Par Michel Huyette
Lorsque la place de l'avocat en garde à vue a été étendue (cf. not. ici, ici, ici, ici), la question s'est immédiatement posée du financement de ces interventions, notamment lorsque
la personne gardée à vue peut bénéficier de l'aide juridictionnelle à cause de ressources personnelles modestes.
Il a alors été envisagé, afin de récolter des fonds, d'imposer aux personnes qui saisissent la justice le
paiement d'une contribution forfaitaire. Cela est chose faite avec la loi du 29 juillet 2011 (loi de finance rectificative, texte ici).
Il est prévu à l'article 54 (texte
ici) que :
- Une contribution pour l'aide juridique de 35 € est perçue par instance introduite en
matière civile, commerciale, prud'homale, sociale ou rurale devant une juridiction judiciaire ou par instance introduite devant une juridiction administrative,
- La contribution pour l'aide juridique est exigible lors de l'introduction de l'instance. Elle est due
par la partie qui introduit une instance,
- Cette contribution n'est pas due, notamment, par les personnes bénéficiaires de l'aide
juridictionnelle, pour les procédures introduites devant la commission d'indemnisation des victimes d'infraction, devant le juge des enfants, le juge des libertés et de la détention et le juge
des tutelles, pour les procédures de traitement des situations de surendettement des particuliers et les procédures de redressement et de liquidation judiciaires, pour les recours introduits
devant une juridiction administrative à l'encontre de toute décision individuelle relative à l'entrée, au séjour et à l'éloignement d'un étranger sur le territoire français ainsi qu'au droit
d'asile, lorsque, du fait de violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, un ancien partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou un ancien concubin et qui mettent en
danger la personne qui en est victime, un ou plusieurs enfants, le juge aux affaires familiales est saisi pour que soit délivrée en urgence à cette dernière une ordonnance de protection, pour les
réclamations relatives à l'inscription sur les listes électorales.
Les sommes récoltées seront affectées à l'indemnisation des avocats intervenant au titre de
l'aide juridictionnelle.
Ce paiement sera exigé pour les instances introduites à compter du 1er octobre
2011. Le paiement pourra se faire par voie de timbre ou par voie électronique, selon des modalités qui seront précisées ultérieurement.
Commentaires