'entre un projet acceptable, faire mieux connaître le fonctionnement de l'institution judiciaire, et les
    risques inhérents à la diffusion d'extraits de procès, le pas à franchir semble immense et le gué peu praticable.</span></span></span><br>
    <br>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- Faut-il en définitive conserver&nbsp;plus ou moins le système d'autorisations
    ponctuelles ? Quoi qu'il en soit, plusieurs conditions minimales doivent être impérativement remplies : que tous les participants (magistrats, avocats, accusés, témoins principaux et experts)
    soient d'accord avec cet enregistrement,&nbsp;que le journaliste présente un projet et s'engage sur des modalités de montage ayant pour objet de préserver les équilibres essentiels du procès, et
    qu'il accepte de montrer son film avant sa remise à une chaîne de télévision afin que les professionnels, avocats et magistrats du siège et du&nbsp;parquet, puissent non pas&nbsp;lui donner des
    injonctions mais au moins lui présenter des remarques.<br>
    <br></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- C'est ainsi qu'il a été procédé quand il y a quelques mois un journaliste m'a
    demandé l'autorisation de filmer un procès d'assises. J'ai accepté parce que ce journaliste aux&nbsp;fortes exigences déontologiques avait déjà réalisé des films de grande qualité sur la justice,
    en France et à l'étranger. Il s'était engagé à nous montrer son film et à tenir le plus grand compte des remarques qui lui seraient faites. Et tous ceux qui ont visionné le document ont salué
    l'excellence &nbsp;de son travail. Mais l'équilibre est toujours précaire et le risque de dérapage permanent.</span></span></span><br>
    <br>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 12pt;">- Finalement, même si les obstacles à surmonter sont impressionnants, le débat sur
    l'enregistrement audiovisuel de procès doit rester ouvert. Mais l'institution judiciaire est tiraillée entre un objectif pédagogique, montrer plus qu'avant comment elle fonctionne, et la
    protection des intérêts de tous ceux qui sont appelés à comparaître devant un juge. En tous cas, ce dernier impératif sera toujours le plus important de tous. C'est sans doute le seul aspect du
    débat qui fera unanimité.</span></span></span><br>
    <br>
  </div><br>
  <br>
  <div style="text-align: justify;">
    <!-- Fin code Compteur.fr v 2.0 -->
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 27 Jan 2008 16:55:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">576e705bd111de6fca02e0f83ef6bb61</guid>
                <category>justice et medias</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-16046226-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
