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Publié par Parolesdejuges

Crimes et châtiments en Ariège - La justice à Pamiers à la fin du XVeme siècle  (Bibliographie)

 

Pour analyser le présent, il est toujours indispensable de faire des retours dans le passé. il en va ainsi de la justice.

 

Les éditions du Cairn (leur site) ont récemment publié un livre intitulé :

Crimes et châtiments en Ariège, La justice à Pamiers à la fin du XVe siècle (livre ici)

et dont l'auteur est Sophie Brouquet, qui enseigne l'histoire médiévale à l'Université de Toulouse.

 

Sur le site de l'éditeur le livre est présenté de la façon suivante :

"Pamiers est à la fin du Moyen Âge, une cité riche de son agriculture, surtout viticole, et de son artisanat. Elle attire lors de ses foires et de ses marchés bien des habitants des environs. Centre de sa petite région, elle n’en est pas pour autant isolée, mais largement ouverte, grâce à l’Ariège, vers le nord, le Toulousain, et au-delà, l’ensemble du royaume.
C’est au coeur même de la vie des habitants de la cité occitane que ce livre se propose de nous transporter avec ses réseaux de solidarités, ses amitiés, ses amours et ses haines, ses notables et ses marginaux. Tous passent tous devant le tribunal des consuls pour décliner une infinité de délits, du meurtre à la gifle, de l’adultère au viol, du modeste larcin au brigandage. À l’occasion, ils nous amènent sur les chemins, dans les vignobles qui entourent la ville, ou dans ses boutiques. Nous pénétrons dans l’atmosphère enfiévrée de la taverne de Pierre Sicre ou nous allons jouer aux quilles près des portes de la ville. La rigueur du langage juridique laisse la place aux cris, aux blasphèmes et aux plaintes des agresseurs et de leurs victimes. "

 

Ce livre est passionnant parce qu'il nous transporte dans le Pamiers (et ses alentours - infos ici) du XVeme siècle. Avec des lieux, des noms, des récits d'affaires. Comme si nous pouvions croiser nous-mêmes tous les personnages et les observer.

Le livre comporte dix chapitres : Les lieux de violence, Un calendrier de la délinquance, Jeunes et vieux, Hommes et femmes, Une sociologie du crime, Des suspects ordinaires, La délinquance au quotidien, La violence omniprésente, Des crimes haïssables, Une justice débordée.

Sophie Brouquet nous fait découvrir l'organisation de la ville, ses quartiers, ses activités, sa population, et bien sûr la délinquance sous toutes ses formes (des "voleurs de poule et de raisin" aux "élites appaméennes", en passant, entre autres délinquants décrits dans le livre, par les religieux et les bandes des campagnes) .

Mais elle nous raconte aussi la justice de l'époque.

Elle nous fait rencontrer les membres du tribunal des consuls, qui, débordés, adaptent les règles édictées par la coutume pour mettre en place une jurisprudence (relativement) humaniste.  L'ancêtre de l'individualisation des peines. La grossesse, par exemple, est considérée comme une raison d'atténuer la sanction.

A l'époque des peines pouvaient être infligées, notamment, pour adultère (Marguerite Pons aura la chance d'être relaxée du fait de son infirmité), violence, fraude, insultes, et même.. fornication.

Les substituts à l'emprisonnement existaient déjà. Entre autres "l'oblation", somme proposée par l'accusé pour réparer sa faute. Bertrand de Lavalh, coupable d'adultère, a payé 6 francs le 22 juillet 1526.

Les négociations entre le tribunal, le coupable et la victime ne sont pas rares. Jean Jacquet, pâtissier qui avait injurié le garde champêtre, a évité une amende en proposant de demander publiquement pardon.

On trouve à cette époque ce qui pourrait être le très lointain ancêtre de notre travail d'intérêt général (TIG - lire ici). Un valet surnommé le Béarnais, qui à attaqué PetitJean avec un couteau, est condamné à réparer la chapelle de la place du Mercadal.

"L'amende honorable", avec un condamné promené dans les rues de Pamiers, en chemise et en devant demander pardon, est prononcée pour des infractions plus graves.

En cette fin du XVeme siècle on pouvait aussi être banni, condamné au pilori (collier ou carcan) ou aux coups de fouet.

Peu agréable mais probablement dissuasif devait être l'essorillement (une ou deux oreilles coupées)....

 

Tout ceci fait un livre riche d'informations et particulièrement agréable à lire.

 

 

 

 

 

 

 

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