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Publié par Parolesdejuges

Par Michel Huyette
 


 Sur ce blog il a déjà été plusieurs fois question du procès "Fofana" (1), notamment à propos de l'appel décidé par la Ministre de la justice, et de la controverse autour du huis clos.

  Le débat est aujourd'hui relancé après les déclarations surprenantes de l'avocat de la famille de la victime (les "parties civiles"), Maitre  Szpiner. Celui-ci, qui n'a pas démenti, a d'une part qualifié l'avocat général du procès de "traitre génétique", et les autres avocats (qui ont défendu les accusés) de "connards d'avocats bobos de gauche".

  Comme il fallait s'y attendre, la polémique a de nouveau pris une grande ampleur, avec déferlement de prises de position dans les medias, jusqu'à l'engagement d'une procédure disciplinaire par le Parquet général de Paris.

  Les propos prononcés paraissent dans un premier temps plutôt relever de la médiocrité intellectuelle et ne pas mériter que l'on s'y attarde longtemps. La bêtise ne se commente pas, elle s'ignore.

  C'est pourquoi je me suis un temps demandé s'il pouvait être utile de rajouter à tout ce qui déjà été dit et écrit sur cet épisode peu reluisant de notre histoire judiciaire. Mais la réponse m'a finalement semblé positive.


  Ce qui vient d'abord à l'esprit c'est que les termes employés n'honorent pas, c'est peu dire, celui qui les a utilisés. Certes, traiter ses collègues de "connards bobos de gauche" est beaucoup plus bête que méchant, et relève plus de la cour de l'école primaire que de la salle des avocats. N'a pas l'intelligence des mots qui veut. Mais il en va autrement de ceux qui ont été utilisés contre P. Bilger et qui sont, eux, réellement répugnants.

  D'après ce que j'ai lu, P. Bilger aurait lui-même mentionné dans l'un de ses livres que son père a collaboré avec l'occupant pendant la seconde guerre mondiale. 

  Dès lors, sous entendre que le fils est forcément un "traitre" et en plus du genre "collaborateur" par utilisation de l'expression "traître génétique", ce n'est plus seulement de la bêtise du plus haut niveau, c'est une attaque vulgaire et indigne. Aucun enfant n'est comptable de ce qu'ont fait ses parents, en bien ou en mal. Au-delà, quel que soit son contexte, le terme "traître", même utilisé seul, à toujours une connotation très péjorative. 


  En un peu plus de vingt années d'expérience professionnelle, j'ai pu constater une chose qui m'apparaît aujourd'hui encore plus fortement. Après avoir entendu plaider des milliers d'avocats dans six juridictions différentes du nord au sud de la France, dans des audiences familiales, civiles, sociales, correctionnelles et criminelles, je peux vous affirmer que si certains d'entre eux me sont apparus d'une très grande intelligence et capables de plaidoiries d'une remarquable qualité, il ne s'est jamais agi de ces avocats qui, par tous les moyens même (et surtout) les moins nobles, recherchent une célébrité artificielle en privilégiant les éclats de voix, vulgarité et grossièreté incluses, et les coups médiatiques.

  Cela semble une constante. Les avocats les plus brillants, je veux dire ceux qui le sont véritablement, choisissent toujours de rester anonymes, discrets, distants avec les medias. Sans doute parce que la satisfaction d'un travail de très grande qualité est, pour eux, un aboutissement amplement suffisant. Alors que les moins habiles ressentent souvent le besoin de camoufler leurs faiblesses par une fausse image médiatique destinée à faire croire à des qualités ou des compétences qu'ils n'ont pas réellement (2).

  Il y a aussi chez les avocats, comme dans tous les corps de métiers, ceux qui croient être différents/au-dessus des autres parce qu'ils côtoient les sphères du pouvoir. C'est se donner de l'importance par procuration. Sans se rendre compte à quel point de telles façons d'agir sont puériles et souvent un peu ridicules, ces gens gloussent comme des coqs devant les caméras et ainsi tentent de se persuader qu'ils font partie d'une élite. Mais tout ceci n'est qu'un artifice dont personne ne peut être dupe bien longtemps.
  On aura relevé que l'avocat à l'origine de la polémique commentée s'enorgueillit d'être proche du parti politique majoritaire et de certains de ses dirigeants. Il aurait même affirmé pendant l'une des audience qu'il avait les moyens de "faire changer la loi". Comme il doit être fier.....


  Quoi qu'il en soit, les avocats sont soumis à un ensemble de règles de bonne conduite, dites "déontologiques". Elles sont énumérées dans un décret de juillet 2005. Ils encourent des sanctions disciplinaires en application des articles 183 (façon de se comporter) et 184 (sanctions) d'un décret de novembre 1991. La procédure habituelle est la suivante : saisine du bâtonnier qui effectue une enquête, puis si besoin est saisine du conseil de discipline soit par le bâtonner soit en cas d'inaction de ce dernier par le Procureur général (articles 187 et suivants du décret de 1991).

  Les propos tenus, "traître génétique" et "connards", étant à l'évidence contraires à la "délicatesse" mentionnée à l'article 183 précité, nous verrons prochainement, à travers la décision du bâtonnier de Paris, puis ensuite celle du conseil de discipline, si le corporatisme des avocats est aussi fort que celui des magistrats. 

  Malgré tout, comme je l'indiquais en début de cet article, on pourrait se contenter de constater l'existence d'un comportement dérisoire et dès lors de bien peu d'intérêt, mais se serait peut-être passer à côté d'une problématique de fond.

  Car l'essentiel n'est pas là.


  Le constat d'une certaine médiocrité intellectuelle (à un moment donné) de l'un des acteurs d'un procès ne serait qu'un épiphénomène si elle n'avait aucune véritable incidence sur le fonctionnement de l'institution judiciaire. Or tel est le cas lorsque l'objectif d'un avocat n'est plus uniquement de défendre l'une des parties au procès mais de parasiter le fonctionnement ordinaire le la justice.

  Le cours normal de la justice est parasité quand c'est sous la pression non pas seulement des parties civiles mais au-delà des groupements qui les soutiennent, qui ne sont pas partie au procès, qu'un appel est interjeté sur ordre du ministre de la justice sans que personne, et en tous cas pas ce ministre, n'indique en quoi les peines prononcées sont manifestement insuffisantes (cf l'article précédent).

  Le cours de la justice est également parasité quand des groupes de pression contestent une décision de justice sans avoir ne serait-ce qu'un instant assisté au procès, et, relayés par leur avocat, n'ont de cesse de proclamer que les sanctions doivent être beaucoup plus élevées sans autre argument que leur exigence. Et la pression est d'autant plus forte quand ces groupes de pression utilisent à plein l'argumentaire religieux : "c'est un jeune homme juif qui a été attaqué, si la cour d'assises d'appel ne prononce pas de sanctions nettement plus sévères, c'est qu'elle ne veut pas protéger la communauté juive et nie le caractère raciste du crime". Il est vrai qu'il est plus simple de culpabiliser que d'argumenter.

  C'est bien parce que ces tentatives de transformer la justice "publique", celle de la collectivité des citoyens, en une justice privée sommée de satisfaire les souhaits d'une partie au procès, sont graves et particulièrement dangereuses dans une démocratie, qu'il faut les dénoncer.

  Souhaitons que les magistrats et jurés de la cour d'assises d'appel, tout comme le ministère public, sachent rester insensibles à cette agitation inutile. La justice se rend dans la distance et le calme. Le bruit et les gesticulations doivent rester à la porte, d'où qu'ils proviennent, et quelle que soit leur ampleur.

  


---------

1. Du nom du chef du groupe, qualifié par les medias de "gang des barbares", et qui a été à l'origine de l'enlèvement, de la torture puis de la mort d'un jeune homme de la communauté juive. 

2. Mais une faiblesse qu'ils n'ont jamais, c'est au moment de définir le montant de leurs honoraires, la médiatisation qu'ils ont su entretenir ayant pour une grande part comme objectif de pouvoir demander à leurs clients bien plus que ce que leur talent réel justifie

 

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mirotine 22/08/2009 14:02

ce qui est vrai pour les avocats , l'est aussi pour les autres professions , mais aussi pour le compotement de façon générale ou plutôt particulière , la discrétion est une grande vertue , mais pas la mieux partagée du monde !

nicole fournerie 22/08/2009 12:27

Comme mon message apparaît sans architecture et incomplet, tel un pavé indigeste, je me permets de le renvoyer afin qu'il soit lisible !
 
J’écrivais « A Véronique » :
 
 
Coupé de son contexte, ce que vous avez sélectionné de mon post peut en effet faire penser que je reprocherais à la justice d’avoir  « imposé sa loi à la société dans le procès Fofana. »
 
 
Or je n’ai rien reproché du tout à la justice concernant ce procès dont je ne sais rien.
 
 
En revanche, j’ai pris position sur deux principes fondamentaux concernant ce type de procès dans une démocratie. L’un sur la nécessité selon moi d’un procès public et l’autre sur la légitimité du GDS de demander au Parquet d’interjeter appel. Cette prérogative de l’Etat qui limite et encadre l’indépendance des Procureurs Généraux me surprend moins que la réaction de la magistrature ou la déclaration de l’avocat général ou votre commentaire dont je vous remercie, mais dont certaines remarques m’intriguent.
 
 
Préciser : « Ce qui a été jugé et condamné dans le procès Fofana n’est pas votre divorce » est particulièrement étrange puisque je n’avais jamais eu l’idée de comparer encore moins de confondre ce procès avec mon divorce ! Aurais-je eu tort ?
 
 
Cependant comme notre inconscient s’exprime à notre insu et trahit toujours nos convictions profondes, il est probable que mon commentaire suggère qu’après un procès exemplaire, aucune partie civile ne souhaite un autre procès puisque selon moi, une victime authentique ne va jamais devant les tribunaux par vengeance mais par besoin de justice.
 
 
Rien d’autre s’agissant du strict procès Fofana, puisqu’il a eu lieu à huis clos !
 
 
Avec une certaine mauvaise foi, vous vous permettez de suggérer le contraire pour me discréditer en écrivant  : « les complots qui semblent structurer votre vision de la justice », avant de disqualifier mon témoignage au prétexte qu’il ne se fonde que sur mon seul divorce.
 
 
Divorce à propos duquel vous ne cherchez pas à savoir en quoi il justifierait ou non mon commentaire que vous préférez détourner, dénaturer, caricaturer et ridiculiser en l’attribuant mensongèrement au procès Fofana dont je ne sais rien et dont les avocats dites-vous « n’auraient pas manqué de dénoncer et déjouer les complots », comme si je croyais ceux-ci incapables d’intrigues et alors que je n’ai jamais parlé de « complots » pour ce procès.
 
 
N’étant ni paranoïaque, ni adepte d’aucune organisation sectaire ou secrète et n’ayant aucune activité criminelle, le « complot » ne fait pas partie de mon univers.
 
 
C’est donc à mon corps défendant que je suis confrontée à une opération diabolique de destruction de ma personne fomentée depuis longtemps par mon mari que je ne savais pas franc-maçon. Opération dont la cruauté et l’ignominie sont d’une violence insidieuse et grave qui m’autorise à avoir un avis sur certaines pratiques - judiciaires et extra judiciaires – des réseaux d’influence occulte et des connivences coupables entre le barreau et le parquet.
 
 
Je sais d’expérience que toute magouille judiciaire n’est possible qu’avec la complicité active - volontaire ou obligée - des avocats ou des avoués qui sont au cœur du dispositif et celle de toutes les catégories professionnelles impliquées dans l’affaire. Outre les mensonges éhontés, des « bidouillages » procéduraux sont montés en batterie de façon vicieuse par lesdits mandataires avec les secrétariats et greffes qui feront signer aux juges des actes - parfois déjà rédigés - qui ne correspondent ni à la réalité des faits, ni à celle des pièces.
 
 
Les subterfuges utilisés dans mes procédures sont pléthore … J’attends d’ailleurs une prochaine ordonnance de la même veine concernant plus directement encore l’avoué.
 
 
Mais ces abus de pouvoirs qui altèrent le fond et la forme d’un procès génèrent des injustices délibérées toujours lourdes de conséquences d’autant que toute décision ne vaut - partout et à fortiori en justice - que par ses conséquences.
 
 
Prétendre, comme Laura dans un commentaires sur les erreurs judiciaires, qu’au civil, les injustices sont moins graves qu’en correctionnel ou aux assises, c’est ne pas respecter la vie d’autrui dont on ose disposer et c’est  ignorer qu’il y a plusieurs façons de tuer quelqu’un.
 
 
Ne pas se laisser déposséder de soi-même ni de sa vie, c’est résister aux intimidations et menaces. C’est refuser comme une fatalité que des pouvoirs occultes supplantent les lois républicaines comme dans deux procédures pénales contre mon mari - l’une pour violences volontaires et l’autre pour faux témoignages – ainsi que dans la procédure de divorce où tout est fait, même le plus inimaginable, pour m’empêcher de me pourvoir en cassation.
 
 
Or pour pouvoir me réapproprier ma vie saccagée depuis 10 ans et la continuer, je n’ai pas le choix :  j’ai besoin que la justice fasse enfin son travail en toute objectivité.
 
 
La cassation est ma dernière chance de pouvoir faire respecter la loi mais certains de mes amis craignent qu’avec son grade et ses appuis en maçonnerie, mon mari obtienne ce qu’il veut  y compris me faire interner avant même que je puisse me pourvoir. 
 
 
C’est-à-dire incessamment  puisque le refus de m’octroyer l’AJ vient de m’être notifié par une ordonnance non signée et dont la motivation ne correspond pas à la situation réelle. Ordonnance qui s’ajoute aux subterfuges évoqués plus haut et qui, en l’espèce, résulte d’un arrangement de l’avoué qui me représentait devant la Cour d’Appel avec l’accueil et le secrétariat du bureau de l’AJ de la Cour de Cassation afin sans doute que ses forfaitures à mon égard restent ignorées.
 
 
Je m’attends d’ailleurs à recevoir un refus concernant ma demande d’AJ pour un pourvoi contre une « ordonnance subterfuge » fabriquée par l’avoué avec la complicité du  secrétariat- greffe des procédures particulières dépendant du Premier Président de la Cour d’Appel
 
 
Avoir contre soi ses propres mandataires, ceux de son adversaire, son adversaire et surtout ses « amis inconditionnels » dont le nombre et les ressources sont illimités, ça fait beaucoup  !
 
 
Nul besoin d’être paranoïaque donc pour avoir de « nombreux ennemis » - qu’on ne connaît pas et à qui on n’a jamais nui – quand on divorce d’avec un franc-maçon pervers et qu’on devient la « cible » de tous les initiés et de leurs obligés. Surtout quand comme moi, on ne sait pas tous les tenants et aboutissants qui agissent dans l’ombre.
 
 
J’ai résisté jusque-là aux monstruosités visant à me faire devenir folle ou passer pour telle, ou encore aux pressions de tous ordres pour que je capitule devant l’inacceptable. Ma résistance et combativité agacent. Alors les agressions redoublent et s’aggravent.  Elles me tueront donc.
 
 
En effet, les attaques contre mon intégrité physique s’intensifient m’obligeant à déserter mon appartement pour éviter les effets toxiques des substances qu’on y introduit quotidiennement et à mon insu. Les odeurs et l

Légisphère 17/08/2009 22:47

Pas grand chose à enlever à votre billet, je crois que le caractère choquant des propos qui auraient été tenus par un de mes confrères tels qu'ils ont été rapportés par un hebdomadaire que je ne lis habituellement pas se suffisent à eux mêmes pour caractériser celui qui les aurait tenu...Sauf que celui-là est tout sauf un imbécile, je le pense habituellement bon professionnel car je ne connais pas d'avocat qui réussisse sans avoir été, d'abord, un bon professionnel: ce métier ne permet pas la tricherie à long terme. En revanche, il peut entraîner une enflure de l'égo, cela arrive. C'est inévitable lorsque l'on défend habituellement des personnes physiques, car on les défend souvent malgré elle, il faut donc que l'avocat puisse leur en imposer un peu, n'en déplaise aux esprist chagrins. Il y a en effet des personnes qui ont une idée bien arrêtée (et en général plus elle est arrêtée, plus elle est éloignée d'une défense efficace) de ce que leur avocat doit soutenir. Quand à cette petite pique sur les honoraires, j'avoue mal comprendre. Cela vous dérange que certains avocats puissent très bien gagner leurs vies, et en plus être proches du pouvoir en place, et en plus parler à des journalistes?

Parolesdejuges 17/08/2009 22:49



Les revenus même excessif des uns (comparés à la qualité de leurs prestations qui sont plus que rarement supérieures à celles des avocats qui demandent beaucoup moins cher), ne me gênent pas a
priori. A chacun d'agir selon ce que sa conscience lui dicte et de choisir comme priorité lui-même ou - au moins un peu - les autres (j'entends par "les autres" les clients qui payent beaucoup
plus que ce qu'ils obtiennent).

Par ailleurs, je renvoie les visiteurs du site au film d'Olivier Pighetti "Les ténors du barreau". La dernière séquence est tellement cruelle pour l'un d'entre eux que j'en avais mal pour lui en
visionnant le reportage... Cet avocat avait pendant le film affirmé au journaliste, un grand sourire aux lèvres, que quand c'est lui et non l'un de ses collaborateurs qui plaide, c'est forcément
beaucoup plus cher... Même quand, ainsi que ce film l'a montré dans sa dernière partie, il ne connait quasiment pas le dossier pour lequel il doit plaider et quitte la salle d'audience à un
moment essentiel pour son client.



Se penser important fait probablement tomber bien des barrières...



MH



PH (de Juriste en Herbe) 13/08/2009 11:50

Hé bien c'est tendu les relation magistrats/avocats blogeurs! Triste spectacle...

Véronique 07/08/2009 07:13

@ Mme Nicole FournerieDans le procès FOFANA, la barbarie du fait-divers a été reconnue et condamnée. Cependant reste la question fondamentale du rôle et de la responsabilité que notre société donne à la justice pour juger ce type de violence. Et pas l’inverse ! Car en démocratie, ce n’est pas à la justice d’imposer « sa  loi » à la société mais au contraire de respecter les lois votées par elle. écrivez-vous.Je ne comprends pas le reproche que vous adressez à la justice qui, selon vous, aurait imposé sa loi à la société dans le procès Fofana.Le huis clos dans ce procès est très précisément une traduction du respect et de l'obligation de la loi. Quant à la présence de la société dans ce procès, celle-ci y était représentée à double titre, par le jury populaire d'une part, et d'autre part, par l'avocat général.Par ailleurs, ne pensez-vous pas que Me Szpiner aurait dénoncé haut et fort dans le tribunal et dans ses tribunes médiatiques, s'is avaient existé tout au long de ces deux moi et demi de procès, ce que vous appelez les connivences, les réseaux occultes, les tout corporatismes, les traîtres dont vous parlez ?De la même façon, si ces traîtrises avaient existé, les avocats de la défense étaient  aussi là pour dénoncer et pour déjouer les complots qui semblent structurer votre vision de la justice, laquelle, si  je vous ai bien lue, ne s'appuie que sur votre expérience personnelle de l'usage de la justice pour votre divorce. Ce qui a été jugé et condamné lors du procès Fofana n'est pas votre divorce.Quant à MAM selon vous avertie, dites-vous bien que le GDS n'a pas assisté au procès et qu'en réalité, elle n'a pris aucune décision, si nous convenons qu'il ne peut y avoir prise de décision, qu'à la condition préalablement et obligatoirement que les éléments d'un dossier aient été travaillés, analysés et réfléchis, et les positions de l'ensemble des acteurs prises en considération, écoutées et analysées. Sans cela, comme vous le dites vous-même, nous ne sommes plus que dans le registre des connivences et des complaisances, lesquelles, ici s'appellent des pressions et des ingérences à l'état brut.

nicole fournerie 06/08/2009 21:03

Alors voilà la suite de ce que j'avais écrit : 
Il serait temps que nous nous préoccupions vraiment du fonctionnement de notre justice assujettie à des réseaux occultes bien plus toxiques que les pressions qui s’expriment ouvertement, par médias ou avocats interposés.
 
Il serait temps par exemple que la justice s’affranchisse de la franc-maçonnerie jusqu’à ce que cette dernière abandonne le serment de fraternité inconditionnelle entre « initiés » qui en fait une secte. Il est vrai qu’elle perdrait alors beaucoup de son intérêt pour les pervers qui y sévissent mais elle gagnerait tellement en qualité de recrutement et de rayonnement.
 
C’est bien parce que je suis farouche partisane d’une justice « publique » que je rappelle que le pouvoir n’est jamais qu’attribut bien dérisoire face aux souffrances intimes et à la mort. Mais les acteurs judiciaires semblent l’oublier en évoquant toujours un désir de vengeance des parties civiles, occultant ainsi leurs propres insuffisances puisque le sentiment de vengeance ne peut naître que d’une absence de justice ou d’une injustice commise délibérément !
 
Merci Michel HUYETTE de publier mon commentaire même si en comprenant votre exaspération face à certains comportements d’avocats dans les médias, je pense que la connivence entre magistrats et avocats est la règle dans tous les Palais de Justice… Et parfois pour le pire !
 

MH 06/08/2009 20:49

Je rappelle aux personnes qui publient des commentaires que aucune intervention technique n'est possible sur leur texte au moment de leur validation.Cette validation entraîne la mise en ligne de tout ce qui apparaît sur le serveur.Dès lors, si le texte du commentaire vous semble incomplet, la seule solution technique est de re-publier la partie manquante.MH

nicole fournerie 06/08/2009 18:18

L’expression « traître génétique » contient une association qui est intolérable. Absolument. Et ni l’humour (fut-il juif), ni la bêtise ne saurait atténuer l’idéologie totalitaire qui la sous-tend.
 
Mais si je partage votre indignation contre cette réflexion inacceptable en toute circonstance, je pense – contrairement à vous – qu’on ne doit jamais ignorer la bêtise dont personne n’a le monopole surtout que lorsqu’elle sévit là où est le pouvoir (y compris judiciaire) elle constitue nécessairement un danger pour quiconque et donc pour  le plus grand nombre.
 
Je pense aussi qu’aucun mot ne doit être banni, même le plus vulgaire ou péjoratif car son emploi n’est jamais fortuit. Le mot utilisé par chacun d’entre nous est toujours signifiant. Même et surtout à notre insu ! Et c’est tant mieux car lorsqu’on sait écouter ce qui se « dit »  - par  l’autre ou soi-même - on comprend mieux de quoi il retourne vraiment. Les pervers ne s’y trompent pas, eux qui savent tout « retourner » à leur avantage ! Ils ignorent cependant que l’inversion ne leur permet pas d’échapper à leur inconscient …
 
Donc si l’utilisation du mot « traître » connoté « collaboration » est ici inappropriée, elle s’avère en revanche tout à fait pertinente concernant moult comportements judiciaires. En effet, combien de clients sont-ils trahis par leurs mandataires, médiatiques ou anonymes ? Combien sont-ils les magistrats - assis ou debout – qui ne trahissent jamais les lois et procédures ou l’esprit républicain qui les régit ou même « le peuple français » tant méprisé ?
 
 
Cette réalité faite de mépris et de trahisons ne varie pas selon le parti politique au pouvoir. Vous le savez bien vous qui évoquez le code de déontologie qui n’existe que pour obliger les avocats à se « tenir bien » – pas avec leurs clients dont tout le monde se moque in fine – mais entre eux afin de s’entendre avec les juges sur l’issue des procès. Les effets de manches ne sont que mascarade pour faire croire qu’il y a débat entre les parties alors que tout est décidé avant le procès et en dehors des parties. C’est ça le « fonctionnement ordinaire » de la justice que j’ai observé Michel HUYETTE. Sans avoir (encore ?) il est vrai, l’expérience des assises !
 
La « foi du Palais », la représentation obligatoire et le code de déontologie constituent le fameux « système judiciaire » qui assure l’étanchéité d’un circuit fermé permettant toutes sortes d’arrangements et de connivences coupables et en toute impunité…
 
Le pouvoir de ce « système » est absolu qui peut mettre tout justiciable au fond d’une nasse.
 
Alors ce qui agace c’est que ce fonctionnement parfaitement maîtrisé par le monde judiciaire soit mis à mal parce qu’une partie civile, qui n’a pas droit au chapitre, ose regimber en étant soutenue par son avocat qui oublie qu’il n’est ni libre ni indépendant mais assujetti aux « principes essentiels » auxquels il ne peut déroger.  Et qui lui seront rappelés par le bâtonnier puis si besoin, par les magistrats qui par construction ont toujours le dernier mot judiciaire … Sans être pour autant à l’abri d’une opération détruisant leur carrière et/ou leur personne …
 
L’avocat ici en cause est un homme d’expérience et de réseaux qui, loin d’être stupide, sait qu’entre le Parquet et le Barreau, c’est souvent simple comme un coup de fil … Surtout avec une alliée avertie comme MAM qui est à la justice après avoir été à la défense et à l’intérieur !
 
« Je te tiens, tu me tiens par la barbichette … » est le jeu ô combien tordu qui cimente ledit système judiciaire et bien avant que SARKOSY ne soit aux Affaires…
 
 
 
Le corporatisme des magistrats - que personne ne peut contester tant il est patent à défaut d’être épatant dans un système où les arrangements à l’insu des parties priment sur tout débat réel et contradictoire - ne sert pas nécessairement la démocratie, ni les libertés individuelles puisqu’il ne garantit nullement à chaque justiciable les conditions de procès équitables. Essayer de le faire croire s’apparente à une manipulation indigne qui justifierait d’ailleurs une colère analogue à celle de Me SZPINER contre les « connards d’avocats bobos de gauche » qui « magouillent » tout autant que leurs confrères dits de droite !
 
 
Quant à l’affaire du « gang des barbares » qui est une mise à mort délibérée et crapuleuse à connotation raciste indiscutable, elle n’est pas un simple fait-divers. Elle n’intéresse pas que le seul milieu judiciaire mais la société tout entière. Prétendre que s’opposer au « huis clos » c’était remettre en question la protection des mineurs (qui n’étaient que deux sur les 26 jeunes concernés) est d’autant plus insultant et irrecevable que les faits commis sont d’une gravité extrême. Dans ces affaires et quelle que soit la communauté d’appartenance de la victime, nous devrions tous savoir ce que la loi prévoit et ce que le judiciaire décide en notre nom.
 
Je suis contre la peine de mort et j’ai honte de l’état de nos prisons qui sont indispensables mais devraient surtout préparer la réinsertion sociale des condamnés, quel que soit leur âge. C’est un devoir pour toute société non barbare. Mais la nôtre l’est-elle vraiment ?
 
Dans le procès FOFANA, la barbarie du fait-divers a été reconnue et condamnée. Cependant reste la question fondamentale du rôle et de la responsabilité que notre société donne à la justice pour juger ce type de violence. Et pas l’inverse ! Car en démocratie, ce n’est pas à la justice d’imposer « sa  loi » à la société mais au contraire de respecter les lois votées par elle.
 
Tout mystère en justice ne peut donc être que suspect et parfois terrifiant. A plus d’un titre…
 
Ce que je constate concrètement du fonctionnement judiciaire dans mon divorce c’est que le pouvoir occulte d’un réseau (qui se targue d’être républicain et humaniste) permet aux mensonges et falsifications diverses de l’emporter sur la vérité et les lois républicaines.
 
Que vaut une justice où l’innocent et l’honnête homme risquent le pire tandis que les manipulations et les tricheries font espérer le meilleur aux coupables ?
 
Que vaut une justice où les acteurs judiciaires se protègent entre eux pour faire vivre un « système » qui défend leur intérêt avant de défendre celui des justiciables ?
 
Que vaut une justice qui juge systématiquement « inutile toute agitation » à son encontre ?
 
Résister aux pressions, c’est surtout résister à toutes les manipulations y compris secrètes. C’est être capable de discerner le fondement de chacune des pressions exercées. C’est aussi se méfier de soi-même et de ses a priori. C’est respecter suffisamment autrui pour vouloir comprendre ce qu’il dit afin de pouvoir décider en connaissance de cause et en conscience.
 
Je croyais que notre justice était « publique ». Elle ne l’est pas Michel HUYETTE. De fait. Cette réalité est cruellement désespérante et ne doit rien à quelque agitation circonstancielle.
 
Il serait temps que nous nous préoccupions vraiment du fonctionnement de notre justice assujettie à des réseaux occultes bien plus toxiques que les pressions qui s’expriment ouvertement, par média

Albert D. 05/08/2009 10:40

Peut-on vraiment parler d'avocat parfaitement anonyme pour Me Eolas ? Son blog est loin de l'être en tout cas car son auteur principal n'est pas le dernier à rappeler qu'il est énormément fréquenté.

Me Eolas rappelle aussi que tous les moyens sont envisageables pour gagner un procès. Alors pourquoi pas la médiatisation ? Pourquoi pas faire changer la loi ? Si les médias et le législatif s'y prêtent à l'instant t, cela peut peut-être faire aussi partie de l'arsenal d'un avocat que d'exploiter ces failles.

Parolesdejuges 05/08/2009 13:47


Je crois qu'il faut distinguer deux choses.

Je ne vois rien à redire, au contraire, à un vaste débat public à propos des lois et des pratiques, qui ne sont jamais ni définitives ni parfaites, et donc l'imperfection peut apparaître à
l'occasion d'un procès particulier.

Mais je suis plus perplexe quand j'entends un avocat affirmer qu'il va faire changer la loi prévoyant l'absence de publicité pour les procès impliquant des mineurs, sans JAMAIS dire quoi que ce
soit sur la raison d'être de cette règle, son historique, son sens aujourd'hui...

Jusqu'à ce jour, ceux qui ont émis des critiques virulentes contre le déroulement du procès Fofana n'ont pas (encore) dit ce qui pourrait justifier que demain la protection accordée au jeunes
délinquants (et qui ne l'oublions pas s'applique statistiquement essentiellement à des affaires de petites ou moyenne gravité traitées par les tribunaux pour enfants) disparaisse.

On peut ne plus vouloir de cette règle qui a pour seul objet de favoriser la résinsertion d'adolescents.

Mais, au moins, qu'on ait le courage de le dire franchement.... et sans vulgarité ni grossièreté.

MH


Eolas 05/08/2009 10:04

Vous avez oublié leur sens de l'humour perçu par eux seul.