Dimanche 6 décembre 2009
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11:34
Par Michel Huyette
Non non non, ne vous inquiétez pas. Ce blog ne s'est pas transformé soudainement en tribune de parti d'extrême droite.
Il s'agit aujourd'hui de revenir quelques brefs instants sur un reportage diffusé il y a quelques jours à la télévision, et qui concernait la façon, dans un pays européen autre que la
France, dont sont traités certains étrangers, tous issus du même pays.
Sans doute n'y avait-il rien de bien nouveau a priori.
Un parti politique profite du malaise de la population pour tenter d'obtenir ses voix aux élections locales et nationales en l'abreuvant de slogans simplistes contre la présence des
étrangers : ils prennent les emplois, ils sont à l'origine de la délinquance, ils doivent donc être mis dehors.
Tout comme chez nous.
Et une fois de plus, les journalistes ont montré que dans ce pays là le discours est en grande partie contraire à la réalité.
D'abord parce que les emplois occupés par des étrangers correspondent pour la plupart à des emplois pour lesquels les entreprises ne trouvent pas de candidats du pays (comme cela a été
confirmé par les employeurs interrogés). Ensuite parce que les statistiques officielles sur la délinquance montrent que la part des inractions commises par des érangers est peu élevée (9 % dans
ce pays).
Bref, un discours xénophobe qui s'appuie sur des affirmations mensongères dans le but d'inquiéter une population que l'on tient dans l'ignorance des réalités, tout cela pour faire croire
que le parti qui élève le plus la voix et qui montre le plus ses muscles détient la solution de tous les problèmes.
Rien de nouveau sous le soleil.
Mais il y avait un petit quelque chose de plus... inhabituel dans ce reportage.
En effet, il s'agit de la Suisse, et les étrangers qualifiés de "racaille" sur les affiches et dans les journaux sont des..... français !
Les journalistes sont allés interroger certains de ces travailleurs français "transfrontaliers" qui subissent de plus en plus ouvertement les critiques de certains suisses et d'un parti
politique qui a fait de leur rejet son cheval de bataille.
Et nous avons vu plusieurs de nos compatriotes dire à quel point ils se sentent humiliés d'être traités ainsi, combien ils trouvent injustes les agressions dont ils sont victimes, et
considérer très malsaine la campagne de dénigrement qui les vise.
Tout comme chez nous.
Enfin presque.
Car si en France la problématique est souvent la même, chez nous quand ce sont "nos" étrangers qui sont mis au ban de la société, tout aussi injustement, les mêmes français sont nombreux à
ne pas y prêter attention, voire à trouver le rejet de ces étrangers bienvenu.
Mais tant que ce sont les autres qui sont victimes de la haine et de la discrimination, notamment ceux qui n'ont pas la peau complètement blanche, c'est sans doute moins grave que quand il
s'agit de français....
Publié dans : Envers du décor
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Encore en 2009 (et bientôt 2010) on a toujours besoin de réfléchir sur le sens de ce mot.........
MH
Mais plus encore, il m'apparaît que ces idéologies sont toutes faites d'ignorance. Car si l'on rejette, c'est que l'on a peur parce que l'on ne connait pas. Dans ces conditions, pourquoi n'essayerait-on pas d'apprendre à connaitre? Ainsi, nous pourrions peut-être avoir moins peur et donc, ne plus rejeter l'autre.
Au fond, nous sommes tous l'étranger de quelqu'un ! Et, l'exemple des français en Suisse le montre bien. Il faudrait que chacun puisse prendre conscience de cela pour que l'on parvienne à traiter avec plus de dignité nos "sans-papiers", nos familles de banlieues, et ne pas s'entêter à les reclure, loin des yeux de tous, parce qu'ils ne sont pas (en apparence) comme nous.
Un récent article du journal Le Monde concernant un récent rapport relatif aux Zones Urbaines Sensibles, accompagné d'une interview du Maire de Clichy-sous-bois, donne à réfléchir sur ce point également.
Mais, là encore, et pour faire le pont avec un de vos derniers articles, Monsieur Huyette, les médias jouent un rôle déterminant dans l'image qu'on se fait de l'étranger. La politique qu'on nous propose en ce domaine est déjà suffisamment drastique comme çà pour que les journalistes ne tentent pas d'apporter plus de nuance...
On dit volontiers que l'oisiveté est mère de tous les vices. Je pense que l'ignorance en a également enfanté de nombreux. Reste à savoir si elle va continuer...
excellent.
Tolérance="respect de la liberté d'autrui, de ses manières de penser de ses opinions politiques et religieuses"
Respect= "sentiment qui porte à traiter qqun avec de grands égards"
ref : Larousse, 2007
Le fait de tolérer suppose d'admettre avec une certaine passivité ou avec condescendance le plus souvent, ce que l'on pourrait interdire ou ce qu'on aurait le droit d'empêcher.
Alors quand quelqu'un me parle de tolérance à propos de l'Autre, de l'Etranger, je me dis toujours :"Mais pour qui il se prend celui-là pour "tolérer" son congénère et parfois oser s'en enorgueillir ? "
J'ai la même réaction avec la Charité, qu'elle soit chrétienne ou pas d'ailleurs.
La tolérance n'est pas une vertu. La charité non plus. Mais surtout, ni l'une ni l'autre ne se fonde pas sur le respect de l'autre. Le respect de l'autre suppose une relation à parité. Une relation d'échange. Pas une relation où l'un est redevable à l'autre.