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    <title><![CDATA[Paroles de juge (Cour d'assises)]]></title>
    <link>http://www.huyette.net/categorie-10626395.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Cour d'assises&quot; du blog &quot;Paroles de juge&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
        <image>
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        <title><![CDATA[Paroles de juge (Cour d'assises)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/categorie-10626395.html</link>
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    <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 17 Feb 2012 17:20:30 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.huyette.net</copyright>            <category>Cour d'assises</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Vous avez été juré à la cour d'assises.... partagez votre expérience]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-vois-avez-ete-jure-a-la-cour-d-assises-partagez-votre-experience-61353585.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;">&nbsp; Ce message s'adresse à ceux d'entre vous qui ont été jurés dans une cour d'assises.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;">&nbsp; Nous vous suggérons de nous faire profiter de votre expérience, afin de nous permettre de mieux
    comprendre comment vous avez vécu votre mission de juré.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;">&nbsp; Alors, si cela vous tente, nous vous invitons à rédiger un texte écrit sur le sujet de votre choix
    (réaction quand vous avez su que vous étiez sélectionné, première rencontre avec l'institution, révision de la liste, réunion de présentation, tirage au sort, récusation, déroulement du procès,
    délibéré etc...). Exprimez vous sur tout ce qui vous a surpris, passionné, dérouté, troublé, déplu..<br>
    <br>
    &nbsp; A votre choix, vous pouvez apparaître sous votre nom, votre seul prénom, ou des initiales.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;">&nbsp; Une obligation technique : rédigez votre texte avec votre logiciel habituel (word, openoffice..) en
    <span style="text-decoration: underline;">format texte</span> (.rtf), et envoyez le en <span style="text-decoration: underline;">pièce jointe</span> à l'adresse de contact du blog, qui figure en
    bas de chaque page : <strong><a href="mailto:contact@parolesdejuges.fr"><strong>&nbsp;</strong></a></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;"><strong><strong>contact@parolesdejuges.fr</strong></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;"><strong><strong><br></strong></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #151515;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">&nbsp; Merci d'avance.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #151515;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 21 Dec 2011 07:35:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4e6dce5a698dec92e41793705834e18a</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-vois-avez-ete-jure-a-la-cour-d-assises-partagez-votre-experience-61353585-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Des criminels presque ordinaires]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-des-criminels-presque-ordinaires-90010930.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #303030;">par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp;&nbsp; Pour les jurés de la cour d'assises, c'est souvent la plus grande surprise. Et les magistrats
    professionnels, même les plus expérimentés, sont toujours plongés dans une grande perplexité.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Car il est toujours pénible de ne pas comprendre.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp;&nbsp; Rien dans son enfance ne semblait sortir du lot. Une famille stable, une scolarité sans rupture, un
    caractère agréable et ouvert selon tous ceux qui l'ont côtoyé. Un jeune homme décrit par tous comme sympathique, calme, ne cherchant pas les histoires.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Pourtant ce soir là il est venu à la nuit tombée au domicile de son père qui dormait. Il était accompagné
    d'un copain. Il est monté jusque la chambre à l'étage, a brusquement ouvert la porte d'un grand coup de pied. Puis il a tiré sur son père. Deux fois. Une première fois alors que ce dernier
    s'était assis sur le bord de son lit. Une seconde après qu'il soit tombé au sol. Il ne lui a laissé aucune chance. La volonté de le tuer était certaine.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Pendant le procès ce jeune homme a toujours répondu aux questions. Il s'est montré coopératif, semblait
    vouloir répondre au mieux aux attentes de la cour. Sauf sur un point. Car il n'a jamais été en mesure d'expliquer son geste.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; De la même façon, les membres de la famille, les amis, les copains, les voisins, tous ceux qui ont été
    questionnés ont été dans l'incapacité de proposer ne serait-ce qu'une hypothèse sur les raisons d'être de son geste. Il en a été de même des nombreux psys et autres enquêteurs de personnalité qui
    se sont penchés sur son cas. Et qui ont tous décrit un jeune homme ordinaire. En dehors de son acte crimnel.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Quand les lumières de la salle ont été éteintes, tout le monde se demandait encore pourquoi ce jeune a,
    un jour, décidé d'assassiner son père.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp;&nbsp; Si la rencontre n'avait pas eu lieu dans une cour d'assises, elle aurait pu devenir une agréable
    collègue de travail ou une sympathique voisine de quartier. Elle était charmante, souriante, respecteuse, et elle aussi répondait à toutes les questions. Sauf une qui pourtant lui a été posée
    dans tous les sens et sur tous les tons.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Malgré une apparente bonne volonté, elle n'a jamais été capable d'expliquer pourquoi elle s'était
    procurée un révolver et pourquoi, une fois son mari rentré de sa journée de travail, elle a attendu qu'il s'allonge sur le canapé et s'endorme pour lui tirer plusieurs balles dans la tête. A bout
    portant.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; La seule chose qu'elle a mis en avant, c'est qu'une séparation était en cours et qu'ils n'étaient pas
    totalement d'accord à propos de la garde des enfants. Mais d'après tous les témoins et les experts, il n'y avait en dehors de cela rien de très particulier dans la vie de cette femme. Elle avait
    un métier, de bonnes relations avec sa famille et ses amis, et un caractère lui permettant d'attirer aisément la sympathie de tous. Une femme décrite comme ordinaire.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp;&nbsp; Trois procès n'ont pas permis de comprendre comment des faits aussi extrêmes avaient pu se
    produire. Jeune adulte quand le crime a été commis, il avait été élevé dans une famille qui jusque peu avant n'avait pas rencontré de difficultés majeures. Certes sa mère avait décidé de se
    séparer de son père, mais comme actuellement dans près d'une famille sur trois. Comme ses soeurs il avait grandi sans soucis matériels, les parents leur permettant d'accéder à un bon niveau
    d'éducation. Lui-même a admis n'avoir manqué de rien. Ses parents l'avaient même installé dans un petit studio au dessus de chez eux, afin qu'il bénéficie de plus de tranquilité et d'indépendance
    conformément à ses souhaits.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Il n'empêche qu'un matin, avec son père, il a organisé un traquenard. Il a appelé sa mère qui partait au
    travail afin qu'elle monte jusque son studio, sans qu'elle sache que son conjoint s'y trouvait. C'est alors qu'avec son père il a tué sa mère. Puis, avec un copain, il est allé jeter le corps
    dans un sous bois. Puis ils l'ont brûlé. Puis il y est retourné le lendemain pour disséminer les restes.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Tous ceux qui le connaissaient ont décrit un jeune homme ordinaire. Les psys n'ont rien décelé
    d'inhabituel hormis l'acte criminel. Et personne n'a jamais compris pourquoi, à supposer même que son père en ait voulu à sa mère, il a pu accepter et plus encore comment il a pu être capable
    d'accomplir de tels actes sur sa propre mère à qui, comme il nous l'a dit, il n'avait rien à reprocher.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp;&nbsp; Il n'était plus tout jeune et était marié depuis bien des années. Sa vie n'aurait pas justifié que
    l'on en fasse un film mais tout son entourage le décrivait comme l'exemple même du "brave type". Gentil, aimant rendre service, accueillant.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Malheureusement il s'est mis dans la tête qu'un autre homme s'intéressait à sa femme. Comme dans certains
    couples ont ne parle pas beaucoup, en tous cas pas assez, il a ruminé cette idée dans son coin et un jour est passé à l'acte. Il est allé jusqu'au magasin tenu par cet homme, a tiré un premier
    coup de fusil de l'extérieur puis un second sur l'homme tombé au sol. Cela avant que sa femme et ses amis lui expliquent qu'il ne s'était absolument rien passé avec l'homme assassiné d'autant
    plus, cela il ne le savait pas, que cet homme ne fréquentait que les hommes.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Une fois de plus, tous les témoins suivis des psys ont décrit un personnage très ordinaire. Sans aucune
    pathologie mentale ni trouble apparent de la personnalité.</span><br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Ce serait plus simple, et tellement rassurant, si tous les criminels étaient des monstres dont la
    pathologie mentale se lit sur la figure au premier regard. Ainsi nous pourrions sans aucune difficulté faire la différence entre eux (les méchants) et nous (les gentils). Et cela nous permettrait
    de conclure dès leur arrestation qu'ils sont irrécupérables et qu'il faut les écarter jusqu'à la fin de leur jour.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Ainsi plus de débat sur le choix des peines, sur leur aménagement, sur les sorties de prison, sur la
    réinsertion. En prison, et pour toujours.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Le problème c'est que ces criminels ordinaires, même si avant leur libération ils sont décrits comme ne
    présentant plus aucune dangerosité, ils peuvent à nouveau commettre un crime.&nbsp; Mais c'est bien parce que la récidive criminelle est faible que l'on considère que le criminel d'un jour n'est
    pas le criminel de toujours.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; C'est aussi pour cela que, s'agissant des jeunes délinquants et notamment des jeunes criminels, il est
    judicieux, et de notre intérêt collectif, de favoriser leur retour à une vie plus sereine et plus droite. Tout en sachant, pour tous et sans aucune exception, que la récidive reste et restera
    toujours possible.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Alors que faire ?</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Demain pas plus qu'hier les "psys" ne possèderont de boule de cristal leur permettant de deviner
    l'avenir. Sans doute peut on et même doit on chercher encore et encore à améliorer les connaissances psychologiques et criminologiques. Mais quels que soient les progrès il y aura encore demain
    des crimes commis par des délinquants ordinaires. Des crimes qu'il est impossible de prédire et donc de prévenir. Et il y aura aussi des actes de récidive de la part de quelques uns de ceux au
    bénéfice de qui tous les avis ont été favorables au moment de leur libération.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Modifier les lois tous les trois jours n'y changera rien, sauf à faire croire que quelque chose est fait
    et à dissimuler notre incapacité à lire au plus profond du mystère de chacun d'entre nous. Mais les lois n'ont jamais aidé à sonder les âmes.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Reste le débat sur l'enfermement.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Faut-il parce que sur dix personnes bénéficiant d'avis très positifs l'une (et une seule) récidive
    maintenir les neuf autres en prison quand bien même elles auraient sans difficulté repris leur place parmi nous ?</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Faut-il quand des individus semblent avoir suffisamment progressé après avoir effectué le temps de
    détention prévu par la loi refuser de tendre la main à ceux qui veulent profiter d'une partie de leur existence pour faire quelque chose qui leur redonnera une autre image d'eux-mêmes
    ?</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Faut-il maintenir en prison des personnes pour lesquelles le pronostic est favorable au risque de réduire
    les possibilités de réinsertion et ainsi d'augmenter les risques de récidive liés à une trop grande marginalisation ? Le seul bénéfice serait de retarder le moment de cette récidive ce qui est
    une maigre consolation.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; La question fondamentale est celle des modalités d'encadrement de ces personnes.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Peut-être n'est-il pas forcément judicieux d'orienter un jeune homme qui a admis avoir commis un viol
    dans une forêt vers un établissement scolaire mixte qui se trouve lui aussi en pleine campagne. Cela impose aux professionnels d'être à l'avenir encore plus attentifs sur les orientations
    envisageables. Mais la critique n'est recevable que si l'institution judiciaire possède tous les moyens de procéder autrement, notamment à travers des lieux d'accueil en nombre suffisant et aussi
    diversifiés que possible. Une orientation par défaut vers une structure qui ne correspond en rien au profil de l'intéressé, par exemple un centre éducatif fermé, peut avoir des effets très
    négatifs.</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">(lire <a href=
    "http://www.huyette.net/article-du-soutien-aux-mineurs-a-la-prevention-de-la-recidive-quelle-place-pour-le-debat-89438749.html">ici</a>)</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; C'est en cela qu'il y a quelque chose de contradictoire à demander sans cesse à la justice, aux
    travailleurs sociaux et aux psys de faire des miracles en rognant en permanence leurs moyens. Nous pourrons reparler sérieusement de tout ceci le jour où certaines décisions des juges des enfants
    n'attendront pas six mois pour être exécutées faute de personnel pour les mettre en oeuvre, et où les orientations ne se feront plus en fonction du nombre de places disponibles dans les divers
    lieux d'accueil mais en fonction de l'adéquation entre le profil du jeune concerné et les méthodes à mettre en oeuvre pour lui.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp;&nbsp; Il n'était pas majeur et il avait déjà participé à un viol collectif. Il était décrit comme un
    jeune déstructuré, en rupture avec tout, et son avenir paraissait sombre. Le mot prison revenait souvent dans les rapports des uns et des autres.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Puis un jour un éducateur l'a écouté un peu plus longtemps que les autres. Il a cru comprendre que ce
    jeune garçon, à cause d'une vie comportant plus de courbes que de lignes droites, se mettait volontairement dans des situations dangereuses. Sans comprendre lui même pourquoi.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Alors il a contacté une entreprise qui fait du nettoyage acrobatique, avec ces gens que l'on voit très en
    hauteur avec des nacelles et des cordes de rappel. Il a tout expliqué à l'employeur, sans rien cacher. Et cet employeur a pris le garçon en stage. Il l'a mis dans des situations à risque. Mais
    cette fois ci il était payé pour cela.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Quelques semaines plus tard l'adolescent était méconnaissable à tel point que l'on pouvait se demander
    s'il n'y avait pas erreur sur la personne dans les rapports de comportement rédigés par les éducateurs. Il y était fait mention d'un jeune homme ponctuel au travail, poli, sérieux. D'un garçon
    menant une vie plutôt banale.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Il n'y avait pas eu de miracle entre le viol et le dernier rapport social. Seulement un geste de
    solidarité qui avait tout changé. Et qui avait permis de montrer que dans le corps et l'esprit de l'adolescent violeur il y avait aussi le corps et l'esprit d'un jeune homme ordinaire.</span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    <br>
    &nbsp; &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 26 Nov 2011 13:50:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">54a13568c1431888b6ec4ab4b8a91163</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-des-criminels-presque-ordinaires-90010930-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Viols, incertitudes judiciaires, et motivation des décisions des cours d'assises]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-viols-incertitudes-judiciaires-et-motivation-des-decisions-des-cours-d-assises-77470638.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #2b2b2b;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Nous avons récemment abordé sur ce blog la question, délicate, de la prise en compte de la parole des
    personnes dénonçant des agressions sexuelles (lire <a href="http://www.huyette.net/article-presomption-d-innocence-de-veracite-de-credibilite-de-quoi-parle-t-on-74540801.html">ici</a>). Dans un
    autre domaine, il a été plusieurs fois débattu de la problématique de la motivation, inexistante jusqu'à ce jour dans notre droit actuel, des décisions des cours d'assises (lire <a href=
    "http://www.huyette.net/article-peut-on-motiver-une-decision-de-cour-d-assises-en-multipliant-les-questions-61890039.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-suite-mais-pas-fin-61091683.html">ici</a>,&nbsp; <a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-suite-mais-pas-fin--37562544.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-29711072.html">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Il se trouve que trois évènements qui viennent de se produire incitent à revenir à ces deux sujets, mais
    cette fois-ci en même temps.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; C'est d'abord la cour d'assises spéciale de Paris qui, à l'issue du troisième procès de M. Colonna, a
    motivé sa décision (document <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/assises/Colonna0611.pdf">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Au même moment commençait le nouveau procès de M. Secher, dont la condamnation pour viol par une cour
    d'assises d'appel a été annulée à l'issue d'une procédure en révision (décision <a href="http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/chambre_criminelle_578/2118_13_15961.html">ici</a>). La
    jeune fille qui l'avait jusque là accusé d'être son agresseur a postérieurement au second procès écrit au procureur général une lettre dans laquelle elle a déclaré l'avoir accusé à tort
    (1).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Et deux jours plus tard, nous apprenons, alors qu'un homme a été condamné par une cour d'assises puis une
    cour d'assises d'appel à neuf années de prison pour avoir violé son petit-fils, que ce dernier, aujourd'hui majeur, vient de déclarer que s'il a bien été violé quand il était enfant il ne se
    souvient pas par qui, et donc que c'est à tort qu'il a dénoncé son grand-père. Il a ajouté dans certains medias avoir agi ainsi pour se faire remarquer à cause d'un environnement familial
    autrefois éclaté et déstabilisant.&nbsp; Le grand père vient d'être remis en liberté par la chambre de l'instruction, et l'avenir dira si les rétractations de l'accusateur justifieront une
    procédure en révision (lire <a href="http://www.huyette.net/article-a-propos-de-la-revision-des-condamnations-penales-48674860.html">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Une question vient aussitôt à l'esprit : si ce qu'ont initialement affirmé la jeune fille et le jeune
    homme était inexact, quels éléments ont été retenus par les juridictions successives pour déclarer les accusés coupables ?</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Le problème c'est, une fois de plus, que personne (à part les magistrats et les jurés qui ont siégé dans
    ces affaires) n'en sait rien puisque les décisions des cours d'assises ne sont accompagnées d'aucune explication des principales étapes du raisonnement ayant conduit à la déclaration de
    culpabilité.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; La réponse à la seconde question dépend de la réponse à la précédente. Elle concerne le contenu des
    dossiers.</span><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;"><br>
    <br>
    &nbsp;Soit les dossiers ne comportaient pas d'éléments fortement probant venant renforcer les accusations, et l'on doit alors se demander, encore et encore, dans quelle mesure une juridiction
    pénale peut raisonnablement fonder une déclaration de culpabilité sur les seules déclarations d'une personne venant se présenter comme victime, quand bien même il n'est pas exclu qu'elle soit
    perturbée voire même, comme le dit aujourd'hui le jeune homme, qu'elle ait bien été violée mais par une personne finalement non identifiée avec certitude.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; Soit les dossiers comportent d'autres éléments qui avec force et sans que subsiste un doute suffisant
    important désignent encore et toujours les accusés comme coupables. Cela nécessite de se pencher avec minutie sur les comportements successifs des deux jeune gens pour tenter de savoir quand ils
    disent vrai et quand ils transforment la réalité, parce que la réalité ne correspond pas forcément à la rétractation. Quoi qu'il en soit il faudra attendre l'issue des nouvelles procédures pour
    savoir ce qu'il en est.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp; En tous cas, dans ce genre d'affaires, il est absolument indispensable que les décisions des cours
    d'assises soient motivées, la motivation, comme déjà souligné dans les autres articles, étant cet exercice qui, quand il est trop difficile voire impossible, parce que les phrases et les
    paragraphes ne s'enchainent pas aisément malgré les tentatives, impose au juge de constater que la conclusion d'abord envisagée ne peut pas être suffisamment argumentée.<br>
    <br>
    &nbsp; Autrement dit, la motivation est un test qui, en imposant une encore plus grande rigueur du raisonnement, peut permettre d'éviter d'éventuelles erreurs judiciaires.</span><br>
    <br>
    --<br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">1. Mr Secher a été acquitté par la cour d'assises le 24 juin 2011</span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 22 Jun 2011 13:46:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ee556f01b9c1a005303d8e7f9ef4f9f6</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-viols-incertitudes-judiciaires-et-motivation-des-decisions-des-cours-d-assises-77470638-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La partie civile doit-elle pouvoir faire appel contre une décision d'acquittement ?]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-la-partie-civile-doit-elle-pouvoir-faire-appel-contre-une-decision-d-acquittement-77160238.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #262626;">Par Michel Huyette</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <span style="color: #262626;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">&nbsp; A l'occasion de l'examen par le Parlement de la loi concernant notamment l'introduction de
    citoyens dans les tribunaux correctionnels et modifiant certaines règles concernant la cour d'assises</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">(lire <a href=
    "http://www.huyette.net/article-qui-seront-les-citoyens-assesseurs-demain-73269876.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-vers-un-modele-reduit-de-cour-d-assises-72840735.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-les-reformes-a-venir-de-la-cour-d-assises-l-abandon-de-la-lecture-de-la-decision-de-mise-en-accusation-72567026.html">ici</a>)</span><span style=
    "font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">, des députés de la majorité viennent d'introduire un amendement permettant à la partie civile (la personne qui porte plainte et soutient
    avoir été victime) de faire appel en cas de décision d'acquittement par la cour d'assises.</span></span><br>
    <br>
    <span style="color: #262626;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">Au demeurant, trois députés de la majorité ont déposé une proposition de loi en ce sens le 20
    décembre 2010</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">(lire <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3057.asp">ici</a>)</span>.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Jusqu'à présent, quand la cour d'assises juge l'accusé non coupable, seul le procureur général peut faire
    appel de cette décision (article 380-2 du code de procédure pénale, texte <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=7145BEB852D62BD51084D4292FBD39F1.tpdjo13v_2?idArticle=LEGIARTI000006576363&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    ici</a>). Cet article précise clairement que la partie civile ne peut interjeter appel que contre une décision statuant sur ses intérêts civils. En pratique il s'agit de la décision, de nature
    civile et non pénale, par laquelle les magistrats professionnels membres de la cour d'assises, après que cette dernière ait déclaré l'accusé coupable, allouent à la victime ou à ses proches des
    dédommagements en argent pour le préjudice subi. Il n'y a évidemment pas d'indemnisation si l'accusé est acquitté puisqu'il n'est pas considéré comme à l'origine des préjudices
    allégués.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; La raison d'être souvent avancée pour limiter le droit d'appel de la partie civile est la suivante
    :&nbsp; La justice pénale c'est la société qui poursuit un éventuel délinquant par la voie du procureur de la République, et pour que le procès ne se transforme pas en vengeance privée, sachant
    que la victime n'a pas forcément une approche sereine et objective de l'affaire, il faut laisser au seul procureur le soin de décider si après un acquittement il est opportun d'envisager un
    second procès.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; C'est pourquoi le rapporteur du projet de loi c'est tout de suite déclaré opposé à l'amendement précité
    même issu de son parti, et a été relayé en ce sens par le ministre de la justice qui a déclaré qu'il allait proposer la suppression de cet amendement lors du prochain débat public.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Il apparaît toutefois nécessaire de faire la différence entre deux situations, l'une simple, l'autre plus
    complexe qu'il n'y paraît au premier abord.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Il semble plus que difficile de permettre à une partie civile d'interjeter appel uniquement pour obtenir
    une condamnation plus sévère. On peut certainement comprendre qu'une victime fortement traumatisée souhaite la peine la plus élevée pour l'agresseur. J'ai encore en tête le souvenir de cette
    jeune femme victime d'un viol et qui a dit à la cour d'assises que son seul espoir était qu'un jour son violeur traverse la route devant elle afin qu'elle puisse l'écraser et le tuer avec sa
    voiture. Cela n'a pas suffi pour que les jurés, que l'on dit pourtant sensibles aux souffrances des victimes, votent majoritairement en faveur d'une peine très sévère.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; On ne peut donc probablement pas admettre que des procès se succèdent avec comme seul objectif que la
    peine soit toujours plus élevée, et uniquement pour satisfaire la soif de vengeance d'une victime. C'est pourquoi une modification de la loi dans cette direction n'est jusqu'à ce jour envisagée
    par personne.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Mais il en va tout autrement de la contestation des décisions d'acquittement.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Il serait simple de réserver le droit d'appel au ministère public si ce dernier, du début au terme de la
    procédure judiiaire, était le seul à pouvoir intervenir au cours des différentes étapes. Pour le dire à l'envers, si le procès est uniquement la poursuite d'un éventuel délinquant par la société,
    et si du début de l'enquête jusqu'au prononcé de la décision de la juridiction de jugement le ministère public est le seul intervenant, avec en face de lui le seul avocat de la défense, on peut
    facilement admettre qu'il continue à être le seul a pouvoir interjeter appel. Le tout formerait alors un ensemble cohérent.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Toutefois, dans notre procédure pénale, la partie civile a une place nettement plus
    importante.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Un particulier peut se constituer partie civile devant le juge d'instruction après que le procureur de la
    République ait décidé de ne pas ouvrir lui même un enquête pénale (article 85 du cpp, texte <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=F13202BC77A0F84056594A3BC9AF6EBB.tpdjo13v_2?idArticle=LEGIARTI000006575223&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    ici</a>). Il s'agit donc de permettre à une personne se présentant comme victime de contourner l'inactivité du ministère public et d'obtenir l'ouverture d'une enquête que celui-ci a estimée
    inutile. Cela fragilise d'emblée l'affirmation d'une procédure diligentée uniquement pas le Parquet.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; La partie civile constituée devant le juge d'instruction peut interjeter appel des décisions de non lieu
    de ce magistrat, quand bien même le procureur de la République ne le fait pas (article 186 du cpp, texte <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=F13202BC77A0F84056594A3BC9AF6EBB.tpdjo13v_2?idArticle=LEGIARTI000006575834&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    ici</a>). Là encore cette possibilité montre que la partie civile dispose d'un droit propre de discuter la culpabilité du mis en examen, puisque tel est la seule raison d'être de l'appel contre
    une décision de non lieu.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; A l'audience de la cour d'assises, la partie civile peut faire citer des témoins, tout comme le ministère
    public et l'accusé (article 181 du cpp, texte <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=F13202BC77A0F84056594A3BC9AF6EBB.tpdjo13v_2?idArticle=LEGIARTI000006576125&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    ici</a>). Ainsi, la partie civile, informée du nom des témoins cités par les autres parties au procès, peut décider d'en citer d'autres afin, notamment, que ces derniers apportent d'éventuels
    éléments complémentaires sur la culpabilité de l'accusé.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; A l'issue des débats, la partie civile, et plus encore son avocat, prennent la parole pour développer
    leur point de vue. L'avocat de la partie civile plaide toujours en premier, avant le ministère public et la défense. Directement, puis par l'intermédiaire de son conseil, la partie civile
    développe alors en détails la nature de l'agression qu'elle estime avoir subie et les éléments sur lesquels elle se fonde pour s'autoriser à désigner l'accusé comme l'agresseur. A ce moment, la
    partie civile, quand l'accusé conteste être l'auteur de l'infraction poursuivie, veut que sa parole soit entendue, surtout si l'accusé dans le box est bien l'auteur du crime dont elle a été
    victime.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Si la partie civile développe des arguments qui pour certains d'entre eux sont identiques ou proches de
    ceux qui sont énoncés par le ministère public dans ses réquisitions, son intervention n'est pas pour autant inutile. En effet le dossier puis les débats peuvent parfois être interprétés de façons
    différentes. C'est pourquoi il arrive régulièrement que la partie civile développe un point de vue qui n'est pas le seulement le reflet des réquisitions du Parquet.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; La cour d'assises, pendant son délibéré, va donc prendre en compte les arguments présentés par le
    ministère public, par la défense, mais aussi par la partie civile, chacun de ces arguments étant de nature à influencer la décision finale sur la culpabilité de l'accusé.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Tout ce qui précède montre que l'affirmation de départ selon laquelle un procès pénal c'est seulement le
    ministère public qui poursuit seul un accusé est un peu hâtive, en tous cas ne correspond pas à la réalité procédurale actuelle.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Nous en arrivons alors à la question délicate : Qu'est-ce qui justifie, après avoir autorisé la partie
    civile à intervenir à plusieurs étapes essentielles de la procédure d'instruction et en cours d'audience, après lui avoir permis de développer devant le juge d'instruction, éventuellement devant
    la chambre de l'instruction, puis devant la cour d'assises, des arguments relatifs à la culpabilité de l'accusé, de lui refuser d'interjeter appel de la décision sur la culpabilité qui ne lui
    semble pas appropriée ?</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; La réponse n'est peut être pas/plus aussi simple à énoncer aujourd'hui.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; D'autant plus qu'un nouveau débat en appel peut aboutir à une décision différente en terme de
    culpabilité. Chaque année des cours d'assises d'appel déclarent coupable un accusé jugé non coupable en première instance (et l'inverse). Cela montre que deux débats successifs sur le même
    dossier ne sont pas toujours inutiles.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Pour s'opposer au droit d'appel de la partie civile, ses détracteurs mettent en avant celui du ministère
    public. Il est alors affirmé que le magistrat du parquet a une analyse plus neutre, plus distante, plus objective du dossier que la partie civile, et donc qu'il est mieux placé qu'elle pour
    apprécier s'il est vraiment opportun de contester un acquittement.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Mais si le ministère public a devant la cour d'assises depremière instance pris des réquisitions de
    culpabilité et demandé une condamnation en conséquence, est-il exclu qu'en appel, à l'issue d'un second débat qui n'est pas forcément identique au premier, une autre cour d'assises déclare
    l'accusé coupable ? Cela même si le représentant du Parquet hésite à exercer un recours ? Et supposons un instant que l'accusé soit réellement coupable. En quoi serait-il aberrant que l'issue
    ultime de la procédure soit une déclaration de culpabilité correspondant à la réalité, quand bien même cela résulte d'une démarche de la partie civile et non du ministère public ?</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Il existe toutefois un risque majeur, et pour la partie civile elle même.<br>
    <br>
    &nbsp; En effet, même quand un accusé est bien l'auteur d'un crime mais conteste les faits, il arrive qu'à cause d'un dossier trop faible, dans lequel les enquêteurs n'ont pas réussi à réunir des
    éléments suffisamment probants, le procès se termine par un acquittement. Car on ne condamne pas quiconque quand un doute trop important persiste.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; C'est pourquoi, si la partie civile dont l'objectivité est amoindrie par sa souffrance veut interjeter
    appel parce qu'elle ne supporte pas que son agresseur reste libre, quand bien même le dossier est manifestement lacunaire ce qu'elle ne veut/peut pas reconnaître, le risque est très élevé qu'à la
    déception de première instance s'ajoute, après d'autres mois d'attente perturbante et de nouveaux frais, l'amertume si ce n'est une nouvelle souffrance, encore plus vive, découlant d'une seconde
    déclaration de non culpabilité. Le piège est immense, et tomber dedans peut être très douloureux.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Le débat autour de la place de la partie civile après la décision de la première cour d'assises est moins
    simple qu'il n'y paraît. La partie civile a vu son périmètre d'intervention augmenter au cours des dernières années, soit par l'effet des lois successives, soit plus récemment par le biais d'une
    décision du conseil constitutionnel (lire <a href="http://www.huyette.net/article-le-conseil-constitutionnel-elargit-les-droits-des-parties-civiles-54960149.html">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; La question qui lui était posée concernait, rappelons-le, l'interdiction opposée à la partie civile de
    former un pourvoi devant la cour de cassation contre un arrêt de non lieu de la chambre de l'instruction.<br>
    <br>
    &nbsp; Ce qui est intéressant cest que pour déclarer ce texte contraire à la constitution le conseil constitutionnel a estimé que : "la disposition contestée a pour effet, en l'absence de pourvoi
    du ministère public, de priver la partie civile de la possibilité de faire censurer, par la Cour de cassation, la violation de la loi par les arrêts de la chambre de l'instruction statuant sur la
    constitution d'une infraction, la qualification des faits poursuivis et la régularité de la procédure ; qu'en privant ainsi une partie de l'exercice effectif des droits qui lui sont garantis par
    le code de procédure pénale devant la juridiction d'instruction, cette disposition apporte une restriction injustifiée aux droits de la défense"<em>.</em></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Le débat de fond tourne donc autour de la notion de procès équitable, ce qui a fait dire au conseil
    constitutionnel que ce principe suppose que soit préservé un équilibre des droits entre les parties, sauf à justifier par des impératifs majeurs et indiscutables le maintien d'un
    déséquilibre.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; La question posée est donc finalement la suivante : Puisque pendant une grande partie de la procédure la
    partie civile est en droit d'intervenir dans le débat sur la culpabilité, quels sont les impératifs qui justifient que, quand une première cour d'assises a statué négativement sur la culpabilité
    de l'accusé, la partie civile se voit interdire de solliciter un second examen de l'affaire à la différence du ministère public (ou de l'accusé en cas de culpabilité reconnue).<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Le débat autour de la place des victimes dans la procédure pénale est toujours très délicat. Il l'est juridiquement, il l'est humainement. Malheureusement, il est de plus en plus souvent
    parasité par des pétitions de principe qui surfent sur l'émotion ou la démagogie. Et les excès d'une période ne peuvent pas justifier d'éventuels excès de la période suivante. C'est toujours le
    point d'équilibre raisonnable qui est à rechercher.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; En tous cas, quelle que soit l'issue de ce débat, réellement complexe, au regard de ce qui précède, les
    réponse habituelles hâtives et sommaires, dans un sens ou dans un autre, peuvent sembler insuffisamment argumentées.</span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    <br>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 19 Jun 2011 10:25:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e81bccf38db74e04c9a9742a517d6a64</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-la-partie-civile-doit-elle-pouvoir-faire-appel-contre-une-decision-d-acquittement-77160238-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué (à propos de la récente loi de simplification du droit)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-pourquoi-faire-simple-quand-on-peut-faire-complique-a-propos-de-la-recente-loi-de-simplification-75408377.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #020202;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Les lois votées par le Parlement ont parfois de jolis titres. Il en va ainsi d'une loi du 17 mai 2011
    intitulée "Loi de simplification et d'amélioration de la qualité du droit" (texte <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024021430&amp;fastPos=1&amp;fastReqId=1814849178&amp;categorieLien=id&amp;oldAction=rechTexte">ici</a>). Sans doute n'est-ce pas
    de la grande littérature, ni même de la poésie, mais quand même, il s'agit de simplifier et d'améliorer. Donc de faire nettement mieux qu'avant.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Oui mais.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Au milieux de cette longue loi qui modifie de très nombreuses dispositions de nos codes, quelques lignes
    concernant la cour d'assises retiennent l'attention. Pour bien comprendre l'enjeu, il faut faire un petit retour en arrière.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Devant la cour d'assises, de nombreux accusés arrivent détenus, parce que pendant la phase d'instruction
    ils ont été placés sous le régime de la détention provisoire. Mais quelques autres se présentent libres, parce qu'une telle détention avant jugement n'a pas été estimée indispensable au regard
    des critères légaux. Ces accusés conservent leur liberté pendant le procès, ce qui fait qu'entre les audiences et pendant les pauses ils peuvent aller où bon leur semble.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; La difficulté concerne leur sort quand ils sont déclarés coupables et condamnés à une peine de prison par
    la première cour d'appel.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; L'article 367 du code de procédure pénale (texte <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=BBADA58B15CD3CFFD66E823F051D6E8C.tpdjo04v_3?idArticle=LEGIARTI000006576329&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    ici</a>) jusqu'à présent en vigueur nous indiquait que "le mandat de dépôt délivré contre l'accusé continue de produire ses effets <em>ou la cour décerne mandat de dépôt contre l'accusé</em>,
    jusqu'à ce que la durée de détention ait atteint celle de la peine prononcée, sans préjudice pour l'accusé de son droit à demander sa mise en liberté".<br>
    <br>
    &nbsp; En clair pour l'accusé déjà détenu le mandat de dépôt continue à être applicable sans que la cour d'assises ne dise quoi que ce soit. Et pour les accusés libres, il était prévu que la cour
    "<em>décerne</em>" un mandat de dépôt, et par ce biais ordonne l'emprisonnement immédiat de l'accusé. D'où ces accusés arrivés libres et menottés puis conduits en prison dès l'annonce de la
    condamnation. Parfois sans rien d'autre que leurs vêtements du jour.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Il n'empêche que les accusés qui contestent leur culpabilité peuvent interjeter appel de la décision de
    la cour d'assises. Et il arrive plusieurs fois par an que la cour d'assises d'appel décide d'acquitter la personne déclarée à l'inverse coupable par la première cour d'assises. Ce qui a pour
    conséquence qu'il arrive régulièrement qu'une personne finalement jugée innocente ait fait de la prison alors que, juridiquement, il n'existe plus rien qui puisse lui être reproché.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; C'est pourquoi certains magistrats, analysant l'article 367 au regard des normes contenues dans la
    convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme (texte <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/cedh/FrenchFran-ais.pdf">ici</a>), ont considéré que cet article était non
    conforme à cette convention et ont refusé de décerner un mandat de dépôt pour tous les accusés libres condamnés, en s'autorisant à décider, au cas par cas, si l'emprisonnement avant la décision
    d'appel était ou non opportun (lire l'argumentaire <a href="http://www.huyette.net/article-25855409.html">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Cela permettait de disposer d'une pluralité de possibilités en fonction de chaque cas particulier et,
    surtout, d'éviter que des personnes laissées libres pendant l'instruction soient emprisonnées après la première décision puis libérées à la suite d'un acquittement en appel. Tout le monde le
    sait, ce qui peut détruire des personnes, ce n'est pas tant la mise en examen, même honteuse, que l'emprisonnement qui trop souvent altère ou anéantit les liens sociaux et
    professionnels.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Tout semblait donc plutôt bien.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; La loi du 17 mai 2011, dans son article 156 (texte <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=368250DE0DBA158DB482E7500A9C9ED9.tpdjo04v_3?idArticle=JORFARTI000024021631&amp;cidTexte=JORFTEXT000024021430&amp;dateTexte=29990101&amp;categorieLien=id">
    ici</a>) modifie la rédaction de l'article 367. La phrase "le mandat de dépôt délivré contre l'accusé continue de produire ses effets ou la cour décerne mandat de dépôt contre l'accusé" est
    supprimée. Elle est remplacée par cette autre : "l'arrêt de la cour d'assises vaut titre de détention".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Le nouvel article 367 est donc rédigé ainsi :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; "Si l'accusé est exempté de peine ou acquitté, s'il est condamné à une peine autre qu'une peine ferme
    privative de liberté, ou s'il est condamné à une peine ferme privative de liberté couverte par la détention provisoire, il est mis immédiatement en liberté s'il n'est retenu pour autre cause.
    <em>Dans les autres cas</em>, tant que l'arrêt n'est pas définitif <em>et, le cas échéant, pendant l'instance d'appel, l'arrêt de la cour d'assises vaut titre de détention</em>, jusqu'à ce que la
    durée de détention ait atteint celle de la peine prononcée, sans préjudice pour l'accusé de son droit à demander sa mise en liberté conformément aux dispositions des articles 148-1 et
    148-2.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Cela pourrait avoir l'effet suivant : Puisque le mandat de dépôt n'existe plus, la cour ne peut plus
    décider de ne pas le délivrer. Et puisque c'est à l'avenir la décision de condamnation qui, en elle-même, devient un document juridique qui "vaut titre de détention", les accusés arrivés libres
    pourraient sans doute être tous emprisonnés. Et dans ce cas tant pis pour ceux qui seront acquittés en appel.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais c'est alors que cela se complique un peu.<br>
    <br>
    &nbsp; En effet, si le texte en lui-même est à l'affirmatif ("vaut"), d'où l'impression que la cour n'a aucun choix, aucune marge d'appréciation, il a été indiqué lors des débats parlementaires
    que : "Il est proposé de modifier le deuxième alinéa de l’article&nbsp;367 afin qu’il soit précisé que, dans le cas où la cour d’assises prononce une peine d’emprisonnement supérieure à la durée
    de la détention provisoire déjà subie, cette condamnation vaut, <em>sauf décision contraire</em>, titre de détention de l’accusé. Celui-ci sera ainsi détenu en application de la décision de la
    juridiction criminelle, qui, par la condamnation qu’elle vient de prononcer, même si elle n’est pas définitive, vient de transformer totalement la situation juridique de l’intéressé. Il s’agit
    par cette disposition d’introduire une plus grande cohérence dans la procédure. " (texte <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r2095-tI.asp">ici</a> ; le Sénat a émis le même
    avis, texte <a href="http://www.senat.fr/rap/l10-020-1/l10-020-1.html">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Ainsi donc, les parlementaires semblent avoir envisagé de donner la faculté aux magistrats de décider que
    leur décision ne vaut pas titre de détention, donc de laisser l'accusé condamné en liberté. Et ils rappellent qu'en modifiant ainsi la loi ils reprennent à leur compte une suggestion que la cour
    de cassation avait mentionné dans son rapport de 2008 (<a href="http://www.courdecassation.fr/publications_cour_26/rapport_annuel_36/">documents ici</a>). En effet, il y était déjà écrit de la
    même façon que "Il est proposé une modification de l’article 367, alinéa 2 du Code de procédure pénale afin qu’il soit précisé que, dans le cas où la cour d’assises prononce une peine
    d’emprisonnement supérieure à la durée de la détention provisoire subie, cette condamnation vaut, <em>sauf décision contraire</em>, titre de détention de l’accusé (..)</span>"<br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;">&nbsp; Que retenir de tout ceci au final ? Qu'avant la récente loi les juristes se disputaient à propos du droit
    des magistrats de ne pas décerner mandat de dépôt. Qu'avec la nouvelle loi, dans laquelle l'expression "<em>sauf décision contraire</em>" n'a pas été reprise, la discussion va probablement
    réapparaître, avec à la clé des pratiques éventuellement variables. Et qu'il aurait été bien plus simple de reprendre dans son intégralité, sans rien y enlever, la suggestion de la cour de
    cassation et d'inscrire cette expression clairement dans le texte.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #020202;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">&nbsp; Et l'on continuera à se demander pourquoi, quand le but est une "amélioration" de la loi,
    les parlementaires ne prennent pas le soin d'éviter toute difficulté ultérieure en la rédigeant de la façon la plus claire possible.<br>
    <br>
    &nbsp; Sauf à supposer que les parlementaires, sous couvert d'une prise en compte de la suggestion de la cour de cassation, aient délibérément expurgé cette proposition de l'expression "<em>sauf
    décision contraire</em>" afin que tous les accusés condamnés aillent en prison dès la première condamnation même s'ils font appel.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais non, un tel état d'esprit ne peut pas exister au Parlement. C'est donc très certainement une simple maladresse de rédaction dans une loi.... d'amélioration du
    droit.</span><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #020202;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 01 Jun 2011 16:49:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">831c5de4beb1c2460a9456da8bbba2c7</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-pourquoi-faire-simple-quand-on-peut-faire-complique-a-propos-de-la-recente-loi-de-simplification-75408377-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La future cour d'assises et les citoyens assesseurs]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-le-future-cour-d-assises-et-les-citoyens-assesseurs-74234748.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #0a0a0a;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Nous en avons parlé récemment (lire <a href=
    "http://www.huyette.net/article-vers-un-modele-reduit-de-cour-d-assises-72840735.html">ici</a>), le gouvernement a élaboré un projet de loi afin, notamment, de créer des citoyens assesseurs
    appelés à siéger aux audiences des tribunaux correctionnels, pour le jugement des délits, et en même temps de modifier certaines règles de la cour d'assises.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Ce projet vient d'être examiné par le Sénat qui en a modifié plusieurs dispositions (texte <a href=
    "http://www.senat.fr/petite-loi-ameli/2010-2011/490.html">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; On relèvera d'abord qu'il n'est fort heureusement plus question d'une cour d'assises modèle réduit,
    composée comme le tribunal correctionnel avec des citoyens assesseurs. Le rapporteur du Sénat considère, comme nous l'avions souligné ici déjà, qu'il y aurait trop de ressemblance entre les trois
    juges et les deux jurés jugeant les crimes et les trois juges et les deux citoyens assesseurs jugeant les délits (texte du rapport <a href=
    "http://www.senat.fr/rap/l10-489/l10-4893.html#toc57">ici</a>). C'est heureux.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Mais parce qu'il maintient le principe des citoyens assesseurs voulu par le chef de l'Etat, et parce
    qu'il va falloir faire appel à de très nombreux citoyens en correctionnelle, le Sénat a choisi de réduire le nombre des jurés siégeant dans les cours d'assises.&nbsp; Aujourd'hui, sont tirés au
    sort 9 jurés en première instance, et 12 jurés en appel (plus un ou plusieurs jurés suppléentaires pouvant remplacer un juré défaillant).&nbsp; Le texte du Sénat prévoit à l'avenir 6 jurés en
    première instance et 9 en appel, soit 3 de moins à chaque fois.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Cela ayant inéluctablement des conséquences sur les modalités du vote (sur le système actuel lire
    <a href="http://www.huyette.net/article-comment-se-prennent-les-decisions-a-la-cour-d-assises-68658945.html">ici</a>), il est prévu que les décisions sur la culpabilité se prennent à l'avenir à
    la majorité qualifiée de 6 voix en première instance (8 actuellement) et 9 voix en appel (10 actuellement). Cela signifie que le principe d'une majorité des 2/3 des votants est maintenue, mais
    non un vote dans le même sens d'une majorité de jurés.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Et par ricochet, le nombre de jurés pouvant être récusés (lire <a href=
    "http://www.huyette.net/article-s-jures-71931305.html">ici</a>) est logiquement réduit (1 juré en moins pour l'accusé et le Ministère public en première instance et en appel).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; On remarquera en passant qu'il n'est affirmé nulle part qu'il existe, au regard du fonctionnement des
    cours d'assises, une ou des raisons objectives de réduire le nombre des jurés. L'explication se trouve donc bien dans la volonté de transférer un certain nombre de citoyens de la cour d'assises
    vers les tribunaux correctionnels, chacun d'entre eux devenant un "tribunal correctionnel citoyen".</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Notons pour en finir avec la cour d'assises que le texte du Sénat maintient au début de chaque affaire,
    après le tirage au sort du jury, le principe d'une présentation par le président de la cour d'assises des éléments à charge et à décharge du dossier, ce qui semble contradictoire avec son devoir
    d'impartialité et sera un exercice très/trop délicat.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #0a0a0a;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">&nbsp; Par ailleurs, le texte confirme le devoir de motivation succincte des décisions
    criminelles, ce qui semble conforme avec la jurisprudence de la cour européenne des droits de l'homme (lire not. <a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-le-projet-gouvernemental-71774319.html">ici</a> et <a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-suite-65901411.html">ici</a>)</span> <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">et doit
    être approuvé.</span></span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; S'agissant des citoyens jurés, le texte du Sénat abandonne le principe d'une enquête sur leur moralité et
    leur impartialité, qui comme nous l'avions souligné n'avait pas de raison d'être (lire <a href="http://www.huyette.net/article-qui-seront-les-citoyens-assesseurs-demain-73269876.html">ici</a>).
    Le texte renvoie plus logiquement aux conditions générales énoncées par le code de procédure pénale pour être juré, et cela est nettement plus judicieux.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Notons que le Sénat n'a pas retenu la proposition du rapporteur de réduire l'âge minimal pour être
    citoyen assesseur de 23 à 18 ans. Cela est une bonne chose car l'appréhension de certains dossiers suppose une mâturité et une expérience de la vie minimales que les tout juste jeunes majeurs
    n'ont pas encore.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #0a0a0a;">&nbsp; Le texte va prochainement être soumis à l'Assemblée nationale. Nous reviendrons donc sur ces sujets qui
    sont susceptibles de concerner un très grand nombre de français, même si le système des citoyens assesseurs va probablement être expérimenté localement avant d'être étendu à tout le territoire
    national.</span><br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 20 May 2011 07:24:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">df2396aae7c0fdb13545ecd4aaa74fce</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-le-future-cour-d-assises-et-les-citoyens-assesseurs-74234748-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Vers un modèle réduit de cour d'assises ?]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-vers-un-modele-reduit-de-cour-d-assises-72840735.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 10pt; color: #303030;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Le gouvernement a initié une énième réforme de la procédure pénale (texte initial <a href=
    "http://www.senat.fr/leg/pjl10-438.html">ici</a>), qui comprend, notamment, plusieurs modifications des règles applicables à la cour d'assises (<a href=
    "http://www.huyette.net/article-les-reformes-a-venir-de-la-cour-d-assises-l-abandon-de-la-lecture-de-la-decision-de-mise-en-accusation-72567026.html">cf. ici</a>,&nbsp;<a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-le-projet-gouvernemental-71774319.html">et ici</a>). (1)</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Plus précisément, le texte prévoit que les crimes punis de 15 ou 20 ans de réclusion criminelle et qui
    ne sont pas commis en récidive (c'est à dire par une personne ayant déjà été condamnée) pourront être jugés par une cour d'assises réduite, composée de 3 magistrats professionnels, comme
    aujourd'hui, et, c'est l'innovation, de <em>2 citoyens assesseurs</em> qui ne sont plus qualifiés "jurés". Le texte précise que le renvoi devant la cour d'assises ordinaire (3 juges et 9 jurés)
    restera possible si l'accusé le demande à la fin de l'instruction, ou sera de droit si le procureur de la République a requis le renvoi pour un crime puni de plus de 20 ans de prison ou commis en
    récidive (le juge d'instruction ayant fait une analyse juridique différente du dossier).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Les crimes sont les infractions considérées comme les plus graves (par distinction avec les délits et
    les contraventions), et les peines encourues sont de 15 années de prison et plus (2).<br>
    <br>
    &nbsp;Pour ce qui concerne les crimes les plus souvent jugés par les cours d'assises, les peines encourures sont :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; - la réclusion criminelle à perpétuité pour les meurtres aggravés (meurtre commis avec autre crime,
    assassinat c'est à dire meurtre avec préméditation, meurtre sur mineur de 15 ans, sur ascendant, sur conjoint etc..), le vol avec violences ayant entraîné la mort,&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; - 30 ans de prison pour le meurtre, le viol ayant entraîné la mort de la victime</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; - 20 ans de prison pour le vol avec arme, les violences ayant entraîné la mort sans intention de la
    donner sur un mineur de 15 ans, une personne vulnérable, un ascendant, un conjoint etc.., le viol avec circonstance aggravante (sur mineur de 15 ans, sur personne vulnérable, par ascendant, par
    plusieurs personnes, avec arme, par conjoint etc)</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; - 15 ans de prison pour les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, les
    violences ayant entraîné une mutilation ou infirmité sur un mineur de 15 ans, une persone vulnérable, un conjoint etc.., le viol sans circonstance aggravante.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; La nouvelle règle semble donc susceptible de faire basculer vers la cour d'assises simplifiée
    quasiment tous les viols, les vols avec arme, et les violences aggravées. Or on sait que les viols, à eux seuls, sont à l'origine de près de la moitié de l'activité des cours d'assises. Plus
    précisément, en 2009 les condamnations pour viol représentaient 50,8 % des condamnations pour crime et les vols aggravés 18,3 % (<a href=
    "http://www.justice.gouv.fr/budget-et-statistiques-10054/etudes-statistiques-10058/les-condamnations-en-2009-21869.html">cf. ici</a>). Ce sont donc près de 70 % des affaires jugées par les cours
    d'assises qui pourraient entrer dans le champ de compétence de la cour d'assises réduite.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Ceci appelle plusieurs commentaires.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Le projet de loi prévoit par ailleurs la participation de citoyens assesseurs au jugement de certains
    délits (cela sera abordé ultérieurement, et cf. <a href="http://www.huyette.net/article-5514529.html">ici</a>). Il y est indiqué que le tribunal correctionnel sera alors composé de 3 magistrats
    professionnels et de 2 citoyens assesseurs. C'est donc la même composition que celle de la cour d'assises réduite.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Ce qui surprend, c'est qu'il est indiqué dans l'exposé des motifs du projet de loi que la création
    d'une cour d'assises réduite a pour raison d'être "d</span><span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;"><span>'éviter la pratique de la
    correctionnalisation, qui conduisait à renvoyer des procédures avec des qualifications minorées pour de simples contraintes de saturation des rôles des cours d'assises".<br>
    <br></span> &nbsp; Mais alors, puisque le but est de s'assurer que les crimes sont bien jugés par une cour d'assises et ne sont pas artificiellement transformés en délit, comment comprendre que
    demain on les fasse juger par une formation identique à la formation correctionnelle ? Car, concrètement, en termes de visibilité, quelle différence y aura-t-il entre les 3 juges et les 2
    citoyens assesseurs jugeant les délits et les 3 juges et les 2 citoyens assesseurs jugeant certains crimes ?<br></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Par ailleurs, la question se pose de la perception des crimes orientés vers la cour d'assises
    simplifiée. Faire juger les viols par 5 personnes et non plus par 12, et par une juridiction identique à la juridiction correctionnelle, n'est-ce pas une façon de considérer que finalement les
    viols ne sont pas des infractions très graves puis qu'ils seront jugés demain comme certains vols ou certaines agressions ?</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Alors qu'à la cour d'assises ordinaire il existe un mécanisme de récusation des jurés (lire ici), ce
    mécanisme n'est pas conservé pour la cour d'assises réduite. Cela pourrait justifier un examen de cette question par le conseil constitutionnel autour de la notion d'égalité entre les
    justiciables.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; La cour d'assises, c'est jusqu'à présent une juridiction dans laquelle les magistrats professionnels
    sont très minortaires (3 sur 12 en première instance et 3 sur 15 en appel). Et c'est très bien ainsi, car si l'on veut que les décisions soient réellement l'émanation d'une volonté "populaire",
    il faut inéluctablement que les représentants du peuple soient majoritaires. Au demeurant, le système est parfaitement rôdé et donne globalement satisfaction (lire <a href=
    "http://www.huyette.net/article-a-propos-des-jures-de-la-cour-d-assises-51975424.html">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Le projet du gouvernement prévoit une cour d'assises en modèle réduit dans laquelle les citoyens
    assesseurs sont cette fois-ci minoritaires (2 sur 5). C'est donc une profonde remise en question des caractéristiques fondamentales de la cour d'assises. A tel point que l'on peut se demander si
    l'appellation "cour d'assises" est encore appropriée, d'autant plus que le terme de "jury" disparaît et qu'il n'existe plus que des assesseurs, ce qui est, au niveau même du vocabulaire, une
    rétrogradation de la place de ceux-ci.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Une autre interrogation découle de la lecture de l'étude d'impact qui accompagne le projet de loi
    (<a href="http://www.legifrance.gouv.fr/html/etudes_impact/lois_en_preparation/ei_citoyens_justice%20_penale_mineurs_cm.13.04.2011.pdf">texte ici</a>). On y lit page 52 : "Le temps d’audience des
    affaires passant devant la cour d’assises simplifiée devrait être réduit&nbsp;(une journée contre deux jours en moyenne pour un procès d’assises avec un jury complet)".&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Cela laisse perplexe, c'est peu dire. En effet, de quoi dépend la durée d'une audience en cours
    d'assises ? Essentiellement du nombre de témoins et d'experts cités par le ministère public et la défense, bref du nombre de personnes à entendre. Autrement dit, la durée des audiences ne dépend
    en rien de la composition de la juridiction. Considérer que, quand pour une affaire audiencée devant la cour d'assises actuelle il faut aujourd'hui deux journées pleines pour l'appréhender et la
    juger, il suffira demain d'une seule journée avec le même dossier et les mêmes auditions, est pour le moins incompréhensible. Et réduire ainsi les délais est tout simplement
    impossible.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Les rédacteurs ont-ils prévu, en même temps qu'une cour d'assises réduite dans sa composition, une
    qualité des débats réduite d'autant ? Le but non mentionné dans l'exposé des motifs du projet de loi est-il de faire juger plus vite les affaires, au risque de diminuer considérablement la
    qualité des débats ?&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Cela serait d'autant plus aberrant que les affaires de viol, notamment, sont souvent des affaires
    compliquées et qui nécessitent d'entendre de nombreuses personnes, en clair de prendre du temps pour étudier sereinement et complètement chaque aspect de l'affaire. Et dès qu'au moins un non
    professionnel (juré ou citoyen assesseur ce qui de fait est exactement la même chose) intervient, il faut prévoir un temps supplémentaire pour lui/leur permettre de comprendre le déroulement d'un
    affaire et d'aborder progressivement toutes ses composantes.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; L'affirmation contenue dans l'étude d'impact est donc particulièrement préoccupante en ce qu'il y est
    écrit, et ce qu'elle pourrait suggérer, quant à l'état d'esprit des rédacteurs du projet de loi.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Un autre aspect de la problématique est celui des moyens. En effet, il va falloir indemniser les très
    nombreux citoyens assesseurs qu'il est prévu de faire siéger en correctionnelle.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Il est possible de se demander d'abord si, alors que la justice manque déjà cruellement de moyens
    faute des financements adéquats (cf. ce qui a été dit après l'affaire "de Pornic, lire <a href=
    "http://www.huyette.net/article-a-propos-de-la-recente-grogne-des-magistrats-68337018.html">ici</a>), il est judicieux d'engager de nouvelles dépenses plutôt que de prévoir la mise à niveau des
    moyens actuels toujours insuffisants.&nbsp;</span> <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp;De réelles améliorations de l'existant sont
    autrement plus urgentes, comme le renforcement des services de l'application des peines.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Par ailleurs, puisque les budgets des services publics sont de plus en plus limités, on se demande si
    la création d'un modèle réduit de cour d'assises avec seulement deux citoyens assesseurs et non plus 9 jurés n'est pas un moyen, indirect, de réduire le budget des cours d'assises et de permettre
    en tout ou partie le financement des citoyens assesseurs.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Autrement dit, vouloir faire juger certains crimes par une juridiction proche de la correctionnelle
    n'aurait pas une raison d'être théorique noble et convaincante, mais serait un choix contraint, en clair serait une altération du système existant pour une simple raison d'argent, de fait un
    moyen envisagé uniquement pour pouvoir procéder à un transfert de charges.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Le fait que personne jusqu'à présent, ni les praticiens de la cour d'assises toutes catégories
    confondues, ni les professionnels du droit, ni les associations de toutes sortes et notamment les associations de victimes, ni les parlementaires n'aient envisagé de créer un modèle réduit de
    cour d'assises va dans ce sens.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; On relèvera aussi que le fait de rendre les citoyens assesseurs minoritaires dans une fausse cour
    d'assises va à l'encontre de l'objectif mis en avant pour expliquer l'introduction des citoyens assesseurs dans les tribunaux correctionnels, à savoir contrebalancer une supposée trop grande
    mansuétude des magistrats professionnels (qui n'est aucunement une réalité comme le montrent toutes les statistiques pénales).</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Une dernière remarque s'impose.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Comme cela est écrit en tout début du projet de loi, celui a été déposé au Parlement en vue d'être
    traité selon la procédure "accélérée". Il est pourtant évident qu'il n'existe aucune raison imposant de modifier le plus vite possible notre procédure pénale.<br></span><br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Cela veut-il dire qu'une fois encore, comme on l'a déjà vu trop souvent et comme certains
    parlementaires eux-mêmes l'ont dénoncé, le projet qui est susceptible d'entraîner des modifications considérables de notre architecture pénale et dont l'opportunité peut être discutée va devoir
    être examiné à la va-vite sans que soit garanti le temps d'un débat approfondi, serein, intelligent, quel qu'en soit la conclusion ? La justice des français mérite sans doute mieux que
    cela.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #303030;">&nbsp; Il faudra donc suivre attentivement le devenir de ce projet de loi et les arguments développés à
    propos de chacune des modifications précitées.<br>
    <br>
    ---</span><br>
    <span style="color: #303030;"><span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">1. Pour une étude complète du projet de réforme, vous pouvez prendre connaissance de
    l'argumentaire de l'Union syndicale des Magistrats (USM) : <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/93/89/USM/USM-asses11.pdf">texte ici<br></a></span>2.&nbsp;</span> <span style=
    "font-family: 'times new roman', times; font-size: 16px; color: #303030;">&nbsp;Etant précisé que les peines qualifiées de criminelles commencent à 10 années de prison (textes&nbsp;<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006181727&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070719&amp;dateTexte=20080529">ici</a>).</span><br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;<br>
    <br>
    &nbsp; &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p></p>

  
  
  ]]></description>
        <pubDate>Sat, 30 Apr 2011 16:20:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ad69cf9141f13daadb0fadd5d9ec12cd</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-vers-un-modele-reduit-de-cour-d-assises-72840735-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les réformes à venir de la cour d'assises : l'abandon de la lecture de la décision de mise en accusation]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-les-reformes-a-venir-de-la-cour-d-assises-l-abandon-de-la-lecture-de-la-decision-de-mise-en-accusation-72567026.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #414141;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; En avril 2011 le gouvernement a déposé au Parlement un projet de loi emportant de nombreuses et
    importantes modifications de la cour d'assises (<a href="http://www.senat.fr/leg/pjl10-438.html">texte ici</a>). Nous y reviendrons sans doute à plusieurs reprises, notamment quand le dispositif
    sera étudié et - sans doute - plus ou moins modifié par le Sénat et l'Assemblée nationale.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Aujourd'hui nous nous arrêterons sur l'un des aspects de la réforme, qui modifie considérablement l'une
    des toutes premières étapes d'un procès criminel.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Actuellement, une fois le jury constitué (1), "le président invite l'accusé et les jurés à écouter avec
    attention la lecture de la décision de renvoi, ainsi que, lorsque la cour d'assises statue en appel, des questions posées à la cour d'assises ayant statué en premier ressort, des réponses faites
    aux questions, de la décision et de la condamnation prononcée" (article 327 du code de procédure pénale, <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=FBE80474BBD7DDD7878186538EAACC6F.tpdjo02v_1?idArticle=LEGIARTI000006576216&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    texte ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; La "décision de renvoi" est la décision prise et rédigée par le juge d'instruction (ou la chambre de
    l'instruction en cas d'appel) une fois les investigations terminées (art. 181 du cpp, <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=FBE80474BBD7DDD7878186538EAACC6F.tpdjo02v_1?idArticle=LEGIARTI000006575817&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    texte ici</a>). Cette décision résume les phases essentielles de l'enquête, les principaux éléments recueillis, et au final indique quel crime est susceptible d'avoir été commis et par qui.&nbsp;
    La lecture de ce texte est la première découverte de l'affaire par les jurés (2).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Après la prestation de serment par les jurés, le président donne la parole à la greffière qui lit la
    totalité de cette décision, ce qui est parfois long. Mais personne n'intervient une fois cette lecture terminée pour émettre un avis sur le bien fondé de ce qui y est écrit. Les charges sont
    discutés pendant les débats qui suivent et une fois ceux-ci terminés chaque participant résume son point de vue au moment des réquisitions et des plaidoiries, avant que la cour se retire pour
    délibérer.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Le projet de loi supprime cette lecture et remplace l'article 327 actuel par les dispositions suivantes
    (en italique la partie importante) :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; "<em>Le président de la cour d'assises expose</em>, de façon <em>concise</em>, <em>les faits reprochés à
    l'accusé et les éléments à charge et à décharge figurant dans le dossier</em>, <em>tels qu'ils résultent de la décision de renvoi</em>. Lorsque la cour d'assises statue en appel, il donne, en
    outre, connaissance du sens de la décision rendue en premier ressort et, le cas échéant, de la condamnation prononcée. Dans son rapport oral, <em>le président ne doit pas manifester son
    opinion</em> sur la culpabilité de l'accusé. À l'issue de son rapport, le président donne lecture de la qualification légale des faits objets de l'accusation."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; L'expérience pratique montre qu'il est souhaitable, avant que les parties s'expriment pour la première
    fois et que soit appelé le premier témoin, que les membres de la cour d'assises (seul le président a lu le dossier écrit) reçoivent un minimum d'informations sur ce qui est reproché à l'accusé,
    afin de comprendre au moins un peu pourquoi ceux qui s'expriment abordent tel ou tel sujet. Il semble donc indispensable qu'avant le réel début des débats des informations soient données sur la
    genèse de l'affaire.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Il n'est pas moins vrai que dans un certain nombre de dossiers la lecture de la décision de mise en
    accusation, très longue, n'a pas l'utilité escomptée. La longueur de l'exposé, la masse d'informations lues, le mélange entre les détails et les éléments essentiels, font que les jurés, s'ils ont
    compris dans les grandes lignes de quoi il s'agit, ne mémorisent pas tout ce qui leur est lu, se lassent, et, d'une certaine façon ne retiennent que peu de choses de la longue lecture qui leur a
    été imposée. Quand ils ne sont pas noyés par un trop plein d'informations reçues.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; En plus, la décision de mise en accusation n'est que l'une des lectures possibles du dossier, et elle ne
    doit pas être le point de départ du raisonnement ni la référence essentielle pendant le délibéré.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; C'est pourquoi il n'est pas interdit de s'interroger sur d'autres mécanismes possibles.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Toutefois, il ne faut pas oublier un aspect essentiel du débat. La cour, et notamment son président, ne
    doit rien faire qui puisse laisser penser, surtout en tout début des débats, que certains éléments sont considérés comme plus importants que les autres, car cela est susceptible de faire
    apparaître une forme de partialité.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Or, quand une décision de mise en accusation comporte de nombreuses pages et énumère de très nombreux
    aspects d'une affaire complexe, il est extrêmement difficile d'en faire un résumé, de façon "concise", en veillant à ce que soit préservé un parfait équilibre lors du compte rendu oral entre les
    éléments à charge et les éléments à décharge. Le risque est dès lors réel que l'une ou l'autre des parties, au visa du texte proposé, conteste le résumé venant d'être fait par le président en
    soutenant que celui-ci n'a pas fait valoir tel ou tel élément qui, à elle, lui semble à tort ou à raison important.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; C'est pourquoi, si la lecture de la décision de mise en accusation est abandonnée, la réforme envisagée
    par le ministère de la justice n'apparaît pas du tout judicieuse.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Si la lecture de la décision de renvoi est définitivement écartée, il pourrait être plus adéquat de
    prévoir que le président, cette fois-ci sans risquer de perdre sa neutralité, se contente d'indiquer quels sont les faits objectivement à l'origine de l'affaire (une plainte pour viol, un
    braquage de magasin, une mort non accidentelle etc..), les principales étapes de la procédure (enquête de police, mise en examen), qu'elle a été la position de l'accusé (faits reconnus ou
    contestés), ainsi que l'infraction pour laquelle il est renvoyé devant la cour d'assises (incrimination principale et éventuelles circonstances aggravantes).</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Il n'empêche que si la lecture de la décision de renvoi peut sembler être un document exagérément long au
    regard des besoins de la cour d'assises en début de procès, le reproche inverse pourrait être fait à une présentation "concise" telle qu'elle vient d'être évoquée, aussi objective soit-elle. Par
    exemple, il n'est pas forcément inutile que les membres de la cour d'assises aient entendu le nom des principaux protagonistes de l'affaire et non seulement ceux de l'accusé et de la partie
    civile. Ou que quelques indications leurs soient données sur la situation personnelle de l'accusé au moment des faits.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; On pourrait espérer trouver un certain équilibre entre les deux extrêmes à travers le maintien de la
    lecture de la décision de mise en accusation, mais avec une rédaction de celle-ci plus synthétique, ne retenant que l'essentiel. Il est vrai que dans certaines décisions de renvoi sont mentionnés
    des détails qui ne semblent pas forcément indispensables. Mais à l'inverse, on ne peut oublier que cette décision de renvoi doit permettre à l'accusé de connaître suffisamment en détails les
    charges qui sont retenues contre lui, sous le contrôle des juridictions supérieures. D'où l'impossibilité de trop la simplifier.....</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">&nbsp; Quoi qu'il en soit le projet déposé par le gouvernement n'apporte probablement pas la bonne réponse.<br>
    <br>
    &nbsp; Et ce que l'on peut sans doute retenir au final, c'est qu'en cas de doute il ne faut pas hésiter à choisir le plus (la lecture de la décision dans son intégralité) plutôt que le moins (un
    résumé trop sommaire).<br>
    <br>
    &nbsp; Autrement dit, comme cela est trop souvent oublié, qu'une réforme doit toujours remplacer ce qui existe par quelques chose d'indiscutablement meilleur. Sinon elle est au mieux inutile, au
    pire nuisible.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">---</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">1. Sur la récusation des jurés <a href="http://www.huyette.net/article-s-jures-71931305.html">lire
    ici</a>.</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #414141;">2 Vous trouverez dans le même rubrique le récit de quelques jurés.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 26 Apr 2011 14:04:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">0abd015a1bdcc0cae56561dfd95f65d4</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-les-reformes-a-venir-de-la-cour-d-assises-l-abandon-de-la-lecture-de-la-decision-de-mise-en-accusation-72567026-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La récusation des jurés à la cour d'assises : comment et pourquoi]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-s-jures-71931305.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 10pt; color: #262626;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp;&nbsp;Il existe un principe fondamental dans la justice française : on ne choisit pas son juge. Quand un
    justiciable saisit une juridiction, de quelque nature qu'elle soit, celui ou ceux qui vont traiter son dossier sont affectés en fonction de l'organisation de la juridiction, et dans ce processus
    le justiciable n'a pas son mot à dire.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Mais il existe toutefois, tant en matière civile que pénale, un mécanisme qui permet non pas de choisir
    son juge mais de s'assurer que le juge ne va pas aborder l'affaire avec un trop grand risque de partialité : la récusation. Cette règle est énoncée pour les litiges civils à l'article 341 du code
    de procédure civile (<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idArticle=LEGIARTI000006410513&amp;idSectionTA=LEGISCTA000006135981&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070716&amp;dateTexte=20080529">texte ici</a>) et en
    matière pénale à l'article 668 du code de procédure pénale (<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=2D4AA1A0269F67C3561E61901A4A92FB.tpdjo17v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006138109&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">texte
    ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Le principe énoncé est chaque fois le même : peut être récusé tout juge qui a un lien particulier ou est
    en conflit avec l'une des parties à la procédure. C'est l'un des aspects de l'exigence d'impartialité du juge.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Les textes précisent la procédure applicable. Pour ce qui est du pénal qui nous intéresse spécialement
    aujourd'hui, la partie qui veut récuser un juge doit présenter une requête au premier président de la cour d'appel, puis celui-ci, après avoir recueilli divers avis, entre autres celui du
    magistrat dont la récusation est sollicitée, décide d'accepter ou de rejeter la demande en récusation.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Il s'agit donc d'une procédure transparente au cours de laquelle les demandes et avis, de même que la
    décision finale, doivent être explicités et motivés par écrit.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp;&nbsp;A la cour d'assises, si la récusation du président ou de l'un des magistrats assesseurs doit
    respecter le cadre juridique précité, il est également envisagé la récusation des jurés mais celle-ci n'obéit pas aux même règles.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp;&nbsp;Les jurés sont des personnes dont le nom a été tiré au sort trois fois de suite : d'abord sur les
    listes électorales, ensuite pour composer la liste annuelle des jurés, enfin pour former les jurés tirés au sort à chaque session (<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006182900&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20110417">textes ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp;&nbsp;En tout début de chaque affaire, le président de la cour d'assises tire au sort les jurés qui vont
    siéger à côté des magistrats professionnels : 9 en première instance et 12 en appel, plus, à chaque fois, 1 ou plusieurs juré(s) supplémentaire(s) pouvant remplacer un juré titulaire en cas de
    défaillance. C'est alors que la récusation peut intervenir.</span><br>
    <br>
    <span style="color: #262626;"><span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;La récusation est prévue par l'article 297 du code de procédure pénale (<a href=
    "http:///www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=0755125999497FCE67B8DCFA6744091F.tpdjo17v_3?idArticle=LEGIARTI000006576151&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">texte
    ici</a>) en ces termes :<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;"L'accusé ou son avocat d'abord, le ministère public ensuite, récusent tels jurés qu'ils jugent à propos, à mesure que leurs noms sortent de l'urne, sauf la limitation exprimée à
    l'article 298. L'accusé, son avocat, ni le ministère public ne peuvent exposer leur motifs de récusation."<br>
    <br></span> <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 16px;">&nbsp;&nbsp;Et l'article 298 (<a href=
    "http:///www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=0755125999497FCE67B8DCFA6744091F.tpdjo17v_3?idArticle=LEGIARTI000006576153&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529&amp;categorieLien=id">texte
    ici</a>) précise que : "Lorsque la cour d'assises statue en premier ressort, l'accusé ne peut récuser plus de cinq jurés et le ministère public plus de quatre. Lorsqu'elle statue en appel,
    l'accusé ne peut récuser plus de six jurés, le ministère public plus de cinq.".<br>
    <br>
    &nbsp; On notera qu'à la cour d'assises le droit de récusation des jurés n'est pas offert à la partie civile. Le "comité Leger" chargé en 2010 de réflechir à la procédure pénale de demain a
    proposé que le droit de récusation soit offert à celle-ci. (cf. <a href="http://www.huyette.net/article-35894741.html">ici</a> ) Même si la question est complexe, il n'est pas aberrant de se
    demander pourquoi, si la partie civile considère qu'il existe un risque de partialité d'un juré, à son désavantage, elle n'est pas en droit de le faire valoir. Cela d'autant plus que la partie
    civile est autorisée, comme l'accusé, à récuser l'un des magistrats composant la cour d'assises (art 669 du cpp, <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=078CD271C62032A9794D9B96F76480FC.tpdjo17v_3?idArticle=LEGIARTI000006577222&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20080529">
    texte ici</a>).<br>
    <br>
    <br></span> <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 16px;">&nbsp;&nbsp;Comme l'indique clairement le premier texte, non seulement celui qui récuse n'est pas tenu d'indiquer
    pourquoi il utilise cette possibilité avec tel juré, mais cela lui est même strictement interdit. Dès lors, personne ne sait pourquoi le droit de récusation à été utilisé pour tel juré plutôt que
    pour tel autre.<br>
    <br></span> <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 16px;">&nbsp;&nbsp;Parfois quelques suppositions sont possibles, notamment à partir de l'âge ou de la profession des
    jurés, indications portées à la connaissance des avocats. Par exemple, si l'accusé est poursuivi pour un vol avec armes dans un commerce, un indice du motif apparaîtra si l'on constate que le
    juré récusé est également commerçant.<br>
    <br></span> <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 16px;">&nbsp;&nbsp;Dans d'autres hypothèse l'explication est plus hasardeuse. Par exemple, on supposera, s'il est
    reproché à un accusé le viol d'une fillette pré-adolescente, que l'avocat qui récuse une femme a supposé, en fonction de l'âge de celle-ci, qu'elle pourrait bien avoir une enfant de la même
    tranche d'âge. Ce que toutefois il ne sait pas et n'est pas en mesure de vérifier.<br>
    <br></span> <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 16px;">&nbsp;&nbsp;Mais dans certains cas il est difficile d'émettre ne serait-ce qu'une hypothèse, quand le lien semble
    difficile à faire entre la nature de l'affaire et les indications concernant le juré récusé.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;On en sait toutefois un peu plus, et cela grâce aux avocats. En effet, en début de chaque session, il est habituel que le président de la cour d'assises consacre quelques heures à
    expliquer aux jurés le déroulement d'un procès et aborde avec eux les questions qui en découlent. Et souvent, un membre du ministère public et un avocat sont sollicités pour venir apporter leur
    propre éclairage.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Presque systématiquement, la question est posée au représentant du barreau : pour quelles raisons récusez vous les jurés ? Et les réponses sont quasiment toujours les mêmes.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Les avocats font état des circonstances mentionnées plus haut. Mais ce qui surprend, en tous cas au début, c'est qu'avec une grande franchise ils expliquent aussi que certaines
    récusions n'ont pas vraiment d'explication, qu'ils agissent selon leur ressenti, leur humeur, un peu au hasard. Certains disent même que récuser, même sans réelle raison, c'est une façon de
    montrer à leur client que dès le tout début du procès ils participent pleinement et s'engagent dans sa défense.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;<br>
    &nbsp;&nbsp;Au-delà, il semble possible de s'interroger sur la raison d'être de la récusation.<br>
    <br>
    &nbsp; Il est parfois avancé que la récusation est un moyen d'écarter les jurés présentant un risque de partialité. Mais l'argument atteint vite ses limites.<br>
    <br>
    &nbsp; D'abord parce qu'il n'existe pas de lien évident et certain entre le profil des jurés et leur approche de l'affaire. De fait, à la cour d'assises,</span> <span style=
    "font-family: 'times new roman',times; font-size: 16px;">on ne constate aucun lien visible et systématique entre l'âge et la profession d'un juré d'une part, et son opinion à l'issue d'un procès
    d'autre part. Non, les femmes ne sont pas plus sévères avec les violeurs, non les commerçants ne sont pas plus sévères avec les braqueurs, non les plus jeunes (un juré doit avoir au moins 23 ans)
    ne sont pas plus conciliants avec les délinquants de leur âge etc...</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #262626;">&nbsp; Par ailleurs, si l'on suppose le temps de la réflexion qu'un tel lien existe, que la partialité est
    décelable à l'avance à travers des critères prédéfinis, il devient alors indispensable d'écarter systématiquement du jury tout juré présentant le profil critiquable. Et si le motif est noble et
    objectivement indiscutable, il devient possible de procéder à ce contrôle ouvertement, en expliquant publiquement et clairement aux parties aux procès et aux jurés pourquoi l'un d'entre eux ne
    peut pas siéger dans telle affaire.<br>
    <br>
    &nbsp; Laisser ce choix à l'accusé revient, d'une certaine façon, à le laisser choisir certains de ses juges.</span><br>
    <span style="font-family: 'times new roman',times; font-size: 16px; color: #262626;"><br>
    &nbsp; Ce qui peut aussi troubler à la cour d'assises, ce sont les éventuelles conséquences de l'absence d'explication de la part de celui qui récuse un juré. Cela permet, même si l'on peut
    espérer qu'il ne s'agisse que d'une hypothèse d'école, de récuser un juré du fait par exemples de son aspect physique, de la couleur de sa peau, de son nom, de son origine géographique, de son
    statut social. Cela sans que la récusation ait pour raison d'être un quelconque risque de partialité.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais alors qu'est-ce qui, d'un point de vue théorique, justifie en 2011 une telle récusation discrétionnaire dont les motifs ne sont soumis à aucun contrôle ?<br>
    <br>
    &nbsp; Mentionnons pour finir que la pratique des délibérés avec les jurés montre de façon constante que les capacités d'analyse de l'affaire, d'ouverture d'esprit, d'écoute des autres, de
    modération dans le jugement, ne sont aucunement liées à une quelconque caractéristique personnelle ou professionnelle.<br>
    <br>
    &nbsp; C'est pour cela que l'on peut penser, sans trop de risque d'erreur, que l'usage du droit de récusation n'a pas véritablement d'impact sur les décisions finales des cours d'assises.<br>
    <br>
    <br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p></p>

  
  ]]></description>
        <pubDate>Tue, 26 Apr 2011 10:18:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">65d13381b75d57ae0aacd5cadee02bbe</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-s-jures-71931305-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La motivation des décisions de la cour d'assises : le projet gouvernemental]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-le-projet-gouvernemental-71774319.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 10pt; color: #2b2b2b;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp;&nbsp;La problématique de la motivation des décisions de la cour d'assises a été plusieurs fois abordée
    ici, et je renvoie les visiteurs à la lecture des textes antérieurs pour éviter trop de répétitions (cf <a href=
    "http://www.huyette.net/article-le-conseil-constitutionnel-et-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-70693460.html">ici</a>,&nbsp;<a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-suite-65901411.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-peut-on-motiver-une-decision-de-cour-d-assises-en-multipliant-les-questions-61890039.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-suite-mais-pas-fin-61091683.html">ici</a>, <a href=
    "http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-suite-mais-pas-fin--37562544.html">ici</a>, <a href="http://www.huyette.net/article-29711072.html">ici</a>&nbsp;et
    aussi <a href="http://www.huyette.net/article-32357340.html">ici</a>). Rappelons seulement qu'à la cour d'assises il n'est indiqué aux parties aux procès que les réponses sous forme de "oui" ou
    de "non" aux questions de principe relatives à la culpabilité et, en cas de déclaration de culpabilité, la nature de la peine. Et que si le conseil constitutionnel vient tout juste d'avaliser
    notre système juridique, celui-ci pourrait bien être, de nouveau, jugé non conforme par la cour européenne des droits de l'homme.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp;&nbsp;Quoi qu'il en soit, le gouvernement a envisagé une modification de notre code de procédure pénale
    dans le sens d'une meilleure motivation des décisions criminelles.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp;&nbsp;Le projet prévoit en effet la création d'un nouvel article 365-1 rédigé ainsi :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp;&nbsp;"</span> <span style="color: #2b2b2b;"><span style=
    "border-collapse: collapse; font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">En cas de condamnation, le président ou l'un des magistrats&nbsp;assesseurs par lui désigné rédige la
    motivation de l’arrêt.&nbsp;<br></span><span style="border-collapse: collapse; font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;La motivation consiste dans l’énoncé des
    principales raisons qui, pour&nbsp;chacun des faits reprochés à l'accusé, ont convaincu la cour d’assises. Ces&nbsp;raisons sont celles qui ont été exposées au cours des délibérations
    menées&nbsp;par la cour et le jury, conformément à l’article 356, préalablement aux&nbsp;votes sur les questions.<br></span></span> <span style=
    "border-collapse: collapse; font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;">&nbsp;&nbsp;Cette motivation figure sur un document annexé à la feuille des&nbsp;questions,
    appelé feuille de motivation."<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Ce projet appelle quelques brèves observations.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Sur le principe, pour les raisons qui ont été explicitées auparavant, on doit approuver l'existence d'une motivation minimale au-delà des seules réponses aux questions posées qui ne
    peuvent pas être considérées comme permettant au justiciable de connaître la raison d'être de la décision.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Les précisions apportées dans le deuxième alinéa sur ce qu'est la motivation sont également satisfaisantes. La motivation d'une décision criminelle c'est bien la synthèse des
    principaux éléments pris en compte pendant le délibéré et qui ont conduit à la décision adoptée.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Par contre une réelle difficulté pratique pourrait naîre de l'application de ce texte.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;En effet, il est indiqué d'abord (1er alinéa) que le président rédige la motivation de l'arrêt, ensuite (3ème alinéa) qu'il le fait sur une "feuille de motivation" annexée à la
    feuille de questions.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Cela semble supposer, puisque lors de la reprise de l'audience une fois le délibéré terminé le président lit les réponse apportées aux questions, que la feuille de motivation, jointe
    à la feuille de questions, doit <em>déjà</em> être rédigée.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Or motiver, même succinctement, ne se fait pas en quelques minutes. Surtout s'il y a plusieurs accusés et/ou plusieurs infractions poursuivies. Dans certains cas il faudra
    inéluctablement au président plusieurs dizaines de minutes quand ce n'est une heure ou plus pour rédiger un texte d'une qualité minimale.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;Il est donc difficile d'envisager que le président s'isole pendant tout ce temps pour rédiger et laisse ses collègues et les jurés dans une autre salle sans la moindre occupation.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;C'est pourquoi il semble opportun :<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;- que le texte soit légèrement modifié et qu'il soit mentionné qu'à la reprise de l'audience le président énonce oralement la motivation de la décision et qu'il dispose d'un délai - à
    préciser mais qui peut-être relativement bref - pour rédiger la motivation écrite,<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;- ou, en cas de maintien du texte en l'état, que le président agisse ainsi pour en pas être contraint de rédiger à la va vite une motivation qui ne pourra pas être de qualité.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;En conclusion : encore quelques efforts et nous y serons... enfin.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="border-collapse: collapse; font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #2b2b2b;"><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br></span><br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;
  </p>

  
  ]]></description>
        <pubDate>Fri, 15 Apr 2011 11:29:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">65c0d941030c259e2049bd5d1f38e48e</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-la-motivation-des-decisions-de-la-cour-d-assises-le-projet-gouvernemental-71774319-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

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