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Publié par Parolesdejuges

 

Par Beatrix Pillet d'Amerval



   C'est une véritable tragédie qui vient de se jouer à Bruxelles . Une juge de Paix et son Greffier ont été tués en pleine audience par un individu - qui après avoir été retrouvé - aurait déclaré avoir agi par un esprit de vengeance nourrie depuis 2006 .


   Dans une ambiance de violences relayées multiquotidiennement par tous les médias cet évenèment sinistre a été comptabilisé parmi tous les autres, après le précédent et avant le suivant.


   Pourtant et indépendamment de l'horreur que peut susciter en chacun de nous la succession de drames qui touchent tout un chacun en semant la désolation dans des familles, ce qui s'est passé le 3 juin dernier à Bruxelles revêt une autre dimension.


   D'abord parce que c'est un agent de l'Etat dans l'exercice de ses fonctions qui a été froidement tué par un justiciable mécontent d'une décision de justice rendue au nom du peuple.


   Ensuite parce que cet évènement met en lumière les conditions dans lesquelles la justice doit et peut être rendue.


   Enfin et surtout cela est une illustration d'une incompréhension des justiciables face au système judiciaire.


   Pourtant et sauf erreur de ma part je n'ai pas trouvé d'écho à la hauteur de l'enjeu .


   Est ce dû à la méconnaissance de la justice ? Ou à la régulière sous estimation de son rôle pacificateur et unificateur du corps social?


   Je m'interroge donc sur ce hiatus récurrent entre les "gens" et leur justice , la manifeste inadaptation des moyens de communication entre ce qui est désormais "deux mondes" et l’incroyable méprise ayant mené à ce qu’une décision de justice devienne un affront ne pouvant qu’être lavé dans le sang.

 


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nicole fournerie 09/06/2010 11:45






C'est une horreur totale.


J'avais vu au J.T. il y a plusieurs années, un justiciable américain qui avait été ruiné après je ne sais combien d'années de procédures, tirer à bout portant
sur son avocat en sortant du palais de justice. 


Les images étaient surréalistes. On voyait le justiciable vider son chargeur en direction de son avocat qui se cachait derrière un jeune arbre fraîchement
planté, au tronc peu large donc ! Le tireur manquant d'habileté et d'entraînement (ce n'était donc qu'un tireur tout à fait occasionnel), l'avocat s'en est sorti avec plus de peur que de
mal.


Ahurie par ces images, je m'étais quand même dit que je pouvais comprendre que des justiciables injustement et gravement maltraités par leur avocat et
le  "système judiciaire", soient suffisamment désespérés pour vouloir tuer ceux qui avaient causé leur perte. MAIS je n’ai eu cette idée que
parce que j’avais à connaître personnellement des dysfonctionnements judiciaires que je n’aurais jamais pu imaginer !


J’ajouterai au risque de « choquer » que le passage à l’acte meurtrier (que je désapprouve évidemment) peut être une réponse en miroir à un passage à
l’acte tout aussi violent et intolérable mais bien plus tordu (dissimulé donc) d’une institution judiciaire qui pervertirait sa fonction sociétale et son rôle vis-à-vis des personnes
!


Combien de justiciables qui n’ont plus aucun recours contre des décisions arbitraires de justice, ne tuent ni leurs juges ni leurs avocats mais se
suicident ? Ces suicidés-là ne sont pas recensés par la justice. Ils n’étaient pas incarcérés dans les établissements pénitentiaires ni dans quelques locaux de police ou de soin … Ils ne
font pas la une des journaux non plus. Sinon comme « faits divers »,  jamais comme « faits de société ». Et  dernière ignominie à leur encontre qui les souillera jusque dans la mort, on les affublera d’une supposée psychopathologie endogène …


Pourtant toute vie humaine est précieuse et mérite attention et respect.


Il est vrai que l’abolition de la peine de mort n’a pas encore 30 ans dans notre pays. Bien que barbare, elle était explicitement et publiquement prononcée, ne
trahissait pas le peuple français (qui d’ailleurs était hostile à son abolition !) et alimentait le débat politique et démocratique.


Tandis que les décisions judiciaires injustes qui soldent des procédures insidieusement « bidouillées » mais d’une parfaite régularité formelle sont
absolument honteuses et inacceptables. Les professionnels qui les valident ou les couvrent sont inexcusables. Il n’y a rien de respectable ni d’humaniste dans aucune  injustice volontaire sauf quand la loi est vraiment scélérate. Auquel cas, il convient de la dénoncer au grand jour pour qu’elle puisse être changée
démocratiquement. Sauf situation très gravement exceptionnelle …


Les décisions de justice quotidiennes qui illustrent que les femmes ont de fait moins de droits que les hommes ou encore « la supériorité du pot de fer
contre le pot de terre » ou le sempiternel refrain : « l’injustice  a toujours existé et existera toujours » devraient envoyer
leurs auteurs en prison pour cause d’insalubrité publique !


En courtisant ou en favorisant les plus forts, la justice ébranle  ses propres fondements : à quoi sert-elle
puisque sans elle, les plus forts gagneraient…


Alors pour vouloir vraiment comprendre le hiatus de plus en plus grand qui existe entre la justice et le peuple dit souverain, il faudrait "écouter" avec
respect et humilité  les justiciables sans préjuger automatiquement de leur incapacité à comprendre l'objectif et le rôle de la justice dans une démocratie républicaine.


L’existence même de votre blog MH montre que vous savez bien que la justice n’est pas qu’une affaire technique réservée aux seuls juristes malgré le
foisonnement des lois qui « confusionne » les règles du jeu pour mieux abuser les justiciables « démunis » et cette menace incroyable de supprimer les jurés
populaires. Or il conviendrait que le peuple soit davantage représenté dans l’institution judiciaire ne serait ce que pour évaluer la délégation qu’il lui a confié pour juger en son
nom !


Mais le hiatus qui existe entre les justiciables et la justice s’apparente à celui qui existe entre les citoyens et les partis politiques. On trouve d’ailleurs
beaucoup de juristes dans ces deux univers qui ont comme particularité de fonctionner en vase clos, comme coupés de ce qui les légitime.


Faire de la politique ne devrait pas être un métier et être juriste  ne devrait pas permettre de confisquer à son
seul usage l’institution judiciaire qui n’a pas vocation à servir les juristes ou professionnels mais les justiciables… Dans une démocratie républicaine s’entend.


On marche vraiment sur la tête…Donc très mal et même dangereusement !


Alors comment exclure le risque que de plus en plus de citoyens s’arment pour se faire justice eux-mêmes ou se venger parce que justice n’aura pas été rendue
ou mal rendue ?


A propos "d'affronts" MH,  ignorez-vous vraiment ce que doit endurer un justiciable qu'on a "décidé de ne pas écouter" ? Le



LoC 08/06/2010 17:55



Bonsoir Madame la Vice-Présidente,


(sauf erreur de ma part)


Si l'on peut s'interroger sur la méconnaissance du rôle exact de la justice, je crois qu'il faut également se demander si la présentation qui en est faite par nos dirigeants n'est pas, pour
partie responsable de celle-ci.


Aujourd'hui, les hommes et femmes médiatisés ont inventé la justice de combat. Il ne s'agit plus de faire appliquer le droit mais de venger la société.


Quand j'entends certains hommes politiques de tout premier plan user d'images sanglantes pour décrire l'action d'un tribunal, je ne peux pas m'interdire de croire que la violence entre un peu
plus chaque fois dans les salles d'audience.


Quand j'entends celui qui doit garantir l'indépendance de la magistrature insister si fort pour affirmer qu'ils seront punis, que les peines seront exemplaires avant même que l'enquête ne soit
entamée, je ne peux m'interdire de penser qu'il y contribue.


J'ai bien peur que tant que nous serons sur la pente vicieuse des commentaires visant à faire des juges ceux qui doivent faire rendre gorge et non ceux qui doivent apaiser le trouble à l'ordre
public, rien ne s'arrangera.


Le métier de magistrat devient difficile, et la violence des mots devant les caméras ou les assemblées engendrera toujours la violence dans les rues.


Une chose est certaine pour qui cherche le sang : il en trouve.


Pardonnez-moi cet éclat sans doute bien exagéré,


Cordialement.



Parolesdejuges 08/06/2010 18:34



Je vous approuve sans réserves.
MH