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Publié par Parolesdejuges

Chronique d'une jeune avocate (bibliographie)

 

Nous avons déjà fait part ici de la déception parfois ressentie à la lecture des livres proposés par les avocats. Certains sont plus une ode à la gloire des rédacteurs (et au passage une entreprise de démolition de quelques confrères) qu'une présentation et une analyse de la justice et de son quotidien. Le décalage entre ces livres et la réalité leur fait parfois perdre une partie de leur intérêt.
 

Tout autre est le livre de l'avocate Amandine Sarfati édité par Enrick B Editions (le site), et intitulé (page dédiée ici) :
 

Chronique d'une jeune avocate

sous titré : Comment je suis passé du rêve à la réalité

 

Amandine Sarfati précise dès le départ : Il y a les quelques avocats dont parlent les medias, et puis tous les autres, "les anonymes du barreau qui courent, tombent et se font mal mais qui s'accrochent pour d'innombrables raisons". Et c'est comme "avocat anonyme" qu'elle raconte son parcours et ses cinq premières années comme au coeur du barreau parisien.

Le parcours commence au lycée. Avec les difficultés scolaires et les pressions familiales. Et le choix de la réponse à un père demandant : "médecin ou avocate ?". Puis le travail acharné pour passer avec succès l'examen d'entrée à l'école des avocats. Et la réussite à 24 ans.

Viennent les premières déceptions dans l'école. Amandine Sarfati mentionne, notamment, les cours donnés par des avocats anciens qui viennent surtout faire du "moi..moi..moi.." et font perdre leur temps aux élèves, une trop grande distance entre certains enseignements et la réalité judiciaire. L'auteure n'a apparemment pas trouvé beaucoup de motifs de satisfaction au cours de cette période d'apprentissage professionnel.

L'étape suivante est le stage en cabinet d'avocat. L'expérience vécue ne semble pas avoir été très satisfaisante. Sauf la rencontre avec une avocate qualifiée d'exceptionnelle.

Une fois le diplôme final en poche, il faut trouver une première collaboration. Les premiers temps sont difficiles. D'où un arrêt quelques mois plus tard. Les témoignages d'autres avocats ne sont pas beaucoup plus joyeux sur les premier temps du travail et la façon dont les nouveaux sont traités.

Est alors arrivée l'installation à son compte. C'est le temps des rebondissements, des contretemps, des imprévus, des doutes, de l'enchaînement des rendez-vous, des dossiers qui s'accumulent, mais aussi de la perte de certains amis. Et en contrepartie la satisfaction d'avoir obtenu un résultat positif pour le client.

Intéressante est la comparaison faite entre la situation du collaborateur même dans un important cabinet et celle de l'avocat autonome.

Dans de nombreuses professions libérales, pour lesquels les enjeux financiers sont importants, le risque est d'entrer dans une spirale conduisant à un temps de travail qui débouche sur ce que l'auteure décrit comme une addiction au travail et une hygiène de vie catastrophique. Une sorte d'esclavagisme de luxe ses termes.

Est abordée la problématique de l'embauche d'un collaborateur. Et l'erreur de casting.

Amandine Sarfati raconte aussi les relations avec les autres avocats. Et les tracas qui vont avec. Comme, classique, les conclusions nouvelles reçues de l'avocat adverse à 23 heures la veille d'une audience. Ce qu'elle appelle la fausse confraternité qui cache une réalité dans laquelle tous les coups sont permis. Bien loin des principes déontologiques enseignés à l'école. Et qui la fait dénoncer les confrères froids, autoritaires, de mauvaise foi, imbus de leur personne, immoraux et surtout très déloyaux.

L'auteure nous propose quelques paragraphes amusants sur la robe que portent les avocats.

Un chapitre concerne les commissions d'office. Entre autres dans le cadre des comparutions immédiates. Avec comme objectif principal d'obtenir des peines modérées.

Amandine Sarfati nous parle aussi de la difficulté de trouver son chemin dans les immenses palais de justice, du contact avec certains clients faisant penser à la cour des miracles, des anciennes et nouvelles technologies.

Et arrive la grossesse. Ce qui lui fait, avec humour, exprimer la crainte de vomir en pleine audience ou de perdre les eaux pendant une plaidoirie. Et plus sérieusement la difficulté de concilier grossesse et activité libérale.

Intéressantes et parfois drôles sont les pages sur la vision qu'ont les amis du travail d'un avocat. Souvent loin de la réalité. Le mythe de l'avocat super-héros.

Amandine Sarfati n'élude pas la problématique des honoraires.

Et ajoute quelques lignes sur la place des femmes avocates, en racontant un débat devant l'instance disciplinaire.

A noter que le livre comporte quelques encadrés dans lesquels l'auteur a inséré de brefs témoignages d'autres avocats.


S'il y a inéluctablement une part de subjectivité chez Amandine Sarfati, ce petit livre est le point de départ de nombreuses réflexions autour du métier d'avocat.

Avec comme référence la vraie vie. Et non une réalité médiatisée, transformée et édulcorée.

Ce qui le rend d'autant plus intéressant.

 

 

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