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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 13:50

Par Michel Huyette


  Depuis des jours, les medias ne parlent que des poursuites pénales engagées à New York contre l'ancien (il vient de démissionner) directeur français du fonds monétaire international (site ici). Une plainte a été déposée contre lui par une femme de ménage de l'hôtel dans lequel il séjournait. Le procureur aurait retenu les infractions de séquestration et de tentative de viol.

 Cette affaire, inattendue,  a d'autant plus marqué les esprits que ce membre de l'élite internationale a été arrêté, menotté, conduit dans un tribunal, et placé quelques jours en détention provisoire comme n'importe quel déliquant ordinaire. Ceci à la vue du monde entier, les policiers choisissant, pour aller du commissariat à leur véhicule, de passer devant une horde de journalistes, de caméras et d'appareils photos.

  Cette arrestation, mais peut être plus encore les images diffusées en boucle, ont entraîné un flot incessant de commentaires en tous sens, ainsi qu'une avalanche d'articles de presse et d'émissions télévisées. On a tout entendu, et le contraire de tout notamment de la part des tenants du complot et en réponse des associations féministes qui se sont affrontés par medias interposés. On a senti se réjouir ceux qui voient dans les yeux des élites politiques et financières le mépris pour les gens ordinaires, de même que ceux qui reprochent au FMI de n'être qu'un outil de domination des pays riches sur les pays pauvres. Et tant d'autres encore.

  La jetée d'un puissant dans l'arène a réveillé les instincts les moins nobles. Les medias, tout en s'interrogeant sur une éventuelle atteinte à la dignité de l'homme dont l'image dégradée est donnée en pâture à toute la planète, ont quand même publié ou diffusé en boucle les images litigieuses. Le voyeurisme commercialement rentable dans une telle situation n'a pas laissé la moindre chance aux pétitions de principe.


  Toutes sortes de pensées plus ou moins malsaines ont donc rapidement tenu à l'écart les réflexions sereines.

 C'est pourquoi il n'est peut être pas inutile de revenir brièvement sur ce qui vient de se passer, mais en partant cette fois de quelques principes simples de base.


Les auteurs d'infractions sexuelles

  Si les medias s'intéressent essentiellement aux procès hyper-médiatisés des "montres" ou des "prédateurs sexuels", ceux qui enlèvent, agressent, violentent des femmes ou des enfants, et présentent de très graves troubles de la personnalité, les habitués des salles d'audience savent que dans une majorité des cas les accusés d'infractions sexuelles sont des gens relativement ordinaires.

  Entendons nous sur le sens de ce dernier mot. Il s'agit de souligner que, l'acte mis à part, certains des accusés sont des hommes bien insérés socialement, professionnellement. Ils font fréquemment témoigner de nombreuses personnes qui expliquent, sans mentir, qu'ils sont de charmants voisins, collègues ou amis. Et ces témoins disent les uns après les autres à quel point ils ont été surpris d'apprendre que l'homme en qui ils faisaient confiance a commis (supposons les faits établis) les actes qui lui sont reprochés. Cela signifie qu'il faut s'ôter de la tête l'idée selon laquelle tous les agresseurs sexuels sont des hommes marginaux, désinsérés, psychologiquement instable ou psychiatriquement malades.

  On sait également que les désordres de nature sexuelle ne sont pas l'apanage des classes sociales défavorisées. Si la façon de passer à l'acte est en partie conditionnée par le niveau intellectuel de l'agresseur, ces désordres touchent toutes les catégories de population sans aucune exclusive.
C'est pourquoi, si l'on peut comprendre les premières réactions de ceux qui ont déclaré "Un homme de ce statut et de ce milieu, c'est impossible", on sait la limite de tels repères.

  Par ailleurs, les situations de pouvoir ont souvent une influence sur la vision de l'autre, et par ricochet sur le respect de l'autre, de la part de celui qui se trouve, réellement ou psychologiquement, dans une position de dominant.


  Quoi qu'il en soit, tout être humain comporte en lui une part de mystère, certains diront une part d'ombre. Personne n'est entièrement lisse. Chacun a ses aspérités. Après, il y a ceux qui maîtrisent leurs éventuelles pulsions et ceux qui, pour des raisons diverses, n'ont pas une totale maîtrise de cette barrière qui, dans la tête, doit permettre d'empêcher le passage de "j'ai envie" à "je fais".


 Le traitement des prévenus

  Alors que certains commentateurs s'offusquaient à la vue des images nous montrant un directeur de FMI, ancien ministre de l'économie, et (jusque là) probable candidat à l'élection présidentielle française de 2012, menotté, encadré de policiers le faisant délibérément passer devant des rangées de caméras et d'appareils photo, puis assis abattu dans une salle d'audience ou il comparaissait entre un braqueur et un trafiquant de drogue, d'autres ont applaudi au fait qu'il soit traité comme n'importe quel prévenu sans que son statut ne lui permette d'espérer la moindre faveur.

  La question qui se pose n'est pas tant celle du statut social de l'intéressé que de l'utilité, par principe, de traiter un prévenu de telle ou telle façon, en ayant en tête que la référence doit être vers le haut, c'est à dire le traitement le plus précautionneux possible, et non vers le bas, c'est à dire le traitement le plus humiliant. C'est pourquoi, quand il est peu probable que la personne arrêtée prenne ses jambes à son cou et s'enfuie en pleine rue poursuivie par une meute de poiiciers, il n'existe pas de raison suffisante pour lui passer les menottes dans le dos et la faire encadrer par cinq policiers qui lui tiennent ostensiblement les bras. Un principe de menottage systématique n'a aucune raison d'être, même si l'on peut admettre qu'en cas de doute il soit légitime que les policiers prennent un minimum de précautions.

  Cela est d'autant plus important quand la personne arrêtée conteste les faits, que plusieurs scénarios sont envisageables, et qu'elle n'est pas définitivement condamnée. Car les images d'une personne entravée peuvent laisser dans les mémoires des traces indélébiles que la déclaration ultérieure de non culpabilité ne suffit pas forcément à effacer.


  Au demeurant, dans notre législation, est interdite la "diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, de l'image d'une personne identifiée ou identifiable mise en cause à l'occasion d'une procédure pénale mais n'ayant pas fait l'objet d'un jugement de condamnation et faisant apparaître, soit que cette personne porte des menottes ou entraves, soit qu'elle est placée en détention provisoire" (texte ici). On peut se demander si en l'expèce cette obligation a bien été respectée.


  La présomption d'innocence

  Alors que les proches du président du FMI ont légitimement insisté sur la présomption d'innocence, ils se sont vus rétorquer que se positionner ainsi démontre une forme d'indifférence voire de mépris vis à vis de la femme de ménage, d'autant plus qu'il n'existerait aucune raison de ne pas la croire. On a même entendu de nombreuses fois l'expression de "présumée victime" venant contrebalancer celle de "présumé innocent".

  Le débat ainsi lancé est particulièrement mal engagé. Il faut en revenir à un principe simple applicable à toutes les situations : toute personne qui conteste les faits ne peut être considérée comme coupable tant qu'il n'a pas été définitivement et positivement statué sur sa responsabilité. Encore plus quand personne ne connaît ni la version des uns et des autres, ni le contenu du dossier.

  Affirmer ceci ne signifie absolument pas que l'on émet des doutes sur la véracité des faits dénoncés par la plaignante. Toute plainte qui n'apparaît pas immédiatement manifestement aberrante doit par principe être considérée comme sérieuse et recevoir les suites appropriées. Simplement, cela a pour conséquence que dans un premier temps toutes les affirmations sont traitées de la même façon, avec la même prudence, que ce soit à charge ou à décharge. Sinon, autant supprimer l'enquête et le jugement, et, dès le dépôt de plainte formalisé au commissariat, envoyer immédiatement en prison toute homme accusé d'agression sexuelle par une femme.

  Ajoutons qu'en matière sexuelle, si la majorité des femmes qui portent plainte sont réellement victimes d'agressions, l'histoire de la justice est aussi parsemée de dossiers dans lesquels des allégations de viol se sont avérées finalement non fondées, après, notamment, que des femmes aient reconnu avoir menti. Au-delà, une femme peut avoir raison sur le principe d'une agression mais déformer la réalité, volontairement ou non, sur les modalités précises de cette agression.

  C'est pourquoi le principe de la présomption d'innocence doit en début de procédure rester en permanence le repère principal. Rien ne doit nous en écarter.


  La détention provisoire

  Les juristes français ont été surpris en voyant à la télévision, lorsque la question a été posée à un juge New Yorkais de l'éventuelle détention provisoire, que le procureur d'une part était le seul à s'exprimer sur les faits et d'autre part qu'il se contentait d'énoncer verbalement les charges contre l'intéressé sans, apparement, un examen minutieux tant par lui-même que par la défense des premières pièces écrites du dossier. Il aurait même fait allusion à d'autres agressions sans même donner le nom d'une possible victime.

  Un tel déséquilibre qui donne la priorité au ministère public n'est évidemment pas acceptable en Europe. Heureusement notre système est différent. Devant le juge des libertés et de la détention le débat le débat est contradictoire, en présence d'un côté de l'accusation et de l'autre du prévenu accompagné de son avocat, ces derniers pouvant même solliciter un délai pour mieux se préparer. Et ce débat porte sur le contenu de tout le dossier auquel chacun a entièrement accès (art. 145 du code de procédure pénale, lire ici).

  Par ailleurs, la loi française précise clairement que la détention doit être très exceptionnelle, et ne peut être utilisée que si un contrôle judiciaire strict est insuffisant (art. 144, lire ici). Cela est l'un des moyens d'éviter les incarcérations qui chaque année sont suivies par des décisions de non culpabilité et imposent, sous certaines conditions et restrictions, le versement d'une indemnité financière à tous ceux qui on été détenus à tort.

  Sans doute peut-on trouver injuste que tous les prévenus ne soient pas en mesure de proposer une caution financière (un million de dollars pour le directeur du FMI). Il est vrai que le délinquant qui n'a ni emploi ni argent peut apparaître dans une situation plus délicate au moment de proposer des garanties de son maintien à la disposition de la justice. Mais le fait que certaines personnes ne soient pas en situation de proposer une caution ne peut pas justifier que l'offre de caution de celui qui possède la richesse suffisante ne soit pas retenue. C'est en dehors des palais de justice que le débat autour de la justice sociale doit avoir lieu, non dans les salles d'audience.


  Le statut de l'accusation

  Plusieurs commentateurs ont souligné le fait que le procureur qui poursuit le président du FMI a été élu à son poste, et que le résultat des dossiers traités par les procureurs américains leur servent lors des campagnes électorales. Autrement dit, l'accusateur pourrait prendre en compte dans sa stratégie des paramètres qui ne sont pas exclusivement en lien avec le fond de l'affaire. Sa volonté de paraître efficace et intraitable, d'ajouter à son palmarès la condamnation d'un puissant, pourrait prendre le pas sur une analyse nuancée des dossiers.

  On en revient alors à la question générale du statut du ministère public qui n'est toujours pas tranchée en France (lire not. ici, ici, ici, ici).

  Mais quelque soit le système retenu, la démarche de l'accusation ne devrait être pervertie par aucun phénomène incitant l'autorité de poursuite à s'écarter de la seule appréhension du dossier traité. Il faut donc limiter autant que possible tout ce qui peut parasiter le travail du ministère public. C'est pour cela que depuis longtemps la question est posée du maintien en France du statut d'un ministère public hiérarchiquement organisé et rattaché directement au ministère de la justice, sachant que c'est en plus le gouvernement qui possède le pouvoir de nommer les magistrats du Parquet. Car la volonté de plaire au public (système américain) peut présenter des similitudes avec la volonté de plaire au pouvoir politique quand il tient entre ses mains le devenir des magistrats (système français).


  Au final, la comparaison entre les deux systèmes est un peu vaine. La démarche la plus utile consiste à se demander à quoi doit ressembler une procédure pénale à la fois efficace en termes de répression de la délinquance et respectueuse des droit fondamentaux, ces références aujourd'hui incontournables qui nous évitent de revenir en arrière vers un passé peu glorieux.

  Par ailleurs, le fait de voir un membre de l'élite traité comme un délinquant ordinaire n'est pas forcément un signe de progrès ou de démocratie contrairement à ce qui a été parfois affirmé. De la même façon qu'il n'y a pas de véritable raison d'interdire à des familles de vivre dans de vastes logements parce que d'autres familles en situation de précarité s'entassent dans des espaces excessivement réduits, il n'y a pas de motif d'imposer à des personnes d'un milieu économique et social élevé des humiliations judiciaires inutiles au prétexte qu'il s'agit du quotidien de bien d'autres citoyens. Les inégalités sociales, même les plus insupportables, ne doivent pas donner naissance à d'autres injustices, quand bien même, pour certains, il s'agirait d'un juste mouvement de balancier.

  Par contre, ce qui est essentiel, c'est que les élites ne trouvent aucun moyen d'aucune sorte pour intervenir dans la mécanique judiciaire et l'influencer dans un sens favorable.


  En France, il n'est pas encore certain que ce soit le cas (lire not. ici).

 

 

 
 

 


 

Published by Parolesdejuges - dans Justice et pouvoir
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commentaires

Cimon 22/05/2011



Sur le statut du ministère public US, je ne suis pas certain que la critique généralement formulée (il est élu, donc est soumis à maintes tentations) soit pertinente dans le cas d'espèce : s'il
présente des éléments incomplets, fantaisistes, juridiquement peu étayés, il est très probable que le juge les rejette et prononce un acquittement. Dit autrement, une fois la procédure engagée,
n'est-ce pas sur le juge que les garanties devraient se concentrer ? Sauf erreur de ma part, la critique du système français et US de ministère public se concentrent sur la problématique de la
mise en mouvement (ou non) de l'action publique.


S'agissant de la présomption d'innocence, pourriez-vous nous gratifier d'un billet sur le sujet ? Sur le plan pénal strict, il me semble qu'il ne s'agit que d'un élément de preuve (ou plutôt de
charge de la preuve). En ce sens, accusé et victime ne sont pas à égalité, le second (le ministère public, si on n'est pas dans un cas de justice privée) devant démontrer la culpabilité du
premier. Mais il me semble que la présomption d'innocence, c'est un peu plus que ça d'un point de vue juridique, et je n'arrive pas vraiment à mettre le doigt sur la substantifique moelle...



Marie-ange MARIE 22/05/2011



"En France, il n'est pas encore certain que ce soit le cas" et lien vers l' excellent livre hélas peu médiatisé de Dorothée Moisan; hem...Vous êtes à la retraite ???


 



Jolly jumper 22/05/2011



Bonsoir à tous,


Face à une remultidiffusion des images zoomées, accompagnées de commentaires souvent contradictoires (tarif d'une chambre évoqué au départ à 3000 euros et ensuite
quelques jours après à 500 euros...) : gardons notre esprit critique : restons vigilants, nous ne sommes pas obligés de tout croire...


Bonne soirée à tous,



Christian 23/05/2011



A propos de l'affaire DSK, j'entends à nouveau parler de cette idée de "présomption de véracité" des propos de la victime. Si je me souviens bien cette idée avait déjà été évoquée, entre
autres, par Ségolène Royal dans l'affaire dite d'Outreau.  Il me serait agréable de lire votre analyse et vos commentaires sur ce point.


A l'heure où la compassion est érigée en vertu politique, il serait bon, me semble t-il, de dire que la justice n'est pas rendue au nom des victimes, mais au nom de l'Etat et que le féminisme ne
doit pas devenir un totalitarisme au risque de dénaturer ses fondements mêmes.


 



JMT 23/05/2011



Il est vrai que l'attitude des "justiciers" américains est irritante. Goût de la publicité, envie de se présenter comme tpotalement démocratique au regard des impératifs judiciaires en ne tenant
compte que de l'accusation ? Difficile, un peu de tout ça sans doute. En revanche la parade devant les medias dont on connaît par ailleurs le rôle d'excitateur à la démesure, le flou des
informations, les erreurs d'emportement semble bien provenir d'une volonté organisée de détruire le prévenu, alors qu'il est entre les mains de la police et sous la volonté du juge, qu'il
n'appartient pas à l'accusation. La volonté est donc organisée de faire subir au prévenu un traitement volontairement dégradant et accusateur. On peut dire là qu'il y a une collusion malsaine
entre la Police et l'accusation. Dès lors, le doute est permis: pourquoi cette attitude ? Une profonde certitude des faits ? Une volonté politique ? Tout cela demanderait des investigations
achevées, une preuve acquise, une préparation, un projet "long shot", presque un complot, ce qui, face à la simple raison n'a que peu de sens.


Il se peut encore que le personnage ait été dans le viseur des policiers depuis quelques temps, connu, fiché et guetté, navrant, mais aussi peu crédible.


Le citoyen moyen croira ce qu'il voudra bien analyser et fera les déductions qu'il pensera justes. L'aventure du pédophile présumé de l'Ardèche nous montre ce qui peut arriver lorsque la
population se fait justice. La volée reçue par le présumé violeur nous fait penser à la parade imposée à DSK. Si on réprouve la première, on doit réprouver la seconde. Et pourtant, il y a un
sentiment trouble qui demeure, en dehors de la différence de niveau des agressions évoquées. La faiblesse mentale de l'un, quoique bien vécue et instrumentaliséée, et l'arrogance de l'autre.


La présomption d'innocence s'applique à chacun, sauf que, dans un cas, il y a une forme d'appropriation des crimes commis par la video personnelle des forfaits et dans l'autre, une dénégation
forcenée et subtile de la violence imposée. En présence de ces éléments, l'application de la présomptrion par le Juge sera nécessairement nuancée et pas seulement devant le Juge des libertés qui
s'attelle à un travail de rapport de force entre le fond et la nécessité de l'incarcération à partir des critères définis par la Loi. A noter que, pendant longtemps, les cours surtout, aimaient
ne se fonder que sur le trouble à l'ordre public, fourre tout bien connu des étudiants en droit et des législateurs impénitents. Il y avait en outre, une réelle jouissance à ne pas évoquer le
fond, quitte à se contenter de retranscrire l'enquête sans y toucher.


Or, la présomption d'innocence n'équivaut pas à autre chose qu'à la rétention de la vérité jusqu'au verdict, même si les faits sont évidents, impérieux, indéniables. Elle est heureusement
épaulée par la nécessité de la détention ou non; on a vu des meurtriers laissés en liberté sous contrôle judiciaire car les circonstances l'imposaient, je pense à des cas très douloureux
d'euthanasie ou de misère morale.


Ces attitudes imposent de ne commettre aucun excès de procédure a priori, et c'est cela que je reproche à la procédure suivie contre notre compatriote. Une erreur intellectuelle.



Aurélien Vitrac 23/05/2011



Sur la présomption d'innocence, vous parlez du terme de "présumée victime" mais je pense qu'il faudrait aussi rappeler aux médias français que le terme de "coupable présumé" n'existe également
pas...


Ensuite j'ai été surpris (on peut pas tout savoir...) par l'article de loi que vous avez cité interdisant la diffusion d'images de personnes mises en causes menottées ou en détention
provisoire, les photos des accusés dans leur box aux assises ou ailleurs seraient-elles alors illégales ?


Et enfin, je divague un peu du sujet et pour reprendre l'expression de "Cimon" pourriez-vous nous gratifier d'un billet sur les délinquants et criminels sexuels ? En effet lorsque vous dites :
"Après, il y a ceux qui maîtrisent leurs éventuelles pulsions et ceux qui, pour des raisons diverses,
n'ont pas une totale maîtrise de cette barrière qui, dans la tête, doit permettre d'empêcher le passage de "j'ai envie" à "je fais"." Cela ne fait que conforter une
réflexion que j'ai depuis avoir assister à plusieurs audiences, notamment au tribunal correctionnel de Toulouse, concernant des hommes jugés pour agressions sexuelles le plus souvent sur
ascendant, à savoir, les réponses pénales à la disposition des cours et tribunaux pour sanctionner ces faits sont-elles adaptées ? En effet la maîtrise plus ou moins grande de cette "barrière"
selon votre propre expression ne me semble pas relever, et bien entendu je ne prétends pas détenir la vérité, de la pleine conscience d'un individu. Et même mis à part le traitement inhumain fait
à ces personnes en détention par leurs codétenus, il serait stupide de nier ce fait, la réponse à ces actes ne devraient-elles pas être plus psychiatrique que judiciaire ? On pourrait envisager
des centres fermés où l'on placerait les délinquants et criminels sexuels le temps, voir plus, de leur peine ce qui permettrait de protéger la société et de tenter de les soigner. Une sorte de
rétention de sûreté dès le premier jour d'incarcération. En d'autres termes, l'incarcération dans ces cas-là, est-elle indispensable ?



nicole fournerie 23/05/2011






A  Christian :


Vous écrivez   : "A l'heure où la compassion est érigée en vertu politique, il serait bon, me semble t-il, de dire que la
justice n'est pas rendue au nom des victimes, mais au nom de l'Etat et que le féminisme ne doit pas devenir un totalitarisme au risque de dénaturer ses fondements mêmes." 


Je suis tellement abasourdie que je ne peux que vous souhaiter d'être un jour saisi par surprise puis plaqué et maintenu fermement sur le dos
 par un beaucoup plus costaud que vous qui s'excitera et éjaculera dans votre bouche, sur votre visage et votre torse sans que vous ne puissiez rien faire...


Ou qu'un toujours plus baraqué que vous et avec un très gros pénis vous oblige à lui faire une fellation. Vous avez la bouche si pleine que
vous étouffez et ne pouvez le mordre.  De surcroît, vous êtes terrorisé car complètement immobilisé et le colosse est très énervé et brutal.


Il est des disciplines où l’expérience est indispensable pour y comprendre vraiment quelque  chose.  Les TP augmentent  toujours l’efficacité des cours
magistraux.


Pardon pour ma trivialité qui ne sera  cependant jamais aussi violente et vulgaire que ce qu'elle dénonce. 


PS : Je ne vous veux aucun mal bien sûr. D'ailleurs, cette scène se passerait dans la plus grande intimité sans flash ni caméra pour qu'aucune
image ne puisse un jour traumatiser votre agresseur si par malchance, il se faisait arrêter...



nicole fournerie 24/05/2011



Merci d’avoir publié mon commentaire et d'avoir pris la peine de me répondre.


Mais quand cesserez-vous de croire que vous seriez les seuls à pouvoir appréhender la complexité des situations ? Sans même douter de votre
propre capacité à le faire... Car ce n'est évidemment pas le fait de ne pas comprendre une situation qui la rend complexe ! 


En l’espèce, ce qu’il faut juger est simple…


Et j'aurais trouvé plus décent vis-à-vis de la victime, mais aussi du monde entier que DSK reste en prison jusqu'au  6
juin 2011… Sans lui souhaiter - ni à quiconque d’ailleurs – qu’il y croupisse après, pendant des années. En revanche, je serais profondément choquée qu’il soit acquitté au lieu d’être lourdement
condamné à « indemniser » sa victime qui ne sera pourtant jamais plus « indemne » de ce qu’il lui a fait subir…


C’eût été plus décent aussi vis-à-vis de sa femme qui ressemble à  une victime qui
s'ignore et illustre ce que j'écrivais dans le fil d’Outreau le 12 mai 2011 avant l’affaire DSK :  "Un des indicateurs du degré de
perversion d’un pervers est le niveau de vitalité de ses proies. Plus le pervers est pervers, plus ses proies ont des ressources personnelles importantes qu’elles mobilisent naturellement pour
résister à son influence mortifère sans avoir conscience du danger pour elles. » J’ajoutais même : « Quand elles se savent en
danger et regimbent, les proies risquent leur vie et parfois la perde ».


Le courage, la candeur, le dévouement et l'élégance d'Anne SINCLAIR sont autant de signes du déni dans lequel elle est vis-à-vis
de DSK pour qui elle a tout abandonné... Et au service de qui elle s'est mise corps et âme... Avec énergie, intelligence et passion. Tandis que lui clame haut et fort son amour pour elle
et disait à l'envi avant son arrestation qu'il ne faisait rien sans son accord : "Son avis compte beaucoup"... Faisant presque croire qu’il allait se présenter à la Présidentielle pour lui faire plaisir…


Or j’entendais hier certains dire qu’Anne SINCLAIR était « conne » tandis que d’autres (dont des femmes) affirmaient qu’elle aimait DSK pour son vice et pour être la Première Dame de France … Tous,
soutenant d’ailleurs que la femme de ménage avait agi pour l’argent en concluant que tout cela faisait beaucoup de bruit pour RIEN puisqu’il n’y avait qu’une tentative de viol et pas viol…
Furieuse, je leur aidemandé comment chacun d’eux réagirait s’il était contraint physiquement de faire une fellation à
DSK… Une flopée d’anges est  passée… Alors quand j’ai lu le commentaire de Christian, ma colère a resurgi...


Mais imaginons, un sérieux conflit entre eux... Je suis prête à parier qu’en France, elle serait plus critiquée que lui dont on
prétendrait qu'il en était très amoureux et qu'il faisait tout ce qu'elle voulait. Que c'était elle qui avait l’argent donc le pouvoir et qu’in fine, elle décidait de tout ! Ses crimes à lui
ne seraient plus que des frasques. Des vétilles… De nécessaires soupapes de sécurité… Déjà, ils sont nombreux - trop nombreux - ceux qui le considèrent comme une victime dans l’affaire en
cours d’instruction !… Or, pas besoin de dossier judiciaire pour savoir qu’il y a des choses qui  ne s’inventent pas !


Voilà la perversion (inversion) à l’oeuvre : manipulation d’un côté et déni de l’autre !


Que souhaiter à Anne SINCLAIR ? De toute façon, elle est inconsciente du déni dans lequel elle est et en sortir ou
pas ne dépend pas d'elle. Ni de son intelligence ou sa volonté. Beaucoup prétendront qu'elle était parfaitement
au courant donc complice ... MAIS DE QUOI ? Aujourd'hui, elle m'arracherait sans doute les yeux si elle me lisait... Comme le font pendant des années et des années toutes les femmes
« abusées » à ceux qui les mettent en garde contre ceux qui les abusent mais qu’elles aiment ! En vain jusqu’à ce qu’elles se sentent enfin en danger et de plus en plus souvent ….
Mais la prise de conscience est lente car instable, labile. Personne ne sort d’un déni d’un seul coup sans y retomber aussitôt. Le déni se met en place inconsciemment pour maintenir en vie celui
qui est confronté à un « trop dangereux et/ou douloureux pour lui » qu’il n’identifie pas, qu’il ne peut pas concevoir. En sortir dépend encore de l’inconscient
qui  « nous agit » tous à notre insu. Le seul a tout savoir et se rappeler est notre corps qui souvent nous parle et que parfois, on écoute et comprend… C’est
aussi pour cette raison – parmi d’autres – que je trouve très préoccupante et dangereuse  cette manie de se « méfier » de ce qu’on éprouve et ressent…
Plutôt que de l'analyser et de s'en servir pour mieux réfléchir et penser plus justement.


Se demander ce qu'est l'amour est vain tant il y a de formes et d'objets d'amour, en revanche se
dire que dès qu'aimer  fait souffrir, c'est qu'il y a quelque chose qui nous met en danger pourrait être utile à chacun sans nuire à personne.



Jolly Jumper 26/05/2011



Bonjour à tous,


A propos des medias évoqués dans mon premier commentaire, je me permets un petit hors-sujet plus léger ...


Après deux semaines d'une actualité dramatique, j'avais envie un peu de "légereté" ... et puis, comme nous ne savons rien de ce drame ...  J'espère que personne
ne m'en voudra de ce hors-sujet.


Voilà, je viens d'apprendre que le contrat "Naulleau-Zemmour" ne sera pas reconduit à la rentrée dans l'émission de Ruquier : je ne suis pas ravie.


Il faudra désormais se contenter de plus en plus d'émissions "lisses" où il n'y aura pas un mot plus haut que l'autre : mortel ennui assuré ! On ne pourra plus râler
ou rire sur eux à la pause-café du lundi matin. Nous deviendrons de gentils télespecteurs, bien dociles.... Puisque c'est comme ça, je vais boycotter l'émission, na !


De toute façon, on ne peut plus rien dire : grrrr.... (eh oui, il m'arrive de râler lol).


Mais je garde ma bonne humeur pour souhaiter une bonne fin de journée à tous,