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Publié par Parolesdejuges

Par Michel Huyette


   Voici quelques semaines, l'ancien directeur français du fonds monétaire inernational (FMI) était arrêté à New York, puis jeté plusieurs jours en prison, puis soumis à un contrôle judiciaire strict contenant, notamment, l'obligation de verser une caution très élevée (lire ici). Ceci parce qu'une femme de chambre de l'hôtel dans lequel il avait séjourné avait affirmé avoir été victime d'une agression sexuelle de sa part (lire ici).  Les propos des avocats de l'intéressé incitent à penser que sa thèse est celle de la réalité d'un rapport sexuel, mais d'une relation consentie et non contrainte. Or la contrainte est l'un des éléments constitutifs du viol.

  L'affaire semble avoir pris ces derniers jours un véritable virage. En effet le procureur de New York a annoncé lui-même, et il l'a écrit aux avocats de l'intéressé, que la plaignante avait par le passé fait à plusieurs reprises de fausses déclarations sur son histoire, ses conditions de vie dans son pays d'origine, ainsi qu'à l'occasion de sa demande de visa.  Par ailleurs, dans sa vie personnelle, plusieurs éléments troublants ont été mis en avant : fausse déclaration d'enfant pour obtenir des avantages sociaux, possession de plusieurs abonnements téléphoniques, sommes d'argent très importantes ayant transité sur son compte en banque, liens avec des personnes emprisonnées pour trafic de drogue. Mais surtout elle aurait menti sur son activité juste après les faits dénoncés. Pire, elle aurait menti au jury chargé de décider de l'incuplation, ce qui pourrait, à son tour, lui valoir quelques soucis avec la justce américaine.

  C'est pourquoi les medias, se précipitant sur ces éléments nouveaux, ont affirmé que la voie était grande ouverte à un arrêt des poursuites, autrement dit une reconnaissance de l'innocence de l'intéressé.

  Ce qui se joue actuellement mérite quelques commentaires tant les enjeux nous interpellent.


  1. Il est peut-être un peu hâtif d'affirmer que parce que la plaignante a menti sur certains points, elle a menti sur tout. Dans les affaires criminelles, les avocats qui défendent des clients en mauvaise posture utilisent traditionnellement cette méthode quand un témoin apporte des éléments en défaveur de leur client : trouver un point faible dans la déposition et tenter de faire croire que l'existence de ce point faible interdit de prendre en compte la totalité des propos. Un grand classique des juridictions correctionnelles.

  Pourtant, en théorie, une personne qui va présenter une pluralité d'éléments peut se tromper voire mentir sur l'un d'entre eux sans que cela, inéluctablement, impose d'écarter les éléments qui ne sont pas efficacement contredit.

  Cela s'applique aux affirmations d'une victime d'agression. Une telle victime peut par exemple se tromper sur un élément vestimentaire de son agresseur sans que cela remette en cause la réalité de l'agression. Il en va de même si cette victime pour une raison tenant à sa vie privée ment sur la raison pour laquelle elle se trouvait à tel endroit à tel moment.

  Par ailleurs, même une femme ayant commis des actes de délinquance, ou étant en relation avec des personnes condamnées, peut évidemment être victime d'un viol. La protection contre les agressions ne doit pas être réservée aux femmes de bonnes familles ni à celles qui ont une personnalité et un parcours apparemment sans aspérité.

  Il n'empêche que quand une plaignante est prise en flagrant délit de mensonge, cela suscite légitimement de la méfiance chez ses interlocuteurs, et sur l'ensemble de ses déclarations. L'effet bommerang est inévitable.


  Toutefois, la difficulté principale ne découle pas directement de l'existence d'erreurs ou de mensonges dans les déclarations, mais de la notion de preuve suffisante dans les affaires de viol.


  2. De nombreux journalistes ont repris à n'en plus finir la même phrase : "Les poursuites risquent d'être abandonnées car comme dans ces affaires tout repose sur la crédibilité de la plaignante, et comme la femme de chambre new-yorkaise a menti sur divers sujets, le procureur ne va plus pouvoir convaincre un jury qu'elle est crédible et donc que l'ancien directeur du FMI est coupable de viol".

  C'est le "tout repose sur la crédibilité de la plaignante" qui choque, et qui bloque.

  En effet, cela voudrait dire qu'une plainte pour viol par une femme qui n'a jamais été prise en défaut dans ses déclarations successives et dont la personnalité est sans tache peut suffire à entraîner la condamnation de l'agresseur désigné par elle.

  Or il est un principe essentiel dans la justice : aucune condamnation ne peut reposer sur l'unique affirmation d'une personne se présentant comme victime, sans aucune autre preuve complémentaire, quand bien même la plaignante apparaît comme crédible.

  Ecarter cette règle essentielle, ce serait oublier un peu vite ce que sont les êtres humains, à quel point leur personnalité est complexe, et combien les apparences peuvent être trompeuses. Souvenons nous que la jeune femme qui avait faussement prétendu avoir été victime d'agressions sexuelles dans un RER (lire ici) était membre des services de police, et pouvait à ce titre sembler particulièrement crédible. Tel n'était pourtant pas le cas.

  C'est pourquoi, à la cour d'assises, une partie des débats doit être consacrée à l'examen de ces éventuels autres éléments susceptibles de venir donner du poids aux affirmations de la partie civile. Par exemple, et en piochant dans un dossier réel, un élement important, parmi d'autres, pourra être le fait que l'agresseur désigné a été vu s'arrêtant dans un endroit inhabituel et isolé avec sa jeune victime membre de sa famille, sans être capable de fournir la moindre explication plausible sur ce qui justifiait un arrêt à cet endroit.


  3. En tous cas ce qui précède montre une fois encore que dans de telles affaires l'approche judiciaire doit être à la fois attentive et prudente. L'expérience et la connaissance des êtres humains qui, on le sait, sont capables de tout, imposent d'avoir en tête en permanence que de nombreux scénarios sont toujours possibles, et qu'il faut attendre que les enquêtes aient abouti à quelque chose de solide avant de commencer à envisager une conclusion, de quelque nature qu'elle soit.


  4. Cela devrait faire totalement obstacle à la méthode utilisée par la police et la justice américaines. La police a, intentionnellement, fait passer l'ancien directeur du FMI devant les caméras de télévision menotté dans le dos et encadré de plusieurs policiers le tenant par les bras. La justice a le même jour décidé de son placement en détention provisoire.

  Pourtant, des éléments importants ont été récoltés après ces deux phases. Et l'on a vu à la télévision le juge décidant de l'emprisonnement après avoir seulement entendu les affirmations verbales du procureur, sans la moindre vérification du contenu du dossier au moment du choix de la détention, et sans que l'intéressé puisse prononcer ne serait-ce que quelques mots.

  Autrement dit, la méthode utilisée semble consister d'abord à traiter la personne soupçonnée comme un délinquant reconnu dangereux, et à vérifier, ensuite, si la plainte ayant conduit à l'arrestation est suffisamment étayée. Cela est quand même troublant, l'inverse pouvant sembler une méthode objectivement plus respectueuse de la présomption d'innocence, réaffirmée chez nous avec force dans l'article préliminaire du code de procédure pénale (texte ici).



  5. La nécessaire prudence apparaît également en contradiction avec les mouvements de foule et les prises de position des medias. Pour ce qui concerne les Etats Unis, la télévision a montré ces dizaines d'employées d'hôtel criant devant le palais de justice de Manhattan et au passage de l'ancien directeur du FMI : "Honte à vous". Nous avons également tous vu la une d'un quotidien new-yorkais, certes spécialisé dans la médisance, ce gros titre à côté d'une image de l'intéressé : "Le pervers". Ces jours-ci le même journal s'en prend avec vigueur à la plaignante qu'il soupçonne même de se prostituer avec les clients de l'hôtel. 

  En France, considérant certaine la culpabilité de l'intéressé, des membres du parti au pouvoir ont vite affirmé que c'est tout le parti auquel appartient l'ancien directeur du FMI qui est discrédité sur le plan de la morale.... avant qu'un ministre de la majorité ne soit mis en examen lui aussi pour des agressions sexuelles (à propos desquelles, au demeurant, il n'a pas été fait allusion au discrédit de son propre parti....).

  Sans compter les micro trottoirs et tous ces propos sur le fait que l'ancien directeur du FMI est évidemment coupable ou évidemment innocent. Selon l'humeur du moment, ou selon la direction du vent.


  6. L'observation du passé, qui est pourtant un support essentiel de toute avancée pour l'avenir, ne semble jamais une préoccupation. Aucune leçon ne semble pouvoir être tirée des soubresauts judiciaires successifs alors que peuvent être citées par dizaines les affaires qui ont démontré que toute prise de position hâtive est injustifiée et dangereuse, et peut avoir des effets dévastateurs. Les affaires se suivent, les rapports s'entassent, les commission d'enquête se constituent et se séparent. Les observations judicieuses et les conclusions opportunes s'empilent les une sur les autres, mais finissent au fond d'un tiroir. On se promet de faire autrement et mieux la prochaine fois. Mais à la première occasion on oublie tout et on ouvre de nouveau la porte au n'importe quoi.

  Outreau, les procédures en révision après les revirements des plaignants, les mises en cause virulentes suivies d'un non lieu ou d'un acquittement, tout devrait nous inciter à appréhender les affaires judiciaires avec prudence et retenue, surtout les plus spectaculaires dont on sait qu'elles déchaînent les passions les moins contrôlées.

  Pourtant, il est à peu près certain que demain, à la première occasion, le même scénario se reproduira. Les medias et une partie de la population veulent du sang et des larmes.

  Demain d'autres individus seront lynchés sur la place publique avant d'être innocentés. Et parmi les premiers à jeter les pierres ont trouvera ceux qui ont considéré Outreau comme un scandale et versé une larme sur les acquittés.

  Tout en étant prêts, dès le lendemain, à crucifier sur le champ d'autres personnes soupçonnées sans attendre qu'il soit certain qu'elles sont vraiment coupables.

 

 

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SAGReiss 26/08/2011 14:16



Les Francais ne comprennent rien a la presomption d'innocence, telle qu'elle se pratique dans la justice americaine. N'est coupable que celui qui est condamne, et encore a confirmer en appel. DSK
a beneficie d'un non-lieu, donc il est innocent aux yeux de la justice. Point. CQFD. Il ne pouvait absolument RIEN faire pour qu'il y ait un proces, et il n'y aurait eu aucun interet de toute
facon. Personne en Amerique ne parle aux flics, parce qu'on a le droit de garder le silence, et l'exercise de ce droit ne doit EN AUCUN CAS etre interprete avec opprobre. Voici un video
instructif:

http://video.google.com/videoplay?docid=8167533318153586646# (45 min, VO sans sous-titres)

Non seulement on ne parle pas aux flics, on ne parle pas aux juges, et il est inoui qu'on temoigne en sa propre defense. On n'a rien a jusitifier, rien a expliquer, pas a prouver ou l'on etait le
36 du mois dernier a 26h30. On n'a meme pas de carte d'identite a montrer. Ca n'existe pas. C'est au procureur de prouver le crime & d'en identifier l'auteur, et l'avocat de la defense n'a
qu'a chercher a discrediter les arguments agences par l'Etat. Pour cela il lui suffit de provoquer chez l'un des douze membres du jury un "doute raisonnable", car le verdict doit etre unanime et
"au-dela d'un doute raisonnable". Il n'y a pas de victime, pas de partie civile. La dame aurait ete un simple temoin pour l'Etat, ni plus ni moins. En l'occurrence, l'Etat n'avait aucun espoir
d'une condamnation.

En civile, c'est different. La decision n'est pas a l'unanimite, et la charge de preuve est moindre, la preponderance de preuves. La dame a bien entame un proces, mais DSK peut l'eviter en
quittant le pays. Rien ne l'en empeche. S'il veut la paix, il lui filera un million des dollars de Mme Sinclair (sauf toutefois si elle ne lui cause plus, auquel cas il lui faudrait user de ses
propres fonds), et l'avocat de la plaignante (cher & tordu ou non) en encaissera allegrement un tiers. C'est pourquoi elle n'a pas besoin d'aide juridictionnelle. En ce cas, vous n'en
entendrez jamais rien, car une des conditions du cheque serait un accord de non-divulgation.



nicole.fournerie 24/08/2011 13:44



Vous aviez raison Alexandre A : en France la plainte n'aurait même pas été enregistrée...Ou elle aurait été classée sans suite illico presto....


A propos de Anne SAINCLAIR - et si elle a eu accès à toutes les pièces du dossier - il n'est plus possible qu'elle croie encore que son DSK de mari ne serait qu'un "grand et délicat séducteur"
puisqu'il n'y a pas eu de procès... Or DSK innocent aurait dû tout faire pour que le procès ait lieu au contraire... D'autant qu'il avait pris d'emblée l'avocat "le plus cher et
le plus tordu de NY" (Mme MANSOURET) et qu'il s'est emmuré dans un silence absolu comme le font les "parrains" dans toutes nos séries cultes. Impossible de voir en
DSK un innocent, dans toutes les acceptions du terme !


Que va faire Anne SINCLAIR qui connaît depuis longtemps l'existence, le fonctionnement et le pouvoir des réseaux ? Aurait-elle peur de DSK et de ses "amis"  ?


C'est quoi la justice dans nos démocraties MH ?  Un sujet de science fiction ? 



nicole.fournerie 07/07/2011 22:23









Je viens de lire que le Procureur ne voulait pas se dessaisir du dossier DSK parce qu'il
n'avait pas la garantie qu'une fois le non-lieu prononcé, ce dernier ne l'attaquerait pas pour sa démission du FMI, son ratage de la Présidence française et autres insanités du même
genre... Le Procureur serait donc fait comme un rat…Mais  pourquoi ? Voilà qui
explique le DSK fanfaronnant que l'on voit maintenant sur les vidéos…


Lorsque j'écrivais qu'il allait nous expliquer que c'est lui qui avait été violé, je n'imaginais pas qu'il pourrait "devenir" une victime à
indemniser grassement... Sans doute suis-je profondément débile mais je me préfère de loin à tous ces tordus qui "négocient" entre eux sur le dos de ceux qui justifient pourtant l'existence même de la justice, c'est-à-dire les plus faibles et les plus honnêtes d'entre nous... Ceux qui
travaillent et construisent en fait et qui sont la proie de ces prédateurs de tout poil qui ne sévissent pas seulement Outre Atlantique, comme vous le savez bien mieux que moi !


Je crois vraiment qu'un pays dit démocratique et de droit aux mains des plus pervers est plus dévastateur et
cruel qu'une jungle sans foi ni loi ou le hasard, la chance, l'intelligence et la générosité
peuvent constituer une force efficace contre le vice, la cupidité et la méchanceté alors qu'ils ne sont toujours
qu'un handicap massif dans nos sociétés de droit gravement perverties.  


En effet, la loi qui n'est respectée que par les honnêtes gens est une entrave les empêchant de se défendre eux-mêmes contre les voyous - qui
ne sont pas nécessairement les plus intelligents ni les plus forts - tandis que la justice qui ne fait pas son travail les réduit de fait en esclavage au lieu de les
protéger. Et là, je sais de quoi je parle !


Les juges et tous les acteurs judiciaires ont une très grande responsabilité dans le développement et le niveau de la délinquance. Les
"arrangements" se font toujours sur le dos de ceux sans qui les voleurs et profiteurs n’auraient rien ni personne à voler ! Le fameux "donnant-donnant" est toujours un marché de dupes sauf
quand il y a un ou plusieurs cadavres dans le placard ! Que va-t-il advenir de la jeune femme de chambre ? Quel crime a-t-elle commis pour que sa vie soit saccagée ?


Avec mes salutations du soir, douloureuses et plutôt désespérées...




Cimon 07/07/2011 07:44



"Et l'on a vu à la télévision le juge décidant de l'emprisonnement après avoir seulement entendu les
affirmations verbales du procureur, sans la moindre vérification du contenu du dossier au moment du choix de la détention, et sans que l'intéressé puisse prononcer ne serait-ce que quelques
mots"


Il est possible que je me trompe, mais il me semble que l'intéressé, s'il ne s'est effectivement pas exprimé, a été en mesure de la faire, et l'a probablement fait par l'intermédiaire de son
avocat.



Parolesdejuges 07/07/2011 09:24



De fait, le juge semble avoir décidé dans les conditions rappelées dans l'article. Et pour l'analyse ce qui compte c'est ce qui s'est passé plus que ce qui aurait pu se passer. D'où la surprise
d'une décision d'incarcération sur les seules brèves déclarations orales d'un procureur.
Sauf à considérer, comme cela est possible en droit français, que la détention avait comme unique raison d'être le risque de fuite. Mais encore faut-il qu'existent des charges sérieuses...
MH



nicole fournerie 06/07/2011 12:26






Nous constatons surtout que le « temps judiciaire » permet d’oublier sinon de gommer toutes les constatations matérielles
médico-légales faites sur la jeune femme après son agression  et dont l’énonciation par son avocat le 1er juillet 2011
explicite  sobrement et sans ambiguïté la nature et la violence de ce qui s’est passé.  Mais
aussi les éléments objectifs et indiscutables donnés par les cartes magnétiques des chambres qui montrent que la victime n’a pas menti
au grand jury qui au procès aurait donc très probablement déclaré coupable et condamné DSK.  Lequel ose
maintenant déclarer que non seulement le rapport avec sa victime était consenti mais qu’il aurait même refusé de la payer… Bientôt, il nous expliquera que c’est lui qui a été violé…
Tout cela est au-delà du sordide.


Si un non-lieu avant le procès était prononcé par le Procureur qui est un élu il y aurait de quoi se demander qui finance sa campagne ?
Qui peut faire ou défaire son avenir politique ? 


Fastoche ! quand on sait à qui appartient le NYPost qui a diffusé la fable caricaturale – à laquelle aucun cerveau libre
doté d’un cortex plissé  ne peut raisonnablement croire - concernant la jeune femme dont toutes les enquêtes
jusqu’à fin juin concluaient qu’elle avait une vie irréprochable… Mis à part un mensonge - qu’elle aurait commis comme la majorité des postulants dit-on - sur le questionnaire d’immigration
réputé très strict… Mensonge signalé au Procureur par son avocat lui-même qui, loyal avec sa cliente et courageux, a porté plainte contre le journal…


J’espère que DSK sera jugé à NY où des éléments matériels indiscutables existent alors que la plainte déposée ce jour par Tristane BANON pour des faits qui remontent à 2003 risque d’être plus mal
traitée encore…  Rien que la réaction hier soir de certains députés réputés « humanistes et républicains » qui trouvent qu’elle a bien tardé
pour la déposer cette plainte en dit long sur ce qu’elle risque de subir tous azimuts. Il serait vraiment utile sinon indispensable que toutes celles qui ont subi des agressions comme elle
agissent avec elle…  Même si son avocat Koubbi prétend ne pas avoir compris ce que voulait son
confrère américain quand ce dernier l’a sollicité pour avoir le témoignage de Tristane et d’autres victimes de DSK…


Il y a des solidarités que j’appelle de mes vœux tandis que d’autres prétendument « fraternelles » bafouent la démocratie et le respect des droits de chacun… Je reste très intéressée
par les décisions à court et moyen termes d’Anne SINCLAIR... 


C’est Jolly JUMPER qui demandait (?) quel rapport il pouvait bien y avoir entre la justice et des réseaux d’influence comme la franc-maçonnerie par exemple qui en comprend d’autres. Le discours
convenu sur « aucune opinion sans la fameuse (mais impossible) connaissance du dossier qui par essence est toujours confidentiel » d’une part et les rumeurs émises et alimentées
par des média d’autre part, illustrent assez bien leur pratique tant vis-à-vis de leurs « adeptes » que des profanes pour « paralyser » toute réflexion et intelligence
personnelles et ainsi « manipuler et inhiber » l’opinion publique…


Je me demande comment - en leur for intérieur - l’ensemble des femmes qui ne sont pas dans le déni de leur éventuelle soumission et les juges français réagissent à ces évènements… La réserve de
ces derniers est néanmoins prudente et justifiée…


Tristane  n’a pas fini de souffrir !...J'espère qu'elle ne sera pas "lâchée"...


 



Alexandre A 05/07/2011 17:59



Bonjour,


Votre analyse est riche et un peu de rationnalité permet aisément d'y souscrire. J'insiste pour ma part sur le traitement médiatique de cette affaire. L'opinion publique est prisonnière de
l'immédiateté de l'information qui par définition s'accomode mal d'un temps judiciaire au rythme long. Aussi tout et son contraire ont été dits ces deux derniers mois. Le procureur Cyrus
VANCE semble avoir brûlé les étapes préléminaires et élémentaires inhérentes au métier de juriste en s'inscrivant dans le tempo médiatique. 


Certains médias (quant à eux) devraient éviter de faire parler la justice avant même que celle-ci n'ait ouvert la bouche.


 



Jolly Jumper est de retour.... 03/07/2011 17:51



Bonjour à tous,


Oui, prudence ... dans ce drame comme d'autres drames.... On a beau le dire et le répéter : hélàs, les réactions restent les mêmes et comme vous le dîtes : on se
promet d'en tirer les leçons et patatras ! comme un réflexe de Pavlov, ça revient...


Et même si nous savons que les informations diffusées par les médias doivent être interprétées avec vigilance ... D'autant que nous ne sommes pas naïfs car ces
drames peuvent être exploités à des fins non désintéressés...


S'il faut s'intéresser à l'actualité -car il ne s'agit pas de vivre dans une bulle à l'écart de tout - , il faut toutefois retenir que la presse a besoin
d'auditeurs, de lecteurs etc... Bien sur, comme beaucoup de personne, je suis la première à entendre, à lire et voir l'actualité (il serait hypocrite de ma part de dire que je "snobe" les médias)
mais de là à affirmer des propos non argumentés ... c'est autre chose...


Bonne fin de journée à tous,



nicole fournerie 03/07/2011 14:30






« Il est peut-être un peu hâtif d'affirmer que parce que la plaignante a menti sur certains points, elle a menti sur
tout.  …. C'est le "tout repose sur la crédibilité de la plaignante" qui choque, et qui bloque »
.


Je suis bien d’accord avec vous et tiens à vous rendre un « vibrant » hommage si dans toutes les affaires qui vous
sont confiées, vous restez suffisamment vigilants pour ne pas vous laisser « embobiner » par  des portraits
aberrants de victimes menteuses, affabulatrices, frustrées, cupides et vénales qui auraient piégé leur
violeur pour les racketter… Il n’y a que des proxénètes ou des femmes dans le déni de leur
propre soumission pour penser comme ça….


Combien de temps a « fonctionné » le mensonge de cette jeune femme du RER (dont j’ignorais qu’elle était de la police
et qui a donc pu « emprunter» une histoire vraie ) ? Un mois et demi comme dans le cas de la victime de DSK ? Pardon, mais avant que la « justice » ait dit son dernier
mot, je continue de penser que cette jeune africaine - qui a été excisée et s’est expatriée pour que sa fille ne subisse pas le même sort qu’elle – a été victime d’agression sexuelle de la part
de DSK.


En effet, les déclarations récentes ont même conforté mon intime conviction et rendu à mes yeux l’affaire encore plus
glauque… Néanmoins, j’avoue ne jamais avoir pensé que ce serait le proc qui fournirait des « hors sujets » aux avocats de DSK pour « salir » cette jeune guinéenne dont le
directeur de l’hôtel disait qu’elle était une employée modèle… Serait-il lui-même devenu complice depuis un mois et demi pour qu’un journal s’en prenne «  avec vigueur à la plaignante
qu'il soupçonne même de se prostituer avec les clients de l'hôtel ».


Je vous assure que tout cela me donne la nausée.


Je constate qu’Anne SINCLAIR a « récupéré » sa liberté financière, qu’elle peut croire que ce ne sont pas les avocats
de DSK qui ont manœuvré avec les politiques pour calomnier cette jeune femme afin qu’il n’y ait ni négociation ni procès qui révèlerait quelque culpabilité de son mari… Elle peut et pourra donc
continuer de penser celui-ci « innocent » et de surcroît « victime » !...


J’ajoute qu’un mensonge n’a aucune valeur en soi. Il peut même être vertueux quand il sauve des vies. Les mensonges des
résistants à la gestapo étaient des actes héroïques… Pour faire simple (car le mensonge est une vraie question philosophique et pas seulement morale tant il y a de types de mensonges), il y a
pour moi deux grandes catégories de mensonges : ceux qui ne font de mal ni ne nuisent à personne et ceux qui au contraire sont faits pour nuire injustement à autrui.


Les premiers pourraient aider à réfléchir utilement à l’organisation sociétale. Sans être nécessairement très vertueux, ils
peuvent révéler des difficultés insoupçonnées qui pourraient être palliées facilement…Ils peuvent aussi être des purs moments de poésie pour tous... Tant le mensonge bienveillant peut être
généreux...


Tandis que ceux qui nuisent directement ou indirectement à autrui sont intolérables… C’est sans doute une des raisons pour
lesquelles les « mauvais » avocats méprisent tant les parties civiles et s’opposent avec véhémence à ce qu’elles soient parties « entièrement prenantes » dans  les procès… La conscience pouvant toujours titiller le plus cynique d’entre tous…


Vous écrivez aussi que « L'expérience et la connaissance des êtres humains qui, on le sait, sont capables de tout,
imposent d'avoir en tête en permanence que de nombreux scénarios sont toujours possibles »


Sauf que chacun d’entre nous n’est pas capable de tout et qu’il conviendrait que les juges sachent faire des diagnostics
différentiels fiables… Je peux vous assurer d’expérience qu’il y a certains scénarii qui sont inconcevables… D’ailleurs, comme Racine je pense (ou plutôt je sais) qu’ « Un coeur noble ne peut soupçonner en autrui  La bassesse et la malice  Qu'il ne se sent point en lui » (Jean RACINE, Esth. III, 9)


Enfin je voudrais dire à JMT que je suis d’accord avec lui – ce qui n’est quand même pas souvent - pour dire que DSK ne me paraît pas être
un candidat idéal… Mais j’ajoute aussitôt que je n’en vois pas beaucoup d’autres qui le seraient davantage… Je n’avais pas l’intention de voter pour lui. Le style de sa campagne ne m’a pas fait
changer d’avis :-)


 


Dans cette affaire, je m’intéresse davantage aux réactions de sa femme… L’hypothèse que j’avais évoquée sur votre blog n’avait pas prévu une
intervention du Procureur… Et pourtant mon expérience personnelle avec la justice aurait dû me rendre plus perspicace… Mais je ne peux pas croire que la justice ne soit que ce que j’en subis
moi-même depuis 11 ans !...  D’autant qu’au tout début et pendant peu de temps il est vrai, la justice et la police ont fonctionné normalement,
donc correctement. 



JMT 03/07/2011 00:45



Oui, parfait, pas grand cvhose à dre  si ce n'est que le procureur distille progressivcement des informations complémentaires sur la moralité de la plaignante, notamment cette conversation
en langue peulh (comment peut-on être peulh?).


J'ai tendance à reconnaître dans cette forme de procédure coup de poing la spontanéité américaine, des durs, craignant DIeu et le mensonge. Cela nous choque, nous qui révérons le mensonge et
avons oublié Dieu.


Il est possible que DSK soit innocent des violences reprochées, qu'il ait été piégé par cette femme singulièrement baraquée. Mais il y a eu rapport.


Tout de même, je n'aimerais pas avoir pour Président un individu susceptible d'encourir ce genre de risques. On sait l'uisage que les Soviétiques firent, autrefois, des belles espionnes pour
séduire les diplomates occidentaux, mais ce n'est pas leur apanage, alors,  savoir mon Président sensible à cette approche me serait désagréable.


La presse a été particulièrement ignoble dans cette affaire, mais représentative des opinions très contrastées qui courent sur DSK. Son arrogance, sa fortune, ses habitudes conviviales, son
alliance, ont entraîné certains à se réjouir de sa chute. Le bon garçon est un fantasme de militant socialiste. On n'est pas ce qu'il est sans être tireur d'élite, et détruire ce qui gêne ou
ceux qui gênent. Du coup, ceux qui voyaient ce flingueur disparaître ont lâché leur venin, aujourd'hui encore, parfumé à la truffe.


Le peuple se tournerait-il encore vers cet homme, innocenté ? Très sincèrement, je ne crois pas, même en reconnaissant ses immenses qualités intellectuelles, pas morales, intellectuelles, il n'y
a pas de morale en politique, pas plus qu'en droit, elle ne fait que rôder autour.


 



DerP 03/07/2011 00:39



opportunent--> opportunes*


 


Merci pour cet article ; cela méritait d'être dit. Ces fouilles-merde de médias n'ont rien d'autre
à ce mettre sous la dent, l'actualité sociale n'étant jamais assez vive, les faits divers sont leur seul élément de subsistance. Entre "l'agression" (et quelle agression, quel déchainement de
virilité !...) d'un politricard, deux ou trois meurtres impliquant des jeunes, des viols, des affaires de moeurs, des mariages princiers... On en aura bouffé.