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Publié par Parolesdejuges

 

 

  A toutes les époques, les responsables politiques se sont demandés quoi faire des récidivistes, ceux qui étaient autrefois appelés les délinquants d'habitude, les criminels de profession, ou encore les incorrigibles.

  En mai 1885, une loi a permis d'envoyer au bagne de Guyane non plus seulement les opposants politiques déportés, ou les délinquants de droit commun condamnés aux travaux forcés et transportés, mais aussi les multi-récidivistes qui y ont été relégués.

  C'est l'histoire de ces relégués que Jean-Lucien Sanchez, historien, chercheur associé au centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions, nous raconte dans son livre passionnant publié aux éditions Vendémiaire (leur site) et intitulé  : "A perpétuité, Relégués au bagne de Guyane."

Perpetuite
  Le bagne a accueilli les relégués jusqu'en 1953. Environ 18000 personnes y ont été envoyées, dont 519 femmes.

  Comme cela est rappelé en début du livre, il s'agissait de se débarrasser de manière définitive d'une frange de la population considérée comme socialement nuisible et politiquement dangereuse. Sous la troisième République le récidiviste, produit d'une misère sociale, faisait office de bouc émissaire chargé de toutes les tares, et portait la responsabilité des échecs de la République naissante. Il était associé à la figure de l'insurgé, du Communard, susceptible de fomenter des révoltes et de détourner le peuple. La relégation a alors constitué un outil de régulation sociale dans une France bouleversée par l'essor de l'industrialisation.


  Par ailleurs la transportation et la relégation avaient aussi comme raison d'être la colonisation d'un territoire par une main d'oeuvre d'origine pénale. A ce sujet l'auteur fait apparaître les enjeux, les hésitations, les mensonges et les contradictions autour d'un tel projet.

  JL Sanchez raconte la création du bagne dans la région de Saint Laurent, une région particulièrement malsaine ce qui a entraîné dans les premiers temps un taux de mortalité très élevé.  Puis ensuite le monde clos qu'est devenu ce bagne, avec la place prépondérante du directeur souvent en conflit avec le gouverneur de la Guyane.

  Y sont arrivés des auteurs essentiellement de vols simples, d'infractions aux interdictions de séjour, et des vagabonds. Ils étaient journaliers agricoles, ouvriers ou errants sans profession.

  L'auteur décrit en plusieurs chapitres la vie quotidienne dans ce bagne, sous tous ses aspects et notamment : organisation générale, loisirs, sexualité, discipline, santé, surveillance, activités.

  Un chapitre est consacré aux femmes.

  Il raconte les tentatives d'évasion, toujours nombreuses.

  Il explique comment, après des inspections critiques et des tensions politiques, le projet a été progressivement abandonné jusque la suppression définitive de la relégation au milieu du 20ème siècle.


  Ce qui rend le livre encore plus intéressant ce sont non seulement les images ajoutées en son milieu, mais surtout les nombreux extraits de documents d'époque, dont certains écrits par les relégués ou leurs familles.

  Ce sont des fragments de la vraie vie au bagne qui nous sont livrés.


 

 
 

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Pascal Rolland 10/11/2013 19:09


Bonsoir,


 


A lire avant de  voir  ou revoir le film "Papillon"; un film, dont  certaines scènes de la vie du bagne, n'étaient sans doute guère éloignées de la réalité.


Bonne fin de dimanche.


PR