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    <title><![CDATA[Paroles de juge]]></title>
    <link>http://www.huyette.net/</link>
    <description>La Justice est une institution essentielle dans une démocratie, et il est important, et souhaitable, qu'elle soit commentée de façon exigeante et critique. Mais, pour que chaque citoyen soit informé le plus complètement possible, il est aussi important qu</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Paroles de juge]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/</link>
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    <pubDate>Sun, 05 Feb 2012 10:48:23 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sun, 05 Feb 2012 10:48:23 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.huyette.net</copyright>            <category>droit</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Le délai d'audiencement devant la cour d'assises et la CEDH]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-le-delai-d-audiencement-devant-la-cour-d-assises-et-la-cedh-98504903.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;">&nbsp; &nbsp;On le sait, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH, <a href=
    "http://www.echr.coe.int/ECHR/Homepage_Fr/">son site</a>) contrôle minutieusement la durée des procédures judiciaires, et sanctionne tout délai anormalement long, de l'instruction jusque la fin
    du procès.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;">&nbsp; Un récent arrêt rappelle ce qu'il en est concernant le délai d'audiencement, c'est à dire le délai entre le moment ou
    le dossier est prêt à être jugé et le moment où commence le procès,&nbsp;</span><span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 16px;">et ses conséquences sur la durée de
    l'emprisonnement avant jugement. Cela au regard de l'article 5 § 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme qui prévoit que "toute personne arrêtée ou détenue (..) a le
    droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou libérée pendant la procédure"</span><span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;">&nbsp; L'affaire qui nous retient aujourd'hui concerne un homme considéré comme un terroriste basque et poursuivi pour
    diverses infractions criminelles. Il a discuté devant la CEDH la durée de sa détention provisoire conditionnée, notamment, par le délai d'audiencement de son affaire devant la cour d'assises
    spéciale de Paris.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;">&nbsp; L'article 181 du code de procédure pénale (texte <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=DD5DE9C84C88B2489CCD570A605628C3.tpdjo05v_3?idArticle=LEGIARTI000021332906&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20120203">
    ici</a>)&nbsp;prévoit la règle suivante : la personne renvoyée devant la cour d'assises est remise en liberté si elle n'a pas comparu devant la juridiction dans le délai d'une année à partir de
    la décision de renvoi. Toutefois,&nbsp;<span style="line-height: 19px; text-align: left; background-color: #ffffff;">si l'audience sur le fond ne peut débuter avant l'expiration de ce délai, la
    chambre de l'instruction peut, à titre exceptionnel, par une décision rendue mentionnant les raisons de fait ou de droit faisant obstacle au jugement de l'affaire, ordonner la prolongation de la
    détention provisoire pour une nouvelle durée de six mois. Cette prolongation peut être renouvelée une fois dans les mêmes formes. Et s'il n'y a toujours pas de comparution après deux années,
    l'intéressé est remis en liberté.</span></span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;">&nbsp; Par décision du 23 janvier 2007, l'intéressé a été renvoyé devant la cour d'assises. Le ministère public a
    postérieurement demandé par deux fois la prolongation de la détention provisoire, chaque fois pour une durée de six mois. Le 11 janvier puis le 25 juillet 2008, la chambre de l'instruction a
    prolongé la détention pendant 6 mois (donc pour une année au total), en motivant sa décision par l'encombrement de la cour d'assises spéciale de Paris et de ce fait l'impossibilité d'audiencer
    rapidement cette affaire. La cour de cassation a rejeté le pourvoi contre les arrêts de la chambre de l'instruction. Le procès devant la cour d'assises a commencé le 9 décembre 2008 soit un peu
    moins de deux années après la décision de renvoi.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; La CEDH écrit dans sa décision du 26 janvier 2012 (arrêt <a href=
    "https://docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fddata.over-blog.com%2Fxxxyyy%2F0%2F55%2F93%2F89%2Fcedh%2FAFFAIRE-BERASATEGI-c.-FRANCE.doc">ici</a>) :<br>
    <br>
    &nbsp; "<span style="text-indent: 0.5cm;" lang="fr-FR">La Cour constate que le requérant ne remet pas en cause devant elle l’existence des motifs du maintien en détention. Et elle reconnaît, eu
    égard au contexte de la présente affaire, que ces motifs,</span> <span style="text-indent: 0.5cm;" lang="fr-FR">en particulier le risque de fuite, sont demeurés à la fois «&nbsp;pertinents&nbsp;»
    et «&nbsp;suffisants&nbsp;» tout au long de l’instruction. La Cour ne discerne donc aucune raison de s’écarter de l’opinion des juridictions internes pour justifier le maintien en détention du
    requérant".<br>
    <br></span> &nbsp; "<span style="text-indent: 0.5cm;">En l’espèce, la Cour ne discerne aucune période pendant laquelle les autorités n’ont pas procédé à des recherches ou à des actes
    d’instruction comme l’atteste l’inventaire des pièces de fond communiqué par le Gouvernement. La longueur de la détention incriminée se révèle imputable, pour l’essentiel, à la complexité de
    l’affaire. Celle&nbsp;ci concernait des accusations graves portées contre le requérant et la poursuite des investigations confirma son rôle clé dans les faits reprochés. Elle impliquait plusieurs
    acteurs et nécessitait de nombreuses mesures d’instruction, ce dont témoigne le nombre important d’expertises réalisées (..). La longueur de la détention est par ailleurs en partie due au
    comportement du requérant. Celui-ci n’avait certes pas l’obligation de coopérer avec les autorités, mais il doit supporter les conséquences que son attitude a pu entraîner dans la marche de
    l’instruction".<br>
    <br></span> &nbsp; "<span lang="fr-FR">Reste la période d’inactivité imputable aux autorités judiciaires entre l’ordonnance de mise en accusation du 23 janvier 2007 et l’arrêt de la cour
    d’assises de Paris spécialement composée du 17 décembre 2008, soit près de deux ans. En ce qui concerne cet intervalle, la Cour observe que les juridictions internes firent droit aux demandes de
    prolongation de la détention provisoire formulées par le procureur général essentiellement «&nbsp;en raison de la charge du rôle de la cour d’assises spécialement composée&nbsp;» et non au motif
    qu’un délai aussi long trouvait sa justification dans la préparation d’un procès de grande ampleur ou en raison du besoin des autorités de prendre des mesures de sécurité efficaces
    (..)</span><span lang="fr-FR">. Elle note d’ailleurs que le Gouvernement s’en tient à l’argument de l’encombrement de la cour d’assises de Paris spécialement composée comme seule explication du
    délai litigieux. Or, elle rappelle à cet égard qu’<em>il incombe aux Etats d’agencer leur système judiciaire de manière à permettre à leurs tribunaux de répondre aux exigences de l’article 5</em>
    (<em>..)</em></span><span lang="fr-FR">.<br></span><span style="font-size: 12pt; text-indent: 0.5cm; font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: 12pt;"><span lang=
    "fr-FR">&nbsp; Eu égard à ce qui précède, la Cour considère que les autorités judiciaires n’ont pas agi avec toute la promptitude nécessaire. Partant, elle conclut que, dans les circonstances
    particulières de la cause, par sa durée excessive, la détention du requérant a enfreint l’article 5 § 3 de la Convention."<br>
    <br>
    <br></span></span></span> &nbsp; La CEDH rappelle clairement qu'un Etat ne peut pas prendre comme prétexte le manque de moyens octroyés à l'institution judiciaire pour ensuite venir soutenir, en
    mettant en avant l'encombrement des juridictions, que le délai de détention entre renvoi et audiencement est légitime. Juger le contraire reviendrait, de fait, à priver la convention européenne
    de sauvegarde des droits de l'homme de son effectivité réelle et les justiciables du droit à un véritable un recours.<br>
    <br>
    &nbsp; En effet quand une cour d'assises (ou n'importe quelle autre juridiction pénale ou civile) n'est pas en mesure de juger les affaires de sa compétence dans un délai suffisamment bref, cela
    montre que le nombre de magistrats et/ou de greffiers est insuffisant dans ce service. Cela peut provenir d'un manque de magistrats et/ou de greffiers au niveau national et en tous cas dans une
    cour d'appel particulière, ici celle de Paris. Mais cela peut également découler des choix d'affectation du chef de juridiction, qui décide, sauf dans les fonctions spécialisées (ce qui n'est pas
    le cas du président de la cour d'assises), d'affecter le nombre de personnes qu'il estime utile dans chaque service.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais le débat ne doit pas s'arrêter là.<br>
    <br>
    &nbsp; En présence d'un délai d'audiencement relativement long devant la cour d'assises, certains font observer que finalement ce n'est pas bien grave puisque les criminels sont la plupart du
    temps condamnés à plusieurs années de prison, du fait de la gravité des faits (des crimes) et de l'échelle des peines (15 ans de prison jusque la perpétuité), et que la durée de détention déjà
    effectuée avant jugement est décomptée de la peine prononcée.<br>
    <br>
    &nbsp; Mais cela mérite d'être nuancé.<br>
    <br>
    &nbsp; D'abord, toutes les personnes renvoyées devant la cour d'assises ne sont pas déclarées coupables. Et quand une personne est finalement acquittée, chaque jour passé sans raison en détention
    provisoire est un drame, sauf quand cette détention est motivée, ce qui est peu fréquent, par un risque manifeste de fuite car c'est alors le propre comportement de l'intéressé qui a conduit à
    son enfermement ce qui lui interdit de se plaindre de la mesure de sécurité prise contre lui.<br>
    <br>
    &nbsp; Par ailleurs, même en cas de déclaration de culpabilité, la peine prononcée peut être inférieure à la durée de détention déjà effectuée. Ici encore, les mois d'emprisonnement effectués en
    plus de la peine prononcée sont regrettables.<br>
    <br>
    &nbsp; Enfin, et on en parle moins, même quand un accusé reconnaît sa participation à un crime devant le juge d'instruction et que les faits poursuivis sont graves, l'attente avant jugement est
    souvent une période difficile à cause de l'incertitude sur son sort qui en découle. Au demeurant, il en va de même pour les victimes, qui veulent au plus vite en finir avec la phase judiciaire,
    et qui expliquent régulièrement que la période d'attente avant procès est fortement pénible et déstabilisatrice.<br>
    <br>
    &nbsp; C'est bien pour toutes ces raisons qu'il est souhaitable que, quand cela est possible, l'audiencement d'une affaire devant la juridiction de jugement soit aussi rapide que possible, ce que
    nous rappelle la CEDH dans sa décision.<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; Si à l'occasion de cette affaire la chambre criminelle de la cour de cassation a rejeté le pourvoi de l'accusé, elle a adopté une autre position dans un arrêt plus récent en date du 2
    septembre 2009, alors que la problématique était identique.<br>
    <br>
    &nbsp; La cour de cassation a jugé ainsi (arrêt <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?idTexte=JURITEXT000021053385&amp;fastReqId=1251532118&amp;fastPos=4&amp;oldAction=rechExpJuriJudi">ici</a>):<br>
    <br>
    &nbsp; "<span style="background-color: #ffffff; line-height: 19px; text-align: left;">Vu les articles 5 § 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et 181, alinéa 9, du code de
    procédure pénale ;</span><span style="background-color: #ffffff; line-height: 19px; text-align: left;">&nbsp;</span><span style=
    "background-color: #ffffff; line-height: 19px; text-align: left;">Attendu que, d'une part, en vertu du premier de ces textes, toute personne détenue a le droit d'être jugée dans un délai
    raisonnable ou libérée pendant la procédure</span><span style="background-color: #ffffff; line-height: 19px; text-align: left;"><span style=
    "font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">; (..)&nbsp;</span></span><span style="background-color: #ffffff; line-height: 19px; text-align: left;">Attendu que, pour prolonger, à la
    demande du ministère public, la détention provisoire de Patxi X...-Y... pour une nouvelle durée de six mois, sur le fondement du même texte, et répondre à l'argumentation de l'accusé prise du
    droit à être jugé dans un délai raisonnable, la chambre de l'instruction, après avoir relevé qu'il résultait de la requête du procureur général que l'encombrement du rôle de la cour d'assises
    spécialement composée n'avait pas permis de faire comparaître Patxi X...-Y... dans le délai d'un an, même prolongé exceptionnellement une première fois pendant six mois, énonce que cette dernière
    juridiction étant seule compétente pour le jugement de crimes terroristes commis sur l'ensemble du territoire français, sa charge de travail a pour conséquence l'utilisation, dans certaines
    affaires, du délai maximal de détention institué par le code de procédure pénale, mais qu'un tel délai demeure dans les limites raisonnables prévues par les articles 5 et 6 de la Convention
    européenne des droits de l'homme ; que les juges ajoutent que la durée de l'information judiciaire était par ailleurs justifiée par la complexité des investigations à mener, compte tenu du
    mutisme des personnes mises en cause ayant conduit à des expertises dont la réalisation a entraîné l'allongement des délais d'instruction ;</span><span style=
    "background-color: #ffffff; line-height: 19px; text-align: left;">&nbsp;</span><span style="background-color: #ffffff; line-height: 19px; text-align: left;">Mais attendu qu'en se déterminant
    ainsi, la chambre de l'instruction, <em>qui ne pouvait justifier la mesure de prolongation de la détention à titre exceptionnel par les difficultés récurrentes de fonctionnement de la juridiction
    appelée à statuer au fond</em>, et qui n'a pas recherché si les autorités compétentes avaient apporté une diligence particulière à la poursuite de la procédure, a méconnu les textes susvisés et
    les principes ci-dessus rappelé (..)."<br>
    <br>
    <br>
    &nbsp; La règle est donc dorénavant clairement établie tant au niveau de la CEDH qu'en droit interne : les Etats doivent mettre en place les moyens permettant que soient respectés les droits
    fondamentaux des justiciables, et l'insuffisance de ces moyens, découlant de choix politiques ou institutionnels, ne peut pas être relevée par les juges comme une raison de maintenir un accusé en
    détention pendant une durée non indispensable.<br>
    <br>
    &nbsp; Il faut souligner, pour finir, que le principe étant général il est susceptible de s'appliquer à toutes les procédures pénales, et non pas seulement aux procédures
    criminelles.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;"><br>
    &nbsp; &nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 03 Feb 2012 11:31:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">07ac83b2f3eb1f6c76d77d579e355629</guid>
                <category>Justice et droits de l'homme</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-le-delai-d-audiencement-devant-la-cour-d-assises-et-la-cedh-98504903-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[A propos, encore, de la liberté de parole du ministère public et des menaces de sanction]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-a-propos-encore-de-la-liberte-de-parole-du-ministere-public-et-des-menaces-de-sanction-98037402.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">&nbsp; Voici quelques jours seulement se terminait un chapitre peu glorieux de l'histoire judiciaire concernant les
    poursuites répétées du ministre de la justice contre un magistrat membre du ministère public à qui étaient reprochés des propos, tenus à l'audience, dans une affaire mettant en cause des
    policiers ayant commis des infractions graves (lire <a href="http://www.huyette.net/article-a-l-audience-la-liberte-de-parole-des-procureurs-a-t-elle-des-limites-94959161.html">ici</a>). Le CSM
    s'étant clairement et par deux fois opposé à une quelconque sanction, le ministre a définitivement renoncé.&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">&nbsp; De telles poursuites sont très rares et l'on pouvait penser qu'une telle problématique ne se représenterait pas de
    sitôt. Erreur.<br></span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">&nbsp; Le magazine Mediapart nous apprend (édition du 27 janvier 2012) qu'un vice-procureur d'une autre juridiction est à son
    tour inquiété pour ce qu'il a dit lors de réquisitions à l'audience.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">&nbsp; D'après le journal, et sous les réserves habituelles de vérification de la véracité des informations, le
    vice-procureur aurait dit à l'audience, alors qu'était poursuivi pour violation de sépulture (profanation de tombes d'un cimetière musulman)&nbsp;</span><span style=
    "font-family: 'times new roman', times; font-size: 16px;">un ancien militaire&nbsp;</span><span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">qui avait déclaré qu'il faut
    "défendre la chrétienté contre les musulmans qui l'envahissent" :</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">&nbsp; "<span style="font-style: italic;">Ce que nous avons à juger, c'est le résultat d'un vent mauvais qui souffle sur
    notre pays depuis de nombreuses années et dont je crois pouvoir dire que les plus hautes autorités de l'État n'y sont pas étrangères et alimentent ce climat même si ce ne sont pas les seules. Il
    y a les incendiaires qui poussent avec leurs mots et ceux qui les appliquent."<br>
    <br>
    &nbsp;</span> Une fois les réquisitions terminées, personne n'a trouvé à redire à quoi que ce soit. Le tribunal est passé à un autre dossier et le quotidien de l'institution a continué à
    défiler.&nbsp;<br>
    <br>
    &nbsp; Mais un journal local aurait reproduit les propos tenus par le vice-procureur. Et cela a vivement fait réagir un député de la majorité, membre de la droite populaire, qui a déclaré que les
    propos tenus à l'audience par ce magistrat font un lien entre l'infraction commise et la politique gouvernementale et qu'ils sont inacceptables.&nbsp;</span><span style=
    "font-family: 'times new roman', times; font-size: 16px;">Puis sur instruction du ministre le vice-procureur a été convoqué par l'inspection des services judiciaires.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;"><br>
    &nbsp; <span style="color: #000000;">Rappelons brièvement, s'agissant des membres du Parquet,&nbsp;</span></span><span style="color: #000000;"><span style=
    "line-height: 22px; background-color: #ffffff; font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; padding: 0px; margin: 0px;">qu'en application de l'article 33 du code de procédure pénale
    (<a style="text-decoration: none; color: #deac41; padding: 0px; margin: 0px;" href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=0F3B51F2973D082B0188974212A34FA3.tpdjo08v_2?idSectionTA=LEGISCTA000006167416&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20111226">texte
    ici</a>) un magistrat du ministère public<span style="line-height: 19px; text-align: left; padding: 0px; margin: 0px;">&nbsp;"<em style="padding: 0px; margin: 0px;">développe librement les
    observations orales qu'il croit convenables au bien de la justice</em>.", et que ce droit est rappelé&nbsp;</span></span><span style=
    "background-color: #ffffff; font-family: 'times new roman', times; font-size: 16px; line-height: 19px; text-align: left; padding: 0px; margin: 0px;">en ces termes&nbsp;</span><span style=
    "line-height: 22px; background-color: #ffffff; font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; padding: 0px; margin: 0px;"><span style=
    "line-height: 19px; text-align: left; padding: 0px; margin: 0px;">dans l'article 5 de l'ordonnance du 22 décembre 1958 (<a style=
    "text-decoration: none; color: #deac41; padding: 0px; margin: 0px;" href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000339259&amp;fastPos=1&amp;fastReqId=1816955557&amp;categorieLien=cid&amp;oldAction=rechTexte">texte ici</a>) portant statut de
    la magistrature &nbsp;: "</span><span style="line-height: 19px; text-align: left; padding: 0px; margin: 0px;">Les magistrats du parquet sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs
    hiérarchiques et sous l'autorité du garde des sceaux, ministre de la justice.&nbsp;<em style="padding: 0px; margin: 0px;">A l'audience, leur parole est
    libre</em>."</span></span></span><span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">&nbsp;<br>
    <br>
    &nbsp; Comme nous l'avions indiqué dans le précédent article, la liberté de parole, comme toutes les libertés, ne peut pas être sans limite. Il serait par exemple inadmissible que sous prétexte
    du droit de tout dire un magistrat insulte un justiciable. Cela n'empêche que la liberté de parole doit être la plus vaste possible, et que ne peuvent être relevés et éventuellement sanctionnés
    que les dérapages manifestes, évidents, que chacun d'entre nous peut aisément considérer comme n'ayant pas leur place dans une enceinte judiciaire.<br>
    <br>
    &nbsp; Est-ce le cas des propos rapportés dans l'article de Mediapart ? Chacun se fera son opinion. Mais il est impossible de s'arrêter là.<br>
    <br>
    &nbsp; Ce qui dérange d'abord, c'est que dans un premier temps personne n'a trouvé matière à critique tant au sein de l'institution judiciaire que du côté du prévenu, des éventuelles parties
    civiles, et de leurs avocats. Et que l'affaire n'existe que parce qu'un député, et un seul, a considéré que les propos ne lui conviennent pas.<br>
    <br>
    &nbsp; Le ministère de la justice, même si son indépendance vis à vis du pouvoir politique n'existe pas institutionnellement, doit-il lancer une enquête à chaque fois qu'un élu, un unique élu,
    n'est pas satisfait de propos pouvant mettre en cause la politique du parti auquel il appartient ? Mais il est vrai qu'il n'est pas exclu que cet élu ait été le bras armé d'une demande émanant
    d'autres personnes ne souhaitant pas apparaître au premier plan.<br>
    <br>
    &nbsp; Cela dérange ensuite parce que rien, dans l'absolu, ne justifie d'interdire à un magistrat du ministère public de faire état, dans ses réquisitions, du contexte dans lequel se produit une
    infraction. C'est quelque chose qui se fait quotidiennement. Mais prenons un exemple qui nous rapproche de cette affaire.<br>
    <br>
    &nbsp; Il y a maintenant de nombreuses années, un ministre de l'intérieur, appartenant à la même majorité, avait publiquement annoncé que quoi que feraient les policiers il les couvrirait. Tous
    les observateurs ont constaté dans les mois qui ont suivi une augmentation considérable de ce qui est communément appelé les "bavures". Dans un tel contexte, il aurait été compréhensible que le
    procureur saisi d'un affaire mettant en cause une dérive policière la situe dans un contexte d'encouragement implicite des débordements. Cela n'aurait été que l'énoncé d'une réalité
    politique.<br>
    <br>
    &nbsp; On ne peut s'empêcher, ensuite, de voir dans une telle démarche punitive la volonté, une fois de plus, de contrôler par la pression et l'intimidation le fonctionnement de la justice.
    Chacun le sait, et tous les commentateurs l'ont également souligné, rarement la justice aura été autant malmenée, vilipendée, critiquée, influencée, instrumentalisée qu'au cours des dernières
    années (lire par ex. <a href="http://www.huyette.net/article-le-justicier-enquete-sur-un-president-au-dessus-des-lois-bibliographie-67510375.html">ici</a> et <a href=
    "http://www.seuil.com/livre-9782021044249.htm">ici</a>). Ces tentatives nouvelles de réduire l'espace de liberté des membres du ministère public ne sont donc pas véritablement une
    surprise...&nbsp;<br>
    <br>
    &nbsp; Alors pourquoi pas, demain, des poursuites contre tous les procureurs et tous les présidents de tribunaux qui, récemment, ont osé critiquer les politiques suivies en matière de justice
    (lire <a href="http://www.huyette.net/article-apres-les-procureurs-les-presidents-des-tribunaux-se-fachent-tres-fort-96186340.html">ici</a>, et <a href=
    "http://www.huyette.net/article-les-procureurs-de-la-republique-haussent-le-ton-a-propos-du-statut-et-des-moyens-91758872.html">ici</a>) ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;">&nbsp; Quoi qu'il en soit, ce sera au seul CSM, s'il est saisi, de dire si la ligne rouge a cette fois-ci été franchie. Et il
    faut souhaiter que ses membres aient en tête que laisser s'installer avant chaque prise de parole une crainte de la réaction de tiers, qui peut mener à l'auto-censure, n'est pas de nature à
    permettre une analyse des dossiers dans toutes leurs composantes, même celles qui peuvent mettre en cause les intéressés ou des tiers.<br>
    <br>
    &nbsp; En tous cas, une chose au moins semble certaine : dans une démocratie, un excès de liberté est préférable à un excès de censure. C'est pourquoi, en dehors des circonstances exceptionnelles
    précitées, vouloir limiter la liberté de parole des magistrats du ministère public à l'audience n'est certainement pas un progrès.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;"><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 28 Jan 2012 17:30:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">15d27a55a67fda27655e15d712a7729c</guid>
                <category>Ministère public</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-a-propos-encore-de-la-liberte-de-parole-du-ministere-public-et-des-menaces-de-sanction-98037402-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Peut-on critiquer la justice ? (à propos des sanctions pénales en appel)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-peut-on-critiquer-la-justice-et-comment-a-propos-des-sanctions-penales-en-appel-97993656.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; color: #000000; font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Les medias nous apprennent que les avocats de la région nîmoise ont entamé un mouvement de
    protestation qui les conduit à refuser de se présenter à côté de leurs clients devant la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Nîmes (lire <a href=
    "http://www.midilibre.fr/2012/01/17/les-avocats-refusent-de-plaider-en-correctionnelle-devant-la-cour-d-appel,444919.php">ici</a>, <a href=
    "http://www.midilibre.fr/2012/01/22/on-ne-peut-plus-plaider-devant-cette-juridiction,447181.php">ici</a>, <a href=
    "http://www.midilibre.fr/2012/01/21/greve-des-avocats-a-la-cour-d-appel-la-juge-en-correctionnelle-hausse-le-ton,446750.php">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Il ne sera évidemment pas question, aujourd'hui et ici, de commenter ce qui est susceptible de se
    passer à Nîmes, seuls ceux qui ont participé ou assisté aux audiences contestées sachant exactement ce qu'il en est. Mais ces articles nous invitent à aborder un sujet plus vaste, et important,
    celui du droit de commenter et parfois de critiquer le fonctionnement de l'institution judiciaire. Nous quitterons donc Nîmes tout de suite pour en rester à des généralités.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Quand il s'agit de la justice et de ses pratiques, deux positions extrêmes se manifestent toujours
    rapidement. Pour les uns la justice qui est indépendante ne peut faire l'objet d'aucune désapprobation, les décisions qu'elle rend ne doivent pas être attaquées autrement que par les voies
    juridiques de recours, et les critiques contre elle sont vécues comme des agressions inadmissibles. Pour les autres, la justice est un service public dont les modes d'action peuvent à tout moment
    être discutés.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; La difficulté, déjà soulignée ici, c'est que se mélangent quotidiennement les critiques injustifiées
    émises par des justiciables mécontents qui plutôt que de reconnaître la faiblesse de leur dossier vont la masquer en s'en prenant au juge, et les critiques justifiées par des dysfonctionnement
    avérés. Il faut donc, avant tout débat sur l'institution judiciaire, commencer par faire un tri entre les mouvements d'humeur sans intérêts d'un côté, et les analyses sereines, sérieuses et
    argumentées de l'autre.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Ce préalable étant posé, il n'existe aucune raison de faire obstacle à une analyse des pratiques des
    magistrats. La justice est un service public et l'institution a certainement des comptes à rendre. L'indépendance ne peut pas être un paravent utilisé pour empêcher les tiers de mettre en lumière
    les dysfonctionnements quand ceux-ci existent réellement.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Venons en maintenant aux critiques litigieuses. La première concerne les peines prononcées en
    appel.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Il y a quelques années, une rencontre avec des magistrats d'une chambre correctionnelle avait permis
    de constater que certains juges estiment, pour faire simple, que quand une peine prononcée en première instance par un tribunal correctionnel est globalement adaptée, un appel du condamné est
    injustifié, et qu'une telle démarche mérite une mesure de rétorsion. Les magistrats qui pensent ainsi prononcent en appel une sanction beaucoup plus sévère qu'en première instance non parce que
    les faits ou la personnalité du délinquant le justifient mais par principe, parce qu'ils estiment l'appel inadmissible. L'augmentation de la condamnation est alors une sorte de sanction d'un
    appel estimé abusif, terminologie (abus) qui existe en matière civile (lire <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=34652DB3A7FC92350A68E9EA7BD8D17D.tpdjo10v_3?idArticle=LEGIARTI000006410890&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070716&amp;dateTexte=20120127">
    ici</a>) mais non en matière pénale.</span><span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;"><br></span><br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Certains magistrats considèrent en effet que quand le nombre des appels qu'ils estiment injustifiés
    (au regard des sanctions prononcées) devient excessif, notamment les appels à but dilatoire dont la raison d'être est uniquement de retarder la mise en oeuvre effective de la sanction, il faut
    nécessairement trouver une réponse qui permette d'éviter que la juridiction d'appel soit encombrée par des dossiers qui ne méritent pas un second examen. Autrement dit et par exemple, quand la
    personne qui a commis un délit de gravité modérée est condamnée à un mois de prison avec sursis et mille euros d'amende, il est inutile d'aller devant la chambre des appels corectionnels pour
    tenter d'obtenir trois semaines avec sursis et huit cents euros d'amende.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Si la problématique est réelle, il est plus délicat de définir la réponse justifiée. En effet, si l'on
    suppose pour le besoin de la discussion que le fait poursuivi ne mérite vraiment pas plus que la peine prononcée en première instance, décider en appel et en repartant de notre exemple d'infliger
    à l'appelant une peine de six mois de prison ferme et dix milles euros d'amende pour le punir de sa démarche peut sembler troublant. Car alors la sanction prononcée ne correspond plus du tout ni
    à l'infraction commise ni à la personnalité de de son auteur. Elle punit l'utilisation d'un droit, celui de faire appel, et non la commission d'une infraction.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Cest en cela que la démarche qui consiste à prononcer en appel des sanctions délibérément
    disproportionnées par rapport aux faits du dossier, uniquement pour réduire le nombre des appels, est légitimement discutable au sens le plus large du terme.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Elle l'est d'autant plus que l'aggravation fréquente des sanctions risque de dissuader de faire appel
    ceux qui, pourtant, peuvent avoir une bonne raison de le faire et qui ne savent pas à l'avance si leur démarche va être considérée justifiée ou abusive.<br>
    <br>
    &nbsp; Enfin, il n'est pas forcément simple de motiver une décision d'aggravation des peines dans une telle configuration. La chambre des appels correctionnels ne peut probablement pas, sans
    risquer les foudres de la cour de cassation, écrire clairement qu'elle augmente la sanction parce qu'elle estime que la peine de première instance était adaptée, ce qui au demeurant, serait une
    contradiction. La motivation réelle risque donc de ne pas apparaîre dans la décision d'appel, ce qui au niveau des principes peut poser quelques difficultés.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; C'est pour toutes ces raisons que le débat autour de telles pratiques est légitime. Et, si elle est
    questionnée, l'institution doit s'expliquer dans le cadre naturel du débat avec les français au nom de qui la justice est rendue.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; D'autres critiques ont été émises, qui concernent le comportement de magistrats à l'audience. Là
    encore il s'agit, sauf en cas de tentatives malsaines de déstabilisation et de contestation indirecte et injustifiée des décisions rendues, d'un questionnement qui est recevable.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Mais il s'agit d'un autre et vaste débat, qui rendra nécessaire un ou plusieurs autres
    commentaires.... (cf. également <a href="http://www.huyette.net/article-monsieur-madame-ou-rien-une-question-de-deontologie-60839217.html">ici</a>)</span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 27 Jan 2012 07:21:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6ad53ae987c5578929520cc37f932274</guid>
                <category>Justice pénale</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-peut-on-critiquer-la-justice-et-comment-a-propos-des-sanctions-penales-en-appel-97993656-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Paroles de jurés (9)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-paroles-de-jures-9-96496901.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Toujours dans le but de mieux connaître les réactions des français qui sont appelés à siéger dans une
    cour d'assises (cf. la rubrique : Paroles de jurés), voici deux liens vers des articles de presse.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;&nbsp; Le premier témoignage <a href=
    "http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2012/01/08/article_trois-semaines-hors-du-temps-dans-la-pea.shtml">est ici</a>, et le second <a href=
    "http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Bethune/actualite/Secteur_Bethune/2012/01/08/article_un-jure-d-assises-raconte-une-experience.shtml">est là</a>.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; On relèvera que ces jurés sont déclaré aux journalistes, notamment, que :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; -"Les débats clôturés, c'est elle (la présidente) qui ouvre la discussion, neutre, avant un tour de table
    où chacun livre son avis."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; - "On comprend mieux comment fonctionne un tribunal&nbsp;», «&nbsp;J'ai plus de respect pour le travail
    des juges.&nbsp;» Ils savent que la justice, ce n'est pas un guichet : tel crime égal telle peine." (..)</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; -&nbsp; "L'avis qu'on porte sur les gens évolue. Pas "d'intime conviction" avant la fin. J'ai été frappé
    par un mot de la présidente, qui disait que nous devions être "loyaux". C'est un mot fort, qui prend toute sa grandeur. Il faut que la peine soit comprise par l'accusé et la victime. Je me suis
    senti utile et non manipulé. Le débat est intéressant, on est tous différent, par l'âge, la profession... On n'a pas forcément la même façon de voir les choses."</span><br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    <br>
    &nbsp;<br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 08 Jan 2012 10:09:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">2a8f536f2caa32d2dbc48822d10fb373</guid>
                <category>Paroles de jurés</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-paroles-de-jures-9-96496901-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Après les procureurs, les présidents des tribunaux se fâchent.... très fort]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-apres-les-procureurs-les-presidents-des-tribunaux-se-fachent-tres-fort-96186340.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #000000;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; C'est bien parce que les magistrats sont habitués à la prudence et à la réserve, et en premier les chefs
    de juridiction, que le texte que vient de diffuser la conférence des présidents des tribunaux de grande instance apparaît d'autant plus extraordinaire.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Sous forme de voeux pour l'année 2012, c'est le texte suivant qui a été élaboré :</span><br>
    <br>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Le conseil d'administration de la Conférence Nationale des Présidents de Tribunaux de Grande Instance
    voit s'achever une année 2011 éprouvante qui restera sans doute parmi les plus difficiles supportées par nos juridictions depuis bien longtemps.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Aux difficultés matérielles et budgétaires s'ajoutent désormais un désenchantement et une souffrance
    généralisés chez les acteurs de terrain, magistrats et fonctionnaires.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Notre tâche d'administration et d'animation devient impossible et la plus value que nos collègues et les
    fonctionnaires sont en droit d'attendre de l'exercice de nos fonctions se limite de plus en plus à la gestion d'une pénurie dramatique de moyens face à une inflation insupportable des charges
    dans un contexte de fréquentes improvisations juridiques qui nous conduit à des choix de priorités par défaut.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; La période de fin d'année et l'approche de l'année nouvelle sont propices à l'expression des voeux et
    nous savons toutes et tous dans nos juridictions l'importance que revêt cette tradition, au delà des relations personnelles, dans les contacts institutionnels.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le conseil d'administration de la Conférence Nationale des Présidents de Tribunaux de Grande Instance
    vous présente, cher(e)s collègues président(e)s, ses voeux les meilleurs et les plus sincères pour l'année 2012 et en particulier formule les souhaits suivants:</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- qu'en matière de réformes, la réflexion devance l'action, les études d'impact précèdent leur mise en oeuvre et
    que les moyens soient contemporains de leur entrée en vigueur,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que notamment l'année 2012 ne soit pas l'occasion d'une nouvelle avalanche de textes dictée par des
    considérations électorales ou la réaction à des émotions, et dont la traduction législative solliciterait de plus fort les juridictions pénales au risque d'afficher un désintérêt pour les
    contentieux civils dont le traitement est pourtant un des facteurs essentiels de paix sociale,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que la sécurité et la stabilité juridique soient garanties, pour le bien des justiciables et le fonctionnement
    efficace et pertinent de nos juridictions,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- qu'en conséquence l'impréparation, l'improvisation et l'imprécision cessent de créer de charges indues comme
    ce fut le cas pour les élections professionnelles et la mise en oeuvre de la contribution de 35€ pour l'aide juridique,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que les ressources humaines soient garanties à la mesure des charges confiées, à l'inverse de ce qui s'est
    produit en matière de protection des majeurs, en matière de protection des personnes placées en régime de soins psychiatriques sans consentement, en matière de tribunal correctionnel des mineurs,
    ou de transfert de compétence du traitement des situations de surendettement,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que par exemple ne soient pas proposées des solutions de facilité comme la mutualisation des tribunaux pour
    enfants, consommatrice de temps et donc irréaliste dans le contexte actuel</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que la suppression de la juridiction de proximité et les conséquences qu'elle entraînera au sein des tribunaux
    d'instance pour le traitement du contentieux civil soient prises en compte,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que les discours évoquant des créations d'emplois de magistrats comme de fonctionnaires se traduisent
    concrètement, alors que nous constatons jusqu'à présent l'accroissement des vacances de poste et la non prise en compte du travail à temps partiel,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que la gestion des ressources humaines pour les magistrats comme pour les fonctionnaires mérite enfin son nom,
    que les adjoints administratifs n'apprennent pas huit jours avant la date de leur prise de fonction leur lieu d'affectation, que les projets de nomination des magistrats s'inscrivent dans des
    calendriers qui permettent une réelle consultation des assemblées statutaires des juridictions tant pour le bien fondé des décisions d'organisation qui nous incombent, que pour l'adhésion
    qu'elles doivent recueillir pour la bonne marche des tribunaux,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que les budgets annoncés soient effectivement alloués et non amputés en cours d'année, spécialement ceux qui
    stagnent comme l'accès au droit ou qui régressent comme les frais de fonctionnement,</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">- que les responsables politiques cessent d'instrumentaliser l'institution judiciaire, garante de l'Etat de
    droit , et de dénigrer l'institution et les hommes qui la servent au gré des décisions qui leur déplaisent ou nuisent à leurs intérêts partisans</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Alors cher(e)s collègues président(e)s, si par extraordinaire ces voeux se réalisent, parmi d'autres que
    seul le souci de concision ne nous permet point de citer ici, nous pourrons nous féliciter de ce que l'année 2012 permette à la Justice, sous notre impulsion, avec le concours de chacun des
    magistrats et fonctionnaires de nos juridictions, de jouer le rôle qui est le sien dans une société démocratique moderne."</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: times new roman,times; color: #000000;">&nbsp; La charge est rude, et c'est peu dire. Et pour que des présidents de tribunaux (pour les procureurs,
    <a href="http://www.huyette.net/article-les-procureurs-de-la-republique-haussent-le-ton-a-propos-du-statut-et-des-moyens-91758872.html">lire ici</a>), habitués à la modération, s'expriment de
    façon aussi virulente, il faut que la situation réelle soit véritablement catastrophique et dorénavant insuportable.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Désenchantement, souffrance, manque dramatique de moyens, gestion aberrante des ressources humaines,
    insécurité juridique et inflation législative incohérente, justice instrumentalisée à des fins politiques, tout y passe.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Malheureusement, cela correspond à ce que constatent quotidiennement les milliers de magistrats français
    (1).</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le plus désolant, bien au-delà des conséquences pour les professionnels de l'institution, c'est que ce
    sont les français, en tous cas ceux qui franchissent la porte des palais de justice, qui sont et resteront les premiers à en subir toutes les conséquences. Ces justiciables qui, pourtant,
    devraient avoir droit à un service public de la justice de qualité maximale.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Pour cela il leur faudra revenir une autre fois.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;"><br>
    <br>
    -----<br>
    1. Pour une autre forme de militantisme tout aussi inhabituel, <a href="http://www.aqui.fr/tempsforts/alain-bressy-un-juge-perigourdin-resolument-citoyen,5799.html">lire ici</a>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>


<style type="text/css">
<!--
        &lt;! 
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         &gt;
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</style>]]></description>
        <pubDate>Fri, 06 Jan 2012 08:23:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7052661575493f79f40efbe1f3361842</guid>
                <category>Justice au quotidien</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-apres-les-procureurs-les-presidents-des-tribunaux-se-fachent-tres-fort-96186340-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[A l'audience, la liberté de parole des procureurs a-t-elle des limites ? (mise à jour)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-a-l-audience-la-liberte-de-parole-des-procureurs-a-t-elle-des-limites-94959161.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; color: #000000; font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #ff6600;"><strong>Cet article a été publié le 28 décembre 2011, puis mis à jour le 5 janvier 2012</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Comme cadeau de noël, il y a mieux. Mais revenons un tout petit peu en arrière.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le 8 février 2011, le ministre de la justice à saisi le Conseil supérieur de la magistrature (<a href=
    "http://www.conseil-superieur-magistrature.fr/">son site</a>) dans sa formation compétente pour la discipline des magistrats du Parquet (qui est différente de celle qui s'occupe des magistrats du
    siège - les "juges" au sens strict du terme).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le ministre reprochait à un magistrat du Parquet d'avoir, alors qu'était examinée par un tribunal
    correctionnel une affaire dans laquelle des policiers étaient poursuivis pour dénonciation calomnieuse, faux en écriture publique et violences volontaires (violences contre un automobiliste et
    procès verbaux délibérément mensongés concernant sa pseudo participation à une tentative d'homicide contre un policier), comparé en audience publique le comportement de ces policiers délinquants
    à celui de la gestapo. &nbsp;Le ministre affirmait dans sa demande de sanction que le magistrat a fait preuve d'un manque de prudence et de discernement, a manqué à son devoir de réserve et à son
    devoir de délicatesse à l'égard des services de police dans leur ensemble. Le ministre concluait qu'en prononçant de telles paroles l'intéressé a porté atteinte à la confiance que doit inspirer
    tout magistrat et a jeté le discrédit sur l'institution judiciaire.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le CSM a rendu sa décision le 8 décembre 2011 (<a href=
    "https://docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fddata.over-blog.com%2Fxxxyyy%2F0%2F55%2F93%2F89%2Fcsm%2FCSM-LM081211.pdf">texte ici</a>).<br>
    <br>
    &nbsp; Le Conseil rappelle d'abord qu'en application de l'article 33 du code de procédure pénale (<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=0F3B51F2973D082B0188974212A34FA3.tpdjo08v_2?idSectionTA=LEGISCTA000006167416&amp;cidTexte=LEGITEXT000006071154&amp;dateTexte=20111226">texte
    ici</a>) un magistrat du ministère public<span style="line-height: 19px; text-align: left; background-color: #ffffff;">&nbsp;"<em>développe librement les observations orales qu'il croit
    convenables au bien de la justice</em>.", et que ce droit est rappelé&nbsp;</span></span><span style=
    "background-color: #ffffff; font-family: 'times new roman', times; font-size: 16px; line-height: 19px; text-align: left;">en ces termes&nbsp;</span><span style=
    "font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt;"><span style="line-height: 19px; text-align: left; background-color: #ffffff;">dans l'article 5 de l'ordonnance du 22 décembre 1958
    (<a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000339259&amp;fastPos=1&amp;fastReqId=1816955557&amp;categorieLien=cid&amp;oldAction=rechTexte">texte ici</a>) portant
    statut de la magistrature &nbsp;: "</span><span style="line-height: 19px; text-align: left; background-color: #ffffff;">Les magistrats du parquet sont placés sous la direction et le contrôle de
    leurs chefs hiérarchiques et sous l'autorité du garde des sceaux, ministre de la justice. <em>A l'audience, leur parole est libre</em>."</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le CSM précise ensuite que ces principes ne permettent pas aux magistrats du Parquet de dire n'importe
    quoi et que leur droit d'expression est limité par le devoir de réserve et la dignité des justiciables.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le CSM retient ensuite :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; - s'agissant de ce cas particulier, qu'il est avéré que l'intéressé a dit "la police française ça
    ressemble un peu à la gestapo dans ce dossier" et que celui-ci a expliqué avoir voulu, avec des paroles fortes, contrebalancer les réquisitions modérées qui lui avaient été imposées par sa
    hiérarchie,</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; - que l'importance du dossier aurait pu justifier que le siège du ministre public soit tenu par le
    procureur lui-même ou un procureur-adjoint, cela d'autant plus que le quantum des peines requises avait été délibérément limité et que le magistrat désigné n'avait pas eu beaucoup de temps pour
    préparer le dossier,&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; - que les propos tenus qui ne s'adressaient qu'aux policiers poursuivis n'ont pas porté atteinte à
    l'ensemble de la profession,</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; - que les propos tenus, quand bien même ils sont maladroits et inappropriés, ne constituent pas un
    manquement aux devoirs de réserve et de dignité en raison des circonstances dans lesquelles ils ont été tenus ainsi que de la nature et de la gravité des faits poursuivis.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Tout ceci appelle quelques réflexions.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; On remarque que le CSM a choisi de souligner que le procureur de la République, qui avait défini le
    quantum des réquisitions, aurait pu estimer utile d'aller lui-même à l'audience. On croit lire entre les lignes que quand un chef veut dans un dossier délicat que sa ligne soit suivie, il peut
    (doit ?) envisager d'aller lui même à l'audience. Autrement dit, il y a des moments où il faut assumer et ne pas se débarrasser d'une mission délicate en la confiant à un subordonné. Cela est
    suffisamment inhabituel et important pour être souligné.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le CSM retient ensuite que les propos poursuivis ne peuvent s'analyser qu'en comparaison avec les
    infractions reprochées aux policiers. De ce fait, les infractions étant très graves (accusation mensongère de tentative de meurtre pouvant conduire à la cour d'assises et à des années de prison
    plus procès verbaux contenant des éléments délibérément mensongers), elles justifiaient une critique sévère du ministère public, et donc des qualificatifs péjoratifs.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Au final, le CSM estime dans cet avis qu'il n'y a pas lieu de prononcer une quelconque sanction contre
    le magistrat concerné.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; L'affaire aurait pu s'arrêter là. Mais le ministère de la justice a voulu offrir à l'intéressé un
    cadeau de Noël un peu particulier.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le 16 décembre 2011, le ministre de la justice a décidé de saisir une nouvelle fois le CSM dans le
    but, toujours, de pouvoir sanctionner le même magistrat. Cela pour les mêmes motifs que la première fois. Le ministre semble avoir inscrit sa démarche dans le cadre de l'article 66 de
    l'ordonnance de 1958 (<a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=3C0C00488D150F11C4D920FA1F8459A5.tpdjo08v_2?idArticle=LEGIARTI000022510710&amp;cidTexte=LEGITEXT000006069212&amp;dateTexte=20111228">texte
    ici</a>) qui prévoit que "<span style="line-height: 19px; text-align: left; background-color: #ffffff;">Lorsque le garde des sceaux, ministre de la justice, entend prendre une sanction plus grave
    que celle proposée par la formation compétente du Conseil supérieur, il saisit cette dernière de son projet de décision motivée. Après avoir entendu les observations du magistrat intéressé, cette
    formation émet alors un nouvel avis qui est versé au dossier du magistrat intéressé."<br>
    <br></span> &nbsp; Dans sa décision du 23 décembre 2011 (<a href="https://docs.google.com/viewer?url=http%3A%2F%2Fddata.over-blog.com%2Fxxxyyy%2F0%2F55%2F93%2F89%2Fcsm%2FCSM-LM231211.pdf">lire
    ici</a>), le CSM s'est contenté d'indiquer, dans une motivation sommaire, qu'il réitère son précédent avis du 8 décembre 2011 et considère qu'il n'y a pas lieu de prononcer une quelconque
    sanction à l'encontre de l'intéressé en l'absence de toute faute disciplinaire.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Une telle démarche du CSM semble indiscutablement logique. En effet, l'appréciation de l'existence
    d'une faute ne peut pas dépendre de la sanction qu'il est envisagé de prononcer. Dès lors, la première décision ayant considéré que le magistrat poursuivi n'avait commis aucune faute
    sanctionnable, le fait que le ministre ait ensuite envisagé une sanction plus grave ne pouvait pas modifier l'appréciation initiale du Conseil. Sauf éléments nouveaux ce qui ne semble pas être le
    cas à la lecture de la seconde décision.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Il reste sur ce point à s'interroger sur la raison d'être de la double démarche.<br>
    <br>
    &nbsp; Certains ont cru déceler dans cet acharnement pour le moins inhabituel, c'est peu dire, une demande insistante du ministère de l'intérieur, l'objectif étant de satisfaire des policiers ou
    leurs syndicats qui n'acceptent pas que certains d'entre eux soient publiquement montrés du doigt. Mais si tel était le cas il aurait été intéressant que ces mêmes policiers, ou ce ministre,
    expliquent un peu plus en détails ce qu'ils pensent des infractions très graves reprochées aux policiers poursuivis devant le tribunal correctionnel.&nbsp;</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Quoi qu'il en soit, ce qui précède ne doit pas être mal interprété. En effet, la liberté de parole à
    l'audience ne peut pas permettre aux magistrats du ministère public de s'exprimer n'importe comment et sans aucune limite. Il n'y aura jamais place, par exemple, pour des propos racistes,
    injurieux, ou plus largement pour toute forme d'incorrection vis à vis des justiciables ou des professionnels de la justice.&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Mais à l'inverse, ce devoir de considération vis à vis des parties au procès ne doit pas interdire de
    souligner la gravité des délits ou des crimes poursuivis, ce qui, parfois, justifie l'emploi de qualificatifs très sévères, à la hauteur des actes commis. Le devoir de modération ne doit pas être
    utilisé par ceux qui ont délibérément violé la loi comme un moyen de réduire la capacité de critique du ministère public.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Ne doivent donc être poursuivis que les dérapages manifestes, les excès grossiers, ceux que, d'emblée,
    tout le monde réprouve. Ce qui, selon le CSM, n'était manifestement pas le cas dans notre affaire.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Les poursuites engagées, et par deux fois, sont donc préoccupantes.&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Elles le sont parce que le ministre de la justice n'a tenu aucun compte du premier avis motivé du CSM,
    et a voulu à tout prix obtenir une sanction qui apparaissait, dès sa première démarche, manifestement inappropriée au cas d'espèce.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Elles le sont encore parce qu'elles ne tiennent aucun compte de la gravité des faits reprochés aux
    policiers poursuivis.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Elles le sont également parce que la volonté de réduire la liberté de parole des magistrats du
    ministère public ne va pas dans le sens d'une justice indépendante dont le travail est, notamment, de vilipender les actes les plus inadmissibles d'autant plus quand ce sont des membres des
    forces de l'ordre qui en sont les auteurs.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Elles le sont enfin parce que la démarche, très inhabituelle, intervient alors que ce sont des
    policiers qui sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. Comme s'ils étaient les seuls que l'on veut protéger des critiques du ministère public, le justiciable ordinaire devant accepter
    d'entendre tout ce qui est dit sur lui. Autrement dit, comme si le message qui leur est adressé est que quoi qu'ils fassent ils bénéficieront d'une protection qui n'est accordée à personne
    d'autre.&nbsp;</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Un dernier détail s'impose, même s'il peut apparaître très secondaire.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le magistrat poursuivi part en retraite en janvier 2012. Il a été poursuivi par deux fois en 2011,
    dont une seconde fois quelques jours avant la fin de sa période d'activité professionnelle.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Il ne semble pas avoir été défaillant auparavant.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; La protection des policiers délinquants doit être considérée comme vraiment importante pour que ceci
    n'ait aucune importance.<br>
    <br>
    <br>
    <span style="color: #ff6600;"><strong>mise à jour</strong></span> :</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Nous apprenons en ce début d'année 2012 que le ministre de la justice a implicitement renoncé à
    prononcer une quelconque sanction contre le magistrat poursuivi.<br>
    <br>
    &nbsp; Il n'existe donc aucune raison pour que les magistrats du ministère public, dans les limites mentionnées plus haut, s'imposent une quelconque auto-censure par crainte d'éventuelles
    poursuites, ainsi que cela découle des décisions du CSM qui par deux fois a conforté cette liberté de parole.<br>
    <br>
    &nbsp; Tout n'aura donc pas été inutile dans le démarche gouvernementale...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;"><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 05 Jan 2012 06:43:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c67e024a8dbec063d64b767a310928ec</guid>
                <category>Justice et pouvoir</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-a-l-audience-la-liberte-de-parole-des-procureurs-a-t-elle-des-limites-94959161-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Un peu plus de citoyens dans la justice, mais un peu moins aussi]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-un-peu-plus-de-citoyens-dans-la-justice-mais-un-peu-moins-aussi-96126572.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: 'times new roman', times; color: #000000; font-size: 10pt;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Comme cela a déjà été indiqué ici, l'année 2012 commence par deux évolutions importantes de la place
    des citoyens dans le processus judiciaire pénal.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; &nbsp;A la cour d'assises, le nombre des jurés diminue dans une proportion non négligeable. Ceux-ci
    étaient jusqu'à présent 9 en première instance et 12 en appel, ils sont désormais respectivement 6 et 9 (pour plus de détails lire <a href=
    "http://www.huyette.net/5-categorie-10626395.html">ici</a>). Comme nous l'avons déjà souligné, cette réduction du nombre des jurés ne s'explique que par la création des citoyens assesseurs, le
    fonctionnement des cours d'assises étant jusqu'à présent tout à fait satisfaisant.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Par ailleurs, les tribunaux correctionnels des cours d'appel de Dijon et Toulouse voient arriver, pour
    certaines affaires, les citoyens assesseurs. Il s'agit là d'une expérimentation dont le bilan sera fait ultérieurement&nbsp;(pour plus de détails lire not.&nbsp;<a href=
    "http://www.huyette.net/categorie-11921220.html">ici</a>, <a href="http://www.huyette.net/1-categorie-11921220.html">ici</a>, <a href="http://www.huyette.net/article-5514529.html">ici</a>).<br>
    <br></span> <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Cette semaine ont eu lieu les premières audiences avec ces nouveaux citoyens juges.
    Souvent devant de nombreux journalistes qui ont publié plusieurs commentaires.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; A Dijon, les nouveaux citoyens assesseurs ont siégé dans deux affaires (lire <a href=
    "http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2012/01/04/une-audience-sous-le-feu-des-projecteurs">ici</a>) et se sont déclarés émus (lire <a href=
    "http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2012/01/04/nathalie-et-julien-nous-sommes-emus">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; On relèvera que l'un d'entre eux a déclaré une fois son travail terminé : "<span style=
    "line-height: 20px; background-color: #ffffff;">On critique facilement la justice mais aujourd’hui j’ai mieux pris la mesure du travail des magistrats et vu comment cela se passait derrière". On
    croit comprendre que l'intéressé s'est rendu compte qu'entre les opinions sur la justice échangées au café du commerce et la réalité judiciaire il peut y avoir des différences sensibles. On en
    viendrait presque à souhaiter que tous les français sans exception soient les uns après les autres désignés citoyens assesseurs.<br>
    <br></span> &nbsp; Un autre a déclaré : "<span style="line-height: 20px; background-color: #ffffff;">J’ai posé beaucoup de questions aux magistrats, ils ont répondu à chacune. Ils nous ont laissé
    consulter les dossiers, regarder les photos. Cette journée a été très enrichissante". Cela confirme qu'il est indispensable que le temps prévu pour chaque dossier soit nettement augmenté par
    rapport au temps nécessaire aux seuls magistrats professionnels. D'où, par voie de conséquence, un risque toujours présent de retard de traitement des affaires puisque leur nombre doit être
    réduit aux audiences où sont appelés les citoyens assesseurs.<br>
    <br></span> &nbsp; A Toulouse (lire <a href="http://www.ladepeche.fr/article/2012/01/04/1253207-justice-premieres-audiences-pour-les-citoyens-assesseurs.html">ici</a>), les premières audiences
    semblent s'être également bien passées.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; L'un des citoyens assesseurs, sous la pression des medias ou parce qu'il n'a pas bien compris en quoi
    consiste le secret des délibérations, a déclaré aux journalistes : "<span style="line-height: 17px; background-color: #ffffff;">Dans les deux affaires que nous avons eues à juger, il n'y a pas eu
    de divergence de point de vue. Nous étions tous plus ou moins d'accord sur la décision à prendre." Il indique implicitement que les magistrats professionnels n'ont pas eu un point de vue
    radicalement différent malgré leur expérience et leurs références.<br></span><span style="line-height: 17px; background-color: #ffffff;"><br></span>&nbsp; On relèvera enfin que plusieurs affaires
    traitées en présence des citoyens assesseurs se sont soldées par des relaxes. Alors que dès le départ il avait été clairement annoncé au plus haut sommet de l'Etat que le but de la réforme était
    principalement d'obtenir des décisions plus sévères, les juges professionnels étant soupçonnés de laxisme, ces premières relaxes semblent confirmer que les français appelés à juger ne seront pas
    des mécaniques programmées pour condamner aveuglément.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: 'times new roman', times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;&nbsp;C'est sans doute ce qui a fait dire à un représentant du Parquet (service du procureur de la
    République) local : "<span style="line-height: 17px; background-color: #ffffff;">Ceux qui attendent de cette réforme un affermissement des tribunaux correctionnels se trompent, car on constate
    dans les cours d'assises que les citoyens placés en position de juger ne sont ni moins, ni plus sévères que les magistrats professionnels".<br>
    <br>
    &nbsp; Cela ne faisait aucun doute. Car il n'y avait aucune raison de ne pas croire à l'intelligence des français appelés à juger auprès des magistrats professionnels.<br></span></span><br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 04 Jan 2012 11:04:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">d1e2747e917f67cde8fde33b12469fc6</guid>
                <category>Citoyens assesseurs</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-un-peu-plus-de-citoyens-dans-la-justice-mais-un-peu-moins-aussi-96126572-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Vous avez été juré à la cour d'assises.... partagez votre expérience]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-vois-avez-ete-jure-a-la-cour-d-assises-partagez-votre-experience-61353585.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;">&nbsp; Ce message s'adresse à ceux d'entre vous qui ont été jurés dans une cour d'assises.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;">&nbsp; Nous vous suggérons de nous faire profiter de votre expérience, afin de nous permettre de mieux
    comprendre comment vous avez vécu votre mission de juré.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;">&nbsp; Alors, si cela vous tente, nous vous invitons à rédiger un texte écrit sur le sujet de votre choix
    (réaction quand vous avez su que vous étiez sélectionné, première rencontre avec l'institution, révision de la liste, réunion de présentation, tirage au sort, récusation, déroulement du procès,
    délibéré etc...). Exprimez vous sur tout ce qui vous a surpris, passionné, dérouté, troublé, déplu..<br>
    <br>
    &nbsp; A votre choix, vous pouvez apparaître sous votre nom, votre seul prénom, ou des initiales.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;">&nbsp; Une obligation technique : rédigez votre texte avec votre logiciel habituel (word, openoffice..) en
    <span style="text-decoration: underline;">format texte</span> (.rtf), et envoyez le en <span style="text-decoration: underline;">pièce jointe</span> à l'adresse de contact du blog, qui figure en
    bas de chaque page : <strong><a href="mailto:contact@parolesdejuges.fr"><strong>&nbsp;</strong></a></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;"><strong><strong>contact@parolesdejuges.fr</strong></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #151515;"><strong><strong><br></strong></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #151515;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;">&nbsp; Merci d'avance.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #151515;"><span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 21 Dec 2011 07:35:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4e6dce5a698dec92e41793705834e18a</guid>
                <category>Cour d'assises</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-vois-avez-ete-jure-a-la-cour-d-assises-partagez-votre-experience-61353585-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les procureurs de la République haussent le ton (à propos du statut et des moyens)]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-les-procureurs-de-la-republique-haussent-le-ton-a-propos-du-statut-et-des-moyens-91758872.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #000000;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; La démarche est tellement inhabituelle qu'elle mérite d'être soulignée. Et elle en dit long, par le seul
    fait qu'elle existe, sur une très forte exaspération d'une partie de la magistrature (1).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Une écrasante majorité des procureurs de la République de France, qui se réunissent en "conférence",
    vient de diffuser la résolution suivante :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "La Conférence Nationale des Procureurs de la République appelle solennellement l'attention sur la
    gravité de la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les parquets, et l’urgence de leur donner les conditions d’exercer dignement leurs nombreuses missions.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; En premier lieu, ces conditions passent par la restauration de l’image de leur fonction, gravement
    altérée auprès de nos concitoyens par le soupçon de leur dépendance à l’égard du pouvoir exécutif.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Magistrats à part entière, garants des droits et libertés individuelles, les procureurs de la
    République appellent à la mise à niveau de leur statut, par un renforcement des pouvoirs du Conseil supérieur de la magistrature pour leur nomination et le contrôle de l’exercice de leurs
    fonctions, afin de répondre aux nécessités d’une justice impartiale, et de permettre d’établir la confiance des citoyens.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; En second lieu, ces conditions passent par une sécurité juridique et une cohérence qui font de plus en
    plus défaut à la matière pénale.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Sous l’avalanche des textes qui modifient sans cesse le droit et les pratiques, souvent dans l’urgence,
    sans étude sérieuse d’impact, et au nom de logiques parfois contradictoires, les magistrats du parquet n’ont plus la capacité d’assurer leur mission d’application de la loi.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; En dernier lieu, ces conditions sont largement tributaires des moyens très insuffisants mis à la
    disposition des parquets pour l’exercice de leurs missions, dont le périmètre n’a cessé de croître.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Une étude de la commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) a mis en évidence sur
    l’année 2008 que le procureur français était en Europe investi des charges les plus lourdes, et doté, pour les assurer, des moyens les plus faibles.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Les procureurs de la République alertent solennellement le législateur, le gouvernement, ainsi que
    l’ensemble de leurs concitoyens sur la gravité d’une situation qui ne leur permettra plus, avec leurs équipes d’accomplir sérieusement leurs missions, s’il n’y est pas d’urgence remédié par
    une réforme de leur statut, une stabilisation normative, et l’affectation de moyens humains, matériels, et financiers.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Ce n’est qu’à ces conditions qu’ils pourront exercer leurs responsabilités et la plénitude de leurs
    fonctions : - l’exercice de l’action publique, - la direction de la police judiciaire, - la garantie du respect des droits et libertés individuels."</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; S'agissant du statut du ministère public, le débat est ancien et plusieurs options semblent
    envisageables, comme cela a déjà été abordé sur ce blog (lire not. <a href="http://www.huyette.net/article-requiem-pour-le-parquet-85442942.html">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; La résolution mentionne ensuite la "restauration de l'image", altérée par un "soupçon" de dépendance à
    l'égard du pouvoir politique. Toutefois, la résolution ne précise pas que s'il a pu arriver que des procureurs de la République aient un comportement critiquable, cela n'est pas uniquement la
    conséquence d'un statut inadapté. Car quel que soit le statut des membres du Parquet français, c'est pour partie l'état d'esprit, la déontologie et l'éthique des hommes et des femmes qui le
    composent qui définissent leurs pratiques. Un statut peut protéger d'influences externes. Mais il ne protégera jamais contre les faiblesses ou les travers de quelques uns.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Les procureurs mettent l'accent sur l'avalanche de lois, parfois incohérentes entre elles, qui fragilise
    le travail judiciaire. Au-delà des seuls procureurs, les huit mille magistrats français (comprenant les magistrats du siège) se lassent, c'est peu dire, de voir tous ces nouveaux textes qui,
    notamment au pénal, sont annoncés au moindre drame. Car, on l'oublie trop souvent, cela pose parfois de redoutables difficultés juridiques et fragilise les procédures diligentées. Cela a été
    particulièrement flagrant à propos de la garde à vue (cf. la rubrique dédiée) avec un pouvoir politique qui a tenté de retarder autant que possible la mise en conformité de notre droit avec les
    décisions de la cour européenne des droits de l'homme et a créé par voie de conséquence des soubresauts qui auraient pu être évités.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Les procureurs ont tout autant raison de dénoncer, une fois de plus, le manque de moyens humains et
    matériels.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Et il y a de quoi s'inquiéter quand ils affirment sans détour qu'ils ne sont plus en capacité
    "d'accomplir sérieusement leurs missions."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Surtout si l'on a en tête que le ministère public est hiérarchiquement rattaché au ministère de la
    justice et que les promotions de ses membres dépendent, actuellement, du seul bon vouloir du pouvoir politique.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Pour que tant de procureurs enjambent l'obstacle et osent cette prise de position publique, c'est que la
    situation est réellement désastreuse à leurs yeux.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">------------</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">1. L'union syndicale des magistrats a écrit dans son communiqué qu'il s'agit d'une résolution "historique".
    (lire <a href="http://www.union-syndicale-magistrats.org/web/p389_les-procureurs-francais-alertent-sur-la-situation-des-parquets.html">ici</a>)</span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 08 Dec 2011 10:57:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">62110549eee36ec8991662fc6d12c760</guid>
                <category>Ministère public</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-les-procureurs-de-la-republique-haussent-le-ton-a-propos-du-statut-et-des-moyens-91758872-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les prisons au pays des droits de l'homme]]></title>
        <link>http://www.huyette.net/article-les-prisons-au-pays-des-droits-de-l-homme-91399310.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 10pt; color: #000000;">Par Michel Huyette</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le mauvais état d'un certain nombre d'établissements pénitentiaires est bien connu, de même que toutes
    les conséquences qui en découlent en termes de danger pour les condamnés comme pour les surveillants, de risques pour la santé physique et mentale de tous, et, au delà, d'atteinte à la dignité
    humaine.</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Mais un paroxysme de dysfonctionnement semble avoir été atteint avec la prison de Nouméa (Nouvelle
    Calédonie), ainsi que le met en lumière une recommandation du contrôleur général des lieux de privation de liberté qui vient d'être publiée au journal officiel du 6 décembre 2011 (lire <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000024924306&amp;dateTexte=&amp;oldAction=rechJO&amp;categorieLien=id">ici</a>).</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Il y est écrit, notamment que :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Ce qui a été observé lors de la visite inopinée, par quatre contrôleurs, du centre pénitentiaire de
    Nouméa, appelé Camp Est, en Nouvelle-Calédonie, du mardi 11 au lundi 17 octobre 2011, par son ampleur, relève d'une violation grave des droits fondamentaux d'un nombre important de
    personnes."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Les personnes détenues sont entassées dans des cellules insalubres où elles subissent une sur-occupation
    frôlant les 200 % dans le centre de détention et le quartier de semi-liberté et atteignant 300 % dans le quartier de la maison d'arrêt. Au moment de la visite, 438 personnes y étaient écrouées et
    hébergées pour un nombre théorique de 218 places."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "La maison d'arrêt est composée de cellules de 12 mètres carrés où cohabitent jusqu'à six personnes alors
    que, selon les normes définies par l'administration pénitentiaire, il ne devrait pas y en avoir plus de deux. Chaque cellule comporte trois lits superposés d'un côté, deux lits superposés de
    l'autre côté et souvent, entre les deux rangées de lits, un matelas posé à même un sol crasseux et humide où circulent des rats et des cafards. Au moment de la visite des contrôleurs, vingt-sept
    des trente-quatre cellules composant la maison d'arrêt disposaient ainsi d'un matelas posé par terre, soit un nombre total de 204 personnes pour une capacité déclarée de soixante-huit places. La
    nuit, l'occupant du matelas risque de se faire piétiner si un de ses codétenus se lève pour aller se soulager dans les w.-c. Ceux-ci, à la turque, sont situés dans un coin de la cellule ;
    l'intimité n'est pas assurée malgré la présence d'un tissu accroché tant bien que mal par les occupants. La chaleur dans les cellules est vite éprouvante ; des ventilateurs sont hors d'état de
    marche, voire absents dans de nombreuses cellules, et non remplacés lorsque la direction estime que les personnes détenues sont responsables de la dégradation. Pour lutter contre la température
    excessive, la pratique consiste à inonder périodiquement la cellule. Des conduites d'arrivée d'eau des w.-c. ont été détournées pour pouvoir servir de douche, sans la moindre protection vis-à-vis
    des installations électriques pourtant dégradées (fils dénudés, interrupteurs cassés). De nombreux lavabos ― qui ne distribuent que de l'eau froide ― sont privés de système d'évacuation de l'eau
    ; un seau placé sous la bonde en tient lieu. Les cellules ne disposent ni de réfrigérateur, ni de bouilloire, ni de plaque chauffante. Les grilles d'aération sont souvent obstruées afin
    d'empêcher les rats de rentrer dans les cellules ; ces rongeurs parviennent toutefois à rentrer et se nourrissent des restes de repas ou de cantines qui, faute d'endroit clos, sont entreposés sur
    des étagères ou dans des meubles sans porte. Les remontées d'égouts fréquentes empestent l'atmosphère des cellules. Toutes les cellules sont encombrées de linge en train de sécher, accroché à des
    cordes constitués de draps de lits découpés."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Le quartier ouvert du centre de détention est composé de cinq « cases ». Chaque case comporte des boxes
    de 8 mètres carrés occupés chacun par deux personnes, sans autres séparations que des murs légers de 2,50 mètres de haut surmontés d'une nappe de grillage placée sous le toit du bâtiment en guise
    de plafond. Afin de se protéger des rats qui circulent dessus, les occupants des cases ont accroché par endroits des draps sous le grillage. Dans chaque box, un w.-c. est placé dans un angle
    avec, pour unique séparation, un muret de 90 cm de haut sur un des deux côtés ouverts. La circulation est libre à l'intérieur de la case ; en l'absence de porte, des tissus sales et usés ont été
    placés par les personnes détenues à l'entrée des boxes. Le réseau électrique est en grande partie défectueux : lampes absentes, interrupteurs cassés voire inexistants, fils dénudés. Les circuits
    d'évacuation des eaux usées des toilettes ― trois douches sans pommes et trois w.-c. par case ― sont en partie bouchés. Devant chaque case, un jardinet grillagé de 12 mètres sur 10 mètres, soit
    120 mètres carrés, est accessible quelques heures dans la journée ; le reste du temps, les personnes détenues « déambulent » à l'intérieur de leur case, sans autre occupation que de regarder la
    télévision sur un unique poste. Aucun système de vidéosurveillance ou d'alerte n'équipe les bâtiments. Au moment de la visite, cent treize personnes occupaient ce quartier prévu pour
    cinquante-sept personnes."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "Les cellules disciplinaires et d'isolement sont dans un état répugnant. Le fond de chaque cellule est
    occupé par le « coin toilette » : les murs y sont d'une saleté repoussante avec de nombreuses traces d'humidité et d'excréments ; les cuvettes des w.-c. sont maculées. Dans les cellules
    d'isolement, la douche se prend sans protection au sol alors qu'elle est contiguë aux w.-c. à la turque. Les odeurs d'égout sont prégnantes. Les inondations de cellule seraient
    fréquentes."</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "L'accès aux soins est très difficile en raison du nombre insuffisant de personnel sanitaire, de
    l'enclavement des locaux médicaux à l'intérieur de la maison d'arrêt ― ce qui entrave la circulation des personnes condamnées, des mineurs et des femmes ―, de la taille réduite des salles
    d'attente. Il en résulte un absentéisme pouvant dépasser 60 % des personnes convoquées au service médical. Les traitements médicaux sont distribués dans les cellules sans avoir la garantie qu'ils
    ont été remis à la personne pour laquelle ils ont été prescrits, en raison notamment du surencombrement des cellules et des nombreux changements d'affectation empêchant toute
    identification."</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; Le contrôleur général conclut en ces termes :</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp; "L'état et le fonctionnement du centre pénitentiaire sont ainsi apparus comme portant atteinte de manière
    grave aux droits des personnes qu'il héberge ; le personnel ― remarquable de dévouement et d'investissement ― est, d'évidence, épuisé et inquiet devant l'absence de perspective d'avenir de
    l'établissement. Le contrôle général fait sienne l'opinion qu'il a recueillie selon laquelle l'épisode dramatique survenu pendant le déroulement de la mission (1) « ne saurait être dissocié des
    conséquences inéluctables que fait peser la sur-occupation de l'établissement sur les conditions de détention »."</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">--------</span><br>
    <span style="font-family: times new roman,times; font-size: 12pt; color: #000000;">1. Un meurtre dans une cellule occupée par 6 personnes.</span>
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  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 06 Dec 2011 10:41:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9ae96348cc7703e4658bd8c20bfd4894</guid>
                <category>Prison</category>        <comments>http://www.huyette.net/article-les-prisons-au-pays-des-droits-de-l-homme-91399310-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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