Paroles de juges
Par Michel Huyette
Il ne faut jamais abandonner la réflexion sur la réussite/l'échec des enfants à l'école, car c'est sans doute l'un des sujets clés pour toute société qui veut aller vers le progrès. En
effet, c'est de l'attention portée au parcours des enfants les plus jeunes que dépendent leur réussite, leur insertion, leurs capacités futures à vivre ensemble, et au-delà l'avenir de toute la
collectivité.
Alors, forcément quand au plus haut sommet de l'Etat on nous annonce le nouveau projet (encore un..) de créer des internats pour les jeunes les plus en difficultés, en prenant l'exemple
d'un adolescent de 19 ans encore en classe de 3ème (!) qui embête tout le monde et qui doit être mis à l'écart, on tend l'oreille.... et on ressent le besoin, une fois encore, de revenir sur le
sujet.
D'autant plus que, comme souvent, c'est le télescopage des informations qui alimente la réflexion.
Car en même temps que l'on nous propose une nouvelle modalité d'éloignement des jeunes dont l'échec est quasiment irrémédiable (tout en présentant bien sûr le projet comme une mesure
d'aide..), on apprend qu'un groupe de réflexion dénommé Institut Montaigne vient de publier un rapport très critique sur notre système éducatif. Intitulé "Vaincre l'échec à l'école primaire" ce
document rappelle que 4 enfants sur 10 sortent du CM2 avec de graves lacunes, et que la situation se dégrade depuis 15 ans.
Il est écrit dans ce rapport (page 102) : "Il faut tout d'abord envisager une révolution copernicienne : un enfant de 5 à 10 ans ne porte pas la responsabilité de son échec à l'école."
Ceci dans le cadre d'une proposition intitulée "Prendre réellement en charge les élèves en difficulté" (le mot réellement est souligné dans le rapport).
Le même jour, on apprend que le syndicat des personnels de direction de l'Education nationale publie également un rapport, résultat d'une vaste enquête dans 2.758 établissements à propos de la réforme de la carte
scolaire, et qui nous explique que ce qui était présenté comme un moyen de diversification sociale aboutit en fait à une dégradation des établissements accueillant de nombreux jeunes en
difficultés, notamment dans les ZEP, que les établissements les plus réputés accueillent tous les bons élèves et que les lycées moyens sont tirés vers le bas. Autrement dit, les bons élèves se
regroupent et les mauvais restent dans leurs ghettos.
Et peu après, c'est dans un rapport de la cour des comptes que l'on peut lire que le modèle scolaire français favorise les meilleurs élèves, que la France est le pays d'Europe où les écarts
entre élèves se sont le plus accrus entre 2000 et 2006, et que c'est aussi le pays dans lequel l'origine sociale a le plus fort impact sur les résultats des élèves.
Que nous inspire cette diagonale ? Une fois de plus, une conclusion aussi simple que la réalité est cruelle : Nous savons que de très jeunes enfants rencontrent des difficultés
d'apprentissage, nous ne faisons pas le nécessaire pour leur venir véritablement en aide, la situation se dégrade de plus en plus sous notre regard, nous mettons les plus à l'aise à l'abri et
laissons les plus fragiles s'enfoncer entre eux, enfin pour faire quelque chose de ces jeunes au parcours chaotiques qui nous dérangent trop, nous mettons en place diverses stratégies pour
écarter ceux que nous ne voulons plus parmi nous. C'est, une fois encore, un "au revoir les enfants" (1).
Ou bien, autre méthode pour détourner l'attention et trouver des boucs-émissaires, pour éluder toute question sur les éventuelles carences des politiques collectives, on montre les parents
du doigt et on prévoit de les sanctionner, donc d'augmenter encore leurs propres difficultés, y compris ceux qui désespèrent de ne pas savoir comment faire pour soutenir leurs enfants (2).
Finalement, il n'est pas nécessaire d'aller plus loin tant les enjeux sont connus, et depuis longtemps.
Et tout ceci se résume en une seule question, terrifiante en ce qu'elle représente de la façon dont nous envisageons notre avenir commun :
Allons nous encore un peu cheminer ensemble en restant attentifs et solidaires avec ceux qui peinent, ou bien le mot solidarité doit-il être définitivement rayé du dictionnaire ?
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1. cf aussi : Le jeune, ennemi de l'intéreur
; Bébé et déjà délinquant
2.L'absentéisme scolaire et la suppression des prestations familiales
Vous remerciant fort de ces instantanés d'informations qui construisent ma formation de citoyen,
il serait évident d'intenter une action en justice à l'encontre des "décideurs".
L'absence de toute prise en compte de telles conséquences humaines, sociales est un déni du droit de la "chose publique".
Ce n'est pas de l'incompétence mais une défense de classe.
Ai-je une correcte vision ? je percevais au lointain, ce qui se préparait, ce n'était pas très précis..ma vue perçoit mieux les détails.
Je partage totalement votre analyse. L'echec scolaire se construit de manière progressive dés l'ecole primaire. Aucun de nos gouvernants ne souhaite s'attaquer au problème de fond posé par cet echéc . Les analyses de Bourdieu sont terriblement d'actualités: l'élite se reproduit entre elle dans les meilleurs écoles et les autres périssent dans leurs ghéttos.
Tout repose sur le mot justice : justice sociale, justice égale pour tous, liberté d'entreprendre dans tous les domènes ... Imposer par la force n'a jamais été efficace. Tout est tellement plus facile quand tous sont conscients de l'intérêt commun. L'exemple du passe droits du fils SARKOZY n'est hélas pas unique et toute notre société fonctionne sur ce principe désastreux.
Le rejet scolaire, c'est le rejet de l'inutile... c'est le rejet de l'injustice...
Il y plus de truands dans nos institutions que dans le reste de la population.
La valeur de l'exemple a disparu. Un mandataire judiciaire à Tours détourne des millions d'euros d'entreprises en difficulté, cela se solde par le discret bracelet électronique alors que les jeunes de nos banlieue remplissent nos prisons...
Remettez dans les caisses de l'ETAT les millions volés, détournés depuis 65 ans et amnistiés.
Remettez dans le caisse de l'Etat l'immobilier de notre pays acheté par des fonds qui sont susceptibles de provenir de blanchiment de la drogue, du crime, de spoliation de peuples, de comptes de français placé dans les paradis fiscaux et placé anonymement dans le pays.
Reversez dans les caisses de l'Etat les fonds d'héritiers de biens volés depuis 65 ans au lieu de laisser ces descendants gérer le pays avec les fortunes colossales volées.
La France n'aurait plus aucune dette et l'exemple du crime ne paie pas serait respecté.
Le politique qui tracera cette voie à la place de promesses sera crédible.
René FORNEY 06 13 84 59 96 www.trafic-justice.com