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Publié par Parolesdejuges

 

  Depuis la nuit des temps, les êtres humains se demandent pourquoi certains d'entre eux, qui n'y étaient pas destinés quand ils ont vu le jour, franchissent un jour la ligne rouge communément admise et deviennent des criminels.

  Pour nous accompagner dans notre réflexion, Jean Michel Bessette a récemment publié aux éditions l'Harmattan (leur site) un livre intitulé : "Anthropologie du crime".

Bessette  Ce n'est pas un hasard si en tout début de livre l'auteur cite cette phrase de Spinoza : "Ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas maudire, mais comprendre".  Et rappelle aussi que, pour H Levy Bruhl, "L'étude du crime est un élément de première importance pour connaître et mesurer les valeurs courantes dans une société."

  En effet, on a entendu tout, et le contraire de tout, sur les auteurs de crime. Des réflexions les plus abouties aux slogans les plus populistes. D'où la difficulté, c'est peu dire, pour sereinement analyser puis quand cela est possible comprendre des passages à l'acte aux origines multiples et complexes.  D'autant plus, comme nous l'avions déjà signalé ici, que certains criminels apparaissent plutôt ordinaires (lire ici), quand bien même leur acte nous est incompréhensible.


  Le premier chapitre est intitulé : "Aperçu sur la sociologie criminelle".

  JM Bessette souligne que si la sociologie criminelle est une science plutôt récente, la criminalité et la personne du criminel ont depuis toujours été l'objet d'interrogations et de réflexions. Et il mentionne les grands courants d'idées des siècles passés.


  Le chapitre 2 est intitulé : "Aperçu juridique".

  Il explique que tout groupement humain un tant soit peu organisé secrète des valeurs et des règles dont l'ensemble, sous forme de coutume ou de droit, vise au maintien de la structure. Et que l'ensemble des normes, ciment mythique, moral, idéologique du groupe, agit sur le corps social comme un système de régulation. C'est pourquoi la transgression qui vient rompre cet équilibre toujours précaire régissant la vie des groupes entraîne une réaction sociale visant à rétablir cet équilibre.

  C'est l'occasion pour l'auteur de nous replonger dans l'histoire de l'élaboration des normes, en partant de l'Antiquité.

  Dans un second temps, il survole les grandes évolutions du droit pénal français.


  Le chapitre 3 est intitulé : "Eléments statistiques".

  Cela la conduit, notamment, à différencier la criminalité réelle (crimes commis mais non forcément connus des autorités) de la criminalité apparente (infractions connues) et de la criminalité légale (infractions sanctionnées).

  JM Bessette nous apporte de nombreuses indications chiffrées concernant les diverses catégories de crimes, tant contre les biens que contre les personnes, les variables sociologiques (hommes/femmes, âge, origine géographique des auteurs, situation familiale et personnelle des criminels, catégories socio-professionnelles - ce qui lui fait écrire que le crime est un "phénomène prolétarien" -, effets de l'alcoolisme, effets des crises économiques).

  Un passage du chapitre concerne les criminels guillotinés.

  Il souligne en forme de synthèse que l'analyse sociologique du phénomène criminel montre que la probabilité de commettre un crime est d'autant plus grande que l'intéressé est inféodé aux tensions générées par le monde du travail, est jeune, est coupé ou éloigné des liens du mariage, appartient au prolétariat. Autrement dit, écrit-il, "à l'évidence les classes laborieuses sont bien les classes dangereuses". Et qu'il reste à comprendre pourquoi.

  Un autre passage est consacré aux victimes et à leurs éventuels rapports avec leurs agresseurs.


  Le chapitre 4 est intitulé : "Crime et société".

  JM Bessette souligne que puisque le phénomène criminel varie en fonction de caractéristiques sociologiques, il apparaît comme une production sociale. Mais ajoute aussitôt que "la diversité à travers laquelle celui-ci se manifeste rend vaines toute tentative d'explication univoque qui prétendrait rendre compte du crime en général".

  Il présente les diverses théories avancées pour rendre compte du phénomène criminelle mais insiste sur le fait qu'elles doivent être considérées comme complémentaires plutôt que comme contradictoires.

 
  Le chapitre 5 est intitulé : "Crime et langage".

  JL Bessette s'intéresse au rôle du langage par rapport au comportement criminel. Il faut, nous dit-il, nous intéresser à l'opposition entre manuels et intellectuels, entre gens du geste et gens de la parole. Et cela le conduit, notamment, à des remarques autour des notions de seuil de culpabilité, d'attitude face à l'autorité, du lien entre langage et comportement.


  Le chapitre 6 est intitulé : "La machine judiciaire".

  Dans ce chapitre JM Bessette aborde diverses problématiques dont l'expertise psycho-légale, le contrôle social, la cour d'assises.

  Il aborde ensuite les notions de bouc-émissaire, d'erreur judiciaire.


  Le chapitre 7 est intitulé : "Le crime et l'homme".

  L'objet en est, comme l'écrit l'auteur, d'étudier les mécanismes cérébraux vecteurs de langage et des comportements.

  D'où une exploration du crime et de l'hérédité, des fondements biologiques des comportements, des pulsions.


  Au final, JM Bessette nous propose un livre d'une très grande richesse, écrit dans un style accessible à tous, et qui intéressera chacun d'entre nous bien au-delà de ceux qui côtoient le crime et les criminels.




 

 
 

 

 

 

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