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Publié par Parolesdejuges

Trois fois Manon   (filmographie)

 

Parfois il n'y a pas besoin de beaucoup de mots pour expliquer les choses. Pour faire apparaître l'essentiel. Pour montrer les chemins à suivre. Il suffit de quelques gestes, regards, ou phrases courtes. Et la réalité transparaît.

Tel est le cas de la série réalisée par Jean-Xavier Delestrade et intitulée "Trois fois Manon". Diffusés en 2014 sur Arte, les trois épisodes sont actuellement disponibles sur Netflix.

L'histoire est celle de Manon (remarquablement jouée par la jeune actrice Alba Gaia Bellugi), adolescente d'une quinzaine d'années qui grandit auprès d'une mère particulièrement toxique, qui à cause de cela étouffe, s'enfonce, à tel point qu'un matin elle donne un coup de couteau à sa mère. Après un passage devant une juge des enfants, elle est conduite dans un centre éducatif fermé où elle doit rester au moins six mois, en attente de la suite pénale qui sera donnée à son geste.

L'essentiel des trois films se déroule dans ce CEF. Avec quelques scènes en extérieur, notamment chez la mère, au tribunal, ou dans le village.

Et tout y est. Tout ce que les professionnels côtoient au quotidien.

Les parents psychologiquement déséquilibrés et qui engluent leurs enfants dans une relation pathologique dont ces derniers ne savent pas comment s'échapper. La façon dont Manon appréhende et reçoit les appels et les visites de sa mère, ses regards et son malaise physique dans ses moments, en disent plus long que des pages de rapports éducatifs sur la nocivité de cette relation altérée.

La justice des mineurs, qui navigue, parfois à vue, entre sanction et soutien, et dont l'objectif prioritaire reste d'aider les jeunes concernés à prendre un virage du bon côté.

Le foyer, avec dans le personnel ceux qui savent écouter au bon moment, décrypter les mots et leur donner le sens qu'ils cachent. Mais aussi ceux que l'on a recruté à la va vite pour contenir des jeunes pouvant parfois être violents.

Les autres adolescentes, toutes aussi maladroites, à la colère rentrée qui explose de temps en temps, et que la professeure de français arrive à faire parler de leur propre histoire à travers les personnages de pièces de théâtre antique.

Le réalisateur n'a pas non plus oublié le jeune avocat qui ne veut à aucun moment rompre le lien important avec l'adolescente, ni le responsable d'un garage qui accueille Manon pour une formation professionnelle, dans un subtil mélange d'autorité bourrue et de tendresse cachée.

Dans les trois films, il n'y a ni grand principe ni leçon de morale. Il n'y a aucune place pour des personnages idéalisés. Tout est toujours instable, rien n'est jamais certain.

C'est sans doute pour ces raisons que tout paraît tellement vrai.

Mais il y a surtout en arrière-plan tout ce qui fonde la justice des mineurs et lui donne son sens : Aussi longtemps que cela est possible, aller chercher chez ces jeunes ce qui au fond d'eux-mêmes est positif, ne demande qu'à se développer, et peut les aider à se regarder, et donc à vivre, d'une autre façon. Car au coeur du processus se trouve la nécessité de leur redonner une autre estime de soi. Tout en les aidant à se détacher de ce qui les parasite.

Une dernière remarque sur un personnage qui peut paraître secondaire mais qui est pourtant un rouage essentiel. Il s'agit de la cuisinière du CEF. Si peu bavarde, mais qui est là. Qui ne juge pas, qui écoute. Qui est disponible quand il faut juste un peu de chaleur. Et qui, quand c'est trop difficile, ouvre ses bras. 

 

 

 

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